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Articles avec #comedie burlesque tag

Le Veinard/Le Chien chanceux (The Lucky Dog)

Publié le par Rosalie210

Jess Robbins (1921)

Le Veinard/Le Chien chanceux (The Lucky Dog)

"The Lucky Dog" n'est pas à proprement parler le premier "Laurel et Hardy" de l'histoire mais c'est le premier film dans lequel ils partagent quelques scènes à l'écran. La véritable naissance du tandem comique a lieu en effet en 1927. A cette date, les deux comparses ont déjà une importante carrière solo derrière eux commencée durant la décennie précédente dont il ne reste que quelques fragments récemment restaurés et édités en coffret. On estime par exemple que Oliver HARDY a tourné dans deux cent films quand il rejoint le casting de "Le Veinard". Il est alors plutôt cantonné aux seconds rôles et c'est encore le cas ici où il joue un voleur à l'apparence patibulaire mais en réalité plutôt pleutre qui prend l'apparence d'un comte suisse alors que Stan LAUREL qui joue un jeune dandy désargenté est le héros de l'histoire. Outre la hiérarchie entre premier et second rôle, le personnage d'Oliver Hardy est mis sur le même plan que l'amoureux éconduit joué par Jack Lloyd: les deux personnages s'associent en effet par intérêt pour faire tomber à l'eau les plans matrimoniaux du personnage joué par Stan Laurel. Dans le film, le véritable partenaire de Laurel est son chien bâtard qui s'est incrusté dans un concours canin non sans y mettre au passage le chaos, a séduit le chien de la jeune femme dont Laurel est amoureux et par la même occasion sa maîtresse et c'est encore lui qui met en déroute les deux fâcheux. Enfin, sur le plan vestimentaire, ni Laurel, ni Hardy n'ont encore revêtu l'accoutrement gémellaire qui à l'image de Charles CHAPLIN ou de Buster KEATON rendront leur silhouette reconnaissables dans le monde entier. Le film est donc surtout une curiosité d'intérêt historique.

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Les Blues Brothers (The Blues Brothers)

Publié le par Rosalie210

John Landis (1980)

Les Blues Brothers (The Blues Brothers)

Je cherchais à voir ce film depuis très longtemps. "1941" (1979) le quatrième film complètement déjanté de Steven SPIELBERG avec déjà le tandem John BELUSHI et Dan AYKROYD m'avais mis l'eau à la bouche (Steven SPIELBERG fait d'ailleurs une petite apparition sur "The Blues Brothers") ainsi que "S.O.S. fantômes" (1984) qui réunissait cette fois un trio Dan AYKROYD, Bill MURRAY et Harold RAMIS, tous issus comme John Belushi de la pépinière à talents comiques du Saturday Night Live. Car c'est sur ses planches que le groupe "The Blues Brothers" a fait ses gammes (et trouvé son dress code à la "Reservoir Dogs") (1992) avant d'être adapté à l'écran. Le fait de ne l'avoir vu qu'aujourd'hui m'amène à le rapprocher de "ELVIS" (2020) dont d'ailleurs l'un des titres est interprété dans le film "Jailhouse rock". Elvis avait osé à une époque où la ségrégation était la norme franchir les barrières raciales (et de genre aussi) en pénétrant dans l'espace sacré de la soul and rythm and blues music par sa communion avec les afro-américains. Jake et Elwood Blues n'agissent pas autrement. Ils se retrouvent chargés d'une mission divine après avoir été éveillés par le pape de la soul, James BROWN chantant "Can you see the light" dans une église (la matrice des musiques afro-américaines). Littéralement possédés par l'esprit de la soul, les frères se mettent en quête des musiciens de leur groupe (soit les vrais musiciens réunis par Dan Aykroyd et John Belushi durant leurs prestations au sein du SNL), croisant au passage d'autres poids lourds du genre musical (Aretha FRANKLIN, Ray CHARLES, Cab CALLOWAY, John Lee Hooker etc.) à une époque où certes la ségrégation n'existe plus officiellement mais où il faudra attendre Michael JACKSON pour que MTV (née en 1981) programme des artistes noirs. D'ailleurs l'aspect transgressif du choix des brothers est souligné dans la scène du bar country où ils se retrouvent hués par les rednecks du coin ce qui ne les empêche pas de continuer à "envoyer du bois". Leurs autres ennemis sont sans surprise les néo-nazis (qui eux ne jurent que par Wagner), un groupe de country à qui ils ont volé la vedette et les forces de maintien de l'ordre. Les formidables bluesmen Belushi et Aykroyd, artistes complets se transforment alors en Laurel et Hardy pour leur infliger le traitement burlesque qu'ils méritent lors de scènes cartoonesques assez jouissives impliquant également une ex-fiancée (Carrie FISHER). "The Blues Brothers" n'a pas volé son statut de film culte et est bien plus qu'une simple comédie musicale, touchant à ce qui est selon moi l'essence de l'art, lequel n'a que faire des frontières.

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Enorme

Publié le par Rosalie210

Sophie Letourneur (2019)

Enorme

Comédie dont j'ai pu découvrir un extrait lors d'une conférence sur le cinéma burlesque français, "Enorme", s'il n'est pas totalement réussi sort des sentiers battus et mérite d'être vu (d'ailleurs Arte l'a mis à son programme). La volonté de casser les codes est manifeste, tant sur la forme que sur le fond. Sur la forme, on a donc une tentative de marier des gags burlesques (comme celui qui donne son titre au film) et le réalisme documentaire, avec l'intervention de véritables professionnels de l'accouchement, particulièrement à la fin du film qui est on ne peut plus réaliste. Cela ne fonctionne pas vraiment car chaque style exclue de fait l'autre. Le fond est plus convaincant avec la description d'un couple dans lequel les rôles sont inversés: Mme est l'artiste à succès (Marina FOÏS) qui a remis sa vie et sa carrière entre les mains de M. (Jonathan COHEN) afin de n'avoir à s'occuper que de son piano. C'est donc dans la même logique lui qui prend la décision d'avoir un enfant d'autant qu'il a les moyens de parvenir à ses fins: Madame lui a remis la responsabilité de sa prise de pilule quotidienne. La polémique déclenchée par ce scénario auprès de certaines féministes n'a pas lieu d'être. En simplifiant et essentialisant le monde de façon binaire (femmes victimes/hommes prédateurs) à la manière des racistes (nous les gentils aryens/eux les méchants basanés), elles ne peuvent que passer à côté d'une réalité bien plus complexe et nuancée. Si l'on peut déplorer que Mme se retrouve avec une grossesse non désirée, ce n'est que la suite logique de sa démission envers le contrôle de ses facultés reproductives au profit de son mari. Lequel prend sa place psychologiquement au point de faire une couvade alors que sa femme considère juste son ventre comme un fardeau dont elle veut se débarrasser au plus vite ainsi que de son statut d'objet au profit d'un retour à la normale. C'est à dire dans la sphère de l'art pour elle et aux affaires matérielles pour lui dont on comprend que cela inclut de s'occuper de l'enfant. Sophie LETOURNEUR a le mérite de faire réfléchir en cassant les stéréotypes de genre, le titre étant polysémique: il peut désigner le mari qui prend toute la place, la bulle dans laquelle s'enferme sa femme qui est du genre autiste (elle déteste le contact humain) ou le poids de ce ventre gonflé jusqu'au grotesque.

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Onésime horloger

Publié le par Rosalie210

Jean Durand (1912)

Onésime horloger

Jean DURAND, ex-journaliste et dessinateur satirique a débuté chez Pathé en 1908 puis la Lux avant de passer à la Gaumont en 1910 où il réalise notamment des séries de courts-métrages burlesques autour des personnages de Calino (interprété par Clément Mégé), Zigoto (interprété par Lucien Bataille) et Onésime (interprété par Ernest Bourbon). Dans sa troupe d'acteurs-acrobates (les "Pouittes"), on trouve une future vedette, Gaston MODOT (le garde-chasse jaloux poursuivant Carette dans "La Règle du jeu" (1939) de Jean RENOIR, c'est lui!). Le style de ses courts-métrages préfigure celui des comédies de Mack SENNETT et de ses Keystone cops et il est bien dommage que son nom soit aujourd'hui oublié.

"Onésime horloger" qui fait partie d'une série de 56 films réalisés entre 1910 et 1914 est parfaitement représentatif de ce style et de cette époque dans laquelle les deux pays s'influencent mutuellement pour construire un genre qui sera l'un des piliers de l'âge d'or du cinéma muet. Avec en plus ici un caractère expérimental autour de la manipulation du temps, l'horloge qui s'affole devenant le cinéma lui-même, formidable machine à voyager dans le temps par le procédé des images accélérées (effet spécial que l'on retrouve dans d'autres Onésime mais pas sur les trois-quarts du film comme ici). Comme quoi Luc BESSON avec sa "Lucy" (2006) n'a rien inventé (sauf qu'elle remontait le temps alors qu'Onésime lui le descend à toute vitesse). Le résultat est un enchaînement frénétique de gags entraînant un vertige métaphysique, soit par la répétition mécanique des mêmes mouvements dans le monde urbain moderne confinant à l'absurde (certains passages préfigurent la célèbre séquence du travail à la chaîne de "Les Temps modernes" (1934) elle-même inspirée par "À nous la liberté" (1931) qui démontre une fois de plus comment la France et les USA se sont mutuellement influencés), soit par la métamorphose avec la séquence du mariage express, suivi de la croissance non moins rapide d'un enfant qui se révèle être Gaston MODOT!

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Onésime a un duel à l'américaine/Onésime se bat en duel

Publié le par Rosalie210

Jean Durand (1912)

Onésime a un duel à l'américaine/Onésime se bat en duel

Jean Durand, ex-journaliste et dessinateur satirique a débuté chez Pathé en 1908 puis la Lux avant de passer à la Gaumont en 1910 où il réalise notamment des séries de courts-métrages burlesques autour des personnages de Calino (interprété par Clément Mégé), Zigoto (interprété par Lucien Bataille) et Onésime (interprété par Ernest Bourbon). Dans sa troupe d'acteurs-acrobates (les "Pouittes"), on trouve une future vedette, Gaston Modot (le garde-chasse jaloux poursuivant Carette dans "La Règle du jeu" de Jean Renoir, c'est lui!). Le style de ses courts-métrages préfigure celui des comédies de Mack Sennett et de ses Keystone cops et il est bien dommage que son nom soit aujourd'hui oublié.

"Onésime et le duel à l'américaine" qui fait partie d'une série de 56 films réalisés entre 1910 et 1914 est parfaitement représentatif de ce style et de cette époque dans laquelle les deux pays s'influencent mutuellement pour construire un genre qui sera l'un des piliers de l'âge d'or du cinéma muet. Il est bâti autour d'une querelle futile entre Onésime, un gentleman élégant mais maladroit et un américain dans un club qui dégénère en un règlement de comptes au pistolet dont les décors font les frais: rien ne résiste à leur passage. Leur destruction systématique est une des caractéristiques les plus marquantes de ce burlesque primitif à tendance anarchisante. Jean Durand utilise également quelques trucages (inversions, accélérations) qui accentuent les effets comiques, effets également portés par les cartons (le dernier qui dénoue l'intrigue est porteur de rires garantis).

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Une histoire roulante

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1906)

Une histoire roulante

Un court-métrage burlesque de la Gaumont réalisé par Alice Guy qui n'a rien à envier à leurs homologues américains de la même époque. Il fallait en effet distancer la concurrence française (Pathé et Lux). Quelques années plus tard, celle-ci fera la seconde partie de sa carrière aux USA dans son propre studio et si la constitution dans l'après-guerre des grandes majors hollywoodiennes aura sa peau, ce sont les américains qui travailleront par la suite à la faire redécouvrir, bien plus que sa France natale que le révisionnisme historique auquel elle est contrainte pour lui faire une place dérange.

Le film de Alice Guy a pour personnage principal un vagabond (dont l'accoutrement préfigure cependant davantage celui de Harpo Marx que de Charles Chaplin) qui se retrouve malgré lui prisonnier d'un tonneau lancé à vive allure sur une pente descendante. Autrement dit, gare à ceux et celles qui se trouvent sur son chemin. Ce jeu de chamboule-tout grandeur nature est orchestré en neuf plans bien rythmés avec à peu près en son milieu une ellipse lorsque le tonneau se retrouve dangereusement catapulté sur les rails du chemin de fer. Il passe alors brusquement de la position couchée à la position redressée ce qui lui évite d'être écrasé par le passage du train qui se contente de le pousser pour qu'il continue sa roulade jusqu'à l'atterrissage final dans le fleuve. Encore que le pauvre vagabond, même libéré de son engin infernal conserve dans le dernier plan des traces visibles de sa mésaventure.

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Wandering Papas

Publié le par Rosalie210

Stan Laurel (1926)

Wandering Papas

Ce film est une curiosité puisque d'une part on y trouve Oliver Hardy dans un rôle secondaire mais sans son comparse à l'écran, Stan Laurel qui est présent derrière la caméra mais pas devant. De l'autre, le comique burlesque se concentre sur Clyde Cook qui joue un cuisinier très chaplinesque. Certains gags comme celui de l'aliment explosif rappellent "Charlot mitron" ("Dough and Dynamite") réalisé en 1914 pour la Keystone et d'autres "La Ruée vers l'or" (la maison qui penche dans le vide qui devient ici le train qui penche dans le vide). Il faut dire qu'avant de former son duo légendaire avec Oliver Hardy au cinéma, Stan Laurel comme la plupart des grands burlesques de cette époque avait débuté sur les planches en 1908, dans la même troupe que Charles Chaplin (celle de Fred Karno) et s'était retrouvé à jouer entre autres sa doublure.

Comme "Detained" que j'ai récemment chroniqué et plus d'une trentaine d'autres courts-métrages antérieurs à la formation du duo qui ont été miraculeusement retrouvés (sur des centaines perdus), on peut visionner "Wandering Papas" sur un double DVD édité par les éditions Lobster judicieusement intitulé "Laurel OU Hardy, avant le duo".

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Prisonnier (Detained)

Publié le par Rosalie210

Percy Pembroke, Joe Rock (1924)

Prisonnier (Detained)

Detained est l'un des 12 films de deux bobines (environ 20 minutes) que Stan LAUREL a tourné pour le producteur Joe ROCK en 1924 et 1925. A cette époque, Stan Laurel ne forme pas encore officiellement de duo comique avec Oliver HARDY bien qu'il ait déjà tourné une fois avec lui. Les courts-métrages tournés pour Joe Rock font donc partie de la partie solo de sa carrière, de loin la moins connue.

Detained est un court-métrage burlesque qui comme son titre l'indique se déroule pour l'essentiel en prison. Laurel y joue un innocent qui subvertit le monde carcéral par son comportement totalement hors-sol. Il tourne particulièrement en dérision les armes et la peine de mort soit deux piliers de l'arsenal répressif des USA. Les gags autour de la chaise électrique et de la corde se rapprochent du cartoon avec notamment des trucages transformant son corps qui devient élastique (et ce près d'un siècle avant "One Piece" ^^). Le début et la fin ont un petit côté absurde et anarchisant avec un honnête citoyen transformé en bagnard par la grâce d'un changement de costume ("L"habit fait le moine") qui devient à la fin délinquant malgré lui mais grâce à la bonne fortune (une trappe bienvenue) il échappe miraculeusement aux poursuites.

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Paris en cinq jours

Publié le par Rosalie210

Nicolas Rimsky, Pierre Colombier (1925)

Paris en cinq jours

Belle découverte que ce film disponible sur Henri, la plateforme de la Cinémathèque qui consacre l'une de ses rubriques aux films Albatros. J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'évoquer les origines de ce studio fondé en 1920 à Montreuil par des émigrés russes et comment il a employé durant les années vingt la crème des réalisateurs français avant que l'avènement du parlant ne signe son arrêt de mort.

"Paris en cinq jours" est du slapstick dans la meilleure tradition du genre mais à la sauce franco-russe. Il raconte sur le ton de la satire le voyage organisé de riches américains dont la visite de la capitale est chronométrée jusqu'à l'absurde (ils ont 9 minutes pour manger, 6 pour danser, 5 pour prendre un verre, 15 pour visiter le Louvre etc.) Au milieu de cette course contre la montre, un personnage détone, Harry Mascaret (Nicolas RIMSKY, également co-réalisateur et co-scénariste) qui est un simple comptable ayant gagné au loto (de la bourse) qui ne parvient jamais à être dans le tempo et accumule les mésaventures plus savoureuses les unes que les autres, finissant invariablement au commissariat (du comique de répétition +++). Dès les premières séquences dans son pays d'origine, il est montré comme un rêveur romantique inadapté au monde qui l'entoure. Par la suite, son décalage spatio-temporel accentué par le dépaysement l'amène à être séparée de sa fiancée qui se fait draguer par un comte aux intentions douteuses qui n'a guère de difficulté à écarter Harry dont chaque effort pour tenter de recoller au train se solde par un échec.

Globalement sous-estimé pour ce que j'ai pu en lire, ce film méconnu mérite d'être redécouvert parce qu'il est très drôle (en dépit d'une baisse de rythme sur la fin), parce qu'il constitue un instantané saisissant du Paris des années folles (on peut voir l'ancien palais de Chaillot et aussi l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes entre les Invalides et le Grand Palais qui lança la mode de l'art déco) et enfin parce qu'il préfigure "Minuit à Paris" (2011) (je me suis demandée si Woody ALLEN connaissait le film et s'il s'en était inspiré).

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Chat noir, chat blanc (Crna mačka, beli mačor)

Publié le par Rosalie210

Emir Kusturika (1998)

Chat noir, chat blanc (Crna mačka, beli mačor)

C'est la première fois que je revois "Chat noir, chat blanc" de Emir Kusturica, réalisateur incontournable des années 90, et c'est toujours aussi bien. Son talent se mesure au fait qu'en dépit du rythme endiablé du film, celui-ci reste toujours lisible grâce à une mise en scène profondément étudiée. Résultat, au lieu d'être accablé par l'hystérie ambiante, on est galvanisé par toute cette énergie dévorante que le réalisateur orchestre de main de maître. Entre musique frénétique, agitation burlesque et esthétique du joyeux chaos, le monde sans âge des tziganes des Balkans avec leurs installations de bric et de broc se mêle aux objets modernes "customisés" au milieu d'un ballet d'oies, de cochons dévoreurs de carcasses de Trabant (histoire de rappeler qu'on est dans un monde post-guerre froide) et d'un couple de chats antagonistes et inséparables à la fois (le vrai titre est "chatte noire, chat blanc", évidemment intraduisible tel quel). L'histoire sur fond de petits et de gros trafics mafieux d'une noce arrangée que les jeunes mariés sont bien décidés à déranger avec la complicité de papys faussement refroidis dans le grenier ^^ se transforme en vaste bouffonnerie avec des personnages qui semblent sortis d'une BD ou d'un cartoon: Ida* a l'allure d'Olive dans "Popeye", Zare avec son chapeau de paille fait penser à Tom Sawyer au bord d'un Danube qui pourrait être le Mississippi, la minuscule mais charmante Bubamara ("coccinelle") aux faux airs d'Elodie Bouchez se cache sous des souches d'arbre comme R2D2 et flashe sur Grga Veliki le géant, sans parler de l'inénarrable grand frère bling-bling de Bubamara accro à la techno et à la coke, "pitbull... terrier-ier-ier". Et tout ça est en plus une merveille pour les oreilles (les fanfares des BO de Kusturica sont mythiques) et pour les yeux (la scène d'amour dans les champs de tournesols par exemple). 

* Branka Katić dans un rôle burlesque aux antipodes de celui qu'elle a joué peu de temps après dans "Warriors, l'impossible mission" sur la guerre de Bosnie (d'ailleurs tous les acteurs serbes y interprétaient des bosniaques et vice-versa).

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