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Jonathan Coe, conférence au MK2 Bibliothèque lundi 17 novembre 2025

Publié par Rosalie210

Jonathan Coe, conférence au MK2 Bibliothèque lundi 17 novembre 2025
Jonathan Coe, conférence au MK2 Bibliothèque lundi 17 novembre 2025
Jonathan Coe, conférence au MK2 Bibliothèque lundi 17 novembre 2025
Jonathan Coe, conférence au MK2 Bibliothèque lundi 17 novembre 2025

Pour une fois, je vais parler littérature et non cinéma. Encore que j'ai découvert Jonathan Coe par le biais du cinéma puisque j'ai lu d'abord "Billy Wilder et moi" puis "La vie très privée de M. Sim" parce que j'avais beaucoup aimé le film de Michel Leclerc avec Jean-Pierre Bacri. Jonathan Coe était hier soir invité au MK2 Bibliothèque pour la sortie en version française de son dernier roman "Les preuves de mon innocence". J'en retiens le double sens du titre "proof" signifiant preuve mais aussi épreuve (au sens d'un manuscrit avant relecture et correction) la notion de cozy crime et le dézingage des Trump anglais dont une tirade bien sentie sur le wokisme, un moment orwellien qu'il nous a lu in extenso:

« Elle entra ensuite dans le vif du sujet. Le problème de la société britannique, le véritable handicap qui l’empêchait d’avancer, c’était le wokisme. Elle ne précisa pas ce qu’était le wokisme, en réalité. Cela n’était pas nécessaire, puisque son public comprenait le concept. Elle préféra donc adopter une approche qui aurait rendu fier Humpty Dumpty, le personnage de Lewis Carroll : les mots étaient à son service, et elle pouvait leur faire dire absolument tout ce qu’elle voulait. Et donc, tout était woke. Ou du moins, tout ce que disait et entreprenait l’élite britannique était woke, même si cette élite non plus n’était pas vraiment définie. Peu importait, elle n’était pas d’humeur à se laisser contraindre par ce genre de finasserie terminologique. La BBC était woke. Ça crevait les yeux. L’Église d’Angleterre était woke. C’était on ne peut plus clair. Le système judiciaire était woke. Cela allait sans dire. Presque toute la presse écrite était woke, et bien évidemment (en fait c’était presque trop évident pour qu’il soit nécessaire de le verbaliser), le monde académique dans son intégralité était profondément, fatalement, irrémédiablement woke. Payer sa redevance télé, c’était woke. Se faire vacciner, c’était woke. Vouloir réintégrer l’Union européenne, c’était woke. Trier ses déchets dans des poubelles de différentes couleurs, c’était woke. Sauver la planète, c’était woke. Donner de l’argent aux sans-abri, accueillir les immigrés et exiger un salaire décent pour les professionnels de santé, tout cela était respectivement woke, woke et woke. Mettre un genou à terre était woke, prendre le train était woke – surtout quand on pouvait prendre l’avion –, manger des légumes était woke, acheter des avocats était woke, et lire des romans était woke. »