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Articles avec #science-fiction tag

Terminator 2: Le Jugement dernier (Terminator 2: Judgement Day)

Publié le par Rosalie210

James Cameron (1991)

Terminator 2: Le Jugement dernier (Terminator 2: Judgement Day)

Le premier "Terminator" était déjà une réussite qui allait bien-au delà de son genre initial de blockbuster d'action et de science-fiction pour proposer un récit à la résonance universelle plongeant dans les grandes angoisses collectives de l'humanité. James CAMERON a élaboré une suite qui reprend le même canevas mais en change les paramètres. Le canevas, rappelons-le, c'est le syndrome de Frankenstein de la créature qui se retourne contre son créateur, le paradoxe du grand-père consistant à remonter le temps pour éliminer à la racine une engeance ennemie et le paradoxe de l'écrivain consistant également à remonter le temps pour expliquer à une personne des actes ou des événements qu'elle n'a pas encore commis ou connus. James CAMERON élargit ce concept dans son deuxième film qui forme une boucle temporelle avec le premier. En effet on y découvre que ce sont les restes du robot T-800 détruits par Sarah Connor (Linda HAMILTON) à la fin du premier Terminator qui ont servi de base à la mise au point de l'IA ayant déclenché l'apocalypse nucléaire, puis la guerre des machines contre la résistance humaine. Par conséquent cet effet de boucle temporelle ne peut qu'entraîner la répétition du même schéma de transposition d'une guerre du futur dans le passé: l'envoi d'un second Terminator plus élaboré que le premier (un T-1000) pour détruire John Connor avant qu'il ne devienne adulte et par effet miroir, d'un protecteur chargé de contrecarrer ses desseins par John Connor lui-même. La différence avec le premier film, c'est qu'au lieu d'envoyer son propre père, John Connor envoie un robot, plus précisément le T-800 reprogrammé. Ce qui s'avère être un coup de maître, tant sur le plan scénaristique que sur le plan humain. Sur le plan scénaristique car le T-800 n'est pas seulement chargé d'éliminer le T-1000, il a également pour mission de détruire toute trace de son passage, tant dans le premier film que dans le second, bref de s'anéantir lui-même. Une problématique que traitait également la saga "Retour vers le futur" aboutissant logiquement à la destruction de la DeLorean. Mais James CAMERON nimbe ce scénario d'humanité. Le T-800 reprogrammé dans une mission d'autodestruction mais aussi de protection peut de son propre aveu évoluer au contact des humains -ce que permet sa nature de cyborg- et plus le film avance, plus il gagne en humanité au contact de John enfant (Edward FURLONG). Leurs dialogues se rapprochent de nombre d'oeuvres où les robots se posent des questions sur leur propre nature. Et à l'inverse Sarah Connor remarque qu'il représente un père de substitution plus efficace que tous les humains à qui elle a tenté de donner ce rôle: troublant. Pour Arnold SCHWARZENEGGER, c'est l'occasion d'endosser un rôle de personnage positif (même si habilement le doute plane un certain temps sur son rôle exact), émouvant et drôle avec des répliques devenues cultes comme le "hasta la vista baby". Enfin on ne peut pas évoquer cet opus sans parler de la performance technologique incroyable attachée au T-1000 (Robert PATRICK). Incroyable parce qu'au service encore une fois du récit et complètement en harmonie avec l'univers cameronien. Le T-1000 fait de métal liquide et qui ressemble à l'état brut à une boule de mercure est un incroyable métamorphe qui peut changer de forme comme d'état (solide ou liquide) à sa guise. Seules les températures extrêmes peuvent avoir raison de lui et encore, à condition de l'y maintenir. L'obsession cameronienne pour l'eau trouve dans ce film l'une de ses expressions les plus achevées et les plus marquantes.

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Terminator

Publié le par Rosalie210

James Cameron (1984)

Terminator

Contrairement au deuxième film dont j'ai un souvenir très précis, je n'étais pas sûre d'avoir déjà vu le premier "Terminator". Il faut dire que celui-ci a été si souvent cité, parodié, recopié qu'il est impossible de ne pas avoir été imprégné de sa mythologie. Laquelle remonte aux origines de l'humanité si l'on considère que les robots sont des avatars de la créature du docteur Frankenstein, lui-même qualifié de Prométhée moderne. On remarque également que comme son contemporain "Blade Runner" (1982), le film se situe dans un contexte post-apocalyptique et comme un autre de ses contemporains, "Retour vers le futur" (1985), il traite du voyage dans le temps. Autant de thèmes classiques de la science-fiction que James CAMERON s'approprie pour en donner une vision personnelle. L'exposition qui lui est consacrée à la Cinémathèque montre la reproduction d'un dessin de sa composition issu d'une de ses visions cauchemardesques dans lequel on voit le robot réduit à son ossature mécanique surgir au milieu des flammes. En effet la progression de l'intrigue s'accompagne de la révélation progressive de la véritable nature du Terminator, d'abord androïde d'apparence humaine mais sans émotions, puis cyborg révélant par endroits sa structure métallique sous une fine couche de tissus organiques, puis robot réduit à cette structure et enfin, amas de ferraille encore capable de poursuivre sa proie. C'est que la métamorphose est au coeur du travail de James CAMERON ce qui se poursuivra avec le métamorphe tout de métal liquide de "Terminator 2 : Le Jugement dernier" (1991). De plus le scénario de "Terminator" a d'importants points communs avec celui de "Titanic" (1997). Les deux films ont pour personnage principal une héroïne en proie à un monstre d'acier qui veut la broyer. Monstre dont la dimension métaphorique ne doit pas échapper à un oeil averti (l'Apocalypse dans "Terminator", le système de castes et la première guerre mondiale dans "Titanic"). Elle reçoit alors l'aide d'un chevalier servant sorti du néant qui se sacrifie pour qu'elle puisse accomplir son destin et changer le futur. Les gros muscles et la mâchoire carrée de Arnold SCHWARZENEGGER ne doivent pas faire oublier qu'il n'est dans le film qu'une machine à tuer et que c'est Sarah Connor (Linda HAMILTON) qui connaît l'évolution la plus saisissante. De jeune femme ordinaire qui galère dans son boulot de serveuse, on la voit sous l'effet de la situation extraordinaire dans laquelle elle se retrouve plongée révéler son vrai caractère, celui d'une guerrière qui peu à peu s'émancipe de l'homme venu à son secours et trouve l'issue par elle-même. Les films de James CAMERON bouleversent la hiérarchie de genre à laquelle nous sommes habitués en mettant la femme au premier plan et en faisant de l'homme son adjuvant, l'ennemi à abattre n'étant lui pas de nature humaine.

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Barbarella

Publié le par Rosalie210

Roger Vadim (1968)

Barbarella

Dans "Sois belle et tais-toi" (1976), Jane FONDA raconte comment elle a été façonnée à ses débuts par Hollywood pour être une icône de studio très éloignée de sa vraie personnalité (et de son vrai corps). Roger VADIM, son mari de l'époque a revêtu à son tour les atours de Pygmalion en faisant d'elle une bombe sexuelle calquée sur Brigitte BARDOT, l'une des précédentes muses du réalisateur. La séquence de strip-tease ouvrant "Barbarella" (1968) fait d'ailleurs un clin d'oeil appuyé à l'érotisme des stars façonnées par Hollywood, plus précisément à la scène des gants de "Gilda" (1945). Pour le reste, c'est gentiment coquin et scopophile sans complexe (et hop, mine de rien, la caméra saisit par-ci par-là une fesse à moitié dénudée ou un bout de sein), Roger VADIM s'amusant à habiller et (surtout) déshabiller sa nouvelle Barbie au moindre prétexte. Des poupées aux dents d'acier et des perruches au bec affûté façon "Les Oiseaux" (1962) auront raison des différents justaucorps de Barbarella qui heureusement trouve rapidement une nouvelle tenue, toujours plus sexy que la précédente. Sans l'attraction que représente la plastique de Jane FONDA mise en valeur non seulement par ses costumes mais aussi par des décors hideux qui la magnifient par contraste, que resterait-il aujourd'hui de cette kitscherie dépourvue d'un scénario digne de ce nom? A mon avis, rien.

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Dune: deuxième partie (Dune: part two)

Publié le par Rosalie210

Denis Villeneuve (2024)

Dune: deuxième partie (Dune: part two)

J'ai préféré cette suite au premier volet. Malgré le fait que je n'ai pas lu les romans d'origine et que je n'ai même pas pris la peine de me replonger dans l'histoire avant d'aller voir le film, je n'ai eu aucun problème à comprendre l'intrigue et ses enjeux. Cela est à mettre au crédit de Denis VILLENEUVE et de ses co-scénaristes qui ont fait un travail d'adaptation conséquent pour être lisibles sans simplifier à outrance. Car adapter "Dune" aujourd'hui s'avère extrêmement pertinent. Les thématiques soulevées par Frank Herbert m'ont plus que jamais frappées par leur brûlante actualité: le fondamentalisme et le transhumanisme, les rivalités géopolitiques entre puissances politiques et religieuses pour le pouvoir et les ressources, la guerre asymétrique entre un Empire aux caractéristiques très occidentales (les Atréides faisant penser à la civilisation gréco-romaine et les Harkonnen aux russes ou aux nazis) et un peuple indigène qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux Touareg qui font partie du peuple berbère, que leur langue appelle les "imazighen" c'est à dire les hommes libres ce qui en anglais se dit "free men" d'où vient leur nom dans Dune, "Fremen". A travers le mode de vie de ce peuple qui a appris à survivre dans le désert en recyclant la plus petite trace d'humidité et en transformant les éléments hostiles (vers géants, tempêtes) en atouts, c'est une autre manière d'être au monde qui est mise en lumière où l'homme vivrait en harmonie avec la nature plutôt que de chercher à la dominer ou à l'exploiter. L'écologie est centrale dans "Dune" car elle est intimement reliée à cette question du pouvoir et du contrôle alors que dans nos gouvernements occidentaux, elle est marginalisée en tant qu'entrave au désir de pouvoir et de jouissance sans limite qui anime cette civilisation.

Force est de constater que tous les thèmes sont traités avec limpidité dans un récit initiatique par ailleurs classique qui montre Paul Atréides passer du statut de jeune homme innocent à celui de valeureux combattant puis endosser les responsabilités d'héritier et de Messie. Si Timothee CHALAMET m'a paru trop lisse (il faut dire que son rôle est tellement archétypal qu'il est difficile à réinventer), les images superbes confèrent un véritable souffle à l'ensemble comme celle des chevauchées sur les vers géants ou le combat d'arène en noir et blanc des Harkonnen à l'image de leur univers. Bref, "Dune" est un blockbuster intelligent et très recherché esthétiquement comme le sont également dans un autre genre les films de Christopher NOLAN.

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Austin Powers 2: L'espion qui m'a tirée (Austin Powers, the spy who shagged me)

Publié le par Rosalie210

Jay Roach (1999)

Austin Powers 2: L'espion qui m'a tirée (Austin Powers, the spy who shagged me)

En revoyant ce deuxième opus quasiment à la suite du premier, je n'ai pu m'empêcher de les comparer. J'ai trouvé globalement le personnage d'Austin Powers moins flamboyant, moins drôle, peut-être est-ce dû à l'obsession de la perte de son "mojo" qui revient toutes les trois secondes dans ses dialogues et forme une intrigue pour laquelle on ne se passionne guère. Il y a également un certain nombre de redites, de la femme-robot (également présente dans le troisième volet de la trilogie) à l'agent du docteur D'enfer tentant d'assassiner Austin Powers en boîte de nuit et se prenant un retour de boomerang ainsi que le personnage de Mustafa (Will FERRELL) qui n'en finit plus de commenter sa souffrance hors-champ alors qu'il est censé être plus que mort. Néanmoins, ces réserves ne sont que relatives tant le film est un festival de trouvailles burlesques plus réjouissantes les unes que les autres. Citons entre autre une séquence cartoon du meilleur effet, les références à Star Wars, à Bruce LEE, à Esther Williams et à "Le Dictateur" (1939), le montage jouant sur les synonymes du mot "pénis" dans des scénettes variées elles aussi souvent référencées, un jeu d'ombres chinoises salace très développé et très drôle, la mise en abyme du SLN au travers du Jerry SPRINGER show et l'introduction du génial personnage de Mini-moi. Autre point fort, l'esthétique pop et psychédélique avec entre autre un pastiche des sérigraphies de Andy WARHOL est encore plus travaillée si possible que dans le premier volet qui était déjà bien flashy. Mais ce qui m'a le plus enthousiasmée dans ce deuxième volet, c'est la triple performance de Mike MYERS qui joue Austin, le Dr. D'Enfer et un nouveau personnage, Gras double qui n'est pas sans rappeler le Mr. Creosote des Monty Python dans "Monty Python : Le Sens de la vie" (1982). En effet, dès, "Austin Powers" (1997), les allusions à "Docteur Folamour" (1964) m'avaient sauté aux yeux mais c'est encore plus évident ici où la triple performance de l'acteur rappelle celles de Peter SELLERS dans le film de Stanley KUBRICK (dont "Full Metal Jacket" (1987) fait également l'objet d'un pastiche désopilant).

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Austin Powers

Publié le par Rosalie210

Jay Roach (1997)

Austin Powers

Premier volet de la saga "Austin Powers" et déjà l'impressionnant abattage burlesque de Mike MYERS, bête de scène ayant fait ses armes au Saturday Night Live. L'énergie folle dépensée dans ce vortex psychédélique de pastiches et de parodies accouche d'un univers somme toute cohérent où un pur produit du swinging London de la fin des sixties, passablement obsédé et scato est téléporté via la cryogénisation, trente ans plus tard, au beau milieu des années sida (et accessoirement époque du tournage du film). Austin Powers est lui-même un drôle de mélange: si l'aspect parodique des James Bond de la période Sean CONNERY n'échappe à personne, pilosité du torse et allusions sexuelles incluses ("Goldfinger" (1964) déjà et Pussy Galore transformée en Alotta Fagina/Detta Defagin en VF), ses autres identités sont tout aussi savoureuses: la tenue vestimentaire dandy et l'activité "couverture" de photographe de mode sortent tout droit de "Blow-up" (1966) de Michelangelo ANTONIONI qui est pastiché, de même que les partenaires d'Austin, Mrs Kensington et sa fille, Vanessa Kensington parodient Emma Peel de "Chapeau melon et bottes de cuir" (1960). Et même si cela ne sera explicite que dans le troisième volet, "Austin Powers dans Goldmember" (2002), les grosses lunettes et l'aspect anti-héros du personnage établit une filiation avec l'anti-James Bond qu'est Harry Palmer dans "Ipcress - Danger immediat" (1965). Enfin, les sources d'inspiration ne sont pas que british (fausses dents pourries incluses ^^). Le dédoublement de l'acteur qui joue également l'antagoniste de Austin Powers, alias le docteur Denfer, personnage de méchant mégalo issu lui aussi des James Bond est une idée puisée dans la saga "Fantomas" (1964) avec Jean MARAIS alors que "Numero Deux" est joué par Robert WAGNER, une star américaine dont la renommée internationale repose en grande partie sur la série "Pour l'amour du risque" (1979) où il formait un indissociable duo avec une certaine Stephanie POWERS ^^. Si le film se cherche encore un peu au niveau des gags (les illusions d'optique sans changer de style seront bien plus élaborées par la suite), ce laboratoire expérimental est somme toute déjà réjouissant.

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L'Empire

Publié le par Rosalie210

Bruno Dumont (2024)

L'Empire

La bande-annonce m'avait donné envie de voir le film qui avait l'air drôle sauf qu'en réalité il est absolument navrant. J'ai pour principe de ne jamais quitter la salle en cours de route mais j'avoue qu'à deux ou trois reprises, ça m'a démangé car il ne faut que dix minutes pour comprendre le problème: les différents éléments de la sauce ne se raccordent jamais entre eux. On a donc des ch'tis du cru qui vivent leur vie en toile de fond et de temps en temps viennent balancer une ou deux blagounettes sans se soucier de l'histoire SF mise au premier plan avec une touche de polar et d'érotisme, ici et là. Visiblement, Bruno DUMONT a pensé qu'il pouvait se passer d'un scénario et qu'il lui suffirait de juxtaposer les différents éléments de son film pour que ça fonctionne. Or ce n'est pas le cas. On décroche d'autant plus vite que le rythme est extrêmement lent pour ne pas dire contemplatif et qu'il ne se passe quasiment rien. On comprend vaguement que les deux empires galactiques représentent le bien et le mal et qu'ils vont se bouffer entre eux, l'un dirigé par Fabrice LUCHINI qui n'est absolument pas drôle et l'autre par Camille COTTIN qui n'a droit qu'à une scène où elle peut jouer normalement, le reste du temps, elle est une sorte d'ectoplasme parlant une langue inconnue (sous-titrée heureusement). Leurs émissaires sur terre se disputent un bébé dont on ne comprend pas bien ce qu'il représente (Jésus? Satan? Les deux?) mais surtout batifolent dans les prés, les deux filles, Jane et Line (Anamaria VARTOLOMEI et Lyna KHOUDRI) avec leurs crop tops et leurs jupes au ras des fesses servant surtout à taquiner le goujon du pseudo-héros, un pêcheur-cavalier qui joue comme une brêle. La seule qualité du film est esthétique, ce sont les paysages de la côte d'Opale, superbement filmés et le design des vaisseaux spatiaux, une cathédrale et un château volants.

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Pluto (Puruto)

Publié le par Rosalie210

Toshio Kawaguchi (2023)

Pluto (Puruto)

Naoki Urasawa est l'auteur de mes deux mangas préférés: "20th Century Boys" et "Pluto", tous deux primés à Angoulême, respectivement en 2004 et en 2011. Tout en bâtissant des intrigues palpitantes et des personnages intenses, Naoki Urasawa insuffle à ses oeuvres une dimension existentielle d'une puissance rare. Ainsi en est-il de "Pluto" qui rend hommage au père des mangas, Osamu Tezuka et à "Tetsuwan atomu" alias "Astro le petit robot" chez nous. Un auteur qui développait dans ses oeuvres nombre de thèmes religieux et philosophiques. Mais l'oeuvre d'Urasawa est plus sombre, plus adulte, plus mélancolique, plus inquiète, hantée par le mal. Elle prolonge à la fois la réflexion d'Asimov et celle de Philip K. Dick sur les robots avec un questionnement très simple mais imparable sur nos profondes contradictions humaines. L'homme a voulu créer le robot à son image mais il ne veut pas qu'il mente ni qu'il tue tout en l'utilisant comme machine de guerre dans les conflits armés. Il veut en garder le contrôle tout en lui insufflant des émotions par essence incontrôlables et ensuite s'effraie de voir celui-ci lui échapper. Le dernier avatar de Frankenstein s'appelle d'ailleurs Bora dans "Pluto" et ressemble à la créature d'eau et de glaise de Prométhée.  

Le résultat est que les robots de "Pluto" sont des vétérans de guerre remplis de tourments. Les plus sophistiqués d'entre eux ont une apparence humaine qui les rend indécelables à l'oeil nu. Ils ont un subconscient, une mémoire traumatique, sont submergés par la haine ou l'empathie, jouent du piano, peignent, jardinent, ont une famille, ne comprennent pas d'où viennent leurs larmes, mentent aux autres comme à eux-mêmes. Alors évidemment en dépit du tabou nimbé d'une épaisse couche de déni, il apparaît évident que ces robots peuvent tuer, et pas seulement d'autres robots. L'enquête porte d'ailleurs sur une intelligence artificielle qui commet des meurtres, sur les robots les plus puissants du monde mais aussi sur des humains qui leur sont liés. Tous ont trempé dans un conflit sanglant qui s'inspire de l'invasion de l'Irak par les USA en 2003, le "39° conflit d'Asie centrale".

Mais cette enquête en rejoint une autre, beaucoup plus intime. Gesicht, le robot-inspecteur chargé des investigations veut comprendre l'origine des cauchemars qu'il fait toutes les nuits, comprenant peu à peu que sa mémoire a été trafiquée par ses supérieurs humains pour reprendre le contrôle sur lui et les armes redoutables qu'il possède dans son corps. Armes et démons intérieurs ne faisant pas bon ménage, il éprouve le besoin d'interroger Brau 1589, seul robot a avoir officiellement tué un humain en violation de la législation inspirée des lois d'Asimov. Celui-ci est prisonnier mais n'a pas été détruit parce que les humains, dépassés par son cas ont peur des conséquences. Peu à peu, Gesicht reprend possession de ses souvenirs et de son identité et c'est de cette mémoire que hérite Astro. Tous deux sont reliés par le souvenir d'un enfant mort et des émotions extrêmes qu'elle a déclenché, des émotions incontrôlables qui les ont propulsé à un stade d'évolution supérieur. Alors bien évidemment, la question angoissante qui se pose aux humains dépassés face à ces robots ayant acquis le libre-arbitre c'est "que vont-ils choisir?" 

 

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Austin Powers dans Goldmember (Austin Powers In Goldmember)

Publié le par Rosalie210

Jay Roach (2002)

Austin Powers dans Goldmember (Austin Powers In Goldmember)

Le seul volet de la trilogie Austin Powers que je n'avais pas encore vu est à l'image des autres: un délicieux bonbon pop, régressif juste ce qu'il faut, bourré d'énergie, d'idées et de références judicieusement placées. Cette parodie des films d'espionnage biberonnée au swinging London et animée de l'esprit potache du Saturday Night Live d'où est issu Mike MYERS est plus réjouissante que jamais, frisant souvent le mauvais goût mais parvenant à l'éviter la plupart du temps grâce à sa tonalité bon enfant. Le titre se passe de commentaire, d'autant que même l'original "Goldfinger" (1964) avait déjà donné lieu à des détournements douteux. L'ouverture est un pastiche de "Mission : Impossible 2" (2000) renommé "Austinpussy" (allusion à "Octopussy") (1983)" avec l'apparition clin d'oeil de Tom CRUISE déguisé en Austin Powers, les autres personnages étant incarnés par Gwyneth PALTROW, Kevin SPACEY et Danny DeVITO, le tout sous la houlette de Steven SPIELBERG et Quincy JONES (il n'y a pas à dire, Mike MYERS fait fort en terme de casting). Quant à l'anti-James Bond des années 60, alias Harry Palmer alias Michael CAINE, il devient rien de moins que le père de Austin Powers ce qui rend explicite le fait que Mike MYERS s'est inspiré de lui pour créer son personnage. Autre très bonne idée, rendre hommage à la blaxploitation au travers du personnage joué par Beyonce KNOWLES qui ressemble furieusement à Pam GRIER. Alors il est vrai que le film ressemble plus à une suite de sketches qu'à un vrai film mais c'était après tout également le cas des Monty Python à qui Mike MYERS rend un hommage appuyé. Et plusieurs scènes sont vraiment très drôles comme celle du cameo de Britney SPEARS (qui devient "canon" au sens propre!), du clip de rap, du sous-marin ou celles qui jouent sur les illusions d'optique (il y en a deux fois plus que dans l'opus précédent). Tout n'est cependant pas aussi drôle, à commencer par Goldmember lui-même (joué également par Mike MYERS) qui exploite maladroitement le concept de "bijoux de famille" que l'on retrouve jusque dans "Pulp Fiction" (1994). Et si le répugnant personnage de Gras-Double (autre personnage joué par Mike MYERS) en fait déjà trop (pour moi), cela aurait pu être pire. Heureusement que Beyonce KNOWLES a mis des limites à l'imagination débordante du réalisateur. Il n'en reste pas moins que cet opus est un festival dont on sort le sourire aux lèvres.

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Mars Express

Publié le par Rosalie210

Jérémie Périn (2023)

Mars Express

Esthétiquement superbe, le film d'animation néo-noir et cyberpunk de Jeremie PERIN m'a tout de même déçue de par son manque d'originalité et de profondeur. Ce que développe le film -la relation entre l'homme et les robots- a été déjà traité de nombreuses fois depuis que Isaac Asimov a formulé en 1942 les lois qui fondent l'éthique des robots, l'avatar high-tech d'un mythe remontant à Prométhée et à Frankenstein pour ne citer que ses figures les plus connues. La plupart des oeuvres de SF qui en ont dérivé questionnent l'âme des robots (comme la série "Real Humans : 100 % humain" (2012) ou "Ghost in the Shell" (1995)) leurs émotions et leur degré de libre-arbitre. Par conséquent, tôt ou tard ils échappent à leurs créateurs et peuvent même se retourner contre lui (comme par exemple dans "2001 : l'odyssee de l'espace" (1968) ou "Blade Runner") (1982). On le voit, "Marx express" croule tellement sous les références qu'il peine à proposer une vision personnelle et surtout incarnée. On reste en surface, tant en ce qui concerne les personnages dont la diversité de nature est sous-exploitée (humain, humain augmenté, robot sauvegardant la mémoire d'un être humain décédé, robot "déplombé" c'est à dire débridé par des hackeurs ou bien au contraire instrument servile) qu'en ce qui concerne l'univers, magnifique, pensé dans les moindres détails, cohérent mais cruellement privé de contexte et de vie. C'est ce qui à mon avis explique qu'il s'oublie très vite et comporte contrairement à ses modèles (en plus de la SF il y a tous les films noirs et néo-noirs américains autour de la figure du privé) bien peu de mélancolie (seul le fantôme de Carlos dans son corps de robot apporte un peu d'émotion à ce film par ailleurs aussi froid qu'une machine).

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