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Articles avec #comedie policiere tag

Austin Powers dans Goldmember (Austin Powers In Goldmember)

Publié le par Rosalie210

Jay Roach (2002)

Austin Powers dans Goldmember (Austin Powers In Goldmember)

Le seul volet de la trilogie Austin Powers que je n'avais pas encore vu est à l'image des autres: un délicieux bonbon pop, régressif juste ce qu'il faut, bourré d'énergie, d'idées et de références judicieusement placées. Cette parodie des films d'espionnage biberonnée au swinging London et animée de l'esprit potache du Saturday Night Live d'où est issu Mike MYERS est plus réjouissante que jamais, frisant souvent le mauvais goût mais parvenant à l'éviter la plupart du temps grâce à sa tonalité bon enfant. Le titre se passe de commentaire, d'autant que même l'original "Goldfinger" (1964) avait déjà donné lieu à des détournements douteux. L'ouverture est un pastiche de "Mission : Impossible 2" (2000) renommé "Austinpussy" (allusion à "Octopussy") (1983)" avec l'apparition clin d'oeil de Tom CRUISE déguisé en Austin Powers, les autres personnages étant incarnés par Gwyneth PALTROW, Kevin SPACEY et Danny DeVITO, le tout sous la houlette de Steven SPIELBERG et Quincy JONES (il n'y a pas à dire, Mike MYERS fait fort en terme de casting). Quant à l'anti-James Bond des années 60, alias Harry Palmer alias Michael CAINE, il devient rien de moins que le père de Austin Powers ce qui rend explicite le fait que Mike MYERS s'est inspiré de lui pour créer son personnage. Autre très bonne idée, rendre hommage à la blaxploitation au travers du personnage joué par Beyonce KNOWLES qui ressemble furieusement à Pam GRIER. Alors il est vrai que le film ressemble plus à une suite de sketches qu'à un vrai film mais c'était après tout également le cas des Monty Python à qui Mike MYERS rend un hommage appuyé. Et plusieurs scènes sont vraiment très drôles comme celle du cameo de Britney SPEARS (qui devient "canon" au sens propre!), du clip de rap, du sous-marin ou celles qui jouent sur les illusions d'optique (il y en a deux fois plus que dans l'opus précédent). Tout n'est cependant pas aussi drôle, à commencer par Goldmember lui-même (joué également par Mike MYERS) qui exploite maladroitement le concept de "bijoux de famille" que l'on retrouve jusque dans "Pulp Fiction" (1994). Et si le répugnant personnage de Gras-Double (autre personnage joué par Mike MYERS) en fait déjà trop (pour moi), cela aurait pu être pire. Heureusement que Beyonce KNOWLES a mis des limites à l'imagination débordante du réalisateur. Il n'en reste pas moins que cet opus est un festival dont on sort le sourire aux lèvres.

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Polar Park

Publié le par Rosalie210

Gérald Hustache-Mathieu (2023)

Polar Park

 

En regardant la mini-série "Polar Park", j'avais en tête la phrase de Wim WENDERS "C'est quelqu'un qui est né dans un paysage trop petit pour lui". Comment filmer de grands espaces aux accents très américains au sein d'un petit village français? En créant grâce à la magie du cinéma un lieu ni d'ici, ni d'ailleurs. Alors certes, Mouthe, estampillé "village le plus froid de France" a vraiment l'hiver des airs de Canada, d'Alaska ou de Middle West sous blizzard. Mais il est également évident que les équipements vastes et dernier cri montrés dans la série (piscine, médiathèque) ne sont pas ceux d'une commune de 900 habitants. Peu importe car ce décalage fait une partie du charme de la série. A l'image d'un film sorti récemment "L'Autre Laurens" (2023) dans lequel joue également Olivier RABOURDIN. L'autre aspect qui rend cette série très contemporaine, c'est son message sous-jacent que l'on peut résumer avec une autre phrase, de mon cru cette fois "chercher l'indien qui est en soi". C'est exactement la piste que suit le romancier de polars David Rousseau (Jean-Paul ROUVE) dont la double quête (connaître ses véritables origines, retrouver l'inspiration) s'effectue sous le signe du retour à la nature. Non sans difficultés, il parvient à convertir à sa "pensée magique" sensible aux rêves, aux esprits, aux signes, à l'art, aux coïncidences, aux associations d'idées bref à tout ce qui échappe à la raison le gendarme Louvetot (Guillaume GOUIX) qui vit dans le refoulement de sa véritable nature justement et que Rousseau surnomme dans ses écrits "Le Loup" (comme dans "Le Regne animal") (2023)). Alors bien sûr que l'on pense à "Fargo" (1995) parce que enquête policière, parce que neige, parce que casquettes à oreillettes, parce que trio de tueurs improbable et loufoque. On pense aussi à David LYNCH parce que oreille coupée, parce que cheminement tortueux dans l'inconscient. Mais le film auquel la série m'a fait le plus penser est "Dead Man" (1995) parce que neige tirant la photo vers le noir et blanc parce que forêt, parce que tipi, parce que sacré, parce que poésie parce que sagesse chamanique. Rien que les titres des romans de Rousseau sont un régal pastichant les titres de films et de chansons célèbres: "Apocalypse plus tard", "Orange balsamique", "Drôle de brame" ou "La groupie du botaniste" alors que les crimes reconstituent de célèbres tableaux et sculptures et que les enquêtes s'orientent vers des jeux de lettres au scrabble et des films à plusieurs dimensions ("Shining" (1980), "Orphee" (1949) etc.)

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Le Grand Détournement-La Classe américaine

Publié le par Rosalie210

Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette (1993)

Le Grand Détournement-La Classe américaine

C'est dans le cadre d'une intervention consacrée à la carrière de Michel HAZANAVICIUS que j'ai découvert ses débuts à Canal plus dans "Les Nuls, l'émission" (l'homme que la caméra suivait de dos lors du générique de début, c'était lui!) Il y pratiquait déjà le détournement d'images préexistantes pour "Le Faux journal". Il a ensuite toujours pour Canal plus au début des années 90 réalisé une trilogie intitulée "Le Grand détournement". Celle-ci se composait de deux courts-métrages, "Derrick contre Superman" (1992) et "Ca détourne" et d'un long-métrage, "La Classe américaine" devenu depuis un film culte. Il s'agit en effet d'un authentique exploit: créer un film inédit à partir d'images d'archives piochées dans les films du catalogue Warner réalisés entre 1952 et 1980, le tout doublé par les voix françaises habituelles des principaux acteurs du studio, tous de grands noms du cinéma hollywoodien (John WAYNE, Burt LANCASTER, Paul NEWMAN, Henry FONDA, James STEWART, Robert REDFORD, Dean MARTIN, Dustin HOFFMAN etc.). Il faut dire que le film était à l'origine programmé pour fêter les cent ans du cinéma et les soixante-dix ans de la Warner qui avait autorisé Canal plus à utiliser les extraits de son catalogue. Néanmoins le résultat plutôt subversif n'a pas plu au studio qui n'a autorisé qu'une seule diffusion. Mais des copies ont aussitôt circulé sous le manteau, des projections ont eu lieu lors d'événements ponctuels et l'avènement d'internet a permis une diffusion plus large. Preuve de son succès, le film a été depuis restauré et ses dialogues, publiés en 2020 dans une édition pastiche des Classiques Larousse.

Que dire du film sinon que c'est soixante-dix minutes de bonheur cinéphile absolu? A partir de la trame de "Citizen Kane" (1940) revue et corrigée par leurs soins, Michel HAZANAVICIUS et Dominique MEZERETTE signent une oeuvre hilarante, au fort caractère méta (l'apparition de Orson WELLES hurlant au plagiat est un must!) où le jeu avec le spectateur est permanent. Par exemple on voit pas moins de quatre fois la scène de "Les Hommes du President" (1976) durant laquelle Robert REDFORD et Dustin HOFFMAN courent pour parler à leur boss joué par Jason ROBARDS qui s'apprête à prendre l'ascenseur, à chaque fois avec des lignes de dialogues différentes mais toujours parfaitement ajustées. Le film de Alan J. PAKULA est le fil rouge du récit puisque les journalistes (auxquels vient se rajouter Paul NEWMAN) enquêtent dans la version détournée sur la dernière phrase d'un défunt qui n'est autre que George Abitbol alias John WAYNE alias "l'homme le plus classe du monde". L'art du découpage et du montage, celui des dialogues (même complètement loufoques, ils sont écrits au cordeau) et enfin celui du doublage créé une illusion parfaite tout en se délectant de mettre en avant ce qui était interdit dans les films originaux, la majorité ayant été tournés sous le code Hays. L'homosexualité par exemple se taille la part du lion et ce d'autant plus que "La Classe américaine" en tant que mashup fait ressortir combien le cinéma hollywoodien laissait peu de place aux femmes. Deux seulement se fraient un chemin dans la version détournée: Angie DICKINSON et Lauren BACALL. On a donc un univers viril, magnifié notamment par le western et où parfois il n'en faut vraiment pas beaucoup pour qu'on y croit: Henry FONDA et James STEWART dans "Attaque au Cheyenne Club" (1970) peuvent par exemple tout à fait incarner les cow-boys vivant dans un ranch évoqués dans "Le Secret de Brokeback Mountain" (2005) et tout récemment dans "Strange way of life" (2023).

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Coup de chance

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (2023)

Coup de chance

J'ai passé un très bon moment avec le dernier Woody ALLEN tourné en France avec des acteurs français. Il y avait bien eu il y a douze ans "Minuit a Paris" (2011) mais le contexte était tout autre et il y avait somme toute peu d'acteurs français au casting (et pas les plus intéressants). "Coup de chance" n'est certes pas un grand Woody ALLEN car un peu lent et inégal. Le début est poussif et bourré de clichés avec encore une fois un Paris qui se réduit soit aux appartements de milliardaires soit aux mansardes bohème-chic dans un périmètre allant de l'avenue Foch jusqu'à la porte Maillot mais dans sa deuxième partie, lorsque la romance un peu trop convenue se change en comédie policière à suspense, la mayonnaise prend. On reconnaît la trame de nombre de ses films où une enquêtrice amateure démasque un beau gosse trop lisse pour être honnête et où le hasard et le destin ménagent leurs lots de rebondissements. Cette fois, ce n'est pas une bague ni une petite torche mais un simple manuscrit qui a le dernier mot. Si on pense un temps que ce sera le personnage joué par Lou De LAAGE qui jouera les fouineuses avec ses faux airs de Emma STONE, le rôle de l'enquêtrice échoit finalement à la mère de son personnage interprétée par une Valerie LEMERCIER qui rappelle furieusement Diane KEATON dans "Meurtre mysterieux a Manhattan" (1992). En face, le beau ténébreux aux sombres secrets est joué par un Melvil POUPAUD qui s'est hélas mis en mode "cabotin". Mais la mise en scène et les dialogues ("je ne crois pas en la chance, je la provoque") compensent son surjeu parfois pénible.

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Le Retour de la panthère rose (The Return of the Pink Panther)

Publié le par Rosalie210

Blake Edwards (1975)

Le Retour de la panthère rose (The Return of the Pink Panther)

Troisième film que Blake EDWARDS a consacré à la Panthère rose après "La Panthere rose" (1963) et "Quand l'inspecteur s'emmele" (1964), "Le retour de la Panthère rose" pose les jalons du meilleur film de la saga, "Quand la panthere rose s'emmele" (1976). "Le retour de la Panthère rose" est la suite directe du premier film (le deuxième, "Quand l'inspecteur s'emmêle" était une pièce de théâtre dans laquelle Clouseau avait été rajouté à la dernière minute). On retrouve en effet le gros diamant qui donnait originellement son nom à la saga, avant que la panthère du générique ne le détrône dans la mémoire collective. En revanche, l'inspecteur Clouseau passe au pemier plan, permettant à Peter SELLERS, le véritable bijou du film de déployer son talent burlesque dans un écrin conçu pour lui. Chaque séquence le mettant aux prises avec son environnement devient un espace de jeu dans lequel l'acteur peut déployer son sens de l'improvisation. Avec lui, la destruction des décors devient un art que Peter SELLERS pousse à son paroxysme. A titre personnel, j'ai particulièrement ri dans les scènes jouant sur le comique de répétition où Clouseau tente de conduire des véhicules utilitaires pour s'introduire chez les bourgeois sous couvert de réparations sur leur piscine ou leur téléphone. Il y parvient, mais pas d'une manière conventionnelle! Et disons que l'entrée ou le bureau de ces derniers subissent quelques désagréments, sans parler des utilitaires qui ont intérêt à être amphibie! Cette inventivité à tout mettre sans dessus dessous nous rappelle le caractère subversif du burlesque qui met en pièce l'ordre bourgeois ("La Party" (1968) en est l'exemple le plus achevé). On savoure d'autant plus que Clouseau est à la base un inspecteur de police chargé donc du maintien de l'ordre (de même qu'il détruit tout au lieu de réparer). Il serait cependant injuste de ne pas mentionner le commissaire Dreyfus (Herbert LOM), que sa haine à l'égard de Clouseau fait progressivement basculer dans la folie furieuse. Un ennemi délirant que l'on retrouvera pour notre plus grand plaisir dans le quatrième volet. Il en va de même de l'autre partenaire de jeu de Clouseau, son serviteur asiatique Cato (Burt KWOUK) qui lui saute à la gorge, caché dans les endroits les plus improbables. Enfin le comique verbal n'est pas oublié concernant des films parlants avec notamment de nombreux quiproquos liés à l'accent très particulier de Clouseau.

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Wrong Cops

Publié le par Rosalie210

Quentin Dupieux (2013)

Wrong Cops

"Wrong Cops" peut être considéré comme un spin-off de "Wrong", le précédent film de Quentin Dupieux: le cadre est identique, seulement le personnage du flic joué par Mark Burnham qui faisait une courte apparition dans "Wrong" tient ici le premier rôle alors que Dolph, personnage principal de "Wrong" se contente d'un cameo. Mais on y trouve également des allusions à ses films précédents, "Steak" et "Rubber". "Wrong Cops" est un "Affreux, sales et méchants" à la sauce Dupieux, un film à sketches centré sur un groupe de policiers plus débiles et déviants les uns que les autres: drogue, sexe, argent et gloire sont leurs totems respectifs. Si l'afflux de personnages émiette le film qui délaisse quelque peu les expérimentations surréalistes au profit d'un sentier plus balisé, celui de la comédie policière américaine potache (imagerie pop et musique techno en prime), c'est dans "Wrong Cops" que l'on peut le mieux se rendre compte du talent de directeur d'acteurs de Quentin Dupieux que ce soit pour Eric Judor dans le rôle improbable d'un musicien basané et borgne au visage cabossé ou de Marilyn Manson dans un contre-emploi étonnant d'ado renfermé. Leurs prestations méritent le coup d'oeil et certains passages sont vraiment très drôles même si "Wrong Cops" n'est ni le plus maîtrisé, ni le plus original, ni le plus brillant des films de Quentin Dupieux.

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Le Parfum vert

Publié le par Rosalie210

Nicolas Parisel (2022)

Le Parfum vert

"Le Parfum vert", louable tentative de proposer un film français sortant des sentiers battus est hélas une déception. Le film souffre d'un défaut de rythme et de problèmes d'écriture. Ainsi la façon dont le personnage de Sandrine Kiberlain est intégré au scénario ne m’a pas paru crédible et les références à Hitchcock, parsemées à la truelle alourdissent le film au lieu de le servir (comme dans « Le grand saut » des frères Coen). Il n’y a d’ailleurs pas que « La mort aux trousses » qui est abondamment pillé mais aussi « L’Homme qui en savait trop » (les mots du mourant assassiné et la fin à suspense dans une salle de spectacle). J’ai trouvé que cela s’articulait mal avec les questions identitaires et mémorielles de personnages d'origine juive, tiraillés entre Europe et Israël, thème traité trop sérieusement alors que le reste s'apparente à une BD d'aventure (référence également récurrente dans le film qui cite "Tintin" et "Chlorophylle"). Le réalisateur a en réalité bien du mal à jongler entre le drame et la comédie. Par exemple Rudiger Vogler reprend le même rôle de nazi que celui de « 0SS 117 Rio ne répond plus » qui était lui aussi bourré de références à Hitchcock mais Hazanavicius en tirait une comédie d’espionnage autrement plus délicieuse et futée! Vincent Lacoste et Sandrine Kiberlain font ce qu'ils peuvent mais ils ne peuvent faire de miracles avec des personnages aussi mal définis dans un film qui a lui-même le cul entre deux chaises.

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Les Ripoux

Publié le par Rosalie210

Claude Zidi (1984)

Les Ripoux

Amoral "Les Ripoux"? Pas plus que "Jackie BROWN" qui prend des risques en subtilisant de l'argent sale pour s'offrir une place au soleil qui lui aurait été interdite si elle était restée dans les clous de la loi et de sa fonction d'hôtesse de l'air de seconde zone. René Boisrond (Philippe NOIRET) c'est un peu pareil. Lui n'appartient pas aux minorités discriminées mais provient à l'évidence de par son langage, ses codes et ses goûts d'un milieu populaire pastis-PMU. Il est assez évident que Boisrond comprend et se sent bien plus proche du terrain que des institutions. Et ce n'est pas sa fonction officielle dans la maison "poulaga" qui va lui permettre de s'offrir la place au soleil dont il rêve. Parmi les qualités du film de Claude ZIDI, il y a celle de nous offrir un instantané de la vie grouillante d'un quartier populaire, celui de Barbès au début des années 80 avec toute une série de personnages issus de la rue adepte du système double D (débrouille et délinquance). Un monde parallèle d'artisans et commerçants aux pratiques délictuelles, de petits voleurs, vendeurs à la sauvette, sans-papiers, prostituées dont Boisrond pratique le langage et avec lequel il s'arrange selon des règles parallèles qui arrangent tout le monde au final. Car s'il fallait appliquer la loi à la lettre, les prisons déjà trop pleines exploseraient. Boisrond est donc l'un de ces rouages inavouables dont le monde de la légalité a besoin pour que "ça tourne". Une crapule décomplexée mais attachante à l'image de son quartier plein de vie et si utile à la société. D'où un sentiment de véracité dans la compréhension du réel qui explique que sur le fond, le film n'ait pas vieilli. On manque aujourd'hui visiblement de Boisrond dans la police pour apprendre la vraie vie, celle de "l'école de la rue" à tous les Lesbuche (Thierry LHERMITTE) hors-sol raides comme la justice et n'appartenant visiblement pas au même monde. Derrière la dynamique comique imparable au cinéma du duo de flics mal assorti lorsqu'il est interprété à la perfection et derrière le récit initiatique, c'est à regarder le monde avec d'autres yeux qu'invite le film. Même le commissaire Bloret (Julien GUIOMAR) avec ses prises involontaires de drogue en devient amusant!

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L'Innocent

Publié le par Rosalie210

Louis Garrel (2022)

L'Innocent

Comment captiver un large auditoire tout en proposant un spectacle de qualité? En élargissant son horizon pardi! C'est le pari gagné de Louis GARREL qui en sortant de son étroite zone de confort nous régale d'un film vraiment réjouissant dont le scénario ciselé a été fort justement récompensé aux César de même que la prestation énergique de Noémie MERLANT elle aussi trop souvent cantonnée à un cinéma de niche. "L'Innocent" est une comédie policière qui réussit à mêler une histoire familiale intimiste (et partiellement autobiographique) à une intrigue de braquage ultra-référencée, celle du dernier coup qui ne se passe pas comme prévu. Si l'ex-taulard Michel (Roschdy ZEM) se prends les pieds dans ses mensonges et met en péril son couple en revanche pour son beau-fils, Abel (Louis GARREL), sa présence est le coup de fouet qui lui manquait pour reprendre sa vie en mains. Plein de méfiance vis à vis de ce beau-père dont s'est amourachée sa mère Sylvie lors des cours de théâtre qu'elle donne en prison (Anouk GRINBERG qu'on se réjouit de voir enfin au premier plan), Abel qui est aussi réservé et inquiet que Sylvie est exubérante et confiante décide d'enquêter sur Michel. Bien qu'il ne soit pas très doué, il finit par découvrir au cours d'une scène digne d'un film d'espionnage (et en split-screen!) que celui-ci prépare bien un braquage. Mais Michel finit par lui jurer que c'est pour le bonheur de sa mère et qu'il n'y a aucun risque. Et comme Abel ne veut pas briser le coeur de sa mère, il se décide à aider son beau-père, moins secondé que supplanté par son explosive amie Clémence (Noémie MERLANT). Et c'est ainsi que se met en place le bouquet final qui voit se dérouler dans le dos du chauffeur l'équivalent de "L'Ultime razzia" (1956) pendant que Abel et Clémence jouent pour distraire le chauffeur une variante de "Quand Harry rencontre Sally" (1989). Jean-Paul (Jean-Claude PAUTOT), le collègue braqueur de Michel n'a-t-il pas dit que ce que le public recherchait, c'était "du cul et de la violence"? Mais la réalité va très vite dépasser la fiction, pour le plus grand plaisir du spectateur, le vrai, celui qui est derrière l'écran. Il y a en effet beaucoup de mises en abyme dans le film et la scène dans laquelle Abel et Clémence répètent leurs rôles semble jouer avec l'image que l'on se fait des acteurs, de Louis GARREL en particulier qui manifeste une certaine autodérision bienvenue. Un virage vers l'élargissement de sa palette et de son auditoire confirmé en 2023 avec sa prestation dans l'excellent "Les Trois Mousquetaires - D'Artagnan" (2022).

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Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace)

Publié le par Rosalie210

Frank Capra (1941)

Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace)

Créée à Broadway le 10 janvier 1941, « Arsenic et vieilles dentelles » d'après la pièce de Joseph Kesselring a tenu le haut de l’affiche jusqu’au 17 juin 1944. Elle est entrée dans le livre Guiness des records des pièces les plus jouées à Broadway avec 1 444 représentations, avant de s’installer au Strand Theater à Londres jusqu’en 1946. La pièce a marqué notamment les esprits grâce à l’interprétation magistrale de Boris KARLOFF dans le rôle de Jonathan. Mais c’est Franck Capra qui l'a rendue mondialement célèbre en l’adaptant au cinéma. Sans Boris KARLOFF hélas retenu ailleurs au moment du tournage et remplacé par un "clone" (Raymond MASSEY) mais avec Peter LORRE qui compose un docteur Einstein savoureux. Face à ce duo tout droit sorti du film de James WHALE, Cary GRANT, le roi de la screwball comédie ne fait pas dans la dentelle (^^) et son surjeu permanent (encouragé par Frank CAPRA) finit par émousser le ressort comique de son personnage qui pourtant démarrait très fort. C'est la différence entre le cinéma qui demande de la retenue et le théâtre qui se joue à fond. Pour rappel, Cary Grant joue Mortimer dont le mariage est mis en péril par un encombrant cadavre dans le placard et qui se démène pour que sa famille de cinglés (deux vieilles bigotes qui assassinent par charité chrétienne et leur neveu qui se prend pour Théodore Roosevelt) aille dormir à l'asile psychiatrique dirigé par M. Witherspoon (Edward Everett HORTON, un pilier du second rôle de la comédie américaine de cette époque). On rit encore aujourd'hui beaucoup en regardant cette comédie loufoque et macabre même si l'aspect théâtre filmé et l'ambiance hystérique la rendent parfois un peu lourde à digérer. Certains gags ont mal vieilli (celui du taxi par exemple) de même que certains personnages (la fiancée de Mortimer, le policier théâtreux) mais comme on est dans la surcharge permanente, il y a dans ce trop-plein de quoi largement se contenter. Un exemple parmi d'autres: comme dans les cartoons, Mortimer raconte sur le mode de la fiction ce qui est en train de se dérouler derrière son dos. Pourtant il a découvert très tôt dans le film que la réalité dépassait la fiction!

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