Point commun entre la CIA et Quedumuscle? Vous le saurez en allant voir "Burn after reading" et son célèbre MacGuffin, un CD contenant les mémoires de Osborne Cox ancien agent de la CIA qui vient de se faire virer pour abus d'alcool (John MALKOVICH). On se fiche de l'intrigue comme d'une guigne car elle ne fait même pas semblant de se prendre au sérieux. L'intérêt du film repose tout entier sur les représentants des service de renseignement américains à qui les frères Coen ont mis un gros nez rouge, la couleur du maillot des coachs sportifs qui récupèrent le CD dans les vestiaires et qui rivalisent de bêtise en croyant qu'il s'agit de données top secrètes. Linda (Frances McDORMAND) a besoin d'un pigeon pour trouver l'argent de ses opérations de chirurgie esthétique. Mais elle est battue dans le domaine de l'idiotie par Chad, l'une des compositions les plus savoureuses de Brad PITT. S'il avait existé une version live des lapins crétins, il aurait été parfait pour tous les jouer (il aurait suffi de dupliquer l'image). On pense à un lapin Duracell sous acide, comme sa prestation mémorable dans "L'Armee des 12 singes" (1995). Les frères Coen organisent un savoureux petit théâtre de l'absurde autour de ce vide cérébral. Quant on pense que Linda sort avec Harry (George CLOONEY) un séducteur et flic paranoïaque compulsif sans jamais percuter qu'il sort aussi avec la femme de Osborne Cox (Tilda SWINTON), soit précisément l'ex-agent qu'elle essaye de faire chanter avec Chad. Finalement, elle aura bien gagné ses opérations, tous frais payés par la CIA qui n'a qu'une idée en tête, mettre la poussière sous le tapis!
"Le coup du parapluie" se laisse regarder mais c'est aujourd'hui un film qui a terriblement vieilli. La preuve c'est qu'il ne fait plus du tout rire. Et la raison en est simple. C'est un film qui repose sur une avalanche de gags vaudevillesques qui n'est adossé à aucun véritable fond, contrairement aux films de Gerard OURY qui sont passés à la postérité comme "La Grande vadrouille" (1966) et "Les Aventures de Rabbi Jacob" (1973). Par conséquent, une fois le pitch dévoilé ("un acteur confond un contrat de tueur à gages avec un rôle au cinéma"), l'intrigue s'essouffle très vite et la mécanique de gags tourne à vide. Le personnage de Pierre RICHARD qui n'est motivé que par l'argent et les femmes a beau s'agiter dans tous les sens, il suscite un intérêt disons modéré du spectateur. Voilà d'ailleurs le film que le documentaire "Pierre Richard, le discret" (2018) aurait dû dézinguer: une comédie de producteur n'ayant d'autre ambition que commerciale et des incompatibilités entre le script et le choix de Pierre RICHARD qui neutralisent son talent au lieu de le mettre en valeur. Qui peut croire franchement que Grégoire Lecomte est un séducteur irrésistible qui a une femme dans chaque port en étant coiffé comme l'as de pique et incapable de tenir deux secondes sur ses guiboles? Qui peut croire deux secondes que des Parrains de la mafia vont le confondre avec le vrai tueur, lequel n'est d'ailleurs qu'un guignol qui se fait entarter toutes les 10 minutes malgré sa mine patibulaire?
Le plus drôle dans tout ça, c'est que sans l'avoir voulu, Gerard OURY a montré où se trouvait l'avenir de la comédie: au théâtre du Splendid réduit ici à un simple décor de vaudeville avec Gerard JUGNOT dans un rôle de faire-valoir. Mais qui n'allait pas le rester longtemps.
J'avais bien aimé "Le Mystere de la chambre jaune" (2003) et la rétrospective d'Arte consacrée à Bruno PODALYDES permet de voir la suite "Le parfum de la dame en noir". Par rapport au premier film, je trouve le résultat décevant. Certes, c'est toujours sympa de regarder un hommage à la ligne claire de Hergé. Le portrait de Bruno PODALYDES en capitaine Haddock dans "Le Secret de la Licorne" ne fait pas mystère de ses intentions et on peut relever d'autres hommages comme le sous-marin artisanal. C'est également sympa d'avoir repris le dispositif imaginé par Roman POLANSKI pour "Cul-de-sac" (1966) avec tous les personnages enfermés dans une forteresse maritime façon panier de crabes (aux pinces d'or ^^). Je soupçonne qu'il a également fait des clins d'oeil à d'autres oeuvres populaires telles que celles d'Alexandre Dumas (le cadavre dans le sac jeté à la mer fait penser au Comte de Monte-Cristo, le masque de fer porté par le vrai Robert Darzac à la trilogie des Mousquetaires).
Mais le problème, c'est que cette esthétique et ce dispositif soignés à l'extrême (on sent que chaque détail a été réfléchi, chaque accessoire, chaque assortiment de couleurs) a tendance à transformer les personnages en figurines et à étouffer leurs émotions. Le grand échec du film, c'est son incapacité à nous faire ressentir la relation filiale et tragique entre Rouletabille, Matilde et Larsan. Cela reste à l'état d'une théorie sur papier glacé mais ça ne passe pas la barrière de l'écran. Denis PODALYDES s'agite, Sabine AZEMA regarde au loin et Pierre ARDITI que l'on voit d'ailleurs très peu puisqu'il est masqué la plupart du temps est tout simplement inexistant. Outre la tendance de Bruno PODALYDES à s'enfermer dans une relation narcissique avec ses objets-doudous (qu'il utilise beaucoup mieux quand ils deviennent des antagonistes comme dans "Les 2 Alfred") (2020), il a voulu mettre dans un même film une BD d'aventures, une comédie loufoque et une tragédie. Son film est évidemment bien trop léger pour que cela puisse marcher.
"La vie secrète de Walter Mitty" est l'avant-dernier des quatre films qu'ont tourné Danny KAYE et Virginia MAYO alors sous contrat exclusif avec la MGM. C'est Samuel GOLDWYN qui a formé leur duo avec une optique d'efficacité qui s'est arrivée payante. Tous ont été des succès au box-office et "La vie secrète de Walter Mitty" est devenu leur film le plus célèbre faisant d'eux d'énormes stars d'Hollywood. Mais force est de constater qu'ils n'ont pas passé l'épreuve du temps et sont aujourd'hui largement oubliés, contrairement aux frères Marx par exemple qui ont été dirigés à plusieurs reprises par le même réalisateur, Norman Z. McLEOD, spécialiste des films burlesques et surréalistes tournés en studio. Pour ma part, j'ai trouvé le film daté et longuet. La performance de Danny KAYE qui ressemble à un one man show (l'acteur venait du music-hall) est d'une réelle virtuosité mais aujourd'hui, ses grimaces et imitations d'accents fatiguent plus qu'elles ne font sourire car elles semblent non seulement exagérées mais gratuites. Pour résumer, il apparaît aujourd'hui comme un cabotin hystérique et grotesque qui ne sert en aucune façon le scénario. Quant à Virginia MAYO, elle peine à dépasser le statut de pin-up sophistiquée. L'ensemble apparaît trop souvent forcé et artificiel. Les rêves de Walter Mitty où il fait la roue devant une belle demoiselle se pâmant d'admiration devant lui apparaissent ridicules et cassent le rythme, surtout quand ils sont musicaux. Bref "La vie secrète de Walter Mitty" est typiquement basé sur une recette de studio qui aujourd'hui est complètement démodée.
Jubilatoire "Vivement Dimanche !", dernier film réalisé par François TRUFFAUT où il clame haut et fort son amour pour les femmes. A rebours d'une filmographie plutôt dramatique, Francois TRUFFAUT s'offre (et nous offre) une comédie policière, pétillante, une "Murder Party" dans laquelle le spectateur peut s'identifier à un duo d'enquêteurs amateurs mené par une femme ordinaire qui se retrouve plongée en plein "film noir". D'ailleurs c'est pour rendre hommage aux polars américains qui ont nourri sa cinéphilie que Francois TRUFFAUT tourne lui aussi en noir et blanc. Barbara (Fanny ARDANT) est filmée dans la voiture comme Janet LEIGH dans "Psychose" (1960), autre personnage de secrétaire qui voit sa vie ordinaire basculer dans l'extraordinaire lorsqu'elle décide de prendre sa vie en main. Sauf que ce n'est pas d'argent dont a besoin Barbara mais de démontrer non seulement l'innocence de son patron, faux coupable idéal, mais aussi de lui prouver que "les brunes ne comptent pas pour des prunes". D'ailleurs, comme dans "Fenetre sur cour" (1954), les rôles sont inversés. "Madame porte la culotte" (1949) littéralement dans son costume de théâtre comme au figuré en jouant les détectives venant au secours d'un monsieur impuissant. Mais comme Julien (Jean-Louis TRINTIGNANT) se planque à la cave, comme dans "Le Dernier metro" (1980), Julien soit se contenter en manière de voyeurisme des sublimes jambes de Fanny ARDANT par la fenêtre du soupirail. Et quand Julien et Barbara se retrouvent, c'est pour mieux se chamailler, sauf que la position délicate de Julien ne lui permet pas de l'emporter et qu'il doit accepter de se laisser mener par le bout du nez. Bref si cette manière de considérer le film noir comme un terrain de jeu scénaristique, comique et romantique est héritée de Alfred HITCHCOCK, elle a sans doute également eu une influence sur "Meurtre mystérieux a Manhattan" (1992) réalisé une décennie plus tard par Woody ALLEN.
Le cinéma et le grand banditisme, c'est une longue histoire très fructueuse, le plus souvent traité sur un mode sérieux. Mais dans "Get Shorty" (1995), on est plutôt dans la comédie satirique. Le monde du cinéma y est tourné en dérision en y étant comparé à celui des gangsters. Le héros est un cinéphile passionné qui connaît par exemple par coeur les répliques de "La Soif du mal" (1957) (dont on a plaisir à revoir la fin) et le contexte de sa réalisation. Normal, c'est John TRAVOLTA qui s'y colle, missionné par un Quentin TARANTINO qui préférait à "ZigZag Movie" (le futur "Get Shorty") un autre roman de Elmore Leonard, "Punch Creole" qui allait devenir "Jackie Brown" (1997). Mais Chili, le personnage joué par John TRAVOLTA est aussi un truand qui décide de devenir producteur le jour où il découvre que le monde du cinéma est un business comparable à celui de la pègre: la combine et l'arnaque y règnent en maître et on s'y embrouille pour de stupides querelles d'ego. Le film devient alors un défilé de personnages grotesques où les hommes de cinéma décrochent le pompon de la bêtise. C'est parce qu'ils sont savoureux qu'ils sont incarnés par deux grands noms du cinéma. D'une part Gene HACKMAN est un producteur de films d'horreur de série z qui a des prétentions artistiques. Et de l'autre, Martin Weir (Danny DeVITO) joue un acteur imbu de lui-même: image déclinée sur tous les supports (films, livres, magazines), portraits en Napoléon et Jules César, propos pastichant la méthode de l'Actors Studio qui est gentiment égratignée. J'ai trouvé en revanche le monde des truands moins inspiré mais la scène finale en forme de mise en abyme (avec un cameo de Harvey KEITEL, lui aussi échappé de "Pulp Fiction") (1994) est vraiment très sympa.
Sherlock Holmes a été adapté à toutes les sauces, jusqu'à "Pokemon Detective Pikachu" (2019) qui lui a emprunté casquette et loupe. Le film de Thom EBERHARDT est une parodie qui laisse dans son jus l'histoire d'origine avec tous ses codes identifiables mais s'amuse simplement à renverser les rôles. Le véritable détective est Watson (Ben KINGSLEY) qui s'est inventé un avatar de papier pour ne pas compromettre sa carrière de médecin. Seulement le succès est tel que les fans demandent à rencontrer Sherlock Holmes. Il va donc chercher un comédien pour l'incarner mais ne trouve pas vraiment le partenaire idéal puisque Reginald Kincaid (Michael CAINE) est l'inverse du héros de Sir Conan Doyle: un ignare bébête, coureur de jupons endetté jusqu'au cou et alcoolique de surcroît. Certes le personnage d'origine était héroïnomane mais sa consommation était aristocratique et non celle d'un pilier de bistrot cockney. De subtiles distinctions sociales sur lesquelles joue Michael CAINE qui provient justement de cette classe sociale populaire que le professeur Higgins s'évertuait à effacer en remodelant le langage et les manières de Eliza Doolittle. L'aristocrate dans le film est évidemment Watson et le rustre grossier qui pince les fesses des dames ou les mate par le trou de la serrure, c'est donc Reginald Kincaid. La mise en abyme devient vertigineuse puisque Michael CAINE qui est acteur joue avec les stéréotypes associés à sa classe sociale d'origine en incarnant Kincaid, lui-même acteur qui doit se faire passer pour un fin limier flegmatique et distingué! Le résultat est par moment assez drôle, notamment lorsque Kincaid mène Lestrade (l'inénarrable Jeffrey JONES) par le bout du nez ou lorsqu'il gaffe, même si l'on a pas (ce qui est mon cas) toutes les références à l'oeuvre d'origine qui est abondamment citée. Il est dommage cependant que l'intrigue policière soit sans saveur et la mise en scène peu inspirée malgré un final théâtral qui convient bien au personnage. C'est sûr que si le réalisateur avait été Blake EDWARDS (car c'est Henry MANCINI qui signe la bande originale) ou bien Billy WILDER, le film aurait eu une autre dimension!
Je regarde peu de séries mais j'avais adoré "Sherlock" (2010) alors pourquoi pas une transposition à notre époque d'un autre mythe littéraire, Arsène Lupin? (qui d'ailleurs croise le détective anglais dans l'oeuvre de Maurice Leblanc) On ne pourra jamais assez louer les vertus de cette démarche qui permet de transmettre aux jeunes générations une oeuvre patrimoniale, encourage à lire et donne envie de fréquenter la salle de lecture Labrouste de la BNF dont la section Lupin dans la série finit par se retrouver surpeuplée par des fans pour la plupart étudiants! Et puis, coup de génie qui se traduit dans le succès international de la série, le fait d'avoir non seulement donné un coup de jeune à l'histoire et de l'avoir située dans les plus beaux lieux de Paris mais d'avoir confié le rôle principal à Omar SY qui est une star de renommée mondiale. "Lupin" a donc réussi l'exploit d'abattre nombre de barrières: générationnelles, linguistiques, culturelles mais aussi ethniques ce qui donne à la série une portée universelle en phase avec les idéaux des Lumière. C'est peu ou prou le même cocktail qui avait fait de la cérémonie d'ouverture des JO en 2024 un événement marquant à la résonance également mondiale. On voit donc qu'à l'inverse du cinéma hexagonal très frileux quand il s'agit de s'ouvrir à la diversité, les productions culturelles françaises conçues pour le marché mondial ("Lupin" est distribué par Netflix qui est présente dans plus de 190 pays!) mettent sur le devant de la scène leurs stars d'origine immigrée. Par un effet boomerang, la population française issue de la diversité peut s'identifier à des héros ou des lieux dépeints à l'origine comme "blancs" mais qui en réalité sont universels.
Un des aspects les plus jouissifs de la série aux accents de revanche sociale est d'ailleurs la manière dont Assane Diop joue de son identité (elle-même multiple puisqu'il est un transfuge de classe comme son interprète) en exploitant les préjugés de la société française pour les retourner à son avantage. Par exemple on le voit à plusieurs reprises se déguiser en agent d'entretien, préposé au vestiaire, jardinier ou livreur pour infiltrer les lieux à voler, tous fréquentés ou détenus par la haute société qui ne fait pas attention à lui: "on me voit mais on ne me regarde pas". Dans le dernier épisode de la saison 3 où il dupe un colonel en se faisant passer pour son ancien guide au Tchad, il ironise sur le fait qu'il ne le reconnaît pas en citant ses propos "vous avez dit vous-même qu'ils se ressemblent tous" et avec sa mère sur le fait qu'il y a plus invisible encore qu'un homme noir de 40 ans, une femme noire de 60 ans. Ce n'est pas le seul épisode qui égratigne la France, celui dans lequel un de ses complices infiltré au sein de la BRI (Pierre LOTTIN) dit qu'empêcher le vol de la perle noire est une question d'honneur pour la France entre en résonance avec le récent vol de bijoux au Louvre qui a été perçu comme une humiliation nationale.
Au final, la série, très divertissante, pleine d'allant et de charme se suit avec un grand plaisir. Le casting d'ailleurs a eu l'air de se régaler (même Ludivine SAGNIER retrouve un peu son espièglerie passée) même si question vraisemblance il faut avaler d'énormes couleuvres et même si j'ai trouvé la troisième saison plus faible que les deux premières, centrées sur une vengeance à la Monte-Cristo. D'autre part l'alternance systématique du présent et de flashbacks sur la jeunesse du héros, sa formation et ses motivations (venger son père puis sauver sa mère) deviennent assez lourdes à la longue.
Premier film de Henri-Georges CLOUZOT, "La Terreur des Batignolles" est un court-métrage d'une quinzaine de minutes réalisé au début du parlant et qui fut longtemps porté disparu. La parole tarde à venir d'ailleurs puisque dans un premier temps, le cambrioleur (surnommé non sans ironie au vu de la suite du film "la Terreur des Batignolles") opère seul. L'intrigue est une amusante variante de l'arroseur arrosé considéré comme la première fiction et la première comédie du cinéma. Arroseur arrosé combiné avec l'habit qui ne fait pas le moine: la terreur autoproclamée se dégonfle comme un ballon de baudruche alors que le couple de mondains "désespéré" qui le surprend et qu'il prend pour les propriétaires s'avère en réalité plus malin que lui. Si le jeu des acteurs est théâtral (Louis-Jacques BOUCOT a rodé son rôle de boute-en-train maladroit au music-hall), la mise en scène de Henri-Georges CLOUZOT est soignée avec des effets d'ambiance expressionnistes et des gags visuels et il est bien entouré avec notamment Jacques de BARONCELLI au scénario et Marguerite HOULLE (la compagne de Jean RENOIR) au montage. Le touche à tout de la société des films Osso était promis à un brillant avenir...
Je n'avais plus aucun souvenir du film ce qui a l'avantage de le redécouvrir comme si c'était la première fois. Impossible de ne pas penser à une déclinaison pour enfants d'Indiana Jones d'autant que Martha PLIMPTON est de la partie, elle qui a été la petite amie de River PHOENIX et a joué auprès de lui dans "Mosquito Coast" (1986) et "A bout de course" (1988) peu avant que ce dernier n'incarne Indiana adolescent dans "Indiana Jones et la derniere croisade" (1989).
Quarante ans plus tard, le film fonctionne encore très bien et suscite la nostalgie d'une époque révolue, au point que Radio France a titré l'émission consacrée au film en 2021, "Les aventuriers de l'enfance perdue"! Les années 80 ont été en effet riches en films mettant en scène des bandes d'enfants et/ou d'ados intrépides comme "Explorers" (1984) et "Stand By Me" (1986) tous deux indissociables là encore du visage éternellement juvénile de River PHOENIX dont l'ombre plane décidément sur ces "Goonies". Autre figure incontournable, Steven SPIELBERG, réalisateur des Indiana Jones qui a co-produit et écrit l'histoire, également scénarisée par un autre grand nom du film pour enfants, Chris COLUMBUS. Deux enfants ayant déjà travaillé avec Steven SPIELBERG font d'ailleurs partie du casting: Jonathan Ke QUAN alias Data, "l'inspecteur Gadget" des Goonies n'est autre que le demi-lune de "Indiana Jones et le temple maudit" (1984) et Corey FELDMAN (Mouth, la grande gueule) qui figurait déjà au casting de "Gremlins" (1984), autre film culte de cette époque dont Steven SPIELBERG était le producteur. Et puis comme il s'agit d'un tout petit monde, on ne sera pas surpris d'apprendre que Corey FELDMAN a joué aussi dans "Stand By Me (1986). Néanmoins les deux enfants de la bande qui sont aujourd'hui les plus connus sont Josh BROLIN et Sean ASTIN qui jouent les deux frères Brand et Mikey Walsh. La bande de copains qui chasse le trésor du pirate Willy-le-Borgne incarne le melting-pot américain entre Mouth qui parle espagnol, Chunk le glouton baratineur qui est juif et parle hébreu ou Data qui est asiatique. Face à eux, des antagonistes savoureux avec la bande de pieds-nickelés des Fratelli (un nom qui sonne très italien!) dominés par une mère patibulaire et un "bon gros géant".
La question de donner une suite aux "Goonies" est un véritable serpent de mer qui a ressurgi récemment lorsque la Warner a annoncé qu'elle était en préparation pour une sortie à l'horizon 2030. Se raccrocher aux succès d'il y a quarante ans et aux survivants de cette époque souligne à quel point l'industrie hollywoodienne est aujourd'hui une machine qui tourne à vide.
"Etre critique, ce n'est pas donner son avis, c'est se construire comme sujet travers les films que l'on voit" (Emmanuel Burdeau)
"La cinéphilie est moins un rapport au cinéma qu'un rapport au monde à travers le cinéma" (Serge Daney)