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Elise ou la vraie vie

Publié le par Rosalie210

Michel Drach (1970)

Elise ou la vraie vie

Mais quel dommage que ce film ne soit à ce jour jamais sorti en DVD. Vu lors d'une discrète rediffusion tardive sur France 2 en 2010 (et enregistré à cette occasion) c'est pourtant un film remarquable et éclairant sur les racines du mal qui ronge notre société actuelle. Mais peut-être justement son sujet sensible fait-il l'objet d'une censure déguisée? Heureusement le roman de Claire Etchevelli dont il est adapté est disponible dans toutes les librairies de France.

Le film se situe en 1957 en pleine guerre d'Algérie. C'est aussi la période des 30 Glorieuses en France. Les usines tournent à plein régime et ont besoin de toujours plus de main-d'oeuvre. L'exode rural ne suffit pas si bien qu'il faut faire appel à l'immigration des colonies tout juste émancipées ou en train de le faire.

D'une façon quasi-documentaire, le film retranscrit une réalité révolue à frémir. De quoi démythifier à jamais cette période et son sacro-saint plein-emploi. La séquence où Elise découvre l'inhumanité du travail à la chaîne, ses cadences infernales, son bruit assourdissant n'a d'équivalent dans l'histoire du cinéma que dans Les Temps modernes. Les conditions de logement des ouvriers sont indignes. Ils s'entassent dans des taudis à plusieurs par pièce ou dans des foyers sordides (le film n'évoque pas les bidonvilles, une autre réalité de cette époque.) Enfin le racisme se manifeste de façon insoutenable. Les insultes et les humiliations pleuvent sur les algériens accusés d'être des paresseux venus en France pour tirer au flanc et piquer les plus belles femmes françaises. La guerre de décolonisation qui a des répercussions en métropole avive encore les tensions. Dans ce contexte l'histoire d'amour Elise/Arezki s'avère impossible alors que la division des ouvriers entre français et étrangers fait le jeu du patronat.

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Monty Python: le sens de la vie (Monty Python's The Meaning of Life)

Publié le par Rosalie210

Terry Jones (1983)

Monty Python: le sens de la vie (Monty Python's The Meaning of Life)

Le sens de la vie est un titre particulièrement ironique pour les maîtres du nonsense que sont les Monty Python. Troisième et dernier long-métrage du groupe d'humoristes anglais, il n'est peut-être qu'une suite de sketches mais quels sketches! Quasiment que du culte: éducation sexuelle en live dans un pourtant très strict college britannique (Cleese adore se désaper); catholiques pondeurs d'enfants entonants "Every sperm is sacred" sous le regard d'un protestant ultra coincé qui proclame sa fierté de pouvoir porter des capotes à plumes; parturiente oubliée au profit de la machine qui fait "ping"; client obèse d'un restaurant chic dévorant et vomissant à s'en faire péter la panse (au sens propre); donneurs d'organes prélevés de leurs vivant; colonisateur se faisant arracher la jambe sans sourciller; grande faucheuse venant embarquer les invités d'une soirée à la façon du 7eme Sceau; poissons sous LSD; employés de banque transformés en pirates et trucidants leurs patrons etc. Aucune forme d'autorité ne résiste aux Pythons. Comme toujours leur humour oscille du mauvais goût le plus assumé aux références culturelles les plus subtiles. Le court-métrage qui ouvre le film signé Gilliam tranche avec le reste par son ambition visuelle (un immeuble devient un bateau de pierre qui parcourt une terre plate jusqu'à atteindre sa bordure et tomber) et annonce Brazil.

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Une étoile est née (A Star is Born)

Publié le par Rosalie210

George Cukor (1954)

Une étoile est née (A Star is Born)

Tournant dans la carrière de George Cukor jusque là plutôt abonné aux screwball comedies, Une étoile est née fut son premier musical et son premier film tourné en technicolor et cinémascope. Il éclipse la version de 1937 pour au moins trois raisons. La première est la férocité et la justesse de la satire du star-system hollywoodien. Contemporain du terrible et magnifique Sunset boulevard de Wilder il montre comment les studios dépossèdent et exploitent les artistes avant de les rejeter comme des déchets quand ils ne sont plus bankable. La deuxième tient au choix des acteurs, magnifiquement dirigés. Bien plus tragique que merveilleux, le film est une autobiographie à peine masquée de Judy Garland. Enfant-star, elle fut lâchée par les studios lorsque ses problèmes d'addictions se firent trop manifestes. Cukor la sortit des limbes pour lui offrir ce qui allait être son chant du cygne en même temps que son plus beau rôle. Car si elle interprète le versant lumineux de son existence (c'est à dire son ascension fulgurante) son visage déjà marqué par la souffrance montre que la descente aux enfers de Norman Maine son mari-pygmalion dans le film est le miroir de son propre déclin. Enfin cet aspect crépusculaire qui culmine dans une scène finale poignante et spectrale est tempéré par la flamboyance du technicolor et des numéros musicaux de l'âge d'or hollywoodien.

A ces trois raisons on pourrait en rajouter une quatrième: son statut de film maudit. Amputé de 90 minutes à sa sortie il ne put jamais être restauré dans son intégralité. Les scènes dont ils ne restent plus que la piste sonore sont remplacées aujourd'hui par des photomontages.

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Les Moineaux (Sparrows)

Publié le par Rosalie210

William Beaudine et Tom McNamara (1926)

Les Moineaux (Sparrows)

Source d'inspiration majeure de Charles Laughton pour La nuit du chasseur, Sparrows est un film remarquable aussi bien par son atmosphère, sa photographie que par ses péripéties dont le rythme calculé ne laisse aucun répit au spectateur. Inspiré de faits réels, le film tient cependant davantage du conte horrifique pour enfants. Dès les premières images, un lieu et des personnages de cauchemar nous sont présentés. Le lieu c'est la ferme Grimes perdue au milieu des marais infestés d'alligators. Les personnages ce sont les Grimes, des Thénardiers locaux. Pour gagner de l'argent ils exploitent et maltraitent des enfants, orphelins pour la plupart. Le père Grimes est un véritable ogre. Une image d'une grande puissance évocatrice le montre enfonçant le visage d'une poupée avant de la jeter dans les marais: il annonce le projet de meurtre à venir. Face à lui des enfants miséreux certes mais soudés autour de la plus âgée d'entre eux, Molly qui joue le rôle d'une mère de substitution pleine d'énergie et de ressources. Sa présence permet d'équilibrer le film en empêchant tout misérabilisme. La mort du bébé devient par exemple une expérience mystique. Mary Pickford qui avait 33 ans est parfaitement crédible dans la peau d'une gamine de 15 ans et son abattage impressionne.

La deuxième partie du film proche du thriller est encore plus intense que la première. Elle montre la fuite des enfants à travers les marais, traqués par leurs poursuivants. Le montage alterné fait monter le suspense ainsi que l'utilisation expressionniste des décors comme la branche qui craque et menace de s'effondrer entraînant les enfants dans la gueule des alligators. Alligators qui représentent aussi les prédateurs humains.

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Comme des bêtes (The Secret Life of Pets)

Publié le par Rosalie210

Chris Renaud et Yarrow Cheney (2016)

Comme des bêtes (The Secret Life of Pets)

Le dernier né d'Illumination la filiale animation d'Universal n'est ni original ni bien maîtrisé. Il lorgne trop du côté du Toy Story des studios Pixar en substituant des animaux aux jouets. Mais surtout il multiplie les personnages et les références sans les approfondir. D'où une impression de superficialité et de remplissage qui ne dissimule pas la vacuité du scénario. C'est dommage car le design est agréable, certains gags sont bien trouvés, il y a du rythme mais des personnages incohérents et un gros manque de sens. Bref c'est un film bâclé en dépit d'un inéniable savoir-faire.
A noter la présence en première partie d'un court métrage des minions certes niveau pipi-caca mais bien plus drôle que le film sorti l'année dernière.

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Un américain à Paris (An American in Paris)

Publié le par Rosalie210

Vincente Minnelli (1951)

Un américain à Paris (An American in Paris)

Un américain à Paris n'est pas un chef-d'oeuvre car il est trop inégal pour cela. La faute à un scénario bourré de clichés qui tient sur un timbre-poste assorti avec un Paris de carte postale reconstitué en studio et donc assez figé. Mais dans ce médiocre canevas sont incorporés des morceaux de génie qui composent à la fois une invitation au rêve et un hommage à l'art sous toutes ses formes. A ce titre l'Américan in Paris Ballet final, morceau de bravoure de 17 minutes est une des expérience d'art total les plus réussies du cinéma avec son hommage aux grands peintres dont le style donne lieu à une ambitieuse tentative de correspondance avec la musique et la danse. Autre morceau mythique le concerto en fa où Oscar Levant se duplique pour jouer tous les rôles à l'intérieur d'une salle de concert. Enfin les pas de deux sous les ponts du duo Kelly-Caron sont magiques et gracieux.

Ces moments de grâce on les doit à la collaboration de plusieurs talents. Gershwin pour la musique, Gene Kelly pour les chorégraphies et la danse, Minelli pour la mise en scène et le sens de la couleur. Ancien peintre, il conçoit le film comme une sucession de tableaux. Enfin le producteur Arthur Freed a joué un rôle important dans la création du film. Dommage que celui-ci n'ait pas bénéficié d'un scénariste à la hauteur.

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Monte là-dessus! (Safety Last!)

Publié le par Rosalie210

Sam Taylor et Fred Newmeyer (1923)

Monte là-dessus! (Safety Last!)

Monte là-dessus est surtout connu du grand public pour la séquence où Harold Lloyd escalade un immeuble de 12 étages et se retrouve suspendu aux aiguilles de l'horloge. Il est vrai que la scène peut se suffire à elle-même. Elle procure au spectateur son lot de gags et de frissons (même aujourd'hui). Lloyd joue avec le vertige des hauteurs et avec les étages où la variété des gags garantit l'effet de surprise.

Néanmoins il serait dommage de réduire Monte là dessus à cette seule séquence tant le fait de la replacer dans le reste du film en enrichit le sens. Le film.est une fable typique des roaring twenties sur une ascension sociale...vertigineuse. Le capitalisme est en plein essor et le cadre du grand magasin où travaille le héros fait penser au Bonheur des dames (qui se situait sous le second Empire, une autre période de croissance et de modernisation économique). L'escalade est ainsi un coup de pub pour booster les ventes du magasin. D'autre part le héros qui est ambitieux est prêt à s'arranger avec la vérité pour gravir les échelons. Il fait croire à sa fiancée qu'il est directeur, n'hésitant pas à se mettre dans une situation périlleuse. A chaque instant on pense qu'il va être démasqué mais son audace paye, métaphore de l'exploit physique à venir mais aussi d'une certaine idée du rêve américain où la fin justifie les moyens. Le film joue beaucoup sur le trompe-l'oeil. La scène d'ouverture semble montrer un homme en prison. Faux, c'est une gare. Le héros semble être agressé. Faux, ce sont les soldes et les clientes s'arrachent les tissus. Et ainsi de suite jusqu'à la scène d'escalade elle-même truquée et doublée sur les plans d'ensemble par Bill Strothers, acteur-cascadeur qui joue l'acrobate poursuivi par le policeman et que Lloyd doit remplacer "au pied levé". Néanmoins Lloyd a pris de vrais risques et payé de sa personne. Dans les films burlesques muets, le corps des acteurs parlait à leur place il devait être agile, souple et dynamique. C'est pourquoi le parlant et le vieillissement ont souvent été fatals à ces acteurs.

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Emilie Jolie

Publié le par Rosalie210

Francis Nielsen et Philippe Chatel (2011)

Emilie Jolie

Cette adaptation de la célèbre comédie musicale de Philippe Chatel datée de 1979 est d'une médiocrité affligeante. La trame du conte n'est pas respectée, les chansons sont tronquées et seule une partie d'entre elles sont conservées. Tout cela sans doute dans le but de moderniser et dynamiser l'histoire. C'est raté. L'animation est laide, les personnages convenus voire antipathiques (Emilie est à giffler) et l'intrigue décousue sans parler du rythme mollasson faute d'enjeu à la hauteur. On a la désagréable impression d'assister à une mauvaise copie de Kirikou et la sorcière (La méchante toute noire se transforme en gentille blonde selon les stéréotypes les plus éculés) et de Hook de Spielberg (le papa vissé au téléphone qui ne s'occupe pas de sa fifille chérie). Alors qu'il aurait suffi de faire confiance à la force intrinsèque de ce conte sur l'imaginaire enfantin et la peur de grandir. Chatel semble avoir perdu ses pouvoirs magiques avec le temps. Mieux vaut écouter l'original qui reste un must du genre.

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Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business)

Publié le par Rosalie210

Howard Hawks (1952)

Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business)

15 ans après L'impossible M. Bébé, Hawks renoue avec les aventures rocambolesques d'un scientifique farfelu joué par Cary Grant. L'effet de connivence avec le spectateur a lieu dès le générique où Hawks interpelle à deux reprises Cary Grant par son prénom d'acteur pour lui signifier qu'il entre trop tôt en scène bref qu'il est décalé. Mais les références à son chef d'oeuvre ne s'arrêtent pas là. Hawks reprend la scène où Grant cache l'arrière-train de sa femme avec un objet (ici une serviette) car elle se promène en sous-vêtements sous son tablier et ne s'en est pas aperçue. On retrouve aussi au centre du jeu un animal, Esther le chimpanzé qui s'avère directement responsable de la retombée en enfance des protagonistes. Cette métamorphose permet de faire sauter les inhibitions et de renouer avec ses instincts primitifs. Cary Grant est particulièrement irrésistible dans ce registre. La fin où il scalpe son rival déguisé en indien au milieu des enfants est un grand moment burlesque. Mais sa phase adolescente est aussi très drôle à cause du décalage entre son apparence et son comportement de chauffard et de dragueur ridicule. L'occasion de placer un délicieux dialogue plein de sous-entendus sexuels lié à la jalousie de sa femme qui a découvert des traces de rouge à lèvre sur son visage: " J'ai battu des records (...) J'ai fait des choses folles (...) Pas étonnant que tu sois épuisé mon chéri." Derrière le fantastique se cache l'autopsie d'un couple un peu usé que la bombe Marilyn Monroe (encore peu connue et dans un rôle secondaire) va sortir de sa torpeur. Et il n'y a pas que Grant/Barnaby qui rêve de "jouer" avec elle et de lui mettre la main au panier. Le vieux directeur du laboratoire Oxly est très intéressé par le réveil de la libido d'un chimpanzé de 84 ans. Et lorsqu'il boit l'élixir de jouvence, il utilise une bouteille d'eau de Seltz comme un pistolet à eau pour tirer en direction des fesses de sa secrétaire, le tout au milieu d'une joyeuse pagaille. Le film de Hawks a le même titre en VO que celui des Marx Brothers de 1931. C'est peut-être une coïncidence mais elle ne manque pas de saveur quand on voit Grant et Rogers saccager par leurs gamineries un très sérieux conseil d'administration.
Si le film de Hawks reste cependant en deça de ses précédents chefs d'oeuvre c'est à cause de longueurs entre les scènes comiques mais aussi à cause d'une fin ultra-conventionnelle où tout rentre dans l'ordre comme si le moment de folie vécu n'avait été qu'un défoulement, un carnaval sans conséquence.

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L'homme de la plaine (The Man from Laramie)

Publié le par Rosalie210

Anthony Mann (1955)

L'homme de la plaine (The Man from Laramie)

Le dernier des cinq westerns réalisé par Anthony Mann avec James Stewart est le premier tourné en cinémascope. Il est aussi celui qui se rapproche le plus avec Winchester 73 de la tragédie shakespearienne. Ce qui peut expliquer la préférence de Mann issu du théâtre pour le premier et le dernier opus de son cycle. Il avoué à ce propos qu'il avait voulu faire une adaptation du roi Lear dans l'univers du western. Lear c'est le patriarche Alec Waggoman tout puissant propriétaire de la ville de Coronado. Mais cette puissance cache un drame intime, celle de sa descendance. D'un côté Dave son fils biologique, un véritable psychopathe au comportement incontrôlable. De l'autre Vic, son employé aux dents longues, sorte de fils adoptif, mal aimé en dépit de ses efforts pour se rendre indispensable. Enfin Will, son fils spirituel qui lui ressemble mais dont il est persuadé qu'il est venu à Coronado pour tuer Dave.

Malgré les grands espaces, le règlement de comptes familial a quelque chose d'un huis-clos étouffant. Vic a pour mission de surveiller Dave qui a pour obsession de détruire Will et de prouver qu'il est un homme aux yeux de son père. Comme dans les Atrides, tout ce petit monde s'entretue.

La notion de héros est donc particulièrement mise à mal. Stewart contribue simplement à accélérer un processus fatal qui de son propre aveu était en route bien avant son arrivée. Sa motivation qui est de venger son jeune frère tué par un fusil à répétition qu'un trafiquant a fourni aux Apaches devient l'occasion d'en détourner tous les codes. Il subit agression sur agression sans jamais les provoquer, la violence gratuite le dégoûte, il laisse la vie sauve au responsable de la mort de son frère, le duel avec le père tourne au fiasco ce dernier étant aveugle et Will blessé à la main. "La vengeance ne vous va pas" lui dit-on au début du film et la suite le prouve ce qui offre une variation intéressante sur un thème archi rebattu sans parler de la profondeur de caractère des protagonistes. L'homme de la plaine comme les autres films du cycle est un grand western introspectif qui offre une véracité documentaire sur le far west.

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