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De la comédie française

Publié le par Rosalie210

Martin Darondeau, Bertrand Usclat (2026)

De la comédie française

J'ai passé un excellent moment en regardant cette comédie alerte et sans temps morts (d'où sa durée très courte, il n'y a pas une once de gras) où les acteurs de la comédie française s'amusent beaucoup en jonglant avec les travers réels ou supposés de la troupe. Chaque personnage est croqué avec suffisamment de caractère pour apporter sa pierre à l'édifice sans faire de l'ombre aux autres. Le principe du compte à rebours avant une représentation sous pression (la ministre de la culture étant présente dans la salle) où les grains de sable s'accumulent est très efficace. On a tour à tour le mari imbu de lui-même qui se découvre cocu (Laurent STOCKER), sa femme hédoniste (Marina HANDS) qui assouvit ses désirs avec le jeune premier superstitieux qui fait tout un fromage avec la couleur de son costume (Julien FRISON), la vieille dame qui part en sucette après avoir abusé du joint (Danielle LEBRUN), le régisseur casse-couille (Christian HECQ), le concierge zélé qui fait son petit chef (Guillaume GALLIENNE), la metteuse en scène débordée par les imprévus (Pauline CLEMENT), l'actrice qui ne capte rien à l'intrigue (Adeline d'HERMY) etc. Cette accumulation de petits travers souligne une dynamique d'ensemble qui repose sur la friction: entre les générations, entre les hommes et les femmes, entre les acteurs et les techniciens, entre les moliéristes et les shakespeariens (mention spéciale à Benjamin Lavernhe), entre le monde du théâtre classique et celui de la télévision (excellente prestation de Sephora PONDI en maquilleuse hors-sol), entre les acteurs installés dans leur fauteuil et les aspirants réduits à jouer les ouvreurs (Sefa YEBOAH), entre ces mêmes acteurs et le "petit" personnel qui ne perd pas une occasion de prendre sa mesquine petite revanche sociale etc. Bref c'est du spectacle de haute volée et on aurait tort de bouder son plaisir, les comédies ayant cette qualité d'écriture, de mise en scène chorale et d'interprétation ne courant pas les rues.

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Officier et Gentleman (An Officer and a Gentleman)

Publié le par Rosalie210

Taylor Hackford (1982)

Officier et Gentleman (An Officer and a Gentleman)

La première partie de "officier et gentleman" m'a vraiment fait penser à "Full Metal Jacket" (1986) avec ses recrues entraînées à la dure par un sergent-chef instructeur impitoyable. Louis GOSSETT Jr. a d'ailleurs reçu l'Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle en 1983 pour sa brillante interprétation de Emil Foley. L'acteur s'est investi corps et âme dans le rôle ce qui transparaît à l'écran. Cependant à la différence du sergent Hartman, la dureté et même la violence verbale de Foley cache un état d'esprit bienveillant. Il pousse ses hommes à bout pour les révéler à eux-mêmes et non pour le plaisir sadique de les déshumaniser. C'est dans les moments critiques que l'on voit réellement la différence, quand il sauve Daniels in-extremis de la noyade ou quand il garde Zack dans son programme d'entraînement après l'avoir fait craquer. Cette relation ambivalente, entre haine et respect est d'ailleurs ce que j'ai trouvé de plus réussi dans le film. En revanche, j'ai été beaucoup moins convaincue par les histoires à caractère sentimental qui fleurent bon les grosses ficelles du cinéma hollywoodien des années 80. L'évolution de Zack et de Sid manque totalement de subtilité, l'efficacité dramatique primant sur la nuance psychologique. Ainsi Zack (Richard GERE) élevé au-dessus d'un bordel de Manille par un père indigne alcoolique et amateur de prostituées tente de s'arracher à cet atavisme en devenant quelqu'un mais reproduit l'attitude de son père avec son son amie Paula (Debra WINGER). Jusque là rien à dire, c'est cohérent. Mais le sacro-saint happy end hollywoodien et les flots de bons sentiments propre à cette industrie finissent, au mépris de toute vraisemblance, par entraîner une métamorphose brutale du personnage en gentleman romantique qui vient cherche sa belle à l'usine pour l'emporter avec lui. Son ami Sid (David KEITH) se comporte quant à lui en opportuniste un peu lâche avec l'amie de Paula, Lynette (Lisa BLOUNT) avant de se changer brutalement en victime brisée. Le personnage de Lynette est d'ailleurs écrit à la hache, comme le reste, d'un seul bloc et sans nuances: l'ouvrière froide et calculatrice prête à tout pour s'élever dans l'échelle sociale en jetant son emprise sur un pilote. Sans le charisme des acteurs et la profondeur du sergent Foley, la film, bancal, s'effondrerait sous le poids de ses clichés.

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