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Articles avec #allen (woody) tag

L'Homme irrationnel (Irrational Man)

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (2015)

L'Homme irrationnel (Irrational Man)

"L'Homme irrationnel" forme un diptyque avec le précédent long-métrage de Woody Allen, "Magic in the moonlight" avec lequel il partage nombre de caractères communs: la délocalisation littorale, l'importance de la lumière magnifiée par le chef opérateur Darius Khondji, le rôle principal confié à un acteur de premier plan qui n'avait pas encore joué pour le cinéaste et la même partenaire féminine, Emma Stone. Néanmoins "Magic in the moonlight" est plus facilement définissable que "L'Homme irrationnel" car c'est une comédie romantique solaire épousant la personnalité faussement cynique et véritablement charmeuse de Colin Firth. "L'Homme irrationnel" comporte également une base romantique mais le scénario est panaché avec une comédie policière très semblable à "Meurtre Mystérieux à Manhattan" (des gens qui s'ennuient dans leur petite routine mènent une enquête qui s'avèrent criminelle sur un citoyen a priori au-dessus de tout soupçon). Enfin le personnage d'Abe (Joaquin Phoenix) appartient à la veine dostoievskienne de Woody Allen, le dénouement du film étant d'ailleurs décalqué sur celui de "Match Point" avec la notion de hasard qui joue un rôle clé dans le basculement des destins.

En dépit de ces différents emprunts qui pouvaient faire crainte une redite, le film est bien plus réussi que ce que les critiques ont pu en dire. Jill (Emma Stone) représente à la perfection un comportement féminin très répandu, celui de l'infirmière dévouée qui croit que son amour pourra sauver une "âme en perdition". Mélange de narcissisme et d'altruisme, ce comportement aveugle l'amène à côtoyer un faible (comme dans "Match Point") qui cache son impuissance derrière son aura "d'artiste maudit" (il est prof de philo mais il est filmé comme tout droit sorti d'un tableau romantique). Cette coquille vide ne trouve que le meurtre comme remède à son impasse existentielle ce qui en fait un vampire insatiable. Ajoutons que si Jill est attirée par le monstre, c'est qu'elle-même s'ennuie dans sa vie plan-plan de grande bourgeoise. Le monde sans dieu et dépourvu de sens de Woody Allen s'exprime une fois de plus derrière des apparences attrayantes.

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Vicky Cristina Barcelona

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (2007)

Vicky Cristina Barcelona

"Vicky Christina Barcelona" est un film qui a un double mérite.

D'une part il masque des questionnements existentiels qui auraient pu être d'un ennui mortel sous les atours chatoyants d'une comédie en forme de carte du tendre touristique de plus en plus épicée pour ne pas dire caliente. La qualité de la distribution et de la photographie apportent un charme indubitable au film qui fait parfois le même effet sur le spectateur que le bon vin et le guitariste espagnol sur Vicky. Et ce même s'il ne connaît pas les monuments de Barcelone (qui doivent beaucoup à Gaudi comme on peut le découvrir dans le film: Sagrada Familia, parc Güell, Pedrera et ses cheminées en forme de chevaliers). Pourtant à travers le marivaudage amoureux des deux jeunes touristes américaines (Rebecca HALL et Scarlett JOHANSSON) et le couple explosif et "almodovarien" formé par Penélope CRUZ et Javier BARDEM, Woody ALLEN pose des questions qui préfigurent celles de "Whatever Works" (2009). Il est loin d'être le premier à opposer l'ennui conjugal qui attend Vicky auprès de son fiancé aussi excitant qu'un "pot de yaourt" pour reprendre l'expression du Monde à la passion auto destructrice qui anime les artistes Juan Antonio et Maria-Helena, trop fusionnels pour ne pas se rendre la vie infernale. C'était déjà l'un des thèmes majeurs du film de Jacques DEMY, "Une chambre en ville" (1982) qui s'y connaissait en problèmes de gémellité artistique. Mais à ces deux extrêmes aussi mortifères l'un que l'autre, Woody ALLEN ajoute des expérimentations amoureuses plus marginales (le saphisme, l'amour à trois) qui au final ne débouchent sur rien. En dépit de la devise de Juan Antonio "Carpe Diem" c'est l'insatisfaction qui prédomine. Vicky se résout à suivre son schéma plan-plan en dépit des avertissements de Judy (Patricia CLARKSON) qui l'héberge à Barcelone et qui ne supporte plus sa situation conjugale très semblable (quoiqu'en dise Vicky). Quant à Cristina, elle n'est pas plus avancée qu'avant puisqu'elle sait certes ce qu'elle ne veut pas mais toujours pas ce qu'elle veut.

D'autre part, ce film qui fait partie de la période où Woody ALLEN faisait le tour d'Europe démontre si besoin était que celui-ci que l'on a longtemps ancré dans une identité "juive new-yorkaise" est en réalité un caméléon. Comme dans "Zelig" (1983) il est capable de se fondre dans n'importe quel décor tout en étant toujours fidèle à lui-même.

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Quoi de neuf, Pussycat? (What's new, Pussycat?)

Publié le par Rosalie210

Clive Donner (1965)

Quoi de neuf, Pussycat? (What's new, Pussycat?)

Les amateurs des sixties adeptes du "who's who" ne peuvent qu'apprécier le film de Clive DONNER qui aligne les célébrités de l'époque comme les perles d'un collier: Romy SCHNEIDER, Ursula ANDRESS, Peter O TOOLE, Paula PRENTISS, Peter SELLERS, CAPUCINE et dans des petits rôles voire des cameos, Françoise HARDY, Daniel ÉMILFORK, Jacques BALUTIN, Richard BURTON etc. Tout ce beau monde s'agite en roue libre dans une intrigue vaudevillesque tournée dans une France "bourgeoise rive gauche", couronnée par une dernière séquence complètement folle au "Château Chantelle" qui est celle que je trouve la plus drôle. Le tout est emballé par le célèbre tube de Tom JONES qui porte le même titre (en VO) que celui du film "WHAT'S NEW PUSSYCAT ?" (1965). Une allusion paraît-il à une expression employée par Warren BEATTY qui devait à l'origine jouer dans le film mais qui s'est défilé quand il a compris qu'il s'agissait de tourner en dérision les obsédés sexuels ^^^^.

Mais le film ne se distingue pas seulement par son casting cinq étoiles, il a également son importance dans la filmographie de Woody ALLEN. En effet il s'agit de sa première apparition sur grand écran (ceux qui se demandent où et quand il a pu embrasser Romy SCHNEIDER ont ainsi la réponse ^^^) et de son premier scénario. Le producteur du film l'avait en effet repéré pendant l'un de ses spectacles de cabaret et lui avait proposé d'en écrire l'histoire. Le film porte donc sa signature avec le thème de la psychanalyse, Paris version artistes de la rive gauche, le motif de la chambre de plus en plus remplie de monde (un hommage évident à la scène de la cabine de "Une nuit à l'opéra" (1935) avec les Marx Brothers) ou encore une séquence au bord de la Seine qui préfigure celle avec Goldie HAWN dans "Tout le monde dit I love you" (1996).

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Crimes et Délits (Crimes and Misdemeanors)

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (1989)

Crimes et Délits (Crimes and Misdemeanors)

"Crimes et délits" est l'un des meilleurs films de Woody ALLEN. Tout d'abord parce qu'il réussit à maintenir un équilibre parfait entre la comédie et la tragédie tout en réussissant à les faire se rejoindre dans la scène finale. La comédie, incarnée par Cliff (Woody ALLEN) se teinte alors d'une poignante amertume et la tragédie, incarnée par Judah (Martin LANDAU) disparaît au profit de la mascarade grinçante (celle des rapports conjugaux, familiaux et sociaux) qui était annoncée dès la première scène.

Ensuite "Crimes et délits" est le premier film de la veine dostoïevskienne du réalisateur, celle du crime sans châtiment que l'on retrouve aussi dans "Match point" (2005) et "Le Rêve de Cassandre" (2007). En effet les personnages sont tous confrontés à un moment ou à un autre à la nécessité de faire un choix entre leurs principes moraux (d'origine religieuse, plusieurs scènes évoquent la religion et la culture juive dans lequel ont grandi les personnages tout comme Woody ALLEN) ou le renoncement à ceux-ci. Ironiquement, les personnages intègres connaissent une destinée malheureuse (le rabbin adepte de la transparence et du pardon perd la vue, Cliff accumule les déboires sentimentaux et professionnels) alors que ceux qui ne le sont pas réussissent. Judah qui a commandité le meurtre de Dolorès (Anjelica HUSTON) et dont le frère Jack est un gros bonnet de la pègre est un notable à l'apparence respectable considéré comme un bienfaiteur de l'humanité, Lester (Alan ALDA) qui est un producteur imbu de lui-même séduit Halley Reed (Mia FARROW) qui fait passer sa carrière avant tout le reste et donc la richesse et la célébrité avant les sentiments et la sincérité etc.

On comprend que face à tant d'injustice le philosophe Louis Levy qu'idolâtre Cliff finisse par se suicider, brouillant encore un peu plus les repères de ce monde sans dieu (sans père?) qu'est l'univers de Woody ALLEN. Chacun est donc placé face à ses responsabilités: " Nous nous définissons par les choix que nous faisons ; nous sommes la somme de nos choix". Les idéalistes seront peut-être vertueux mais leur manque de réalisme et de sens pratique les entravera dans leur vie. A l'inverse les pragmatiques sauront se frayer un chemin dans la jungle mais y laisseront une part peut-être essentielle d'eux-mêmes au vestiaire.

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Un jour de pluie à New-York (A Rainy Day in New-York)

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (2019)

Un jour de pluie à New-York (A Rainy Day in New-York)

En raison des accusations d'agression sexuelle dont a fait l'objet Woody Allen, "Un jour de pluie à New-York" qui a été tourné en 2017 a mis deux ans à sortir en France. Aux USA où on ne pardonne aucun faux-pas dans le milieu du cinéma depuis l'affaire Arbuckle, (que les accusations soient fondées ou non d'ailleurs), plus aucun film de Woody Allen ne devrait pouvoir être visible dans les salles. Cela ne semble d'ailleurs pas le décourager car contrairement aux prévisions des médias "Un jour de pluie à New-York" n'est déjà plus le dernier film de sa prolifique carrière. Il a tourné en effet un nouveau long-métrage en Espagne, ce qui démontre si besoin était que l'Europe s'est toujours montrée plus accueillante que son pays d'origine.

"Un jour de pluie à New-York" est une comédie charmante et légère, typiquement allénienne mettant en scène les étoiles montantes du moment qui considéraient alors encore que tourner avec Woody Allen était un tremplin pour leur carrière. Leurs rôles sont d'ailleurs en décalage avec leur jeune âge tout comme l'atmosphère rétro tant par les références littéraires ("Gatsby le magnifique" en tête) que par la musique jazzy. Timothée Chalamet a pris un abonnement pour les rôles de fils de bonne famille tendance intello-bobo (il faut dire qu'il a la tête de l'emploi) alors que Elle Fanning joue avec conviction les apprentis journalistes surexcitée par ses aventures dans le monde fermé du cinéma où elle rencontre successivement un réalisateur dépressif (Liev Schreiber), un scénariste cocu (Jude Law) et un acteur dragueur (Diego Luna). Le caractère vaudevillesque du film n'occulte pas le fait qu'il s'agit un peu comme dans "Minuit à Paris" de confronter un couple mal assorti aux "jeux de l'amour et du hasard" dans un dédale urbain afin que chacun, séparé de l'autre puisse y trouver sa vérité. Manhattan est comme toujours superbement filmé et l'intrigue, rythmée et pleine de rebondissements se suit avec beaucoup de plaisir.

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Comédie érotique d'une nuit d'été (A Midsummer Night's Sex Comedy)

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (1982)

Comédie érotique d'une nuit d'été (A Midsummer Night's Sex Comedy)

Après le "Songe d'une nuit d'été" de William Shakespeare, après sa réinvention "réaliste" avec la comédie "Sourires d une nuit d été" (1955) de Ingmar BERGMAN, Woody ALLEN a livré en 1982 sa propre comédie "nuit d'été" qui met l'accent sur le marivaudage sexuel entre des couples mal accordés qu'un petit séjour à la campagne va remettre d'aplomb ^^. Même s'il semble être à l'opposé de son précédesseur "Stardust Memories" (1980), sa forme est tout aussi travaillée avec pour la cinquième fois Gordon WILLIS à la photographie. Or la lumière est extrêmement importante dans ce film qui a une esthétique inspirée des toiles impressionnistes de Auguste Renoir, l'histoire se déroulant à la Belle Epoque dans une Amérique rurale qui a des airs d'Europe ^^. On constate cependant un certain hiatus entre la sensualité élégiaque que dégagent les paysages magnifiés par la bande originale (qui reprend notamment des extraits de l'ouverture et de la musique de scène que Felix Mendelssohn a composé au XIX° pour la pièce de Shakespeare dont la célèbre marche nuptiale qui accompagne le générique) et le comportement peu romanesque des personnages conjugué à une réalité forcément décevante. Ce contraste entre le rêve et la réalité est l'un des fils directeurs de l'œuvre de Woody ALLEN de "La Rose pourpre du Caire" (1985) à "Vicky Cristina Barcelona" (2007) où l'ivresse de l'exotisme finit toujours par retomber pour laisser place à une réalité beaucoup moins enthousiasmante. Heureusement il reste toujours la lanterne magique de Ingmar BERGMAN réinventée par Andrew, le personnage joué par Woody ALLEN pour éclairer celle ^^ des six personnages en quête de bonheur: Léopold (José FERRER) l'intello cartésien imbu de lui-même qui s'abandonne aux plaisirs de la chair et découvre ce qu'est être un pur esprit, sa fiancée préraphaélite Ariel (la première apparition de Mia FARROW chez le cinéaste dont elle deviendra la muse sur une décennie) dont le prénom trahit à quel point elle est mal assortie avec Léopold, Maxwell (Tony ROBERTS) le séducteur adepte du carpe diem qui lorgne sur Ariel, Andrew le bricoleur rêveur et sa machine volante, sa femme frustrée Adrian (Mary STEENBURGEN) qu'un lourd secret rend frigide et enfin Dulcy l'infirmière (Julie HAGERTY) qui est en réalité la sexologue en herbe du groupe ^^^^.

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Stardust Memories

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (1980)

Stardust Memories

Film poétique et foisonnant mais difficile d'accès, "Stardust Memories" est néanmoins incontournable dans la filmographie de Woody ALLEN. Pour le comprendre il est indispensable de le resituer dans son contexte.

Woody ALLEN a commencé sa carrière comme créateur de gags et de sketches puis comme amuseur public de stand up. C'est en effet sur les planches qu'il a créé son personnage d'intellectuel névrosé et anxieux. Naturellement, ses premiers films se situent dans la continuité de ses sketches burlesques et satiriques dans lequel il fait figure d'ahuri maladroit. Un tournant intervient avec son premier grand film "Annie Hall" (1977) où l'écriture se fait plus délicate et bien plus personnelle. Mais bien que parfois mélancolique, il s'agit toujours d'une comédie. "Manhattan" (1979) se situe dans la même lignée avec en plus une esthétique éblouissante marquée par une superbe photographie de Gordon WILLIS et le classique et jazzy "Rhapsody in blue" de George GERSHWIN. Entre les deux films, Woody ALLEN a proposé cependant une rupture radicale avec le style qui avait fait jusqu'ici sa renommée: "Intérieurs" (1978) est son premier drame intimiste et le premier film où il révèle l'influence d'un grand maître, Ingmar BERGMAN. Mais le public américain, déconcerté ne suit pas.

"Stardust Memories" sonne à la fois comme une synthèse et un bilan de toute cette période. Woody ALLEN a d'ailleurs embauché de nouveau Gordon WILLIS pour le noir et blanc du film. Celui-ci reprend le principe de l'oeuvre sous influence sauf qu'ici ce n'est pas Ingmar BERGMAN qui est son modèle mais Federico FELLINI et plus précisément "Huit et demi" (1963). On peut même parler de pastiche (certains parlent même de plagiat mais il s'agit davantage d'un hommage) tant on retrouve d'éléments communs: le noir et blanc, l'artiste dépressif en panne d'inspiration, les lunettes noires, la satire du showbiz dépeint comme un poulailler grotesque (ça parle pour ne rien dire, ça s'agite, ça harcèle de sollicitations diverses le pauvre artiste qui ne sait plus où donner de la tête), les références au monde du cirque et de la magie, le mélange de rêves, de fantasmes, de cinéma et de réalité. Jusqu'à la scène d'ouverture qui est quasiment identique, la route ayant juste été remplacé par le rail (et une belle blonde muette de 22 ans alors inconnue, Sharon STONE). A travers ce dispositif, Woody ALLEN met en scène ses propres interrogations identitaires, aussi bien personnelles que professionnelles. La décoration de son appartement change d'ailleurs en fonction de ses humeurs, tantôt montrant Groucho MARX (l'un de ses grands maîtres, cité d'une façon ou d'une autre dans presque tous ses films) et tantôt ce qui semble être un cambodgien en train de se faire exécuter par un Khmer Rouge. Son personnage et double, Sandy Bates est écartelé entre trois femmes, une actrice brune, ténébreuse et bipolaire qui le hante (Charlotte RAMPLING qui est terriblement envoûtante et bergmanienne), une blonde plantureuse équilibrée et terre à terre (Marie-Christine BARRAULT) et une jeune violoniste névrosée (Jessica HARPER). Sur le plan professionnel, Sandy doit se confronter à des producteurs et à un public qui n'apprécient pas son évolution vers le cinéma sérieux et ne cessent de lui répéter qu'ils préféraient ses premiers films (Steven SPIELBERG qui a connu un peu la même trajectoire s'est d'ailleurs reconnu dans le personnage). On en arrive au paradoxe où Sandy défend ses choix en faisant du stand-up, provoquant l'hilarité de la salle comme s'il se retrouvait au point de départ. Chacun sait qu'il n'en est rien et que désormais, c'est la quête d'un équilibre entre les différentes facettes de sa personnalité qui constitue le fondement des films du réalisateur.

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Hollywood Ending

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (2002)

Hollywood Ending

"Hollywood Ending" réalisé en 2002 se situe dans une période de creux de la vague dans la filmographie de Woody ALLEN. Il peut d'ailleurs être considéré comme une mise en abyme de cette mauvaise passe dans sa carrière, Woody ALLEN jouant le rôle de Val, un réalisateur névrosé sur la touche à qui est offerte la possibilité de faire un come-back. Néanmoins son film n'échappe pas aux faiblesses de ses autres longs-métrages de l'époque avec notamment un casting particulièrement terne et une impression générale de trop grande légèreté comme si Woody ALLEN survolait ses sujets et manifestait de la paresse à les écrire et à les mettre en scène. Ce manque de profondeur est particulièrement préjudiciable à l'aspect satirique du film, la charge contre les "commerçants d'Hollywood" se réduisant à quelques bons mots (le public-cible, le pourcentage du réalisateur ou bien la pique contre les Oscars obtenus par la campagne du producteur Harvey WEINSTEIN pour "Shakespeare in love" (1998), Woody ALLEN n'étant pas le mieux placé pour critiquer ce dernier). De même, l'idée fantastique de faire tourner le film à l'insu de presque tout le monde par un réalisateur atteint de cécité psychosomatique était excellente sur le papier mais s'avère décevante au final tant les gags sont répétitifs et le rythme poussif. Reste tout de même la bonne maîtrise des codes de la screwball comédie du remariage du type Howard HAWKS ou Leo McCAREY qui permet d'éprouver un certain plaisir à voir Val se rabibocher avec son ex-femme Ellie(Téa LEONI) et une excellente chute en forme d'hommage teinté de raillerie au cinéma français, seul pays où le film de Val "La ville qui ne dors jamais" cartonne au point d'être considéré comme le meilleur film américain des cinquante dernières années! (Woody ALLEN a toujours eu plus de succès chez nous que dans son propre pays).

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Bananas

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (1971)

Bananas

"Bananas", le troisième film de Woody ALLEN et l'un de ses plus oubliables. L'influence du stand-up où le réalisateur a fait ses débuts y est très forte si bien qu'on a davantage une succession de sketches vaguement reliés entre eux qu'un véritable scénario. On s'ennuie donc ferme parce qu'il est complètement décousu et que la plupart des gags, démodés, tombent à plat. Trop léger, pas assez maîtrisé, vieillot, le film n'est pas une comédie cynique de référence sur la politique sud-américaine des USA durant la guerre froide comme peut l'être par exemple "Docteur Folamour" (1963) de Stanley KUBRICK.

"Bananas" fonctionne cependant comme un brouillon des oeuvres à venir avec son héros complexé et sa relation névrosée avec une petite amie qui n'est autre que son épouse de l'époque Louise LASSER (cette façon d'entremêler fiction et réalité est caractéristique du réalisateur). D'autre part il y a un passage amusant où intervient un jeune acteur inconnu à l'époque qui galérait alors dans le milieu du cinéma: Sylvester STALLONE. Sa confrontation avec Woody ALLEN est assez réjouissante. Mais si vous n'êtes pas un inconditionnel de Woody ALLEN désireux de voir tous ses films ou un fan de Sylvester STALLONE (qui n'apparaît cependant que durant quelques minutes) vous pouvez passer votre chemin... et relire "Tintin et l'Oreille cassée" ou "Tintin et les Picaros" pour avoir une satire réussie de la géopolitique en Amérique du sud durant la guerre froide.

 

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Magic in the Moonlight

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (2014)

Magic in the Moonlight

Comédie romantico-philosophique possédant un charme fou (je me souviens en être sortie avec un grand soleil dans la tête ^^), "Magic in the Moonlight" représente dans la filmographie de Woody Allen une parenthèse légère, fraiche et pétillante entre deux films beaucoup plus sombres "Blue Jasmine" et "L'Homme irrationnel". Il se situe dans l'univers de la magie et des sciences occultes, un thème souvent abordé par Woody Allen ("Alice", "Le Sortilège du scorpion de jade", "Scoop", "Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu" etc.). L'ouverture sur un spectacle d'illusionnisme est une mise en abyme du film lui-même (et du pouvoir du cinéma en général). Ne nous fait-il pas croire que nous sommes dans les années 20, au bord de la Riviera, dans une luxueuse villa en compagnie d'une compagnie distinguée? La musique jazzy, les costumes et les véhicules classieux années folles, la magnifique photographie de Darius Khondji magnifiant les paysages provençaux, tout concourt à nous immerger dans une atmosphère enchanteresse. Pourtant c'est du pur fake (et ce d'autant plus que les films européens de Woody Allen ont un caractère de carte postale exotique ne montrant que luxe, calme, volupté, images d'Epinal touristiques etc.) Démasquer les fake, c'est la spécialité de l'illusionniste britannique Stanley Crawford (Colin Firth, un magicien du regard qui est fait pour ce genre de rôle de vieil aigri sarcastique qui voit tout d'un coup le monde autour de lui se réenchanter) plus connu sous son pseudonyme de Wei Ling Soo (une caricature de chinois à la Fu Manchu avec longues moustaches, natte et boule à zéro). Un personnage dérivé du magicien Houdini qui avait effectivement traqué dans les années 20 les escrocs détroussant de riches clients en se faisant passer pour des spirites. Stanley a une personnalité cynique, arrogante et misanthrope qui le porte à dénigrer tout le monde et à ne croire à rien (ses répliques pleines d'ironie sont un régal pour le spectateur). Mais il va se faire piéger par son meilleur ami (ou plutôt ennemi) et une pseudo medium de 19 ans, Sophie Baker (Emma Stone, craquante comme tout) dont le charme va le mener par le bout du nez alors même que tout est fait pour que le spectateur voit les artifices grossiers qu'elle emploie pour tromper son monde. Lui aussi en fait les voit mais il est tellement grisé par les délicieux moments qu'il passe avec la jeune femme qu'il préfère vivre dans l'illusion pour en profiter le plus possible. Ainsi même si l'existence d'un monde invisible est une porte définitivement close pour Woody Allen et qu'il s'interroge sur son pouvoir de cinéaste, il célèbre les joies de l'alchimie amoureuse (ou son illusion, la fin est volontairement ambigüe ^^), c'est déjà ça.

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