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Articles avec #court-metrage tag

Le Veinard/Le Chien chanceux (The Lucky Dog)

Publié le par Rosalie210

Jess Robbins (1921)

Le Veinard/Le Chien chanceux (The Lucky Dog)

"The Lucky Dog" n'est pas à proprement parler le premier "Laurel et Hardy" de l'histoire mais c'est le premier film dans lequel ils partagent quelques scènes à l'écran. La véritable naissance du tandem comique a lieu en effet en 1927. A cette date, les deux comparses ont déjà une importante carrière solo derrière eux commencée durant la décennie précédente dont il ne reste que quelques fragments récemment restaurés et édités en coffret. On estime par exemple que Oliver HARDY a tourné dans deux cent films quand il rejoint le casting de "Le Veinard". Il est alors plutôt cantonné aux seconds rôles et c'est encore le cas ici où il joue un voleur à l'apparence patibulaire mais en réalité plutôt pleutre qui prend l'apparence d'un comte suisse alors que Stan LAUREL qui joue un jeune dandy désargenté est le héros de l'histoire. Outre la hiérarchie entre premier et second rôle, le personnage d'Oliver Hardy est mis sur le même plan que l'amoureux éconduit joué par Jack Lloyd: les deux personnages s'associent en effet par intérêt pour faire tomber à l'eau les plans matrimoniaux du personnage joué par Stan Laurel. Dans le film, le véritable partenaire de Laurel est son chien bâtard qui s'est incrusté dans un concours canin non sans y mettre au passage le chaos, a séduit le chien de la jeune femme dont Laurel est amoureux et par la même occasion sa maîtresse et c'est encore lui qui met en déroute les deux fâcheux. Enfin, sur le plan vestimentaire, ni Laurel, ni Hardy n'ont encore revêtu l'accoutrement gémellaire qui à l'image de Charles CHAPLIN ou de Buster KEATON rendront leur silhouette reconnaissables dans le monde entier. Le film est donc surtout une curiosité d'intérêt historique.

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Le Parti des choses: Bardot et Godard

Publié le par Rosalie210

Jacques Rozier (1963)

Le Parti des choses: Bardot et Godard

"Mettre en scène, c'est prendre, modestement, le parti des choses". Cette phrase, Jacques Rozier la prononce tout en filmant son ami de la nouvelle vague Jean-Luc Godard tourner une scène de "Le Mépris" avec Michel Piccoli, Brigitte Bardot et Fritz Lang. Il ajoute donc un niveau de réflexion sur le cinéma à un film qui était déjà une mise en abyme du septième art. En seulement dix minutes, Jacques Rozier décortique les enjeux du film. Au travers  de la scène filmée à Capri, d'abord dans une crique puis refaite sur un bateau, il souligne la caractéristique fondamentale de la nouvelle vague qui est de s'appuyer sur un dispositif léger et des décors naturels en acceptant la part d'imprévu que le fait de ne pas pouvoir contrôler l'environnement comporte. Il évoque aussi l'acte créateur qui dans le film échoit à Fritz Lang, alter ego du cinéaste et  "porte-parole des Dieux" puisque celui-ci a tout pouvoir sur le destin de ses personnages. La statue de Zeus qui revient à plusieurs reprises dans "Le Mépris", le lieu de l'action ainsi que le sujet du film tourné par Fritz Lang, L'Odyssée se réfère à la tragédie antique, laquelle laisse une grande place à la fatalité c'est à dire à l'homme comme jouet des Dieux exactement comme les personnages sont les créatures du cinéaste. Enfin il évoque le mythe Brigitte Bardot, né dans un film intitulé "Et Dieu... créa la femme" et ajoute "Le Mépris ayant Brigitte Bardot comme objet ne peut avoir que le cinéma pour sujet". 

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Onésime horloger

Publié le par Rosalie210

Jean Durand (1912)

Onésime horloger

Jean DURAND, ex-journaliste et dessinateur satirique a débuté chez Pathé en 1908 puis la Lux avant de passer à la Gaumont en 1910 où il réalise notamment des séries de courts-métrages burlesques autour des personnages de Calino (interprété par Clément Mégé), Zigoto (interprété par Lucien Bataille) et Onésime (interprété par Ernest Bourbon). Dans sa troupe d'acteurs-acrobates (les "Pouittes"), on trouve une future vedette, Gaston MODOT (le garde-chasse jaloux poursuivant Carette dans "La Règle du jeu" (1939) de Jean RENOIR, c'est lui!). Le style de ses courts-métrages préfigure celui des comédies de Mack SENNETT et de ses Keystone cops et il est bien dommage que son nom soit aujourd'hui oublié.

"Onésime horloger" qui fait partie d'une série de 56 films réalisés entre 1910 et 1914 est parfaitement représentatif de ce style et de cette époque dans laquelle les deux pays s'influencent mutuellement pour construire un genre qui sera l'un des piliers de l'âge d'or du cinéma muet. Avec en plus ici un caractère expérimental autour de la manipulation du temps, l'horloge qui s'affole devenant le cinéma lui-même, formidable machine à voyager dans le temps par le procédé des images accélérées (effet spécial que l'on retrouve dans d'autres Onésime mais pas sur les trois-quarts du film comme ici). Comme quoi Luc BESSON avec sa "Lucy" (2006) n'a rien inventé (sauf qu'elle remontait le temps alors qu'Onésime lui le descend à toute vitesse). Le résultat est un enchaînement frénétique de gags entraînant un vertige métaphysique, soit par la répétition mécanique des mêmes mouvements dans le monde urbain moderne confinant à l'absurde (certains passages préfigurent la célèbre séquence du travail à la chaîne de "Les Temps modernes" (1934) elle-même inspirée par "À nous la liberté" (1931) qui démontre une fois de plus comment la France et les USA se sont mutuellement influencés), soit par la métamorphose avec la séquence du mariage express, suivi de la croissance non moins rapide d'un enfant qui se révèle être Gaston MODOT!

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Chanson d'Ar-mor

Publié le par Rosalie210

Jean Epstein (1934)

Chanson d'Ar-mor

Chanson d'Ar-mor est le premier film réalisé en langue bretonne et le cinquième que Jean Epstein a consacré à la péninsule après "Finis Terrae", "Mor'Vran (la mer des corbeaux)", "Les Berceaux" et "L'Or des mers". Néanmoins "Chanson d'Ar-mor" occupe une place un peu à part dans cet ensemble. Jean Epstein n'a pas tourné sur les îles par temps houleux mais dans différents endroits de la Bretagne et en été. Il répondait en effet à une commande du journal l'Ouest-Eclair (alias aujourd'hui Ouest France) qui voulait faire la promotion touristique de la région auprès d'une cliente internationale plutôt attirée par la Normandie et la Riviera (le film a été tourné deux ans avant la mise en place des congés payés qui allaient permettre aux classes moyennes et populaires de partir en vacances). Le directeur du journal voulait "un témoignage direct et sincère sur l'ensemble de la beauté bretonne : sites, mœurs, costumes, musique », ajoutant que « Jean Epstein a démontré que, mieux que quiconque, il sait saisir et interpréter le mystère sauvage et tendre de la Bretagne » (courrier de P. Artur, novembre 1934). 

Techniquement, le film souffre d'un certain nombre de défauts, le son et l'image étant mal synchronisés alors que scénaristiquement, l'intrigue est un prétexte à une succession de cartes postales animées faisant l'inventaire des beautés de la région et de ses traditions. Néanmoins, par moments, l'histoire d'amour impossible de Jean-Marie et Rozen parvient à s'imposer au détriment de la publicité, offrant, notamment à la fin quelques fulgurances reflétant plus profondément l'âme bretonne et le style poétique et presque animiste de Jean Epstein. Rien que pour ces moments-là, cela vaut la peine de supporter le reste.

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Plaisir d'amour en Iran

Publié le par Rosalie210

Agnès Varda (1976)

Plaisir d'amour en Iran

Témoin de son temps, ce court-métrage de Agnès Varda qui prolonge son long-métrage "L'une chante, l'autre pas" en développant le passage où Pomme (Valérie Mairesse) et Ali Darius (Ali Raffi) se rendent à Ispahan laisse songeur. Il contient les paradoxes de la période post-soixante-huitarde. D'un côté la libération sexuelle et la fascination pour un orient intemporel, exotique et fantasmé dans la lignée de l'orientalisme du XIX° siècle. De l'autre, l'occultation totale de la réalité du pays sous le régime du Shah qui s'ouvrait alors aux réalisateurs européens, trois ans avant la révolution islamique. "Plaisir d'amour en Iran" est donc une belle carte postale avec au dos une rêverie coquine digressant sur les formes suggestives des mosquées qui apparaît bien déconnecté des réalités du terrain (telles qu'elles peuvent être racontées dans "Persépolis" par exemple). Inutile de préciser qu'aujourd'hui, ce pays n'est plus vraiment associé au paradis des amoureux tel que se le représentent les occidentaux, au luxe, au calme, à la volupté. L'exotisme provient du fait qu'il a pu un jour y être associé.

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Onésime a un duel à l'américaine/Onésime se bat en duel

Publié le par Rosalie210

Jean Durand (1912)

Onésime a un duel à l'américaine/Onésime se bat en duel

Jean Durand, ex-journaliste et dessinateur satirique a débuté chez Pathé en 1908 puis la Lux avant de passer à la Gaumont en 1910 où il réalise notamment des séries de courts-métrages burlesques autour des personnages de Calino (interprété par Clément Mégé), Zigoto (interprété par Lucien Bataille) et Onésime (interprété par Ernest Bourbon). Dans sa troupe d'acteurs-acrobates (les "Pouittes"), on trouve une future vedette, Gaston Modot (le garde-chasse jaloux poursuivant Carette dans "La Règle du jeu" de Jean Renoir, c'est lui!). Le style de ses courts-métrages préfigure celui des comédies de Mack Sennett et de ses Keystone cops et il est bien dommage que son nom soit aujourd'hui oublié.

"Onésime et le duel à l'américaine" qui fait partie d'une série de 56 films réalisés entre 1910 et 1914 est parfaitement représentatif de ce style et de cette époque dans laquelle les deux pays s'influencent mutuellement pour construire un genre qui sera l'un des piliers de l'âge d'or du cinéma muet. Il est bâti autour d'une querelle futile entre Onésime, un gentleman élégant mais maladroit et un américain dans un club qui dégénère en un règlement de comptes au pistolet dont les décors font les frais: rien ne résiste à leur passage. Leur destruction systématique est une des caractéristiques les plus marquantes de ce burlesque primitif à tendance anarchisante. Jean Durand utilise également quelques trucages (inversions, accélérations) qui accentuent les effets comiques, effets également portés par les cartons (le dernier qui dénoue l'intrigue est porteur de rires garantis).

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Une histoire roulante

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1906)

Une histoire roulante

Un court-métrage burlesque de la Gaumont réalisé par Alice Guy qui n'a rien à envier à leurs homologues américains de la même époque. Il fallait en effet distancer la concurrence française (Pathé et Lux). Quelques années plus tard, celle-ci fera la seconde partie de sa carrière aux USA dans son propre studio et si la constitution dans l'après-guerre des grandes majors hollywoodiennes aura sa peau, ce sont les américains qui travailleront par la suite à la faire redécouvrir, bien plus que sa France natale que le révisionnisme historique auquel elle est contrainte pour lui faire une place dérange.

Le film de Alice Guy a pour personnage principal un vagabond (dont l'accoutrement préfigure cependant davantage celui de Harpo Marx que de Charles Chaplin) qui se retrouve malgré lui prisonnier d'un tonneau lancé à vive allure sur une pente descendante. Autrement dit, gare à ceux et celles qui se trouvent sur son chemin. Ce jeu de chamboule-tout grandeur nature est orchestré en neuf plans bien rythmés avec à peu près en son milieu une ellipse lorsque le tonneau se retrouve dangereusement catapulté sur les rails du chemin de fer. Il passe alors brusquement de la position couchée à la position redressée ce qui lui évite d'être écrasé par le passage du train qui se contente de le pousser pour qu'il continue sa roulade jusqu'à l'atterrissage final dans le fleuve. Encore que le pauvre vagabond, même libéré de son engin infernal conserve dans le dernier plan des traces visibles de sa mésaventure.

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Nocturne (Chanson triste)

Publié le par Rosalie210

Marcel Silver (1926)

Nocturne (Chanson triste)

L'histoire de ce film me fait penser à celle de "Apparences" (2000) de Robert Zemeckis. En effet dans les deux cas, il s'agit d'un "interlude" entre deux films plus importants. Dans le cas de Zemeckis, il fallait laisser le temps à Tom Hanks de perdre du poids pour "Seul au monde" dont le tournage a été interrompu 8 mois ce qui lui a laissé de temps de réaliser un autre film. "Nocturne" a quant à lui été réalisé dans le cadre du tournage de "Carmen" (d'après la nouvelle de Prosper Mérimée) de Jacques Feyder à Ronda, en Andalousie qui a été prolongé en raison d'une météo défavorable. Alexandre Kamenka, le directeur des studios Albatros qui produisait le film a donc maximisé la rentabilité des pauses forcées de "Carmen" pour réemployer les acteurs principaux, Raquel Meller et Louis Lerch dans un film plus court, tourné dans l'hôtel où logeait l'équipe de "Carmen" à Ronda: on ne peut pas faire plus économe! Et pour réaliser ce "Nocturne", il fait appel à l'assistant de Jacques Feyder, Marcel Silver.

Le résultat est un film d'atmosphère à l'intrigue minimaliste: une femme se consume à attendre l'homme qu'elle aime alors que seule une cloison de chambre d'hôtel la sépare de lui. On peut voir cela comme une métaphore du drame de l'incommunicabilité dans le couple. Ou bien comme un moyen inconscient pour un homme qui hésite entre deux engagements de choisir. La puissance expressive du visage de Raquel Meller est très bien mise en valeur ainsi que le parallèle entre sa solitude et sa souffrance et l'aridité des paysages. Néanmoins cette intrigue est trop mince pour tenir la route sur trois bobines. On a donc rapidement l'impression que cela traîne en langueur, pardon, en longueur...

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Wandering Papas

Publié le par Rosalie210

Stan Laurel (1926)

Wandering Papas

Ce film est une curiosité puisque d'une part on y trouve Oliver Hardy dans un rôle secondaire mais sans son comparse à l'écran, Stan Laurel qui est présent derrière la caméra mais pas devant. De l'autre, le comique burlesque se concentre sur Clyde Cook qui joue un cuisinier très chaplinesque. Certains gags comme celui de l'aliment explosif rappellent "Charlot mitron" ("Dough and Dynamite") réalisé en 1914 pour la Keystone et d'autres "La Ruée vers l'or" (la maison qui penche dans le vide qui devient ici le train qui penche dans le vide). Il faut dire qu'avant de former son duo légendaire avec Oliver Hardy au cinéma, Stan Laurel comme la plupart des grands burlesques de cette époque avait débuté sur les planches en 1908, dans la même troupe que Charles Chaplin (celle de Fred Karno) et s'était retrouvé à jouer entre autres sa doublure.

Comme "Detained" que j'ai récemment chroniqué et plus d'une trentaine d'autres courts-métrages antérieurs à la formation du duo qui ont été miraculeusement retrouvés (sur des centaines perdus), on peut visionner "Wandering Papas" sur un double DVD édité par les éditions Lobster judicieusement intitulé "Laurel OU Hardy, avant le duo".

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Primrose Hill

Publié le par Rosalie210

Mikhaël Hers (2006)

Primrose Hill

Deuxième film de Mikhaëls Hers, "Primrose Hill" est un moyen-métrage charmant et prometteur. Le futur réalisateur de "Amanda" (2018) affirme déjà son intérêt pour la question du passage à l'âge adulte qu'il traite comme un deuil à l'aide du filtre du souvenir, du rêve... ou de l'au-delà. La narratrice (Mila DEKKER) est le cinquième membre d'un groupe de pop-rock qui s'est volatilisée sans que l'on sache pourquoi et comment. D'une voix off éthérée, elle raconte depuis son balcon le rêve qu'elle a fait au sujet de ses quatre anciens amis, deux garçons et deux filles d'une vingtaine d'années. Elle les voit déambuler dans un parc près de Paris peu de temps avant noël, elle voit leurs idéaux de prime jeunesse (on devine d'après le titre et la musique qu'ils écoutent et dans lequel le film baigne un passé très londonien) s'étioler sous le poids du quotidien. Mais tout cela est plus planant que triste grâce à la beauté de la lumière, une caméra aérienne qui tantôt survole la ville ou tantôt accompagne la déambulation des personnages en travelling arrière ou avant. Une fluidité que l'on retrouve dans la mise en scène faite de conversations entre ces jeunes qui échangent leur place à l'avant et à l'arrière plan d'une façon qui semble très naturelle (rester en arrière pour téléphoner, pour faire une blague, pour allumer une cigarette...). La deuxième partie possède ce même mélange de sentiments. On y voit lors d'un long plan-séquence Sonia et Stéphane, deux des membres du groupe qui se cherchaient déjà dans le parc (et sans doute depuis très longtemps) mais n'étaient jamais passé à l'acte céder à leur attirance mutuelle, le tout d'une façon très naturaliste. Je veux dire par là que leur relation sexuelle est montrée comme un prolongement naturel de leur relation telle qu'on la découvre dans le parc avec Sonia dans le rôle de celle qui prend l'initiative, qui bouscule l'ordre établi et Stéphane, déstabilisé et maladroit qui finit par la suivre. Ce beau moment (comme quoi c'est possible de filmer intelligemment des scènes intimes) illustre la célèbre phrase de Lavoisier "rien ne se perd, tout se transforme", la tristesse de ce qui n'est plus fait le lit de la joie qui va advenir. Après les moments à quatre puis à deux, la conclusion se resserre sur Stéphane qui retrouve ses parents et évoque Sylvia, sa soeur disparue que l'on devine être la voix-off. La boucle est bouclée.

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