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Articles avec #guy (alice) tag

Ocean Waif

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1916)

Ocean Waif

A l'origine, "Ocean Waif" qui est divisé en cinq parties devait être un long métrage mais il n'est parvenu que partiellement jusqu'à nous. Il reste donc environ 40 minutes de film avec des images parfois très abîmées. L'équipe qui a restauré le film a remplacé les sections manquantes par des photos du tournage et des explications tirées de revues spécialisées de l'époque. De même, le film comprenait des scènes teintées qui ont été recrées à partir d'autres films semblables de la Solax qui ont servi de modèle. Ce gros travail de restauration permet aujourd'hui de visionner un film qui se tient.

"Ocean Waif" est un film de commande que Alice GUY a réalisé mais qu'elle n'a ni écrit, ni produit. Il s'agit d'un mélodrame stéréotypé avec une jeune fille martyrisée par un ogre et sauvée ensuite par un romancier (!) prince charmant (qui ne se salit pas les mains au passage, l'ogre est terrassé par l'idiot du village). Quelques passages humoristiques allègent l'ensemble comme le quiproquo autour de la maison où la jeune fille s'est réfugiée pour échapper à son tortionnaire et que le romancier et son valet croient hantée. L'intérêt du film ne réside pas dans son histoire mais dans de petits détails comme l'accoutrement de la jeune fille, Millie Jessop (Doris KENYON) qui outre une crinière de sauvageonne et des pieds nus, porte une salopette. Une image subliminale censée rappeler qu'en 1916, les femmes remplacent les hommes partis au front dans les usines d'armement? Cependant dès que Millie tombe amoureuse, elle redevient parfaitement féminine selon les critères les plus traditionnels. Beaucoup de chemin restait à parcourir avant que les femmes ne puissent complètement s'émanciper, y compris sur le plan vestimentaire. D'autre part on peut remarquer que Roberts, l'écrivain (Carlyle BLACKWELL) fréquente un milieu social très supérieur à celui de Millie et que si finalement il finit avec elle, c'est parce qu'il est accusé (à tort) du meurtre du beau-père de Millie (William MORRIS) et qu'il est aussitôt lâché par son entourage. La fiancée bourgeoise de Roberts lui écrit d'ailleurs qu'elle est sûre qu'il sera reconnu innocent mais que c'est le fait même d'être compromis dans une histoire de meurtre qui le rend persona non grata (elle en profite d'ailleurs pour se fiancer aussitôt avec un comte, on voit quelles sont ses priorités). Cette attitude préfigure celle d'Hollywood lâchant ses poulains dès que ceux-ci étaient éclaboussés par un scandale, qu'ils soient ou non reconnus innocents.

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Algie, le Mineur (Algie, the Miner)

Publié le par Rosalie210

Alice Guy, Edward Warren, Harry Schenck (1912)

Algie, le Mineur (Algie, the Miner)

Les films de l'âge primitif du cinéma n'étaient pas signés. Par conséquent déterminer leur créateur/créatrice n'est pas chose aisée. Pour s'en convaincre, il suffit de se pencher sur le cas de "Algie, the Miner". Si on est absolument certain qu'il a été produit par la compagnie Solax, fondée par Alice GUY certains attribuent sa réalisation à Edward Warren, d'autres à Harry Schenck, d'autres encore aux deux avec Alice GUY dans le rôle de celle qui supervise alors que par exemple le coffret DVD Lobster 2018 consacré aux pionnières du cinéma lui attribue l'entière maternité du film (mais il fait aussi commencer sa carrière en 1902 en ignorant superbement "La Fée aux choux" (1896) qu'il confond comme beaucoup d'autres avec "Sage-femme de première classe ou la naissance des enfants") (1902). Bref tout cela pour dire qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre ce qui est dit sur tel ou tel site ou dans tel ou tel livret car en réalité, c'est l'incertitude (pour ne pas dire l'ignorance) qui domine.

Le film lui-même porte tout de même (quel que soit son rôle réel) l'empreinte de Alice GUY et pas seulement parce qu'il a été réalisé par son studio. Sur la forme, à l'image d'autres de ses courts-métrages d'une bobine il alterne les scènes théâtrales en intérieur et les scènes plus cinégéniques en extérieur (celle du train qui s'éloigne est très belle!). Sur le fond il fonctionne sur le principe des vases communicants. Algie (Billy QUIRK), jugé trop efféminé par son (futur) beau-père de la bourgeoisie côte est "bon teint" doit aller accomplir un "stage de virilité" dans l'ouest. Il en revient certes bien "masculinisé" mais il a désormais collé à ses basques "Big Jim", le gros rustre qui l'a "rééduqué". En réalité ils se sont mutuellement influencés car Algie a sauvé Big Jim de deux bandits qui en voulaient à son or et l'a aidé à se guérir de sa dépendance à l'alcool. Ainsi la fiancée jouée par Blanche Cornwall épouse un homme à deux facettes ce qui suggère qu'un homme accompli est en réalité un homme complet (c'est à dire à la fois masculin et féminin ^^).

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For Love of the Flag

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1912)

For Love of the Flag

Un court-métrage dont certaines images sont assez dégradées et qui est construit autour d'un dilemme moral. Robert (Darwin KARR) qui dessine des plans pour le gouvernement et qui a été injustement licencié après une querelle avec son supérieur va-t-il trahir son pays en livrant des secrets militaires à l'ennemi? La situation est d'autant plus critique qu'il ne parvient pas à retrouver de travail et qu'il est père de famille. Sa femme (Blanche Cornwall) est obligée de travailler à domicile comme couturière et ils connaissent une déchéance sociale visible au changement de standing de leur nouvel appartement (une évolution que l'on retrouve quasi à l'identique dans "The Artist") (2011). Bien entendu, la morale triomphe, l'ardeur patriotique étant incarnée par l'enfant (Magda Foy) qui en jouant avec des petits soldats et en agitant un drapeau américain sous le nez de son père le rappelle à temps à ses devoirs. Le méchant agent corrupteur est chassé manu militari de la maison et immédiatement, comme par magie, justice est rendue à Robert, son supérieur étant reconnu incompétent, c'est lui qui prend sa place. Bref sur le fond, c'est une petite histoire bien moralisatrice qui exalte le patriotisme américain. Sur la forme, c'est une succession de plans fixes variés, certains en intérieur, d'autres en extérieur, certains très théâtraux, d'autres beaucoup plus cinégéniques. Il y a notamment un beau plan dans l'office de l'agent étranger où Alice GUY utilise la profondeur de champ et le mouvement dans le cadre pour suggérer une folle activité diplomatique (qui correspondait à une réalité historique, le film ayant été tourné deux ans avant l'éclatement de la première guerre mondiale).

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A Fool and His Money

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1912)

A Fool and His Money

Alice GUY a réalisé 1000 films dans sa carrière qui s'étire de 1896 à 1920 environ. La majorité ont été perdus sans parler des difficultés d'identification (la plupart des films de cette époque n'étaient pas signés). Cependant, grâce aux efforts des archivistes et conservateurs, de plus en plus de films de la réalisatrice sont retrouvés (plus de 130 à ce jour alors qu'il y a dix ans il n'y en avait que 40).

"A Fool and His Money" est un court-métrage de Alice GUY qui n'a été retrouvé et restauré que récemment. Et tant mieux car en plus d'appartenir à la filmographie de la pionnière du cinéma c'est aussi un véritable morceau d'histoire. En effet il est considéré à ce jour comme le plus ancien film mettant en scène un casting 100% afro-américain, qui plus est pour une distribution nationale et non pour des cinémas réservés aux noirs. Pour mémoire les conventions (racistes) de l'époque faisaient que les métiers du cinéma étaient fermées aux non-blancs aux USA. Certes l'esclavage était aboli depuis la fin de la guerre de Sécession mais en 1912 la ségrégation régnait alors en maître dans les anciens Etats esclavagistes et aussi dans les têtes de la majorité des WASP (white anglo-saxons protestants). Ils avaient la phobie du métissage et ne supportaient pas l'idée du moindre contact avec les noirs. Lorsqu'il fallait faire intervenir un personnage de couleur dans les films (réalisés par des blancs), l'usage consistait donc à grimer des blancs en noirs. C'est justement parce que ses acteurs blancs refusaient d'apparaître à l'écran avec des noirs que Alice GUY eu recours à un casting 100% afro-américain. On peut d'ailleurs constater que le film reproduit tout de même les préjugés à l'endroit de la couleur de la peau que l'on trouve par exemple dans le célèbre roman antiesclavagiste de 1852 "La case de l'oncle Tom" de Harriet Beecher Stowe. En effet si ces œuvres mettent en scène un casting noir au sens où aux USA une seule goutte de sang noir fait de vous un noir, phobie du métissage oblige, le fait est que plus vous aviez la peau claire (autrement dit plus vous avez de sang blanc dans les veines) mieux vous vous en sortiez. Ainsi dans le film, Lindy qui est métisse appartient à une classe sociale supérieure à Sam qui a la peau beaucoup plus foncée. Dans "La case de l'oncle Tom", le noir foncé c'est Tom qui en dépit de sa noblesse d'âme est sacrifié et la métisse c'est Elisa qui est sauvée avec son mari et son fils. Ces conventions ne valent que pour les œuvres favorables aux "colored people". Car par exemple dans "Naissance d une Nation" (1915) de D.W. GRIFFITH, le méchant absolu c'est le métis Silas Lynch qui traduit la peur viscérale des blancs de se mélanger (par erreur…) à des noirs à la peau si claire qu'ils pourraient se faire passer pour blancs. Il suffit d'écouter les phrases récitées comme des mantras par les néo-nazis américains tirées d'une interprétation dévoyée d'un passage de la Bible ("Dieu a créé les races pour qu'elles ne se mélangent pas") pour comprendre où réside les racines du fléau raciste qui gangrène le pays depuis sa naissance.

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L'Américanisé (Making an American Citizen)

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1912)

L'Américanisé (Making an American Citizen)

Comme "Falling Leaves" (1912), "L'Américanisé" est un court-métrage emblématique de Alice GUY. Il traite avec humour à la fois des problèmes d'immigration et d'intégration combinés au féminisme, des sujets qui touchaient de près Alice GUY. La réalisatrice d'origine française avait en effet émigré aux USA où elle avait fondé son propre studio, la Solax (d'abord basé à Flushing puis à partir de 1912 à Fort Lee dans le New Jersey). Son film qui se présente comme éducatif montre un paysan rustre d'Europe de l'est qui traite sa femme comme une bête de somme. Il la rudoie, la bat et l'accable de travail pendant que lui se la coule douce. Une fois émigré aux USA, il persiste dans son comportement mais celui-ci est jugé inacceptable dans son nouveau milieu et il reçoit quatre leçons d'américanisme censées lui apprendre les manières civilisées de la part des citoyens puis des institutions américaines. Après six mois de travaux forcés, il a compris la leçon et devient doux comme un agneau. Le fait que son assimilation passe par une rééducation de sa relation avec l'autre sexe est un point de vue extrêmement moderne, je dirais même d'actualité car dans la réalité, même aux USA, les relations entre les hommes et les femmes ne sont pas toujours aussi idylliques. Et que dire de la France où une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint!

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Matrimony's Speed Limit

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1913)

Matrimony's Speed Limit

On ne soulignera jamais assez l'importance de retrouver, restaurer, conserver et transmettre les courts-métrages muets d'avant 1914 tant ceux-ci ont servi de matrice aux longs métrages muets et parlants de l'entre-deux-guerres. C'est encore le cas avec ce "Matrimony's Speed Limit", le dernier film Solax d'une bobine de Alice GUY qui soit parvenu jusqu'à nous à ce jour. Il a en effet servi de base scénaristique à Buster KEATON pour son film "Les Fiancées en folie" (1925). Bien entendu, il est impossible en 15 minutes de développer l'intrigue comme dans un long-métrage mais le tempo de ce "mariage express" est extrêmement bien mené avec un montage dynamique alternant la chevauchée fantastique en voiture de la fiancée pour rejoindre son soupirant à temps, les efforts de ce dernier pour se marier avant midi et des inserts sur une montre révélant que le temps presse de plus en plus (par exemple "Le Train sifflera trois fois" (1952) utilisera le même procédé avec une horloge). Un télégramme envoyé au fiancé (Fraunie Fraunholz) lui annonce en effet que s'il ne se marie pas avant midi, il ne touchera pas l'héritage. Mais ce qu'il ne sait pas c'est qu'il s'agit d'une ruse de sa fiancée (Marian Swayne) pour lui faire accepter son argent. Il vient en effet d'apprendre qu'il est ruiné et comme il a le schéma patriarcal bien vissé dans le crâne, il ne supporte pas l'idée que ce soit elle qui finance leur mariage. Mais les femmes savaient comment s'y prendre pour mener la barque sans froisser l'orgueil de leur futur mari ^^^^. Néanmoins il est assez pathétique de voir celui-ci prêt à se jeter sur n'importe qui pour toucher le pactole. Enfin presque n'importe qui, il se fiche visiblement de l'âge ou de la condition sociale mais quand c'est une femme noire, il recule, et pour cause on est à l'époque d'un racisme virulent, très bien résumé dans "Naissance d une Nation" (1915) qui fait du métissage un tabou absolu.

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A House Divided

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1913)

A House Divided

C'est dans le formidable chaudron de l'époque pionnière du cinéma qu'ont été élaborés les genres qui allaient faire la gloire des studios d'Hollywood. "A House Divided" n'est rien de moins que l'ancêtre de la screwball comédie et il n'est guère étonnant que l'on retrouve Alice GUY derrière la caméra tant celle-ci a expérimenté tous les styles et tous les formats, du parlant à la superproduction, tout spécialement dans sa période américaine au sein de son studio, la Solax.

Dans "A House Divided", des quiproquos à base d'éléments exogènes suspicieux (un parfum aspergé par un représentant d'un côté et une paire de gants oubliés par un livreur de l'autre) provoquent une crise de couple carabinée. Par contrat écrit, Diana (Marian Swayne) et Gérald (Fraunie Fraunholz), tous deux persuadés d'être trompés par l'autre décident de préserver les apparences de leur vie de couple tout en ne se parlant plus que par note interposée. Evidemment le spectateur n'attend qu'une chose, les voir se jeter dans les bras l'un de l'autre (ils en meurent d'envie mais sont trop fiers pour se l'avouer) ce qui finit par arriver avec l'intervention d'un deus ex machina des plus classiques, un pseudo-cambriolage. La peur de ce qui vient de l'extérieur est un puissant motif de séparation mais aussi de réconciliation. Si on met de côté Fraunie Fraunholz et son cabotinage outrancier, on est agréablement surpris par le naturel désarmant avec lequel jouent les autres acteurs ou plutôt actrices. Mention spéciale à la secrétaire mâcheuse de chewing-gum qui est devenue instantanément une icône!

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Le Puits et le Pendule (The Pit and the Pendulum)

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1913)

Le Puits et le Pendule (The Pit and the Pendulum)

"Le Puits et le Pendule" est la première adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de Edgar Allan Poe et l'une des premières adaptations en langue anglaise d'une œuvre littéraire. Réalisé par Alice Guy, pionnière du cinéma en 1913 dans son studio américain la Solax, le film qui faisait à l'origine trois bobines est aux 2/3 perdu. Il ne nous reste plus que la première bobine de presque sept minutes. On constate que Alice Guy a étoffé l'œuvre de Poe avec une intrigue expliquant les causes de l'arrestation d'Alonzo (Darwin Karr) durant l'Inquisition espagnole. Celui-ci est accusé à tort d'avoir volé le trésor de l'Eglise. En réalité il s'agit d'un complot monté par un rival, Pedro (Fraunie Fraunholz), furieux que Alonzo soit intervenu pour se porter au secours d'Isabelle (Blanche Cornwall) qu'il était en train de sauvagement agresser. Infiltrant le monastère où travaille Alonzo en tant que médecin des pauvres, Pedro dérobe le fameux trésor et le cache dans ses affaires avant de le dénoncer. Le fragment conservé du film de Alice Guy s'arrête juste au moment où Alonzo est arrêté. Pour se faire une idée de la suite, il faut lire la nouvelle en la combinant avec les quelques photos qui nous restent du tournage et les mémoires de la réalisatrice. Celle-ci y décrit le supplice que fut la reconstitution du supplice enduré par Alonzo (et qui donne son titre à la nouvelle et au film). Pour mémoire, celui-ci se retrouve ligoté et allongé sur le dos dans une cellule plongée dans le noir avec une lame aiguisée en forme de pendule se balançant juste au-dessus de lui et se rapprochant lentement de sa poitrine. En enduisant ses liens de nourriture, il parvient à attirer des rats qui les rongent et le libèrent. Mais juste à ce moment-là les murs de la cellule s'enflamment et se rapprochent de plus en plus de lui, l'obligeant à se déplacer vers le centre de la pièce où se trouve un puits très profond. Alice Guy raconte dans ses mémoires qu'ils ont eu les plus grandes difficultés à se débarrasser des rats qu'ils avaient utilisés pour la scène, sans parler de la souffrance de l'acteur qu'ils préféraient visiblement à la nourriture répandue sur ses liens. Nul doute que cette scène horrifique aurait été très spectaculaire si elle avait été conservée.

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Le Détective et son chien (The Detective's dog)

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1912)

Le Détective et son chien (The Detective's dog)

"Le détective et son chien" est un court-métrage Solax de Alice GUY sorti en 1912 et qui témoigne du degré d'inventivité de la réalisatrice française. En effet il s'agit comme son titre l'indique d'un mini-polar/thriller où un détective qui poursuit une bande de malfrats se retrouve en très mauvaise posture. Va-t-il se faire découper en rondelles? ^^^^ Le suspens autour d'un piège qui se referme lentement sur sa proie (scie circulaire, pointes métalliques, eau qui monte) était alors un procédé nouveau, repris ensuite de nombreuses fois au cinéma, notamment dans le genre horrifique. Alice GUY est une bonne conteuse qui sait gérer la tension dramatique de son récit et notamment la montée du suspense avec le procédé du montage alterné qu'expérimente au même moment son voisin de la Biograph Company D.W. GRIFFITH. Une autre caractéristique de son cinéma réside dans le jeu naturel des acteurs et leur variété (hommes, femmes, enfant, animal).

Le film n'est pas parvenu jusqu'à nous dans son intégralité, la seule copie qui existe, celle du Library of Congress se termine abruptement au bout de huit minutes, il manque donc le dénouement (prévisible).

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The Girl in the Arm-Chair

Publié le par Rosalie210

Alice Guy (1912)

The Girl in the Arm-Chair

Ce court-métrage de la période américaine de Alice GUY quand elle possédait sa propre maison de production (la Solax) bénéficie d'une mise en scène très élaborée pour l'époque. Alice utilise comme à son habitude des plans fixes mais ceux-ci sont remarquablement organisés pour un maximum d'efficacité dans la narration. Elle tire parti de la profondeur de champ pour nous montrer plusieurs actions simultanées ne se déroulant pas sur le même plan. Le fauteuil qui est à l'avant-scène sert à dissimuler Peggy, la jeune fille amoureuse du fils de la maison. Amour non réciproque mais sa cachette lui permet de surprendre à l'arrière-plan une conversation entre lui et un usurier menaçant qui va lui permettre d'agir et de le sauver. Car ici la "demoiselle en détresse" est masculine et celui qui vient à son secours est féminin. A ce dispositif des plus sympathiques ^^ vient s'ajouter un trucage très réussi esthétiquement permettant de figurer une scène de cauchemar. On y voit le jeune homme encerclé par les cartes des jeux qui sont à l'origine de ses problèmes d'argent. Les cartes se mettent à tourner comme une roulette autour de lui. Façon d'illustrer le tourment de son âme via la figure circulaire qui enfermée dans le rectangle de l'écran produit un effet géométrique du meilleur effet.

La seule note négative concernant ce film est le traitement daté du prêt à intérêt, ayant recours aux stéréotypes antisémites les plus éculés.

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