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Articles avec #western tag

L'Homme sauvage (The Stalking moon)

Publié le par Rosalie210

Robert Mulligan (1968)

L'Homme sauvage (The Stalking moon)

J'ai bien aimé "L'homme sauvage" malgré les limites évidentes d'un scénario archi classique. Cela tient à la musique, très inspirée, à la photographie qui magnifie les paysages de l'ouest, à l'interprétation très sobre voire taiseuse, à la mise en scène épurée qui transforme l'indien en une abstraction meurtrière tout en laissant une trace sanglante bien visible sur son passage. le film de Robert MULLIGAN est donc hybride, à mi-chemin entre le western classique qui brille de ses derniers feux et celui du nouvel Hollywood qui commence à peine à émerger. Il ne s'en cache pas, c'est même son sujet. Six ans après "Du silence et des ombres" (1962), Robert MULLIGAN retrouve Gregory PECK dans un rôle taillé pour lui de défenseur de la veuve et de l'orphelin. Sauf que la veuve est en fait la femme blanche d'un indien apache (Eva Marie SAINT) flanquée de son jeune fils métis. L'enfant tiraillé ou disputé entre deux camps ou deux identités est souvent le sujet des films de Robert MULLIGAN, que ce soit "Du silence et des ombres" (1962) ou "L'Autre" (1972). Le véritable sujet du film consiste donc à trancher qui de Sam Varner le blanc ou de Salvaje l'apache sera le père de l'enfant, cet observateur silencieux omniprésent durant tout le film qui n'a même pas encore de nom, donc qui n'est pas encore officiellement né. On se dit que tout est déjà joué d'avance au vu du scénario cousu de fil blanc. Cependant la mise en scène suggère que c'est peut-être un peu plus compliqué que ça en a l'air. La scène finale, à la lisière du fantastique donne l'impression que Sam se bat déjà contre un fantôme, le même qui reviendra hanter "Shining" (1980). Et comme d'autres westerns avant lui, "La Prisonniere du desert" (1956) ou "Le Vent de la plaine" (1959), le WASP se retrouve à accueillir l'enfant mêlé du sang de l'ennemi sous son propre toit, foulant au passage l'idéologie de pureté raciale de la culture américaine. En tant "qu'éclaireur" (de la nation américaine?), Sam a déjà un fils de substitution métis, Nick joué par un jeune Robert FORSTER aux faux airs de Charles BRONSON dont c'était la deuxième apparition à l'écran.

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The Rider

Publié le par Rosalie210

Chloé Zhao (2017)

The Rider

Les pas de côtés que les réalisatrices effectuent lorsqu'elles réalisent des westerns (où des films qui s'y apparentent) sont souvent passionnants. Il faut dit que s'il y a un genre associé à la virilité dominante, c'est bien celui-là. Logiquement les westerns réalisés par des femmes s'attachent à des laissés pour compte ou à des femmes ou à des cowboys qui tentent de cacher les failles qui pourraient les faire basculer dans le camp des parias. "The Power of the Dog" (2021), "War Pony" (2021), "La Derniere piste" (2010), "First Cow" (2019) sont comme autant de jalons sur cette route encore peu empruntée qui comprend également le beau "The Rider", le deuxième film de Chloe ZHAO. On retrouve la sensualité de son regard dans la manière dont elle filme les grands espaces, une grande douceur aussi presque contemplative dans sa manière de filmer le désarroi d'un homme brisé par un accident de rodéo. "The Rider" c'est l'histoire (autobiographique, les personnages jouant leur propre rôle) d'un cavalier qui ne peut plus cavaler et doit donc réinventer son identité pour continuer à avancer. Sauf qu'autour de lui, il n'y a que d'autres éclopés de la vie dont un ami beaucoup plus lourdement handicapé que lui, une petite soeur autiste et un cheval mal en point. Ce qui est passionnant c'est que tous les acteurs non professionnels sont des descendants des indiens Sioux de la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du sud mais acculturés au point de ressembler à n'importe quel cowboy de l'Amérique rurale. Du moins jusqu'à ce qu'ils se blessent et que cette blessure ne vienne douloureusement leur rappeler que leur place est à la marge du monde construit par les conquérants WASP. Brady est pris entre la nécessité de gagner sa vie dans un boulot alimentaire dont il souligne dès le départ qu'il est temporaire et l'incapacité à couper le cordon qui le lie à la nature et aux chevaux. On le voit donc malgré les signes évidents de ses lésions toujours y revenir pour se heurter à chaque fois à une impasse, un comble au milieu de ces magnifiques grands espaces où tout semble possible mais qui pourtant fonctionnent comme un mirage.

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Vera Cruz

Publié le par Rosalie210

Robert Aldrich (1954)

Vera Cruz

Jeu de dupes autour d'un trésor que tout le monde veut s'approprier, "Vera Cruz" est un western novateur qui se situe à la jonction du western classique et du western déconstruit des années 60 en Europe et 70 aux USA. On peut s'amuser par exemple à relever tout ce que les films de Sergio LEONE ont emprunté à celui de Robert ALDRICH: des acteurs typés comme Jack ELAM ou Charles BRONSON qui joue déjà de l'harmonica mais aussi la révolution mexicaine en toile de fond, un regard nihiliste sur l'humanité et un ton mi-goguenard, mi-cynique n'épargnant rien ni personne et surtout pas les dirigeants sur les costumes desquels on s'essuie désormais les doigts. Le western classique s'incarne principalement dans le personnage joué par Gary COOPER qui va aussi loin qu'il lui était possible d'aller sans se renier. Alors il joue un mercenaire certes qui s'acoquine avec les pires fripouilles et court après le fric mais qui conserve sa dignité et une certaine fidélité à un code d'honneur pourtant disparu dans les gravats de la guerre de Sécession que son camp a perdu. A l'inverse de ce chevalier blanc mais sans le sou, Burt LANCASTER donne l'impression de se lâcher dans son rôle de chef de bande cradingue physiquement et moralement mais dont le sourire carnassier inimitable et les prouesses physiques éblouissent. Les deux hommes que tout oppose hormis leurs talents de tireur et leur besoin d'argent s'associent et se défient pour convoyer un chargement d'or à bon port, non sans arrière-pensées alors que les alliances autour de ce chargement ne cessent de se faire et de se défaire. Un chaos anarchisant qui tire ce western vers le film d'aventures puis vers le film de guerre notamment lors d'une séquence finale mémorable où finalement la cause mexicaine l'emporte et le "bon, sur le "truand".

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Les Pétroleuses

Publié le par Rosalie210

Christian-Jacque (1971)

Les Pétroleuses

S'il n'y avait pas Brigitte BARDOT et surtout Claudia CARDINALE, il ne resterait rien de "Les Petroleuses" (1971) tant c'est mauvais. Et encore, "BB" paraît quand même limitée alors que sa compatriote s'amuse comme une petite folle sur un terrain de jeu fait pour elle. Ce film éclaire en effet particulièrement bien le côté garçon manqué de Claudia CARDINALE qui mène ses quatre frères "Dalton" à la baguette, est comme un poisson dans l'eau sur un cheval, braque les trains et ne craint pas la bagarre. Seulement, Claudia CARDINALE a fait tant de beaux films, y compris dans le genre du western qu'on peut tout à fait se dispenser de celui-là, sauf éventuellement pour ceux qui voudraient se rincer l'oeil (bien que centré sur des cow-girls, c'est un monument de male gaze, notamment sur les décolletés plongeants, des poitrines généreuses ou des fesses rebondies). Pour le reste, l'intrigue est anémique, la plupart des acteurs jouent en roue libre et l'humour tombe complètement à plat: "Bougival junction" qui repose sur l'idée de transplanter la France rurale avec son beaujolais, sa baguette, ses courses cyclistes, ses coiffes bretonnes ou alsaciennes en Arizona ça ne marche jamais. CHRISTIAN-JAQUE qui est arrivé en cours de route sur le tournage n'a pas réussi à redresser la barre et pour cause: j'ai retrouvé dans ce film la désinvolture, la vacuité, le ton infantile et le regard lubrique déjà présents dans "Fanfan la Tulipe" (1951).

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Josey Wales, hors-la-loi (The Outlaw : Josey Wales)

Publié le par Rosalie210

Clint Eastwood (1976)

Josey Wales, hors-la-loi (The Outlaw : Josey Wales)

Un western magistral qui aurait dû adouber dès ce cinquième film Clint EASTWOOD comme un grand cinéaste si les préjugés de l'époque n'avaient pas aveuglés les critiques. Il y a eu tout de même une célèbre exception, Orson WELLES, pas vraiment un manchot en matière de réalisation qui à juste titre a dit que Clint EASTWOOD était le cinéaste le plus sous-estimé du monde. Il n'a pas vu le temps lui faire justice. En attendant, "Josey Wales hors-la-loi" qui renoue avec brio avec le western classique alors moribond est une odyssée qui part de la pire déchirure qu'aient connus les USA à savoir la guerre de Sécession (dont on découvre à cette occasion les ramifications complexes et peu ragoûtantes) pour recoudre peu à peu le tissu national en y intégrant toutes ses composantes. Mais nul aspect ronflant ou démonstratif, ce travail de reconstruction s'effectue au travers du parcours d'un individu, Josey Wales qui à la suite du massacre de sa famille se transforme en un impitoyable vengeur insaisissable et quasi-invincible. Sauf que sur son parcours et plutôt malgré lui toute une galerie de personnages hauts en couleur viennent se greffer, qu'ils soient esseulés ou en mauvaise posture si bien que le solitaire farouche se retrouve à la tête d'une petite communauté qui le moment venu vient lui prêter main-forte: Josey Wales n'a plus à jouer les super-héros, il n'est plus seul et on pense alors à Howard HAWKS et à son formidable "Rio Bravo" (1959) sauf qu'il y a des femmes de tous âges et des indiens autour de lui, et même un chien pas rancunier, au vu des nombreux jets de chique qu'il se prend dans le museau (l'un des gimmicks qui rend Josey Wales inoubliable). On pense aussi à John FORD pour la beauté époustouflante des paysages traversés et pour la réflexion humaniste (sur la place des indiens notamment - eux aussi avec leurs traumatismes historiques - et la possibilité d'une réconciliation). Mais avec une touche seventies et personnelle que ce soit sur les cicatrices de la guerre du Vietnam (les politiques en prennent pour leur grade, les charlatans aussi) ou sur le statut des femmes qui ne jouent pas les utilités mais sont de véritables protagonistes.

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Jeremiah Johnson

Publié le par Rosalie210

Sydney Pollack (1972)

Jeremiah Johnson

"Jeremiah Johnson", le deuxième film du tandem Sydney POLLACK/Robert REDFORD est magnifique, à la fois beau et cruel. Il dissipe les illusions du "retour à la nature" comme solution à la violence de la société. Si l'on pense au contexte dans lequel le film a été réalisé, on ne peut y voir qu'une parabole contre la guerre du Vietnam. Sauf que le film de Sydney POLLACK à travers le périple de Jeremiah, un ancien soldat devenu trappeur dans les Rocheuses montre que les alternatives recherchées par les tenants de la contre-culture sont des chimères. La guerre qu'il fuit (vraisemblablement celle du Mexique au milieu du XIX° siècle) en partant vivre en solitaire au coeur des montagnes, il va la revivre bien malgré lui. Jeremiah fait des rencontres dont celle d'un vieux trappeur qui lui apprend les rudiments de la survie en milieu hostile, reçoit sans l'avoir demandé une femme et un enfant eux aussi privés de liens et croit pouvoir avec eux refonder une famille et repartir à zéro. Mais il est vite rattrapé par la guerre entre colons et indiens et par les rivalités entre tribus. Le fait de ne pas parvenir à se soustraire à son appartenance d'origine et son hubris l'amène à commettre un acte sacrilège qui lui vaut un terrible retour de bâton. Il plonge alors dans l'enfer d'une vengeance sans merci contre les indiens Crow qui d'après la légende lui aurait valu son surnom de "mangeur de foie". Sauf peut-être dans la superbe scène de conclusion où après avoir hésité à brandir son fusil, Jeremiah rend son salut à l'indien qu'il croise. Un fragile espoir de guérison pour cet homme des montagnes condamné à l'errance et à la violence perpétuelle.

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Don't come knocking

Publié le par Rosalie210

Wim Wenders (2005)

Don't come knocking

"Don't come knocking" est un film qui m'a paru refléter la nostalgie de Wim WENDERS pour une Amérique révolue, celle des années 50-60, ses voitures, diners, motels, westerns, stars (la présence de Eva Marie SAINT suffit à elle seule à convoquer le souvenir de "La Mort aux trousses") (1959) mais aussi la nostalgie de son propre cinéma. Les retrouvailles avec le scénariste de "Paris, Texas" (1984), Sam SHEPARD qui en plus du scénario joue le rôle principal renforce cette impression. Il faut dire que le synopsis est lui-même passéiste puisqu'il s'agit pour le personnage principal de partir en quête d'un fils qu'il n'a pas connu et donc de revenir sur les traces qu'il a laissé trente ans auparavant. Il a été souvent été comparé au scénario de "Broken Flowers" (2005) parce que les deux films sont sortis la même année, 2005, évoquent la quête de paternité mais aussi parce que les univers de Wim WENDERS et de Jim JARMUSCH se croisent parfois, ne serait-ce que par le biais du road trip aux USA ou de leur admiration commune pour Jean EUSTACHE.

"Don't come knocking" a donc les défauts de ses qualités. Son esthétisme qui rappelle à chaque plan le photographe chez Wim WENDERS et le peintre Edward Hopper est beaucoup plus voyant que dans "Paris, Texas" (1984) où celui-ci se fondait dans une atmosphère qui le faisait oublier au profit de l'intrigue et des personnages. La dramaturgie de "Don't come knocking" est trop étirée pour fonctionner de façon totalement efficace. Il en va de même des personnages qui ont tendance à se figer dans leur image iconique de cow-boy, star déchue, serveuse de bar, chanteur de country-rock-crooner à la Chris ISAAK. Même Sky (Sarah POLLEY) a tendance à se réduire à son costume rouge et bleu assorti à l'urne qu'elle porte dans les bras presque tout au long du film et qui évoque de façon peu subtile le deuil qu'elle traverse. Bref, si "Don't come knocking" est un émerveillement pour les yeux et pince efficacement la corde de la nostalgie du spectateur pour l'âge d'or d'Hollywood et la palme d'or de Wim WENDERS, il ne parvient pas à imprimer sa marque, trop copié-collé sur son illustre prédécesseur sans en avoir la puissance émotionnelle*.

* Sans être un remake, il est à "Paris, Texas" (1984) ce que "Si loin, si proche!" (1993) est à "Les Ailes du desir"(1987). Les ingrédients sont presque les mêmes, seule manque la magie ou l'alignement de planètes sans que ces variations soient ratées pour autant.

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Kill Bill: Volume 2

Publié le par Rosalie210

Quentin Tarantino (2002)

Kill Bill: Volume 2

J'ai une nette préférence pour le deuxième volet de Kill Bill qui est moins sanglant et mécanique que le premier, plus lent, plus explicatif. Cependant, contrairement à "Pulp Fiction" (1994) par exemple, Kill Bill est un film fataliste, un film sans issue: nulle rédemption n'est possible avec des enfants pris dans l'engrenage de la violence de leurs parents à la manière de "Le Parrain" (1972) ou de "Chinatown" (1974) mais sans le caractère tragique (alors qu'il s'agit pourtant bien d'une malédiction). Croire que le fait de "tuer le père", but ultime de Beatrix Kiddo est libérateur est un leurre. On le découvre enfin, ce "parrain" dont on entendait la voix mais dont ne voyait que la main posée sur ses "créatures" dans le premier volet. Et David CARRADINE (que je n'avais vu auparavant que dans la série "Nord et Sud") (1985) offre une prestation de première classe. Pour le reste, le deuxième volet de "Kill Bill" conserve une structure en chapitres mais apparaît plus hétérogène que le premier qui était très axé sur les arts martiaux asiatiques. Le second l'est encore un peu avec la séquence d'apprentissage (dommage que le grand maître fasse un peu toc), il fait également un détour marquant par le film de zombies mais le genre dominant est le western. Parce que l'on connaît l'amour de Quentin TARANTINO pour les films de Sergio LEONE mais il y a un plan de cadre dans le cadre qui rappelle quand même beaucoup "La Prisonniere du desert" (1956).

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Buffalo Bill et les Indiens (Buffalo Bill and the Indians, or Sitting Bull's History Lesson)

Publié le par Rosalie210

Robert Altman (1976)

Buffalo Bill et les Indiens (Buffalo Bill and the Indians, or Sitting Bull's History Lesson)

"Buffalo Bill et les indiens" est une satire corrosive de la construction de la légende de la conquête de l'ouest. Le film est sans doute trop long, répétitif, dépourvu d'enjeu narratif mais il pose d'excellentes questions, toujours d'actualité sur le processus par lequel les vainqueurs écrivent l'histoire qui les arrangent. Dans le cas de William Cody alias Buffalo Bill, il s'agit de forger sa propre légende à travers un spectacle créé en 1883 et qui s'est perpétué jusqu'en 2020 à Disneyland Paris. Le film de Robert ALTMAN qui prend le contrepied d'un John FORD ("Entre la vérité et la légende, imprimez la légende") montre un Buffalo Bill grotesque à l'image de son "Wild West Show". Grotesque et indécent puisqu'il s'agit de faire de l'argent sur le dos d'un public ignorant, donc facile à manipuler mais aussi sur les vaincus de l'histoire, les indiens, intégrés au show pour servir de faire-valoir à Buffalo Bill et au général Custer, dépeints en héros. Pour enfoncer le clou, le rôle de Buffalo Bill qui est obsédé par son image est incarné dans un effet miroir par une icône du cinéma américain (Paul NEWMAN). Sauf qu'à l'image de sa perruque, tout est "fake" dans le personnage qui est en réalité un pathétique alcoolique qui fait se pâmer les dames mais s'avère incapable d'en "honorer" une seule. L'aspect ironique du film est aussi souligné par le rôle du narrateur "bonimenteur" qui est incarné par Burt LANCASTER qui avait joué auparavant déjà dans plusieurs westerns remettant en cause l'histoire officielle très manichéenne (gentils blancs contre méchants indiens) tels que "Bronco Apache" (1954) ou "Le Vent de la plaine" (1959).

D'une certaine manière, "Buffalo Bill et les indiens" agit comme une sorte d'antidote à l'effet séducteur du Wild West Show. En révélant les coulisses du spectacle, en faisant se contredire les témoins sur l'origine du nom de Buffalo Bill, en filmant volontairement mal les numéros de façon à n'en faire ressortir que l'aspect factice et ridicule et en faisant du vrai Sitting Bull (lui aussi victime d'une forme de crédulité sur la nature du pouvoir qui détruit son peuple) le grain de sable dans la machine jusqu'à ce qu'il soit remplacé par un fake, il s'agit de déjouer ce qui n'est au fond qu'une entreprise propagandiste sous couvert de divertissement. La place du cinéma est ainsi elle-même interrogée à travers celle du spectacle vivant.

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Rio Lobo

Publié le par Rosalie210

Howard Hawks (1970)

Rio Lobo

Arte a eu bien raison de programmer le dernier film de Howard HAWKS pour les fêtes de fin d'année. "Rio Lobo" est le mal-aimé de la trilogie de westerns en couleur que le réalisateur a tourné avec John WAYNE et a souffert de la comparaison avec "El Dorado" (1965) et surtout "Rio Bravo" (1959), sommet du western et de la filmographie de Howard HAWKS. Pourtant, le plaisir est là. Celui de se lover dans un univers familier et chaleureux dont "Rio Lobo" offre une déclinaison peut-être en mode mineur mais savoureuse en compagnie du Duke, certes vieillissant et bedonnant mais qui fait office comme le dit l'un des personnages féminins du film (il y en a trois!) d'excellente "bouillotte". Ce n'est pas le seul trait d'auto-dérision qui nous régale, outre le qualificatif de "bébé baleine" relatif à son embonpoint il doit subir également un charcutage chez le dentiste parce qu'il serait un "trop mauvais acteur" (une façon intelligente de répondre à ses détracteurs). A ses côtés, l'ami fidèle et ancien adversaire (Jorge RIVERO), son jeune adjoint (joué par le fils de Robert MITCHUM) et un vieux briscard pittoresque râleur et amateur d'alcool. Non plus Walter BRENNAN mais Jack ELAM dont la gueule mal rasée et l'oeil à moitié fermé est resté célèbre pour l'ouverture de "Il était une fois dans l'Ouest" (1968). A ce "men's club" hétéroclite et retranché devant se défendre contre des ennemis plus nombreux et plus forts, il faut ajouter les trois jeunes femmes du film, au physique trop mannequin pour s'intégrer harmonieusement dans le western mais qui sont partie prenante du récit, maniant la gâchette et prenant les coups au lieu de regarder passer les trains. Il y a quelques longueurs mais aussi d'excellents morceaux de bravoure comme l'attaque du train par les sudistes au début du film. "Rio Lobo" a beau restituer toute la saveur de l'univers hawksien, le magnifique générique mélancolique à la guitare sèche nous rappelle que c'est son film-testament, son chant du cygne.

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