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Articles avec #court-metrage tag

Le Royaume des fées

Publié le par Rosalie210

Georges Méliès (1903)

Le Royaume des fées

L'un des meilleurs films de Georges MÉLIÈS d'une beauté visuelle et d'une richesse qui rivalise voire surpasse pour certains "Le Voyage dans la Lune" (1902) mais qui hélas ne bénéficie pas de la même notoriété. Inspiré d'une féérie (pièce de théâtre fondée sur le merveilleux et la magie) qui se donnait alors au Théâtre du Châtelet, il s'agit d'un film de 32 tableaux (plans fixes), racontant une histoire dont le début fait penser à "La Belle au bois dormant" puis "Raiponce" puis "Jonas et la baleine". On remarque la sophistication et la beauté des décors (environ une vingtaine) ainsi que la variété des costumes très connotés XIX° en dépit du caractère censé être intemporel de l'histoire. Certains passages sont saisissants pour l'époque, jouant sur la profondeur de champ, faisant appel à des effets pyrotechniques spectaculaires, des chausse-trappes, des effets ingénieux comme celui consistant à filmer à travers un véritable aquarium pour les scènes sous-marines sans parler des nombreux trucages (fondus-enchaînés, apparitions-disparitions). Les films de cette durée bénéficiaient d'un commentaire oral qui à l'époque était déclamé par un bonimenteur et aujourd'hui est enregistré. Enfin comme beaucoup de films de Georges MÉLIÈS, "Le Royaume des fées" a été entièrement colorisé à la main ce qui participe à renforcer son climat féérique en dépit de la détérioration de la pellicule.

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La Sirène

Publié le par Rosalie210

Georges Méliès (1904)

La Sirène

"La Sirène" fait partie des très nombreux courts-métrages en forme de numéro de prestidigitation améliorés par les trucages cinématographiques que Georges MÉLIÈS a réalisé au début du cinéma parlant qui était encore considéré comme un art forain et traité en tant que tel (projection sous tente et non dans des salles dédiées, films-spectacles plus que films-récits etc). Toutefois si le procédé peut sembler répétitif, il comporte toutes sortes d'expérimentations qui ont été ensuite reprises dans des films ultérieurs, à commencer par les courts métrages de Max LINDER, beaucoup plus élaborés narrativement.

"La Sirène" propose ainsi plusieurs petites originalités: des poissons tantôt véritables et tantôt en papiers découpés et surtout le pseudo-zoom déjà utilisé dans "L Homme à la tête de caoutchouc" (1901) où l'aquarium s'approche de la caméra à l'aide d'un chariot monté sur rails quand on passe du cadre de la scène de spectacle à l'intérieur de l'aquarium où se déroule la seconde partie du numéro.

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L'Homme mouche

Publié le par Rosalie210

Georges Méliès (1902)

L'Homme mouche

Non il ne s'agit pas du super vilain ni du cascadeur masqué estampillé Marvel et encore moins d'un ancêtre du film de David CRONENBERG. Dans ce court-métrage, l'un des premiers colorisés à la main, Georges MÉLIÈS s'essaie à un trucage qui sera mainte fois repris ensuite, par exemple chez Max LINDER: défier la gravité en marchant et virevoltant à 90° le long des murs. Evidemment le fameux mur est en réalité un sol mais grâce à la position de la caméra, on y voit que du feu. Simple et efficace. Une fois de plus, Georges MÉLIÈS prouve que le cinéma est un art qui rend possible ce qui ne l'est pas dans la réalité et d'une manière plus spectaculaire qu'au théâtre

Georges MÉLIÈS a réalisé plus de 500 films de 1896 à 1913 mais démodé, dépassé par la production cinématographique en voie d'industrialisation, ruiné et oublié après la guerre, il vendit ou détruisit la quasi totalité de son oeuvre qu'il ne savait plus où conserver (il a été exproprié du théâtre Robert Houdin et a dû vendre son studio de Montreuil pour payer ses créanciers). Heureusement, une nouvelle génération de cinéastes et de cinéphiles le redécouvrent dès la fin des années vingt (dont Henri Langlois) et des copies de près de 200 de ses films sont retrouvés un peu partout dans le monde au fur et à mesure des décennies, plus ou moins complètes et de bonne qualité. Surtout, un lot de 80 négatifs originaux est retrouvé aux USA alors qu'ils sont censés être partis en fumée en 1923. On découvre alors que Georges MÉLIÈS a mis au point un dispositif permettant de produire simultanément deux négatifs originaux identiques du même film, l'un destiné à la France, l'autre à sa succursale aux USA, tenue par son frère, Gaston. Ce sont ces négatifs, d'une excellente qualité d'origine qui sont en train d'être restaurés par les équipes de Lobster Films en lien avec le CNC et la bibliothèque du Congrès aux États-Unis, un chantier qui s'étalera encore sur plusieurs années.

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Le voyage à travers l'Impossible

Publié le par Rosalie210

Georges Méliès (1904)

Le voyage à travers l'Impossible

Dans un précédent avis, je disais que Georges MÉLIÈS était le chaînon manquant entre Jules Verne et les innovations technologiques de la deuxième et troisième révolution industrielle ayant permis de mettre au point les moyens de transport permettant d'aller sur la lune ou sous la mer. De fait "Le Voyage à travers l'impossible" qui est la suite de "Le Voyage dans la Lune" (1902) s'inspire très librement d'une pièce de théâtre de Jules Verne et Adolphe d'Ennery au titre éponyme. La structure du court-métrage est sensiblement la même que pour "Le Voyage dans la Lune" (1902) avec plus d'humour, de péripéties et une longueur inédite pour l'époque. Dommage que cette suite XXL consacrée au voyage vers le soleil soit restée dans l'ombre de son prédécesseur. Elle vaut la peine d'être redécouverte, notamment par les fans de japanimation. L'aspect steampunk avant la lettre du métrage saute aux yeux: ce ne sont que poulies, rouages, fumées, engins à vapeur (trains, dirigeables, sous-marins), tout un univers de SF rétro-futuriste cher au coeur des maîtres nippons du genre (à commencer par Hayao MIYAZAKI). Impossible également de ne pas relever les similitudes entre "Le Voyage à travers l'Impossible" et "Galaxy Express 999" (manga, série animée, film d'animation) de Leiji MATSUMOTO avec ce train qui s'élance le long d'un plan incliné avant de quitter les rails et de voler dans l'espace. On pense aussi bien sûr à "Train de nuit dans la voie lactée" (1985). L'imagination de Georges MÉLIÈS semble sans limites que ce soit pour l'entrée dans le soleil (différente de celle de la lune), l'excursion dans ses paysages, le moyen pour se rafraîchir, pour revenir etc. C'est enchanteur, poétique, inventif, drôle. Le professeur Mabouloff joué par Georges MÉLIÈS a des airs du capitaine Haddock et j'aime bien sa société de géographie incohérente... pas plus que dans l'univers des films de Terry GILLIAM très inspirés eux aussi par cet héritage.

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Le Locataire diabolique

Publié le par Rosalie210

Georges Méliès (1909)

Le Locataire diabolique

Décidemment, les tours de magie de Georges MÉLIÈS me font penser à l'univers de Harry Potter. Déjà dans "Les Affiches en goguette" (1906), les portraits prenaient vie et s'amusaient à se rendre visite. Dans "Le Locataire diabolique" qui est plus tardif (1909), un peu plus long et élaboré (6 minutes, deux décors) et de surcroît colorisé à la main, image par image, c'est le principe du sac et de la malle sans fond qui est exploré. Sac que Méliès a ensuite revendu à "Mary Poppins" (1964) avant qu'il ne termine dans la chaussette d'Hermione en version miniaturisée. C'est fascinant de voir comment une idée joue ainsi à saute-mouton avec les générations de film en film, d'oeuvre en oeuvre jusqu'à nos jours.

Par ailleurs, on remarque que dans "Le Locataire diabolique", il n'y a pas que le bagage qui est magique, les meubles le sont aussi et à un moment du film, se mettent à danser pour faire tourner en bourrique le propriétaire comme trois ans plus tard ceux de "Entente cordiale" (1912) de Max LINDER. Enfin le bagage magique ne sert pas seulement à transporter l'ameublement complet d'un appartement (que par le biais des trucages, Georges MÉLIÈS transforme en cartons pliables au moment de les ranger dans le sac). Il sert aussi à déménager à la cloche de bois quand le moment de payer le loyer est arrivé. Celui-ci se débarrasse des fâcheux en les faisant disparaître (ou en disparaissant lui-même!) avant de laisser derrière lui en partant un dernier meuble enchanté pour qu'il leur joue un dernier bon tour, libre comme l'air.

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Les Affiches en goguette

Publié le par Rosalie210

Georges Méliès (1906)

Les Affiches en goguette

Connaissez-vous le principe des portraits qui s'animent et interagissent les uns avec les autres en se rendant visite par exemple? Et bien cela existait avant Harry Potter et avant "Toy Story" (1995) grâce à la magie du cinéma de Méliès. Le film qui date de 1906 donne à voir un mur recouvert par sept affiches publicitaires aux noms délicieusement désuets (Jean-Pierre JEUNET en a fait d'ailleurs un élément de sa propre poésie urbaine), successivement pour « Les Extraits de Bidoche Poirot », la « Poudre des Fées », « La Trouillotine », « Le Tripaulin », « Le Nouveau Dépôt », « Le Quinquina au Caca O » et les « Corsets Mignon ». Un cadre vide, initialement rempli de graffitis (« Mort aux flics »), accueille bientôt une huitième affiche : « Parisiana, l’amour à crédit ». Après cette présentation, les affiches s’animent et les personnages qui les composent deviennent des acteurs « en chair et en os » comme dans "Les Cartes vivantes" (1905) qui non seulement s'amusent entre eux mais également avec les flics qui longent le mur, jusqu'à renverser les rôles dans un final assez savoureux. Outre la performance technique (pour l'époque) et la féérie qui se dégage du procédé, on comprend que Georges MÉLIÈS n'aime guère les forces de l'ordre (de nos jours, il serait montré du doigt par toute une partie de la société pour cela) puisqu'il s'amuse à les "mettre en boîte" après les avoir enfarinés ^^. A l'inverse ses personnages de papier eux sortent des cadres dans lesquels on les a placés, séparés les uns des autres pour se rejoindre et faire la fête ensemble.

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Les Cartes vivantes

Publié le par Rosalie210

Georges Méliès (1905)

Les Cartes vivantes

Georges MÉLIÈS est en ce moment à l'honneur sur Arte dont le replay propose plusieurs de ses courts-métrages sous le thème de la fantaisie et du rêve. Et j'ajouterai, de la magie. Car "Les cartes vivantes" comme beaucoup de ses films est un numéro d'illusionnisme "boosté" par les moyens du cinéma. Georges MÉLIÈS n'est pas le père des effets spéciaux pour rien. Il a compris le premier que le cinéma permettait de transcender les limites physiques et de rendre possible l'impossible en ouvrant un espace imaginaire illimité. Il est parfaitement logique qu'il ait donc pu aller sur la lune bien avant Neil Armstrong comme un chaînon manquant entre la littérature de Jules Verne et la technologie qui a rendu cet exploit réalisable dans le réel. Cependant il n'existe encore aucun moyen de devenir invisible, de traverser les obstacles sans leur causer de dommage ou bien de transformer un objet inanimé en une personne vivante. Il s'en donne donc donc à coeur joie avec ce tour de cartes durant lequel celles-ci changent de taille, de nature en finissant même par lui jouer un bon tour! les trucages artisanaux lui permettent d'apparaître et de disparaître à volonté, d'escamoter des objets, de les transformer ou bien de se dupliquer à l'écran. L'essence même du cinéma est mise en abyme quand la reine de coeur et le roi de trèfle passent du statut d'images inanimées en deux dimensions à celui d'image animée (toujours en deux dimensions certes, époque oblige) d'une personne vivante évoluant dans un espace qui lui est en trois dimensions, préfigurant ainsi l'avenir des effets spéciaux.

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Moi, Léa

Publié le par Rosalie210

Inès Bigonnet, Aurélien Quillet (2020)

Moi, Léa

"Moi, Léa" est un court-métrage réalisé par une lycéenne de 16 ans atteinte du syndrome d'asperger, Inès Bigonnet, également auteure du script. Celle-ci a pu s'appuyer sur l'IMCA Provence (Centre de formatrion vidéo scénario) qui lui a fourni une caméra professionnelle et une équipe technique, des partenaires financiers locaux et une cagnotte en ligne lancée sur internet pour récolter des fonds. Au total une soixantaine de personnes ont pu participer au projet qui s'est étalé sur près de huit mois. Le film a été projeté en avant-première au cinéma le Vox d'Avignon juste avant le début du deuxième confinement et est disponible depuis fin novembre 2020 sur You Tube.

Si le projet s'est professionnalisé au fur et à mesure de son développement, c'est aussi en raison des thèmes qu'il aborde. Une adolescente qui doit assumer des responsabilités d'adulte en raison de la mort de son père et de sa mère défaillante. La passion du VTT considéré comme un sport peu féminin qui lui a valu des railleries. Et enfin les clichés autour du syndrome d'asperger, considéré à tort comme une maladie mentale et objet de harcèlement. Même si le film n'est pas exempt de maladresses en raison d'anachronismes dans un flashback censé se dérouler dans les années 60 mais qui ne fait pas illusion, le fait que Inès Bigonnet soit comparée à Antoine Doinel est un compliment prometteur et mérité qui compense largement le manque de moyens. On ne peut que saluer l'initiative et la détermination de cette jeune fille. Et la chanson finale est particulièrement percutante et bien interprétée. En voici les paroles:

"Ma différence, j’en fais une force, une fragilité
L’intelligence, pas de rejet, ne pas chercher
Je suis cet autre, que tu croises les yeux baissés
L’intolérance, c’est par ce geste déplacé

Mon existence est nourrie de diversité
Quand ma présence, à vos côtés peut vous gêner
Je suis cet autre, je suis un être singulier
Laisse tes méfiances, abolis donc tous tes clichés

Moi, j’ai une âme dans ce corps si contrarié
Garde tes distances, si tu ne veux pas l’accepter
L’altérité n’est un pas trouble, pas un drame
Aussi absurde que ce physique que tu blâmes
La vérité de vos raisons vaut bien la nôtre
Semblable, mais parmi vous, je suis cet autre

Mon espérance, est de vous voir un jour changer
Tant d’impuissance, devant tant d’ambiguïté
Je suis cet autre, quand mon langage vint à blesser
Tes défiances, tes cohérences sont dépassées

Dans le silence, la souffrance m’accompagnait
Un état de transe pour comprendre où je suis né
Je suis cet autre serait-ce à moi de m’adapter
Cette existence, d’une autre empreinte je suis fais

Moi, j’ai une âme dans ce corps si contrarié
Garde tes distances si tu ne veux pas l’accepter
L’altérité n’est un pas trouble, pas un drame
Aussi absurde que ce physique que tu blâmes
La vérité de vos raisons vaut bien la nôtre
Semblable, mais parmi vous, je suis cet autre

Moi, j’ai pris conscience de vos refus de liberté
Toutes vos confiances, cette pauvreté de vos idées
Je suis cet autre, je ferai tout pour tolérer
Ces déficiences, la platitude de vos pensées

Moi, j’ai une âme dans ce corps si contrarié
Garde tes distances si tu ne veux pas l’accepter
L’altérité n’est un pas trouble, pas un drame
Aussi absurde que ce physique que tu blâmes
La vérité de vos raisons vaut bien la nôtre
Semblable, mais parmi vous, je suis cet autre".
 

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Vincent

Publié le par Rosalie210

Tim Burton (1982)

Vincent

Le tout premier film de Tim Burton contient toute son œuvre à venir. C'est aussi une autobiographie à peine déguisée dans laquelle il exprime sa différence et son malaise face aux codes culturels dominants de la société américaine, notamment ceux des studios Disney pour lesquels il travaillait. Alors que ceux-ci connaissaient un passage à vide tant créatif que commercial au début des années 80, ils refoulèrent "Vincent" au fond d'un tiroir avant que le succès de "L'étrange Noël de M. Jack" lui aussi mal assumé dans un premier temps ne l'en fasse sortir. "Vincent" qui recourt au même procédé d'animation en stop-motion et utilise un noir et blanc expressionniste raconte l'histoire d'un petit garçon lunaire à l'imaginaire gothique fasciné par les récits fantastiques et les films d'épouvante, plus précisément ceux de Roger Corman tirés de nouvelles d'Edgar Poe avec Vincent Price (d'où le prénom de l'enfant). Frankenweenie est déjà en germe dans "Vincent" tout comme Jack Skellington et Edward Scissorhands. Mais "Vincent" est aussi une mise en abyme puisque le personnage a l'apparence de Tim Burton mais ses pensées en vers s'expriment par le biais de la voix de Vincent Price à qui il s'identifie. Le résultat est absolument envoûtant. "Vincent" est un poème cinématographique lugubre et poignant d'une grande beauté qui fait écho dans les esprits de ma génération au tube d'un autre "E.T." de cette époque, Michael Jackson avec "Thriller" dont le clip sorti également en 1982 convoque le même imaginaire et a popularisé pour l'éternité la voix de basse si expressive de Vincent Price.

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Hôtel Chevalier (Hotel Chevalier)

Publié le par Rosalie210

Wes Anderson (2007)

Hôtel Chevalier (Hotel Chevalier)

Bien que pouvant être vu et apprécié en lui-même, "Hôtel Chevalier" est le prologue du long-métrage de Wes Anderson sorti la même année, "A Bord du Darjeeling Limited". Il a pour personnage principal l'un des trois frères Whitman, Jack (Jason Schwartzman) qui fait une escale à Paris dans un hôtel de luxe (l'hôtel Raphael renommé "Chevalier" dans le film) quelques semaines avant de s'embarquer à bord du fameux périple en train qui constitue la colonne vertébrale du long-métrage de Wes Anderson. On reconnaît notamment sa valise qui fait partie de la même gamme que celle de ses frères. Mais à ses côtés, un autre personnage joue un rôle important alors qu'il est à peine montré dans le long-métrage, c'est son ex(?) petite amie, jouée par Natalie Portman qui vient lui rendre visite pour peut-être tenter de réparer les pots (les ponts?) cassés entre eux.

"Hôtel Chevalier" a beaucoup fait parler de lui à sa sortie parce que Natalie Portman y joue en partie dénudée. Cela n'a cependant rien de gratuit car la beauté plastique de l'actrice ne fait pas oublier les bleus qui recouvrent son corps et qui parlent d'eux-même, tout comme la fin où Jack lui fait contempler la "vue" qu'il a de Paris depuis sa fenêtre avant qu'un mouvement de caméra nous révèle que celle-ci est complètement bouchée. On peut également souligner le fait que Jack commande des plats auxquels il ne touche pas, déshabille son amie tout aussi appétissante mais ne fait pas l'amour avec elle ou encore regarde "Stalag 17" à la TV, un film de Billy Wilder ayant pour cadre un camp de prisonnier. Cette atmosphère d'impuissance dépressive s'allie à un écrin magnifique que ce soit au niveau des lumières et des couleurs (le blues du dehors contrastant avec la dominante curry de la chambre qui annonce le but du voyage à venir) ou de la balade entêtante et très élégante qui accompagne la plus grande partie du film, "Where Do You Go To (My Lovely)" de Peter Starstedt qui fait écho aux plats en français commandés par Jack. 

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