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Articles avec #court-metrage tag

Comment Wang-Fô fut sauvé

Publié le par Rosalie210

René Laloux (1987)

Comment Wang-Fô fut sauvé

C'est le dernier film de René Laloux et celui qu'il préférait, sans doute parce qu'il s'y retrouvait quelque peu. Adapté d'une nouvelle de Marguerite Yourcenar et dessiné par Philippe Caza, il s'agit d'un conte poétique et philosophique d'une grande beauté plastique situé dans la Chine médiévale qui s'interroge sur le pouvoir de l'art à la fois miroir trompeur du réel et chemin d'accès à l'immortalité.

Wang-Fô est un peintre errant dont les estampes exercent une telle fascination sur ceux qui les observent qu'ils en viennent à se détourner d'une réalité forcément moins belle. Ling son disciple délaisse sa femme qui en vient à se suicider. Quant à l'empereur, élevé dans la contemplation des œuvres du maître il ne supporte pas de n'avoir aucune prise sur le monde créé par Wang-Fô. Au lieu d'en tirer une leçon de sagesse sur les limites de son pouvoir, il est rongé par la jalousie et la rancune. C'est pourquoi il décide de le faire taire à tout jamais après lui avoir imposé de finir l'une de ses peintures restée inachevée. Quant à Ling qui tentait de s'interposer, il le fait décapiter. Mais Wang-Fô va littéralement donner vie à sa peinture, y retrouver Ling ressuscité et s'échapper avec lui hors de portée du pouvoir de l'empereur "Ces gens ne sont pas faits pour se perdre à l'intérieur d'une peinture".

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Knick Knack

Publié le par Rosalie210

John Lasseter (1989)

Knick Knack

Après les difficultés rencontrées sur "Tin Toy", John Lasseter a voulu revenir l'année suivante avec "Knick Knack" à quelque chose de plus facile et de plus maîtrisé. De fait, "Knick Knack" ne met en scène que des objets et des motifs aux formes géométriques simples et aux couleurs chatoyantes. Côté scénario, il s'agit d'un slapstick jazzy dans l'esprit des cartoons de la Warner. Le modèle avoué de Lasseter pour ce film est en effet Chuck Jones (créateur entre autre de Bip Bip et Coyote). "Knick Knack" qui est contemporain de "Qui veut la peau de Roger Rabbit" de Zemeckis mêlant prise de vues réelles et animation (avec une forte inspiration Warner) est en effet très drôle. L'idée de base est simple mais ingénieuse: montrer un personnage enfermé dans sa bulle qui essaye par tous les moyens d'en sortir pour rejoindre les autres souvenirs qui mènent la Dolce Vita. En vain ce qui nourrit sa frustration. Il aurait été même encore plus drôle s'il n'avait pas été censuré dans les années 2000. Reniant l'inspiration irrévérencieuse du cartoon libidineux à la Tex Avery, Lasseter en bon "père de famille" (c'est en effet par cet argument qu'il se justifie!) enlève les grosses poitrines quasi dénudées de Sunny Miami et Sunny Atlantis qui sont pourtant à l'origine du désir du bonhomme de neige! C'est dommageable car une partie du sens de ce court-métrage se perd au nom du politiquement correct.

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Tin Toy

Publié le par Rosalie210

John Lasseter (1988)

Tin Toy

Bien sûr aujourd'hui, "Tin Toy" apparaît complètement daté sur le plan technique. On voit surtout ce qui est raté: l'horrible modélisation de la couche du bébé qui a l'air d'être en ciment et qui est mal ajustée. Le bébé lui-même ressemble plus à un poupon en plastique qu'à un être de chair et de sang. Néanmoins avoir réussi à le créer représente à l'époque un bel exploit. C'est la première fois qu'un être humain modelé de façon réaliste apparaît à l'écran (le clown de "Red's Dream" était maquillé, aucun centimètre de sa peau n'apparaissait). D'autre part les décors, objets, tissus sont réussis alors qu'il fallait les inventer de toute pièce. Quant aux jouets, ils sont bluffants de réalisme, Tinny le petit homme-orchestre en tête qui est en prime très émouvant!

Mais surtout "Tin Toy" est un film important dans l'histoire des studios Pixar car il est l'embryon de "Toy Story" leur premier long-métrage. Tinny devait d'ailleurs en être le héros avant d'être remplacé par Woody et Buzz. Le concept du jouet doté d'une vie propre est une idée de John Lasseter. En voyant jouer son neveu, il s'est mis à la place du jouet (!) pour qui le bébé est un monstre sale et cruel à fuir pour ne pas être détruit. Le questionnement à l'origine de chacun de ces films est d'ailleurs très semblable. Pourquoi les jouets se retrouvent-ils systématiquement sous les meubles de la maison? (Réponse dans "Tin Toy"), Que font ils quand les humains ont le dos tourné? (Réponse dans "Toy Story"). Ce scénario brillant permettra aux studios Pixar de remporter leur premier oscar.

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Le rêve de Rouge (Red's Dream)

Publié le par Rosalie210

John Lasseter (1987)

Le rêve de Rouge (Red's Dream)

En 1987, un an seulement après "Luxo jr", l'activité de Pixar reste centrée sur la vente d'ordinateurs. Mais pour améliorer la visibilité de la société et promouvoir son nouvel ordinateur, le Pixar image computer, son équipe décide de réaliser un nouveau court-métrage.

Si l'on excepte le clown qui est la première figure organique modélisée par les studios (dans ce domaine beaucoup de travail reste encore à faire mais sa présence est une avancée incontestable), on a du mal à croire que "Red's dream" a été réalisé au tout début de l'animation en images de synthèses tant le résultat est impressionnant, surtout au début et à la fin. Et pas seulement techniquement. William Reeves a eu l'idée de créer en ouverture une scène de rue nocturne sous la pluie avec de subtils jeux d'ombres et de lumières et une musique jazz assez proche de celle de "Ascenseur pour l'échafaud". Cette mélancolie ("Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville") imprègne l'ensemble du film centré sur un petit monocycle abandonné au fond d'un magasin et qui rêve de gloire avant de retourner dans son coin la tête basse. L'humanisation de l'objet qui était déjà le point fort de "Luxo jr" s'enrichit de nouvelles nuances car Lasseter résiste aux pressions et ose une fin triste qui n'était pas du tout habituelle dans l'animation. Ce choix est fondamental pour l'identité future du studio, le seul dans ce domaine à prendre ces émotions à bras le corps et à en imprégner ses films. "Red's dream" est l'embryon de films comme "Vice Versa", "Toy Story 3", "Là-Haut" ou "Coco" qui sont de véritables manifestes pour l'acceptation de la mélancolie par la société américaine dressée au "smile" à tout prix et au refoulement des émotions dites "négatives". Quelle ironie que ce soit un objet qui donne des leçons d'humanité au public!

De manière plus anecdotique, "Red's dream" est le premier Pixar a intégrer une allusion à une oeuvre précédente: la piste de cirque a le motif du ballon de "Luxo jr" que l'on retrouvera dans nombre d'oeuvres ultérieures.

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Les Aventures d'André et Wally B. (The Adventures of André and Wally B.)

Publié le par Rosalie210

Alvy Ray Smith, John Lasseter (1984)

Les Aventures d'André et Wally B. (The Adventures of André and Wally B.)

"Les Aventures d'André et Wally B." est à l'animation 3D ce que "La sortie des usines Lumière à Lyon" est au cinéma documentaire, une œuvre pionnière issue d'une collaboration novatrice entre un groupe d'infographistes visionnaires et un animateur surdoué. Il s'agit en effet du tout premier film d'animation en 3D réalisé par Lucasfilm Computer Graphics Group la filiale de Lucasfilm Ldt qui allait devenir Pixar.

Alvy Ray Smith et Ed Catmull à l'origine du projet étaient des infographistes qui travaillaient au sein de la filiale de Lucasfilm ldt. Désireux de montrer leur savoir-faire, ils décidèrent de réaliser un court-métrage démontrant le potentiel cinématographique de cette nouvelle technique d'animation qu'ils ne cessaient d'améliorer (animation articulée fluidifiée des personnages, flou des mouvements pour mieux lier les actions entre elles...) Mais leur groupe n'était composé que de techniciens incapables de créer une œuvre artistique. C'est pourquoi ils firent appel au jeune animateur John Lasseter qui venait de se faire licencier de chez Disney. Le travail de groupe qui en résulta produisit des étincelles, chacun y allant de son innovation: la forme de la larme pour le corps du personnage d'André (association d'un cône et d'une sphère), le système à particules pour les paysages (idée de Bill Reeves, le quatrième pilier du film), l'identité du personnage d'André proche du Mickey Mouse de Disney et bien entendu, le récit "fondateur", André (symbole de la 3D) se réveillant d'un long sommeil et prenant conscience de la beauté du monde qui l'entoure. Jusqu'à ce que la facétieuse abeille Wally B. n'apporte une touche humoristique à l'ensemble. Le tout ayant l'évidence et la pureté des premiers films burlesques muets.

Le film présenté lors du SIGGRAPH de 1984 fut un choc aussi bien technologique qu'esthétique. Et pourtant George Lucas ne compris pas le potentiel de la filiale puisqu'il la vendit à Steeve Jobs qui la renomma "Pixar". Avec la suite que l'on sait.

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Le Parapluie bleu (The Blue Umbrella)

Publié le par Rosalie210

Saschka Unseld (2013)

Le Parapluie bleu (The Blue Umbrella)

"Le parapluie bleu" est le court-métrage Pixar qui a été présenté en première partie de "Monstres Academy". L'idée est née d’une promenade de Saschka Unseld à San Francisco qui découvrit un parapluie abandonné sur le sol. Il s’imagina alors une histoire sur cet objet anodin. Unseld et son équipe prirent alors de très nombreuses photos d’objets inanimés dans les rues de plusieurs villes : San Francisco, New York, Chicago et Paris et décidèrent de leur donner vie.

Le résultat est techniquement superbe avec un rendu photo-réaliste bluffant au service d'une histoire simple nimbée de poésie. Quant à l'ambiance, elle fait penser au générique des "Parapluies de Cherbourg". Beaucoup de critiques négatives ont dit que le film était sans imagination, répétitif etc. Mais cette histoire n'est-elle pas un retour aux fondamentaux du studio Pixar qui consiste à animer des objets? Et l'originalité du film, c'est de donner vie au paysage urbain le plus ingrat qui soit, celui d'une route sous la pluie: les façades d'immeubles, les plaques d'égout, les poubelles, les panneaux de signalisation, les gouttières prennent vie et assistent en témoins à la jolie rencontre du parapluie rouge et du parapluie bleu qui détonent au milieu des parapluies noirs. Et ce d'autant plus que ces deux parapluies symbolisent la rencontre de leur propriétaires, un petit coup de foudre miraculeux au milieu de toute cette grisaille.

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Doug en mission spéciale (Dug's special mission)

Publié le par Rosalie210

Ronnie del Carmen (2009)

Doug en mission spéciale (Dug's special mission)

Depuis "Monstres & Cie" et "La nouvelle voiture de Bob", les studios Pixar ont pris l'habitude de proposer en bonus des DVD de leurs films un court-métrage mettant en scène tout ou partie du casting du long-métrage. Le plus souvent, il s'agit de scènes qui n'ont finalement pas été conservées au montage.

Ainsi "Doug en mission spéciale" raconte les péripéties qui précèdent la rencontre du chien maladroit avec Carl et Russell. Les premiers plans en montage alterné sont très efficaces pour caractériser les personnages. D'un côté Alpha, Omega et Bêta, chiens zélés au service de leur maître poursuivent l'oiseau Kevin, de l'autre Doug fait bande à part pour aller respirer les petites fleurs puis fait involontairement un croche-pied à ses compères, leur faisant rater la cible. Par la suite plus ses acolytes canins essayent de se débarasser du boulet, plus il leur colle au train, favorisé par une suite de situations plus burlesques les unes que les autres. Rien de bien original dans tout cela, mais outre la bonne facture de l'ensemble, on ressent un énorme capital sympathie pour l'affectueux et enthousiaste Doug.

Comme dans le long-métrage, la principale source de gags vient du collier déréglé d'Alpha qui lui donne une voix ridicule. Ce principe des colliers parlants est d'ailleurs intéressant en soi car il créé un décalage avec les codes habituels de l'anthropomorphisation des animaux dans le cinéma d'animation, tout particulièrement celui de Disney. Manière élégante de rappeler que Pixar possède sa propre identité, inassimilable à celle de la maison-mère.

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Passages Nuageux (Partly Cloudy)

Publié le par Rosalie210

Peter Sohn (2009)

Passages Nuageux (Partly Cloudy)

Présenté en première partie de "Là-Haut" et aujourd'hui disponible dans les bonus du DVD, "Passages nuageux" en est le complément idéal. Il s'agit avant tout d'un hommage à "Dumbo", le film préféré de John Lasseter. On voit en effet tout comme dans le film de Disney des cigognes apporter des bébés à leurs propriétaires. Et comme dans "Dumbo" il y a un vilain petit canard. Sauf qu'il ne s'agit pas seulement du bébé, il s'agit aussi de celui qui le fabrique! Car la belle idée de John Sohn (réalisateur et scénariste) est de montrer d'où viennent les bébés: directement des nuages! Ceux-ci sont anthropomorphisés et confectionnent de leurs mains (et avec un peu de magie produite par la foudre) toutes sortes de bébés plus mignons les uns que les autres. Sauf dans le cas de Gus: lui ne fabrique que des monstres. Au grand dam de sa cigogne attitrée, Peck qui en subit les conséquences. Le duo Peck et Gus de par sa complicité et sa complémentarité rappelle d'autant plus Bob et Sully de "Monstres & Cie" que l'idée de la fabrique imaginaire est commune aux deux films. On peut également penser à une version aérienne du "Monde de Nemo" où le partenariat entre le poisson-clown et l'anémone de mer est remplacé par celui de la cigogne et du nuage.

Mêlant humour, poésie et émotion, "Passages nuageux" est un petit bijou. Un de plus dans la longue liste des réussites du studio et le meilleur antidote à la laideur (visuelle et morale) d'un "Baby Boss".

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La compagnie d'assurance permanente Crimson (The Crimson permanent assurance)

Publié le par Rosalie210

Terry Gilliam (1983)

La compagnie d'assurance permanente Crimson (The Crimson permanent assurance)

"La compagnie d'assurance permanente Crimson" a été réalisé au moment où Terry Gilliam écrivait "Brazil". Il s'agissait pour lui de tester une version miniature de sa "bombe filmique" prévue pour exploser en 1985. Le court-métrage devint le prologue du "Sens de la vie", dernier film des Monty Pythons sans vraiment s'y intégrer tant il jurait aussi bien par son esprit que par sa forme avec le reste du film. Même si la pirouette finale parfaitement absurde était bien dans le ton des Pythons.

On retrouve dans ce court-métrage tout ce qui fait le génie de "Brazil" en version condensée: le bouillonnement d'idées, les fulgurances visuelles, la haine de l'oppression bureaucratique, la nécessité de la révolte, l'ode au rêve et à la liberté de l'esprit humain. Sauf qu'ici, comédie oblige, les victimes l'emportent sur les bourreaux dans un festival aussi grotesque que jouissif où la métaphore navale joue à plein.

Seule la dimension cathartique du cinéma permet en effet à de vieux employés de bureau traités en galériens d'envoyer dans le décor les doigts dans le nez de jeunes loups de la finance en pleine possession de leurs moyens. Mieux encore, ils le font en retrouvant leur âme d'enfant. L'art du détournement d'objets atteint ici des sommets: les pales du ventilateur deviennent des sabres, les perroquets des portemanteaux des grappins, les piques-papiers et les tampons des poignards, les tables de bureaux des passerelles, les rangements deviennent des canons et le plus beau de tout, le bâtiment qui abrite l'assurance se transforme en bateau-pirate prêt à lever l'ancre pour partir à l'abordage de la haute finance internationale. Gilliam utilise des procédés qu'il reprendra à l'identique pour "Brazil" à savoir des maquettes et des trompe-l'oeil combinés avec des prises de vue qui en jettent.

On peut quand même déplorer que la seule femme dans ce mondes de vieux loups de mer aux prises avec des requins soit cantonnée au rôle de la théière sur pattes. Heureusement Gilliam se rattrapera avec "Brazil" et les films suivants en créant des personnages féminins d'une autre trempe. 

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La nouvelle voiture de Bob (Mike's new car)

Publié le par Rosalie210

Pete Docter, Roger Gould (2002)

La nouvelle voiture de Bob (Mike's new car)

A l'origine, ce court-métrage devait être la dernière séquence de "Monstres et Cie." Mais elle fut coupée au montage et transformée en un irrésistible petit court-métrage burlesque. La qualité technique est identique au film (et pour cause) et au niveau du contenu, ce court se suffit très bien à lui-même. La voiture high-tech tout-terrain sert de catalyseur comique. En 4 minutes, Bob et Sulli expérimentent à peu près toutes les galères possibles et imaginables lié à cet engin dernier cri. On peut y lire en filigrane une critique de la bagnole XXL destinée à se la péter. On comprend en se bidonnant pourquoi les villes américaines sont sillonnées d'énormes engins tout-terrain bourrés d'électronique!

A noter qu'il s'agit du premier court-métrage des studios Pixar tiré de l'un de leurs long-métrages (mais pas le dernier!) C'est également leur premier court-métrage avec des dialogues. En VO, Bob s'appelle Mike ce qui explique le titre aux USA et au Québec.

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