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Articles avec #film musical tag

Noces de sang (Bodas de sangre)

Publié le par Rosalie210

Carlos Saura (1981)

Noces de sang (Bodas de sangre)

La captation d'une répétition du ballet flamenco "Noces de sang", d'après la pièce de théâtre de Federico Garcia Lorca par le danseur et chorégraphe Antonio Gades et sa troupe. On voit les danseurs dans leurs préparatifs puis s'échauffer, puis effectuer un filage du spectacle. En voix-of, Antonio Gades évoque le parcours singulier qui l'a amené à devenir danseur et chorégraphe. La fascination que procure ce court documentaire tient au contraste entre le dépouillement du dispositif et la puissance d'évocation procurée par la musique, la chorégraphie, les costumes et les maquillages. Il faut dire que la pièce est d'une simplicité extrême: deux hommes, le mari et l'amant, se battent à mort pour une femme, le jour de ses noces. C'est épuré mais extrêmement expressif: la meilleure façon de commencer une trilogie consacrée au flamenco que Carlos SAURA poursuivra avec "Carmen" (1984) et "L'Amour Sorcier" (1986), en collaboration également avec Antonio Gades. A noter que "Noces de sang" est aussi le premier volet d'une trilogie chez Federico Garcia Lorca, avant "Yerma" et "La maison de Bernarda Alba".

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Honkytonk Man

Publié le par Rosalie210

Clint Eastwood (1982)

Honkytonk Man

Pour les 95 ans de Clint EASTWOOD, la Cinémathèque propose de voir ou de revoir quelques uns de ses films parmi lesquels ce "Honkytonk man" du début des années 80. Un film personnel qu'il réalise entre deux succès commerciaux, "Firefox, l'arme absolue" (1982) et "Sudden Impact - Le retour de l'inspecteur Harry" (1983) et qui lui permet d'échapper à l'image stéréotypée de macho viril qui lui collait aux basques à une époque où il n'était pas encore considéré comme un réalisateur "sérieux".

"Honkytonk man" se déroule durant la crise des années 30, époque de l'enfance de Clint EASTWOOD et son point de départ évoque "Les Raisins de la colere" (1940): une famille de paysans de l'Oklahoma qui a tout perdu avec le dust bowl s'apprête à partir pour la Californie. Mais à ce destin collectif si bien raconté par Steinbeck et John FORD qui jette la classe paysanne sur la route 66, Clint EASTWOOD vient proposer le cheminement singulier de son anti-héros, sorte de "Inside Llewyn Davis" (2013) avant l'heure. Musicien country se produisant dans les bars miteux du sud des USA, Red Stovall à l'image de son interprète aime aussi le blues et se joue des barrières raciales en vigueur à cette époque. Homme solitaire et quelque peu vagabond, Il va prendre avec lui son neveu de 14 ans, Whit (joué par le propre fils de Clint EASTWOOD, Kyle EASTWOOD) et l'entraîner dans sa vie bohème, lui permettant d'échapper au parcours du reste de sa famille. "Honkytonk man" est donc un récit d'apprentissage et de transmission comme Clint EASTWOOD en réalisera d'autres dans sa carrière, en premier lieu "Un monde parfait" (1993) auquel on pense beaucoup par son caractère de road movie et par le fait qu'un enfant dont la vie semblait décidée d'avance voit celle-ci prendre un tour inattendu, lui ouvrant l'horizon des possibles avec un plan final qui évoque très fortement celui de "Les Temps modernes" (1936). On peut y ajouter également le fait que les jours de l'adulte sont comptés, Red n'étant pas un repris de justice en cavale comme Butch mais un malade miné par la tuberculose qui n'aura pas le temps d'entendre les chansons qu'il aura eu tout juste le temps d'enregistrer.

A travers ce film, Clint EASTWOOD rend hommage au chanteur Hank Williams qui a inspiré le personnage de Red, notamment son style de musique, son objectif de passer une audition pour interpréter ses titres en live dans une émission de radio, le Grand Ole Opry à Nashville où Hank Williams s'est produit à partir de 1949, son alcoolisme et sa mort prématurée. Preuve que fiction et réalité se mélangent, Kyle EASTWOOD est devenu musicien de jazz et compositeur, notamment sur les bandes originales des films de son père.

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Boléro

Publié le par Rosalie210

Anne Fontaine (2023)

Boléro

Bravo à Anne FONTAINE d'avoir réussi une évocation aussi juste de Maurice Ravel, bien secondée il faut le préciser par un Raphael PERSONNAZ tout en retenue. Comment je le sais? Grâce au cinéma de Claude SAUTET que j'admire. Très mélomane, celui-ci s'est inspiré de la vie du compositeur pour "Un coeur en hiver" (1992) qui nous permet d'entendre le trio avec piano repris dans le film de Anne FONTAINE. Un compositeur auquel il s'identifiait, c'est évident. Comment je le sais? Grâce au film de Anne FONTAINE qui m'a permis d'assembler les pièces du puzzle. En effet elle montre Maurice Ravel dans une maison close en compagnie d'une prostituée qu'il ne touche pas sans parler de Misia, son grand amour qu'il a laissé filer dans les bras d'un autre. Non seulement on reconnaît la froideur de Stéphane refusant de répondre aux avances de Camille, mais également l'étrange distanciation de Max dans "Max et les Ferrailleurs" (1970), tournant autour de Lily la prostituée jouée par Romy SCHNEIDER mais sans passer à l'acte, sinon par le meurtre. Un mystère qui se répercute également sur l'oeuvre la plus célèbre du compositeur dont Anne FONTAINE fait bien ressortir l'ambivalence foncière qui est à mon avis la raison de son universalité et de son intemporalité. De même que Maurice Ravel était un "solitaire mondain", oxymore que l'on retrouve évidemment chez Claude SAUTET, l'aspect mécanique du Boléro qui se calque sur le machinisme industriel (scène d'ouverture) devient une fois incarné par sa commanditaire, la danseuse russe Ida Rubinstein (Jeanne BALIBAR) d'un érotisme torride, véritable métaphore musicale du coït se concluant sur un orgasme. D'ailleurs tout laisse à penser que Ida a parfaitement compris la nature profonde du compositeur qu'elle pousse dans ses retranchements pour lui extorquer cette partie de lui-même qu'il dissimulait. D'après une étude commandée par le site d'écoute en ligne Spotify, le Boléro occupe d'ailleurs la troisième place des morceaux musicaux les plus écoutés pendant les rapports sexuels! Rien que pour le fait d'avoir réussi à faire ressortir toutes ces contradictions, ce mélange troublant de rigidité et de sensualité (Ravel récupérant les gants de Misia et les faisant enfiler par la prostituée pour le plaisir d'entendre le frottement du tissu sur la peau), le film transcende et ce n'est pas souvent l'exercice scolaire du biopic.

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Climax

Publié le par Rosalie210

Gaspar Noé (2018)

ClimaxClimax

La curiosité. Voilà ce qui m'a poussé à regarder "Climax". Je n'avais jamais vu de film de Gaspard NOE mais beaucoup entendu parler de lui et compris que l'on avait affaire à un cinéaste clivant. Et puis à force de voir des extraits dans l'émission "Blow up", j'ai remarqué qu'il avait un univers reconnaissable avec une caméra tournoyante filmant en plongée un sol qui devient le plafond et vice-versa ce qui nous rappelle que la terre est sphérique. Cette volonté de brouiller les repères est d'ailleurs partout dans "Climax": dans le positionnement des génériques où il n'y a ni début, ni fin, dans celui des livres et des cassettes vidéo qui entourent la télévision où défile le casting: une partie des titres est à l'endroit, l'autre à l'envers. Je me suis repassé d'ailleurs cette séquence deux fois pour avoir le temps de les lire car ces oeuvres n'ont pas été choisies au hasard, elles ont valeur programmatique. "De l'hédonisme au nihilisme", voilà ce qui les relie.

"Climax" ressemble à l'un de ces innombrables films d'horreur de série B qui montre une bande de jeunes décérébrés et interchangeables tomber dans un piège mortel du genre "Chroniques de Tchernobyl" (2011). Sauf qu'il y a un cerveau derrière qui orchestre sous forme de maelstrom de sensations sa vision on ne peut plus noire de l'existence. "Climax" s'ouvre sur un plan-séquence de 12 minutes que j'ai vu plusieurs fois, notamment à l'exposition "Disco" qui explore justement ce qui se cache derrière l'hédonisme de cette culture et son temple, la discothèque: une utopie du mélange dans laquelle toutes les barrières (de couleur, de genre, d'origine sociale) seraient effacées par la magie de la musique, de la danse et d'une atmosphère brouillant les repères (fumée, obscurité, lumières stroboscopiques). Cette séquence euphorique tourne ensuite après une période d'incubation où l'on mesure l'animalité et la vacuité de personnages réduits à leurs pulsions primaires au pur cauchemar quand la drogue cachée dans la sangria (la boisson du "melting-pot") fait son effet. Une sangria filmée également à la verticale par la caméra tout comme un nouveau numéro de danse en forme de "battle" ce qui renforce la figure du cercle infernal et annonce la suite. C'est au tour des repères moraux et sociaux d'être pulvérisés dans ce qui s'apparente à une grande orgie de sexe et de violence aboutissant à une destruction symbolique de l'espèce par l'infanticide et l'inceste. La caméra fait d'ailleurs très "oeil de dieu" et ce d'autant plus que le blanc envahit les premières et dernières images (jusque là saturées d'un rouge et d'un vert très organiques) avec des personnages défoncés au regard tourné vers le ciel. C'est à ce moment-là que les titres des oeuvres citées au début du film prennent tout leur sens, tels que "Salo ou les 120 jours de Sodome" (1975), "Un Chien andalou" (1929), "Suicide, mode d'emploi" ou "De l'inconvénient d'être né". Eprouvant, dérangeant, sans doute trop long dans sa dernière partie qui paraît interminable mais un film qui ne laisse pas indifférent.

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Woman, Demon, Human (Rén guǐ qíng)

Publié le par Rosalie210

Huang Shuqin (1987)

Woman, Demon, Human (Rén guǐ qíng)

Considéré comme le premier film féministe chinois, "Woman, Demon, Human" est semi-autobiographique: la réalisatrice se dépeint à travers l'héroïne, Qiuyun qui veut percer dans un domaine artistique dominé par les hommes. Mais Huang Shuqin s'inspire également de Pei Yanling, célèbre actrice d'opéra chinoise qui interprète les scènes d'opéra du film.

L'histoire joue sur les masques et les identités dans un monde très genré. Comme au Japon avec le Takarazuka, Pei Yanling s'est spécialisée dans l'interprétation de rôles masculins. Le film met en lumière son interprétation légendaire de l'histoire de Zhong Kui, le chasseur de démons devenu très populaire à partir du VIII° siècle lorsqu'un empereur chinois malade se réveilla guéri après avoir vu en rêve Zhong Kui dévorer un esprit qui le tourmentait*. Le film s'ouvre d'ailleurs sur la métamorphose de Qiuyun en cet être laid et repoussant.

Evoquant trois périodes de la vie de Qiuyu (enfance, adolescence, âge adulte) avec des ellipses, le film se caractérise par sa beauté mais aussi par une cocasserie assez irrésistible: les personnages à la manière du "Molière" de Ariane Mnouchkine jouent au sein d'un théâtre itinérant dans les campagnes, au milieu des dingos de tous poils et des bébés braillards. L'héroïne aussi déterminée que douée réussit un accomplissement dans la voie artistique en dépassant le clivage des genres et les canons de beauté grâce à Zhong Kui mais échoue à s'épanouir dans sa vie privée, elle qui a été abandonnée enfant par sa mère, partie avec un autre homme.

* L’histoire de Zhong Kui est une célèbre légende chinoise : talentueux lettré parti à la capitale passer les examens impériaux avec son ami Du Ping, Zhong Kui arrive en tête, mais l’empereur lui retire le titre de zhuangyuan qui lui revenait de droit, son extrême laideur le rendant impropre, selon lui, à exercer une fonction publique. Choqué, Zhong Kui se suicide en se fracassant la tête sur les marches du palais, ce qui le condamne à l’enfer. Mais le roi des Enfers le nomme roi des démons, en charge de les chasser et les éliminer. Pour remercier Du Ping qui a organisé ses funérailles, il revient dans son village lui donner sa sœur cadette en mariage.

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Partir un jour

Publié le par Rosalie210

Amélie Bonnin (2024)

Partir un jour

Infiniment plus sympathique que le précédent film d'ouverture du festival de Cannes, "Partir un jour" (2024) est l'adaptation du court-métrage éponyme que Amelie BONNIN avait réalisé en 2021 et qui avait été césarisé en 2023. On peut souligner d'ailleurs que c'est la première fois que le festival s'ouvre sur un premier film. Un peu léger certes pour tenir la distance sur 1h40, le film est néanmoins une oeuvre prometteuse qui ne manque pas d'idées de mise en scène contrairement à ce que j'ai pu lire ailleurs. Je pense à la séquence de la patinoire qui fusionne passé et présent de manière habile ou les images nostalgiques en format vidéo montrant Cécile enfant sur la célèbre chanson de Claude NOUGARO. Ou encore la façon d'introduire les passages chantés qui était déjà l'un des points forts du court-métrage: des tubes populaires pour la plupart fonctionnant comme des madeleines de Proust pour le spectateur, idée qui était déjà génialement exploitée dans "On connait la chanson" (1997) mais en play-back et non en direct (avec une qualité d'interprétation inégale, façon karaoké). Surtout, dans le film de Alain RESNAIS il s'agissait de combattre la dépression alors que dans le film de Amelie BONNIN, il s'agit on l'aura compris de revenir dans le passé pour faire étape dans le nid familial, un resto routier, à l'image du camping-car immobile où la mère de Cécile (Dominique BLANC) vient se réfugier de temps à autre. C'est aussi la limite du film qui est dénué d'intrigue à proprement parler. Les personnages sont très attachants ce qui est un incontestable point fort de la réalisatrice car ils évoluent avec un naturel épatant. Bastien BOUILLON en particulier est craquant et on mesure à quel point il a été sous-exploité jusque là, sauf par Dominik MOLL.

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Partir un jour

Publié le par Rosalie210

Amélie Bonnin (2021)

Partir un jour

=Parfois les courts-métrages servent de ballon d'essai à de futurs longs-métrages. Cela pourrait faire l'objet d'une émission thématique. Et "Partir un jour" y figurerait puisque le premier long-métrage de fiction de Amelie BONNIN issue du documentaire vient de faire l'ouverture du festival de Cannes (une première) alors que Arte propose de découvrir la version courte, césarisée en 2023. J'ai tout de suite pensé à un "On connait la chanson" (1997) qui aurait été considérablement rajeuni, provincialisé et transposé dans un milieu populaire. L'alchimie entre Juliette ARMANET et Bastien BOUILLON fonctionne parfaitement. De façon assez paradoxale, alors que l'histoire repose sur le regret d'un amour de jeunesse qui ne s'est pas concrétisé, le film est plutôt joyeux grâce à l'énergie des interprètes. D'ailleurs on se dit presque que l'amour aurait gâché la tendre complicité entre ces deux amis d'enfance. Bastien BOUILLON en "adulescent" amateur de Pépito et de messages enflammés est particulièrement épatant. Et les chansons que tout le monde connaît sont très judicieusement choisies, rappelant qu'en matière d'expression des sentiments, il n'y a pas mieux que l'art lyrique. Car à l'inverse du film de Alain RESNAIS, les acteurs chantent eux-mêmes les tubes ce qui donne plus d'authenticité à leurs personnages. Hâte de voir le long-métrage!

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Un parfait inconnu (A Complete Unknown)

Publié le par Rosalie210

James Mangold (2025)

Un parfait inconnu (A Complete Unknown)

Nouveau portrait en creux de Bob DYLAN après le film expérimental de Todd HAYNES, "I'm Not There" (2007) dans lequel chacune de ses facettes devenait un personnage à part entière incarné par un acteur ou une actrice dans des styles variés (noir et blanc, couleur, musical, récitation de poèmes face caméra etc.) et celui des frères Coen "Inside Llewyn Davis" (2013), qui s'attachait aux pas d'un avatar loser. James MANGOLD fait un autre choix: tout en prenant des libertés avec la réalité historique, il retrace les cinq années fondatrices de la vie de l'auteur-compositeur-interprète entre 1961 (son arrivée à New-York) et 1965 (le concert de Newport où il électrisa le folk au grand dam du public). Le film ne cherche pas du moins en apparence à éclaircir le "mystère Dylan", il fait même de l'opacité de l'artiste qui brouillait les pistes sur son passé comme sur son identité une sorte de bouclier sur lequel viennent s'échouer toutes les tentatives d'approche. L'interprétation introvertie de Timothee CHALAMET dont on ne peut que saluer le travail puisqu'il joue et chante lui-même tous les titres avec brio au point qu'on a du mal à distinguer sa prestation de l'original est parfaitement en accord avec cette vision. Le flux musical presque continu dans lequel baigne le film est une grande réussite. Les chansons sont non seulement interprétées en live mais immergées dans leur contexte d'époque, que ce soit l'hymne repris par toute une génération "The Times There Are a-Changin'" ou l'ambiance électrique du concert de Newport de 1965. Car la reconstitution historique est l'autre point fort du film. L'hystérie collective provoquée par la crise des missiles de Cuba ou la lutte pour les droits civiques ne sont pas seulement une toile de fond mais la matière même sur laquelle s'appuie Bob Dylan pour composer ses chansons contestataires. Une contestation qui s'étend aux querelles de chapelles dont il brouille les frontières. Jamais là où on l'on croit, Dylan semble se dérober en permanence et être toujours en mouvement. Le seul point de fixation qu'il semble se donner, c'est sa filiation avec Woody GUTHRIE à qui il rend régulièrement visite à l'hôpital où celui-ci est soigné. Les autres membres de son entourage expriment à un moment ou à un autre leur frustration ou leur incompréhension face à cet artiste insaisissable, de Pete Seeger (Edward NORTON) à Joan Baez (Monica BARBARO) en passant par sa petite amie "officielle" (Elle FANNING) dont on se demande ce qu'elle trouve à ce garçon très talentueux certes mais fermé comme une huître. Autre bémol les effets spéciaux d'incrustation dans les images d'archives sont assez grossiers, surtout quand on les compare aux prouesses d'un Robert ZEMECKIS.

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La flûte enchantée (The Magic Flute - Das Vermächtnis der Zauberflöte)

Publié le par Rosalie210

Florian Sigl (2022)

La flûte enchantée (The Magic Flute - Das Vermächtnis der Zauberflöte)

Après la version suédoise de Ingmar BERGMAN et celle, britannique de Kenneth BRANAGH, voici une nouvelle adaptation à la sauce blockbuster US du dernier opéra de Mozart. En effet bien que le réalisateur soit allemand, le vrai maître d'oeuvre est le producteur Roland EMMERICH. Les références sont transparentes: un univers copié sur celui de Harry Potter avec un train pour rejoindre une école sélect au milieu des montagnes et un portail vers un monde magique, un héros au nom, Tim Walker qui résonne comme un certain Luke Skywalker, un directeur d'école qui est joué par F. Murray ABRAHAM alias Salieri dans le chef d'oeuvre que Milos FORMAN a consacré à Mozart etc. L'objectif est clairement de toucher les jeunes générations tout en recherchant l'approbation des parents. Le résultat n'est pas désagréable mais il donne quand même l'impression d'un collage entre deux histoires qui n'ont guère de rapport l'une avec l'autre. D'un côté un teen movie tout ce qu'il y a de plus convenu (le directeur peau de vache, le bon copain, la brute de service, la jolie fille prédestinée à devenir la petite amie...), de l'autre, l'opéra de Mozart en version diluée et abrégée forcément dont on peine à saisir la teneur ésotérique et le message progressiste. La franc-maçonnerie est évoquée mais bien peu exploitée (hormis autour de la symbolique du chiffre 3). Ce qui n'arrange rien dans la version que Arte propose, c'est que le film n'existe qu'en version française avec des textes chantés en français (ou en anglais). La version allemande n'est en effet pas sous-titrée. Anecdotique.

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Chico & Rita

Publié le par Rosalie210

Fernando Trueba, Javier Mariscal (2010)

Chico & Rita

Brillante première réalisation du duo Fernando TRUEBA et Javier MARISCAL qui fait penser, forcément pour ceux qui l'ont vu à "Buena Vista Social Club" (1999) de Wim WENDERS. Car l'histoire de Chico, inspirée par la vie du père du latin jazz Bebo VALDES (qui a composé la majeure partie de la musique du film) est celle de tous ces musiciens cubains ayant animé les cabarets de jazz sur l'île dans les années 40 et 50 avant de tomber dans l'oubli suite à la chute du dictateur pro-US Batista qui rendit cette musique et la culture associée à celle-ci "persona non grata" dans le nouvel Etat communiste. Le film étant pour l'essentiel construit sur un flashback nostalgique, on découvre d'abord Chico âgé, survivant comme cireur de chaussures. Mais comme Ruben GONZALEZ, Ibrahim FERRER ou Compay SEGUNDO et comme son modèle, Bebo VALDES, il entame une seconde carrière à l'âge de la retraite sous l'impulsion d'une nouvelle génération. Comme son titre l'indique, le film est aussi l'histoire de Rita Martinez, formant à la ville comme à la scène un duo complémentaire avec Chico. Un personnage fictif s'inspirant des chanteuses latino à la voix d'or ayant fait une carrière internationale mais s'étant heurté aux discriminations raciales et au machisme ordinaire. Les relations entre Chico et Rita en effet sont orageuses, systématiquement contrariées et pas toujours par des éléments extérieurs. Chico jeune apparaît comme un mufle, aussi veule qu'indélicat. Le film nous transporte par sa musique évidemment mais aussi par son animation qui est artisanale et de toute beauté. L'atmosphère est immersive, on se croirait véritablement transporté à La Havane d'avant la révolution avec ses cabarets aux enseignes fluo ou à New-York avec ses clubs de jazz semi-clandestins et les personnages sont incarnés. Ainsi Rita possède une telle sensualité qu'on croit voir devant nous un être de chair et de sang. Bref "Chico & Rita" est un film vibrant et vivant, incontournable, notamment pour tous les amoureux de ce style musical.

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