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Chacun cherche son chat

Publié le par Rosalie210

Cédric Klapisch (1996)

Chacun cherche son chat

Chacun cherche son chat est un film qui réussit à capturer l'atmosphère d'un quartier de Paris en pleine transformation. Deux histoires cohabitent. Celle de Chloé, une petite maquilleuse mal dans sa peau qui s'efface derrière les superbes modèles dont elle s'occupe. Et celle d'un onzième arrondissement de Paris en pleine boboïsation où se côtoient deux mondes: un milieu populaire voué à disparaître représenté par de vieilles dames jouant leur propre rôle (dont la fameuse Madame Renée) et un milieu bourgeois-bohème en pleine expansion. Klapisch filme cette transition de façon documentaire: les démolitions, les déménagements en banlieue, le café des Taillandiers où le petit noir pris au comptoir ne coûte que 4 francs, les boutiques de fringues ou de disques, les bars de nuit, les tubes rétros et les tubes branchés... Les deux histoires se rejoignent dans la solitude commune à tous les personnages. Chacun cherche moins le chat perdu de Chloé qu'un peu de chaleur humaine, une amitié ou une histoire d'amour.

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Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's)

Publié le par Rosalie210

Blake Edwards (1961)

Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's)

Mélange de romantisme, de burlesque et de satire sociale, Diamants sur canapé est un concentré du talent de Blake Edwards. Le célèbre générique annonce le programme du film. Holly (Audrey Hepburn) sort au petit matin d'un taxi en robe givenchy et contemple la vitrine de la bijouterie Tiffany en avalant un petit déjeuner à la hâte. Puis elle rentre chez elle à pied. Le tout sur la célèbre composition d'Henry Mancini "Moon River". Le générique nous apprend ainsi que Holly est une fille de milieu modeste qui a des goûts de luxe et des moments de blues (ou plutôt de "reds"). On apprend par la suite qu'elle a fui sa vie de "bouseuse" au Texas pour celle d'une femme entretenue à New-York, son objectif étant de mettre le grappin sur un millionnaire. Mais en chemin elle rencontre son alter ego (qu'elle surnomme Fred du nom de son frère qu'elle idolâtre), Paul qui lui aussi vit de ses charmes, n'ayant pas réussi à percer en tant qu'écrivain. Ce dernier tombe amoureux d'elle mais il est désargenté...
Cela pourrait être sordide, cela reste frais et pétillant grâce à l'élégance d'Audrey Hepburn et à la légèreté de la mise en scène. Les moments burlesques sont savoureux comme la Party ou le chapardage dans les grands magasins. Les deux héros en sortent masqués comme ils le sont dans la vie réelle. Or l'amour est incompatible avec le mensonge ce qui donne à ce moment un air de cruelle vérité d'autant qu'Holly s'identifie à son chat, animal dont elle porte le masque.

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La colline des potences (The Hanging Tree)

Publié le par Rosalie210

Delmer Daves (1959)

La colline des potences (The Hanging Tree)

Gary Cooper est impérial dans ce western sorti seulement deux ans avant sa mort. Il interprète le rôle d'un médecin, le Dr Frail (fragile) qu'un drame personnel a rendu misanthrope et taciturne. Il s'installe à Skull Creek, une petite ville-champignon d'orpailleurs, non au milieu de ses congénères mais seul au sommet d'une colline. Il signifie ainsi autant son asociabilité que sa différence de classe avec les chercheurs d'or. L'ambivalence du personnage mi-ange mi-démon fascine. D'un côté il manifeste un dévouement et un désintéressement dans son métier qui ressemble à un sacerdoce (ou un besoin de se faire pardonner quelque chose). De l'autre, il se méfie tant de la nature humaine qu'il éprouve le besoin de contrôler tout son entourage. Le jeune voleur de pépites qu'il sauve est contraint de se mettre à son service. De même la jeune femme qu'il soigne après l'attaque de sa diligence est traitée par lui en recluse puis infantilisée, puis repoussée lorsqu'elle s'approche trop près de lui alors qu'il l'aide (et l'aime) en secret.
Ce personnage magnifique est confronté à ses démons c'est à dire sa propre violence face à un milieu dans lequel il ne parvient pas à s'intégrer et où les pulsions primitives des hommes se déchaînent. Le personnage de Frenchy (Karl Malden), l'antagonisme du docteur Frail, plus sympathique au premier abord, libidineux et cupide en réalité incarne les pires aspects de la nature humaine. Comme dans les Anthony Mann, Frail doit surmonter ses pulsions de mort pour revenir à la vie, réapprendre à faire confiance et à aimer.
Signalons enfin la beauté des paysages, de la composition du cadre (voir scène de fin) et une chanson titre "the hanging tree" qui reste dans les têtes.

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Sabrina

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1954)

Sabrina

Un film qui commence par "Il était une fois", se déroule dans un manoir, raconte l'histoire de la fille du chauffeur rêvant au prince charmant alias David le fils cadet des patrons de son père, un volage playboy... Sabrina a tout d'un conte de fées, plus précisément celui de Cendrillon qui inspire particulièrement Wilder lorsqu'il s'agit de parler de transgression des barrières de classes ou de sexes (dans Certains l'aiment chaud réalisé 5 ans plus tard, Jerry le musicien fauché travesti devient "Cendrillon II" lorsque Osgood le milliardaire lui remet sa chaussure et tombe sous son charme.) Mais en dépit des apparences (un autre thème majeur chez Wilder) enchanteresses du film, la question des barrières n'est jamais vraiment surmontée. Sabrina observe celui qu'elle aime à travers une vitre ou du haut d'un arbre puis d'autres écrans la sépare de lui et de son frère, un sinistre homme d'affaires aux allures de croque-mort (rideau, plaque de plastique, filet de tennis...) Il faut dire qu'en dépit de son charme, Humphrey Bogart est trop vieux pour le rôle qui aurait dû revenir à Cary Grant (Wilder ne parviendra pas à le faire jouer dans ses films d'où le faux Cary Grant de Certains l'aiment chaud). Enfin si des moments cocasses font sourire comme les verres de champagne brisés dans le postérieur de David ou l'alcoolisme du père, l'arrière-plan est cynique, amer avec des personnages qui se manipulent les uns les autres et poursuivent des buts chimériques ou morbides. Dans ce film comme dans d'autres de Wilder, le héros ou l'héroïne confronté à une impasse existentielle tente de se suicider. Et en dépit d'une fin artificielle en forme de faux happy end, l'amour a finalement peu de poids face à l'argent. "La vie en rose", vraiment?

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L'Argent de poche

Publié le par Rosalie210

François Truffaut (1976)

L'Argent de poche

L'argent de poche est le troisième film de Truffaut explicitement consacré à l'enfance après les 400 coups et l'Enfant sauvage. Film à petit budget, il met en scène une communauté filmée avec un réalisme quasi-documentaire. Par petites touches, à l'aide de saynètes n'ayant pas forcément de rapport entre elles il dresse la chronique d'un groupe d'enfants de la ville de Thiers à la fin d'une année scolaire et au début des vacances dans les années 70. Ces séquences tendent à croquer la poésie de l'enfance en butte à un monde adulte qui cherche à rèprimer ses élans. Néanmoins l'école est montrée sous un jour plus positif que dans ses autres films.
Bien que l'Argent de poche soit un film choral, trois personnages se détachent plus particulièrement et servent de fil conducteur au récit. L'instituteur Richet tout d'abord interprété par Jean-François Stevenin dont c'était le premier grand rôle au cinéma. Richet est en effet le porte-parole de Truffaut et son discours final à résonance autobiographique s'inspire de celui de Chaplin dans Le Dictateur. Patrick et Julien ensuite, deux jeunes garçons qui ont un certain nombre de points communs. Tous deux issus d'une famille monoparentale, ils prennent en charge leur père ou leur mère reclus et sont leur seul lien avec le monde extérieur. Patrick est un rêveur amoureux de la mère d'un de ses copains mais qui fait au cours du film ses premières expériences amoureuses avec les filles de son âge. Julien est un exclu de sa société, un enfant maltraité et livré à lui-même. Son aspect physique, sa solitude, son repli sur lui-même, son relatif mutisme et la baraque perchée dans laquelle il vit rappellent Victor, l'enfant sauvage. Patrick et Julien représentent également deux facettes d'Antoine Doinel (Baisés volés pour le premier et Les 400 coups pour le second).
A noter que Truffaut parsème son film de clins d'œil à son maître Hitchcock avec un caméo au début du film et des allusions à Fenêtre sur cour.

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Elle et lui (An Affair to Remember)

Publié le par Rosalie210

Léo McCarey (1957)

Elle et lui (An Affair to Remember)

Comme les lieux de l'action reflètent les états d'âme des deux protagonistes principaux faits de hauts et de bas, le remake de Léo Mc Carey se situe au carrefour de plusieurs époques et genres. Les premiers échanges de Nickie et Terry sur le bateau relèvent de la screwball comédie des années 30 (ping-pong verbal, femme à la forte personnalité capable de tenir tête au tombeur présumé qu'est Nickie, comédie du remariage puisque chacun est déjà engagé ailleurs etc.) Mais au fur et à mesure que les sentiments des protagonistes s'approfondissent, le film évolue vers le mélodrame flamboyant des années 50 façon Douglas Sirk. La traversée en bateau illustre cette mutation d'un monde à l'autre. Le mélodrame est par ailleurs empreint de mysticisme. La scène clé où Nickie présente à Terry sa grand-mère lors d'une escale sur les hauteurs de Villefranche, véritable pivot de l'histoire l'illustre parfaitement. La perception du personnage change du tout au tout car il nous révèle sa facette la plus intime. La grand-mère est une figure tutélaire quasi-religieuse qui reconnaît immédiatement en Terry l'âme sœur de son petit-fils. Elle lui révèle également son talent de peintre mais aussi le rapport compliqué qu'il entretient avec son art (à l'image de Mc Carey, très critique envers son œuvre) À partir de là, la transformation de Nickie est en marche. Au prix d'un véritable chemin de croix dont le sommet est l'Empire State Building, Nickie va transformer sa vie stérile en y introduisant l'amour et l'art jusqu'à ce qu'il retrouve Terry que son accident (envoyé par Dieu pour mettre les amants à l'épreuve?) à contraint à se tenir éloigné de lui.

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The Artist

Publié le par Rosalie210

Michel Hazanavicius (2011)

The Artist

Un film admirable de par sa richesse en contenant et en contenu. Il y a d'abord l'hommage brillant à l'âge d'or du cinéma hollywoodien tant muet que parlant. Le noir et blanc de The Artist n'a pas en effet la texture granuleuse des films des années 10 (hormis l'extrait du signe de Zorro) mais celle plus soyeuse des années 30 et 40. Et les références très nombreuses concernent également les deux périodes et tous les genres: cape et épée, mélo, film d'espionnage, musical, comédie, drame... Évidemment les deux films sur lesquels The Artist s'appuie le plus sont Chantons sous la pluie (pour le passage du muet au parlant, le film dans le film et les passages de comédie musicale) et Une étoile est née (Une histoire d'amour aussi belle qu'impossible entre deux destins croisés: celui d'une vieille gloire déchue et d'une jeune actrice montante qui cherche à le sauver.) Mais on reconnaît aussi des allusions à Borzage, Chaplin, Welles, Wilder, Hitchcock (la musique de Vertigo...) Mais le film ne se limite pas à cela et possède aussi une âme (qui faisait cruellement défaut par exemple au Grand Saut, le film des frères Cohen qui piochait également dans les trésors hollywoodiens).

Sur le plan du contenu en effet, Hazanavicius joue également avec le silence et la parole. Il nous attache à un personnage, George Valentin dont le refus de parler (sur le plan professionnel et personnel) va causer la perte. Enfermé dans sa tour d'ivoire, grisé par son succès dans les films muets de type Zorro, D'Artagnan, Fantômas ou Bond, Valentin (sosie de Douglas Fairbanks, Errol Flyn, Clark Gable et merveilleusement interprété par Jean Dujardin) se révèle être un homme fragile et seul qui découvre avec horreur que le monde a évolué et qu'il en est désormais exclu. Plutôt que de s'adapter, il réagit avec amertume et orgueil, repousse l'aide qui lui est offerte et s'autodétruit. Sa seule planche de salut outre son chien est l'attirance qu'il éprouve pour la star du parlant Peppy Miller qui joue auprès de lui un rôle d'ange gardien (comme le signale une affiche dans le film, celui-ci étant bourré de clins d'œil.) Mais aveuglé par son orgueil, il met du temps à voir où ils pourront se rejoindre: dans les numéros dansés des comédies musicales qui appartiennent au parlant mais où le corps passe avant le texte. C'est beau, pur, tendre et nous rappelle ainsi la fonction essentielle du cinéma qui est de faire passer des émotions.

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Le bon gros géant (The BFG)

Publié le par Rosalie210

Steven Spielberg (2016)

Le bon gros géant (The BFG)

L'histoire d'une amitié entre une orpheline et un géant "différent" (végétarien, petit -comparativement à ses congénères qui le maltraitent- et frêle) alchimiste du rêve aurait pu donner lieu à un grand film voire un chef-d'oeuvre. D'autant que la rencontre entre un humain et un alien est un thème majeur de l'oeuvre de Spielberg. On retrouve d'ailleurs la scène de la "création d'Adam" de ET adaptée au film. Et les jeux sur les échelles (humains, petit géant, grand géant) sont réussis. Mais le film est trop peu recherché sur le plan visuel (décors minimalistes voire inexistants pour le monde des géants) et narratif (l'intervention de la Reine ne fonctionne pas dans le film). A cela il faut ajouter la nullité du jeu d'actrice de l'héroïne choisie sans doute pour sa bonne bouille ou par copinage. Totalement inexpressive, elle empêche l'émotion de passer. Il faut dire que son personnage est trop lisse. Le géant quoique laid est nettement plus émouvant et intéressant. Mais le "gag" des frétibulles ou plutôt flatibulles est affligeant alors que l'idée d'une inversion du sens du courant (des bulles, des rivières...) aurait pu donner lieu à quelque chose d'intéressant.

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Ma vie de chat (Nine Lives)

Publié le par Rosalie210

Barry Sonnenfeld (2016)

Ma vie de chat (Nine Lives)

Une petite comédie sympathique sans prétention ni originalité mais divertissante grâce à une bonne dose de satire et aux pitreries du héros enfermé dans la peau d'un chat. Le film est une fable sur un thème archi-rebattu (Scrooge, Hook...) celui de l'homme qui a un porte-monnaie et/ou un portable greffé à la place du coeur et à qui une mésaventure fantastique arrive, l'obligeant à faire une prise de conscience. Rien de nouveau sous le soleil. La satire des mœurs et valeurs de la bourgeoisie américaine a cependant un côté assez réjouissant. Du businessman obsédé à la perspective de prouver qu'il a la plus grosse...tour aux langues de vipère botoxées en passant par l'étalage de l'intimité sur les réseaux sociaux dans un but malveillant on a parfois droit à un petit côté vachard qui fait du bien. Et puis les chats (vrais ou faux) c'est trop mignon! Beaucoup de critiques ont qualifié le film de navet mais il m'a davantage diverti que Comme des bêtes qui n'est pas plus original ni plus drôle et dont le côté brouillon m'a rebuté.

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Scarface

Publié le par Rosalie210

Howard Hawks (1932)

Scarface

Un film noir, très noir, au sens propre et au sens figuré. Le film de Hawks a contribué à fixer les codes du genre tout en s'inscrivant dans un contexte précis, celui de la société américaine au temps de la Prohibition.

Scarface raconte l'ascension et la chute d'un gangster, Tony Camonte surnommé Scarface à cause de la balafre en forme de croix qui marque sa joue gauche. Un motif récurrent dans le film et qui désignait autrefois l'emplacement d'un cadavre. Pour se hisser au sommet de la pègre, Camonte qui n'a aucun scrupule prend le plus court chemin, celui du crime. Il assassine ses patrons successifs qui croyant se servir de lui sont vite débordés par son comportement incontrôlable, ses rivaux ainsi que tous ceux qui lui résistent. Ses meurtres sont mis en scène dans des plans-séquences magistraux tout en clair-obscur comme celui de Gros Louis, son premier patron (On pense fortement à M Le Maudit d'autant que Tony sifflote juste avant de tuer). La montée de la violence est illustrée par les pages d'un calendrier qui défilent sur fond de rafale de mitraillette alors que les cadavres s'accumulent comme le montre la scène des 7 hommes du gang O' Hara abattus dans un garage au sommet duquel on voit des bardeaux en forme de croix (xxxxxxxx). Les autorités sont incapables de protéger la société et de contrer les gangsters particulièrement retors lorsqu'il s'agit de manipuler l'habeas corpus garanti par l'Etat de droit. Quant à la société, elle est fascinée par ces modèles tapageurs de réussite rapportés dans les journaux. Le gangster est le self-made man du capitalisme sauvage. Tony s'achète des costumes coûteux, va au théâtre, séduit la maîtresse de son patron aux goûts de luxe etc.
Scarface ne peut donc être arrêté que par lui-même. Sa chute est un modèle d'auto-destruction. La femme fatale du film est sa sœur Cesta au caractère tout aussi indomptable que lui et pour laquelle il éprouve une jalousie incestueuse proche de la folie qui conduira à sa perte. Hawks s'est inspiré des Borgia pour dresser le portrait de cette relation perverse sur fond de pouvoir. Entre eux il y a le second couteau de Tony, Rinaldo dont le tic consistant à lancer en l'air une pièce de monnaie à été repris dans de nombreux films comme Certains l'aiment chaud où son interprète George Raft dit au bandit qui lance la pièce "Pourquoi tu m'imites?" (!) Enfin le secrétaire de Tony surnommé l'abruti offre un contrepoint comique bienvenu à toute cette noirceur même s'il y a aussi quelque chose de pathétique dans ce personnage.

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