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Articles avec #screwball comedie tag

Lune de miel mouvementée (Once Upon in Honeymoon)

Publié le par Rosalie210

Léo McCarey (1942)

Lune de miel mouvementée (Once Upon in Honeymoon)

"Lune de miel mouvementée" s'est fait complètement éclipser par le film de Ernst LUBITSCH sorti la même année "To Be or Not to Be" (1942) qui mêle également la comédie au drame sur fond de guerre et d'antinazisme. On pense également à "Le Dictateur" (1940) de Charles CHAPLIN qui lui est contemporain. Cependant force est de constater qu'on est loin des deux illustres chefs d'oeuvre pré cités et que le relatif oubli du film de Leo McCAREY est justifié. En effet la greffe ne prend pas dans "Lune de miel mouvementée". Si les passages de screwball comédie dont Leo McCAREY est un des maîtres sont évidemment très réussis, les moments dramatiques semblent plaqués de façon artificielle et l'intrigue d'espionnage ne prend pas vraiment. Le résultat est donc inégal avec des moments franchement poussifs. Le film vaut surtout pour le plaisir de voir se donner la réplique deux grands acteurs rôdés au genre, Cary GRANT et Ginger ROGERS (qui dix ans plus tard se retrouveront dans le délicieux "Chérie, je me sens rajeunir" (1952) de Howard HAWKS). Il émane de leurs échanges plein d'entrain beaucoup de complicité et la scène des "mesures" a même un petit caractère coquin qui donne d'emblée du piment à leur relation hélas ensuite plombée par les malheurs qui leur tombent dessus. Le rôle d'agent double de Kathie O-Hara souffre en outre terriblement de la comparaison que l'on ne peut manquer de faire avec "Les Enchaînés" (1945) car Leo McCAREY n'est pas Alfred HITCHCOCK.

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Sourires d'une nuit d'été (Sommarnattens leende)

Publié le par Rosalie210

Ingmar Bergman (1955)

Sourires d'une nuit d'été (Sommarnattens leende)

Alors que Ingmar BERGMAN est perçu comme un cinéaste austère réalisant des films ésotériques, c'est paradoxalement avec une comédie légère située à la Belle Epoque qu'il a rencontré le succès international au milieu des années cinquante. Pourtant c'est pour échapper à des idées suicidaires qu'il a réalisé "Sourires d'une nuit d'été" (d'ailleurs si on est attentif, des traces de cet esprit suicidaire demeurent dans la comédie: le père et son rival qui "jouent" à la roulette russe, le fils qui tente de se pendre) comme le faisait également Billy WILDER*. De fait le film qui est virevoltant et plein d'esprit avec des dialogues particulièrement percutants se place sous un double héritage. D'une part celui du théâtre, première passion de Ingmar BERGMAN (Shakespeare évidemment, c'est d'ailleurs limpide dans le choix du titre qui adapte la nuit d'été au jour permanent qui règne la nuit de la Saint-Jean dans le grand nord scandinave mais aussi Marivaux et Beaumarchais), d'autre part la screwball comédie du remariage américaine dans lesquelles les femmes mènent les hommes par le bout du nez. De fait le pauvre avocat Fredrick Egerman (Gunnar BJÖRNSTRAND) dont les agissements sont dictés par un souci permanent de respectabilité ne cesse de se faire ridiculiser: par sa jeune épouse, Anne (Ulla JACOBSSON), qui se refuse à lui avant de s'enfuir avec son fils Henrik (Björn BJELVENSTAM) et par sa maîtresse, Désirée (Eva DAHLBECK) qui le met en présence d'un rival, le comte Malcolm (Jarl KULLE) le contraignant à fuir dans la chemise de nuit dudit rival après qu'il soit tombé à l'eau devant elle. Mais Désirée avec la complicité de Charlotte (Margit CARLQVIST), l'épouse du comte Malcolm qui désire se venger des infidélités de son mari se joue également de l'officier pour mieux ferrer son poisson d'avocat. A ces chassé-croisé libertins entre aristocrates et bourgeois, il faut ajouter l'inévitable soubrette peu farouche, Petra (Harriet ANDERSSON) qui a pour mission de déniaiser Henrik avant qu'il n'effectue le grand saut de la conjugalité. Car cette comédie friponne qui débride les désirs par le biais d'un vin aphrodisiaque et d'un système de lit pivotant et de cloison coulissante qui permet de passer d'une chambre à l'autre accouche au final d'une remise en ordre très conservatrice, chacun finissant dans les bras de la chacune qui lui correspond le mieux en terme d'âge et de classe sociale.

* " Quand je suis très heureux je réalise des tragédies, quand je suis déprimé je fais des comédies. Pour "Certains l'aiment chaud" (1959) j'étais très déprimé, suicidaire."

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Pension d'artistes (Stage Door)

Publié le par Rosalie210

Pension d'artistes (Stage Door)

"Pension d'artistes" est comme l'année précédente "Mon homme Godfrey" (1936) un grand cru de Gregory LA CAVA. Il se distingue par son fabuleux casting d'actrices, ses dialogues brillants et sa grande résonnance contemporaine. En effet bien que réalisé en 1937, "Pension d'artistes" évoque l'ère "#Me Too" dans le monde du spectacle hollywoodien, sans doute parce qu'en 80 ans, la distribution inégalitaire des rôles sociaux n'a guère changé. Aux hommes, les postes de pouvoir, dont celui de faire et de défaire les carrières au gré de leur bon plaisir. Aux femmes, les postes de subordonnées contraintes de se soumettre à un mécénat qui ressemble furieusement à une promotion canapé. Les scènes entre le producteur Anthony Powell (Adolphe MENJOU) et les jeunes actrices sont extrêmement révélatrices, qu'il les fasse attendre pour rien ou qu'après avoir fait son "marché" il ne tente de les séduire avec de fallacieuses promesses tout en s'assurant de leur soumission (la censure l'empêche de leur sauter dessus comme Harvey Weinstein mais on y pense forcément d'autant que les poses devant le canapé sont suggestives).

A cet aspect d'inégalité des sexes, Gregory LA CAVA ajoute comme dans "Mon homme Godfrey" (1936) une dimension d'inégalités sociales. La riche héritière Terry Randall (Katharine HEPBURN) décroche un rôle convoité parce que son père a graissé quelques pattes alors qu'elle répète d'une manière désespérément atone et s'embrouille avec tout le monde. Bref, face à la concupiscence et à la corruption, le talent qui devrait être le seul critère du choix des actrices (avec la motivation) ne pèse pas bien lourd et les âmes trop fragiles comme celle de Kay Hamilton (Andrea LEEDS) le paieront au prix fort.

Mais le film de La Cava, en dehors d'une séquence franchement dramatique (et très émouvante) se tient constamment dans un entre-deux doux-amer comme pouvait l'être "La Garçonnière" (1960) de Billy WILDER qui était une féroce et drolatique satire sociale tout en étant tendre et mélancolique. Face au joug masculin, la pension de Mrs Orcutt où logent les aspirantes actrices est un espace de liberté où les énergies se libèrent et les personnalités s'expriment sans retenue, avec une verve d'enfer. Le personnage de Jean à la langue particulièrement acérée a ainsi été pour Ginger ROGERS une façon de montrer une autre facette de son talent.

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Mon homme Godfrey (My Man Godfrey)

Publié le par Rosalie210

Gregory La Cava (1936)

Mon homme Godfrey (My Man Godfrey)

Gregory LA CAVA est l'un des maîtres de la comédie américaine au même titre que Howard HAWKS, Leo McCAREY, Ernst LUBITSCH ou George CUKOR. Cependant contrairement à eux il a été oublié, surtout en Europe alors qu'il a réalisé quelques pépites de l'âge d'or d'Hollywood.

"Mon homme Godfrey" est son film le plus célèbre et le plus célébré tant par la qualité du scénario, l'écriture des dialogues que par l'excellence de l'interprétation. A la trame classique de la screwball comédie (la guerre des sexes), Gregory LA CAVA superpose un enjeu de classe. Il faut dire que le film a été réalisé en 1936, pendant la grande crise que traversaient les USA. Dès les premières images, il annonce la couleur en faisant coexister de grands immeubles bourgeois et une décharge publique avec des cabanes de SDF. Le malaise se renforce lorsque Cornelia Bullock (Gail PATRICK) vient proposer à Godfrey, l'un des SDF (William POWELL) en échange de 5 dollars de se prêter à un "jeu" qui m'a fait penser à "Le Dîner de cons" (1998) en ce que le clochard fait partie d'une liste "d'objets" à ramener comme trophée d'un concours pensé par des bourgeois désoeuvrés. Godfrey refuse l'humiliant marché et envoie bouler la bourgeoise dans un tas d'ordures. Une belle remise en place qui suscite l'enthousiasme de la sœur cadette Irène (Carole LOMBARD). Pour ses beaux yeux, Godfrey accepte de lui faire gagner le concours puis d'entrer au service de la famille en tant que majordome. On passe ainsi d'une peinture de la misère la plus extrême à celle de la bourgeoisie la plus décadente avec "God"frey en position d'observateur extérieur. Car on le comprend très vite, Godfrey est un transfuge social qui s'est donné pour mission (divine?) de rétablir un peu de justice et d'humanité dans tout ce bazar. Ce n'est pas un révolutionnaire (on est aux USA!) mais un homme bon qui veut utiliser son expérience pour aider son prochain en sortant les pauvres de la misère et en responsabilisant les riches. C'est aussi un homme échaudé par une expérience amoureuse malheureuse qui n'a pas très envie de "replonger" dans son milieu d'origine, incarné par des femmes aussi envahissantes que frappadingues: la mère et son ridicule Carlo pique-assiette (j'ai longtemps cru qu'il s'agissait du toutou de la famille, c'est dire ^^), Cornelia qui utilise son intelligence à des fins perverses et Irène qui s'avère stupide, capricieuse et hystérique. Le forcing de cette dernière face aux réticences de Godfrey a autant plus de saveur que Carole LOMBARD et William POWELL rejouent en quelque sorte leur histoire: ils étaient divorcés dans la vraie vie après avoir (brièvement) formé un couple mal assorti dont elle était l'élément extraverti et lui, l'élément réservé.

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Les Combattants

Publié le par Rosalie210

Thomas Cailley (2014)

Les Combattants

Je n'avais pas trop accroché au premier long-métrage de Thomas CAILLEY la première fois que je l'avais vu peu de temps après sa sortie. Le revoir m'a permis de le réévaluer. Il était sans doute un peu en avance sur son temps car en 2014 on ne parlait pas autant de fin du monde et de survivalisme. Encore que l'on puisse rapprocher "Les Combattants" d'un film comme "Take Shelter" (2011) qui est sorti dans la même période.

"Les Combattants" est assez difficile à cerner parce qu'il s'agit d'un film "gender fluid" au sens propre comme au sens figuré. Il joue avec de nombreux genres du cinéma en glissant de l'un à l'autre de manière imperceptible. Ce n'est pas par hasard que le poisson et l'élément aquatique (piscine, pluie, rivière, neige) occupent une place si importante dans le film. On a donc plusieurs films en un: une chronique sociale avec les frères menuisiers, une screwball comédie new look/âge, un film de bidasses, une robinsonnade et enfin un film catastrophe flirtant avec l'iconographie du récit post-apocalyptique. Et à ce mélange des genres cinématographiques correspond une inversion carabinée des stéréotypes assignés aux genres sexués. Arnaud (Kevin Azaïs) est un garçon très doux et féminin qui n'a pas encore quitté le nid familial et n'a pas d'idée claire de son avenir. Le voilà confronté à une fille rebelle et musclée aux yeux mitraillettes (Adèle HAENEL) et au caractère mal embouché qui veut faire un stage dans l'armée pour apprendre à survivre dans un monde qu'elle pense sur le point de s'effondrer. Une adepte de la collapsologie avant la lettre (ou du moins avant que celle-ci n'occupe le devant de la scène médiatique). Lui est fasciné par sa rage et sa détermination (c'est à dire tout ce qui lui manque). Elle pense qu'elle n'a besoin de personne mais une fois plongée dans le grand bain (tant social qu'environnemental) elle va se prendre veste sur veste. Entre eux cela fait des étincelles et leurs échanges, parfois très drôles sont tout à fait dans la lignée des screwball comédies de Howard HAWKS et George CUKOR (la scène du maquillage est un must). Mais il s'agit aussi d'un récit initiatique où chacun se révèle différent de ce qu'il paraissait. Arnaud l'altruiste s'adapte mieux aux attentes de l'armée que Madeleine l'individualiste. Mais comme il n'est là que pour elle, il la suit dans son rêve/cauchemar d'île déserte bientôt soumise à un véritable déchaînement apocalyptique. Et c'est lui qui l'aide à traverser toutes ces épreuves, elle qui finit par s'abandonner et reconnaître qu'elle ne peut pas tout affronter toute seule.

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A House Divided

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1913)

A House Divided

C'est dans le formidable chaudron de l'époque pionnière du cinéma qu'ont été élaborés les genres qui allaient faire la gloire des studios d'Hollywood. "A House Divided" n'est rien de moins que l'ancêtre de la screwball comédie et il n'est guère étonnant que l'on retrouve Alice GUY derrière la caméra tant celle-ci a expérimenté tous les styles et tous les formats, du parlant à la superproduction, tout spécialement dans sa période américaine au sein de son studio, la Solax.

Dans "A House Divided", des quiproquos à base d'éléments exogènes suspicieux (un parfum aspergé par un représentant d'un côté et une paire de gants oubliés par un livreur de l'autre) provoquent une crise de couple carabinée. Par contrat écrit, Diana (Marian Swayne) et Gérald (Fraunie Fraunholz), tous deux persuadés d'être trompés par l'autre décident de préserver les apparences de leur vie de couple tout en ne se parlant plus que par note interposée. Evidemment le spectateur n'attend qu'une chose, les voir se jeter dans les bras l'un de l'autre (ils en meurent d'envie mais sont trop fiers pour se l'avouer) ce qui finit par arriver avec l'intervention d'un deus ex machina des plus classiques, un pseudo-cambriolage. La peur de ce qui vient de l'extérieur est un puissant motif de séparation mais aussi de réconciliation. Si on met de côté Fraunie Fraunholz et son cabotinage outrancier, on est agréablement surpris par le naturel désarmant avec lequel jouent les autres acteurs ou plutôt actrices. Mention spéciale à la secrétaire mâcheuse de chewing-gum qui est devenue instantanément une icône!

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Hollywood Ending

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (2002)

Hollywood Ending

"Hollywood Ending" réalisé en 2002 se situe dans une période de creux de la vague dans la filmographie de Woody ALLEN. Il peut d'ailleurs être considéré comme une mise en abyme de cette mauvaise passe dans sa carrière, Woody ALLEN jouant le rôle de Val, un réalisateur névrosé sur la touche à qui est offerte la possibilité de faire un come-back. Néanmoins son film n'échappe pas aux faiblesses de ses autres longs-métrages de l'époque avec notamment un casting particulièrement terne et une impression générale de trop grande légèreté comme si Woody ALLEN survolait ses sujets et manifestait de la paresse à les écrire et à les mettre en scène. Ce manque de profondeur est particulièrement préjudiciable à l'aspect satirique du film, la charge contre les "commerçants d'Hollywood" se réduisant à quelques bons mots (le public-cible, le pourcentage du réalisateur ou bien la pique contre les Oscars obtenus par la campagne du producteur Harvey WEINSTEIN pour "Shakespeare in love" (1998), Woody ALLEN n'étant pas le mieux placé pour critiquer ce dernier). De même, l'idée fantastique de faire tourner le film à l'insu de presque tout le monde par un réalisateur atteint de cécité psychosomatique était excellente sur le papier mais s'avère décevante au final tant les gags sont répétitifs et le rythme poussif. Reste tout de même la bonne maîtrise des codes de la screwball comédie du remariage du type Howard HAWKS ou Leo McCAREY qui permet d'éprouver un certain plaisir à voir Val se rabibocher avec son ex-femme Ellie(Téa LEONI) et une excellente chute en forme d'hommage teinté de raillerie au cinéma français, seul pays où le film de Val "La ville qui ne dors jamais" cartonne au point d'être considéré comme le meilleur film américain des cinquante dernières années! (Woody ALLEN a toujours eu plus de succès chez nous que dans son propre pays).

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Les 39 Marches (The 39 Steps)

Publié le par Rosalie210

Alfred Hitchcock (1935)

Les 39 Marches (The 39 Steps)


"Les 39 marches" est le premier grand film de Alfred HITCHCOCK mené tambour battant, sans temps mort et sans une once de gras. C'est un film d'autant plus capital que sa trame annonce nombre de longs-métrages à venir déclinant le thème du faux coupable qui doit se démener seul contre tous pour faire reconnaître son innocence. Mais surtout, il est très proche de "La Mort aux trousses" (1959) avec son fugitif pris malgré lui dans une intrigue d'espionnage, poursuivi dans un train et obligé de forcer la porte et le coeur de Pamela (Madeleine CARROLL), la première blonde hitchcockienne d'une longue liste. De façon plus générale, ce sont les femmes qui mènent la danse dans le film ce qui créé toute une série de scène équivoques absolument jubilatoires. Elles ne sont d'ailleurs pas pour rien dans la réussite du film, celui-ci étant moins un thriller d'espionnage (une intrigue-prétexte avec le secret pour McGuffin) qu'un vaudeville, voire une screwball comédie. Les ennuis de Richard Hannay commencent lorsqu'il héberge chez lui une belle espionne (Lucie MANNHEIM) qui lui transmet les secrets de sa mission avant d'être assassinée. Pris à tort pour le meurtrier, il s'enfuit en Ecosse où est censé se trouver le chef de l'organisation secrète des "39 marches" qui convoite un secret d'Etat. A son tour, il est hébergé par un couple de fermiers dont l'épouse qui comprend très vite la situation tombe sous son charme, suscitant la jalousie du mari. Alfred HITCHCOCK réussit à tout nous faire comprendre par de simples jeux de regards, comme au temps du muet. Mais le summum est atteint avec la scène où Richard Hannay et Pamela se retrouvent attachés ensemble par une paire de menottes et obligés de passer la nuit ensemble dans une chambre d'hôtel. On a même droit à une scène chargée d'érotisme lorsqu'elle enlève ses bas et que ce dernier en profite pour laisser négligemment sa main glisser le long de ses jambes. Tout ceci rappelle d'autant plus "New York - Miami (1934) de Frank CAPRA que l'excellent (et moustachu) Robert DONAT qui joue Richard Hannay est surnommé le "Clark GABLE british" même si par sa décontraction et son humour il me fait aussi penser à Cary GRANT. Pour s'en sortir, il doit constamment multiplier les exploits (et les bobards plus gros que lui parce que lorsqu'il dit la vérité, on ne le croit pas!), le cinéma faisant le reste (car si le film avait été réaliste il serait mort dix fois mais comme le disait Alfred HITCHCOCK, un film ce n'est pas une tranche de vie mais une tranche de gâteau ^^). Quant à Pamela, après s'être longtemps enfermée dans le rôle de la vierge outrée par l'intrusion de celui qu'elle prend pour un loup dans la bergerie, elle se révèle drôle et sensuelle lorsqu'elle comprend qu'il s'agit d'un brave toutou apprivoisé. Enfin, bien que structuré par la cavale du héros, le film a un caractère cyclique, débutant et se dénouant sur la scène d'un théâtre avec un personnage clé, "Mister Memory" qui fait penser au joueur de cymbales de "L Homme qui en savait trop" (1956).

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Madame porte la culotte (Adam's Rib)

Publié le par Rosalie210

George Cukor (1949)

Madame porte la culotte (Adam's Rib)

En VO, le titre du film de George CUKOR est "Adam's Rib". Il s'agit d'une allusion à l'inégalité du couple homme-femme telle qu'elle apparaît dans la Genèse (dont on se doute qu'elle n'a pas été écrite par des femmes ^^). En effet Eve est non seulement apparue après Adam mais elle a été créée à partir de l'une de ses côtes ce qui signifie qu'elle lui est subordonnée. Or tout l'intérêt de ce film théâtral écrit par le couple Ruth GORDON et Garson KANIN consiste à déconstruire les stéréotypes de genre au travers de couples non conformes: celui formé par Adam (!) et Amanda Bonner dans le film ainsi que leurs interprètes, le couple Katharine HEPBURN et Spencer TRACY. Ces deux couples, l'un fictionnel et l'autre réel sont des projections de celui formé par Ruth GORDON et Garson KANIN. Les Bonner exercent le même métier (Adam est substitut de l'avocat général et Amanda avocate de la défense) tout comme Katharine HEPBURN et Spencer TRACY (on peut également souligner le fait que ce dernier était plus âgé et marié alors que dans le couple Gordon-Kanin c'est lui qui était plus jeune de 16 ans).

Le film fonctionne à deux niveaux qui se font écho: un film de procès où il s'agit de prouver que la femme est l'égale de l'homme et à ce titre a droit au même traitement en justice (ce qui était loin d'être le cas aux USA comme en France). Et une screwball comédie où les Bonner rejouent le match du procès dans la sphère domestique. Bien que Adam Bonner joue les macho proclamant qu'il veut "une femme, pas une concurrente", tout tend à prouver que sa relation avec Amanda est égalitaire et qu'il peut aussi bien investir la sphère masculine que la sphère féminine (lorsqu'il cuisine, masse ou pleure des larmes de crocodiles). Evidemment sa femme lui donne la réplique: elle conduit, lui donne des coups dans les tibias et dans la scène la plus drôle, le fait porter à bout de bras par une femme athlète d'une carrure impressionnante. Le couple Bonner/Hepburn-Tracy fait ainsi la preuve de sa réversibilité au point que la confusion gagne le procès. Les femmes criminelles ou séductrices deviennent des hommes (excellentes Judy HOLLIDAY et Jean HAGEN qui n'avait pas encore tourné dans "Chantons sous la pluie") (1952) et les hommes adultères (Tom EWELL qui allait devenir le partenaire de Marilyn MONROE dans "Sept ans de réflexion" (1955)) des femmes alors que Adam Bonner inverse des syllabes dans sa plaidoirie tellement il ne sait plus où il en est.

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Cette sacrée vérité (The Awful Truth)

Publié le par Rosalie210

Léo McCarey (1937)

Cette sacrée vérité (The Awful Truth)

L'archétype de la comédie américaine du remariage des années 30 (selon les critères définis par Stanley Cavell dans son ouvrage de référence: "A la recherche du bonheur: Hollywood et la comédie du remariage") est aujourd'hui un peu oubliée. Elle souffre sans doute de sa mise en scène théâtrale étriquée. Mais on peut également retourner ce reproche en considérant le film de Leo McCAREY comme une épure du genre. La construction scénaristique rigoureuse fonctionne comme une équation. Jerry (Cary GRANT, acteur né pour la screwball comédie) et Lucy (Irene DUNNE) sont faits l'un pour l'autre. Mais ils ont besoin de pimenter leur vie de couple qui s'enlise. Pour cela, ils l'aèrent avec des mensonges où chacun teste les limites de sa liberté vis à vis de l'autre puis jouent à le rendre jaloux avec un/une fiancée trop plouc ou trop snob pour constituer une menace sérieuse. Les détours leur permettent de mieux se retrouver. 

Outre le brio des acteurs, la rigueur du scénario et un tempo parfait, le film se distingue également par ses dialogues caustiques assez hilarants, des touches de burlesque (Cary GRANT qui se viande au milieu d'un concert) et de nonsense (le chat qui tient la porte!) Une marque de fabrique pour le réalisateur de la célèbre "La Soupe au canard (1933)" des Marx Brothers et de nombreux courts-métrages de Stan LAUREL et Oliver HARDY.

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