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Le Héros de Berlin (Der Held vom Bahnhof FriedrichstraBe)

Publié le par Rosalie210

Wolfgang Becker (2024)

Le Héros de Berlin (Der Held vom Bahnhof FriedrichstraBe)

"Le Héros de Berlin" est le film testamentaire de Wolfgang BECKER, mondialement connu pour "Goodbye Lenin" (2001) et disparu en décembre 2024. "Le Héros de Berlin" reprend nombre d'ingrédients de son hit international: la référence à l'histoire est-allemande, le mensonge uchronique, Daniel BRUHL, révélé par "Goodbye Lenin" (2001) dans un hilarant caméo. La différence majeure réside cependant dans le fait que Micha (Charly HUBNER), à l'inverse d'Alex n'est pas l'auteur du mensonge qui transforme une simple erreur d'aiguillage lorsqu'il était un jeune cheminot en acte héroïque. Il devient le complice du journaliste (Leon ULLRICH) qui invente ce récit fictionnel de passage à l'ouest pour faire un scoop à l'occasion de la commémoration des 30 ans de la chute du mur de Berlin. Micha se laisse séduire par cette réalité alternative parce qu'elle le dépeint sous un jour flatteur alors qu'il s'agit en réalité d'un looser bedonnant qui a toujours subi sa vie. Gérant d'un vidéoclub en faillite, Micha est appâté par l'argent mais aussi par le succès et l'attention des médias: il passe à la TV, devient le sujet d'une biographie, la tête d'affiche d'une campagne publicitaire, doit prononcer un discours au Bundestag etc. Le problème est que l'ampleur de l'engouement finit par le dépasser alors même qu'il entame une idylle avec Paula, une procureure qui 30 ans plus tôt faisait partie des 127 passagers du train passés à l'ouest grâce au prétendu "acte héroïque" de Micha.

Il aurait fallu cependant un tempo plus enlevé pour que la satire soit véritablement mordante. Tel quel, le film ronronne, voire se traîne. L'état dans lequel le réalisateur l'a réalisé et le fait qu'il n'a d'ailleurs pas eu le temps de tout à fait le terminer lui-même explique sans doute ce gros problème de manque de rythme.

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Ocean's Eleven

Publié le par Rosalie210

Steven Soderbergh (2001)

Ocean's Eleven

Je n'avais jamais vu "Ocean's Eleven" parce que ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Le film de casse que j'aime est celui qui se termine mal comme "L'Ultime Razzia" (1956), "Quand la ville dort" (1949) ou "Melodie en sous-sol" (1963). Pas pour des raisons morales ("le crime ne paie pas") mais par l'introduction du grain de sable qui vient gripper la machine dans des mécanismes qui pensaient l'avoir évacué. Un antidote à l'hubris humaine en quelque sorte. Or "Ocean's Eleven" se situe dans un registre beaucoup plus superficiel et clinquant dans la lignée de "Les Specialistes" (1985). Les personnages, à l'image des super héros forment une équipe invincible dotée de pouvoirs quasi surnaturels. Le casse devient un défi ludique et le plan se déroule sans accrocs. Le décor chic et toc, celui de Las Vegas fait beaucoup aussi pour cette transformation du tragique en glamour, du hasard à l'attraction où tout glisse comme sur des roulettes, de la chute au trophée, du loser au winner. Pourtant le film de Steven SODERBERGH est un remake, celui de "L'Inconnu de Las Vegas" (1960) qui certes mettait en valeur un effet bande avec le Rat Pack* mais n'échappait pas pour autant à la fatalité. "Ocean's Eleven" devient quant à lui un divertissement de luxe tout à fait approprié à Las Vegas, un numéro d'illusionnisme hors-pair, un miroir narcissique au service de la célébration de la toute-puissance du braqueur et de ses prouesses. Un dispositif parfaitement calibré pour faire briller la surface réfléchissante des stars hollywoodiennes, George CLOONEY, Brad PITT, Matt DAMON, Andy GARCIA ou encore Julia ROBERTS.

* Dans les années 60, The Rat Pack était une bande de copains artistes cools et impertinents, qui se produisait sur toutes les scènes américaines. Mais, leur fief restait Las Vegas. Parmi eux on retrouvait Frank Sinatra, le chef de bande, Dean Martin, Sammy Davis Jr, Peter Lawford, Joey Bishop, Humphrey Bogart, Lauren Bacall... Leurs concerts étaient émaillés de sketchs, de prises de paroles improvisées chaque fois plus drôles en fonction de leur état et leur humeur. Leur slogan, selon la légende, une fois de plus était "Avoir 3 verres d’avance sur le monde entier" et cela se voyait parfois sur scène. Cette bande de copains talentueux, fêtards, flambeurs fut aussi tolérante avant l’heure, dans une Amérique raciste, en refusant, par exemple, de descendre dans les hôtels de Las Vegas qui n’accueillaient pas les Noirs. La légende voudrait d'ailleurs que ce soit Lauren Bacall qui les baptisa ainsi, un soir ou plutôt un petit matin, alors qu’ils rentraient tous ensemble de soirée, la mine plutôt fatiguée. L’actrice leur aurait lancé, en les voyant : "vous avez des mines de rats" ! Rien n’est confirmé et d’autres explications existent. Mais, celle-ci reste la plus drôle.

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Rebuilding

Publié le par Rosalie210

Max Walker-Silverman (2025)

Rebuilding

Un film humaniste aux images renversantes de beauté qui se situe dans le sillage d'un "Nomadland" (2019). Comme dans le film de Chloe ZHAO, on suit un personnage qui a tout perdu suite à une catastrophe, non pas économique cette fois mais "naturelle" sachant que les incendies qui frappent aujourd'hui les USA comme le reste du monde sont en grande partie causés par le réchauffement climatique d'origine humaine. Les USA étant dépourvus de filets de sécurité, le moindre pépin entraîne le dévissage immédiat jusqu'au fond de l'abîme. C'est l'expérience vécue par Dusty (Josh O'CONNOR) qui voit durant tout le film ses espérances de nouveau départ douchées par la réalité. Il est donc contraint de l'installer dans un "no man's land" peuplé de mobile homes avec d'autres naufragés de la vie et d'accepter un emploi éloigné de ses aspirations. Mais à son insu et presque malgré lui, un autre chemin de résilience se dessine, grâce à sa fille Callie-Rose qu'il doit garder en alternance avec son ex-femme ce qui l'empêche de s'éloigner comme il le voudrait ainsi que grâce à ses compagnons d'infortune avec lesquels il finit par tisser des liens bon gré mal gré. Il n'y a pas tant de films que ça qui montrent que quelque chose de positif peut jaillir de la frustration, de la contrainte et de l'échec. Dusty est montré comme piégé dans une vie précaire qu'il n'a pas choisie, tentant de s'en extraire en vain tout en ne se rendant compte qu'à la fin de la valeur de ce qui s'est reconstruit spontanément dans les ruines. Il prend conscience aussi qu'il existe une autre façon, non plus matérielle mais symbolique de faire fructifier la terre brûlée qu'il possède encore et qui ne portera à nouveau des fruits que dans 10 ou 15 ans. Toutes ces qualités, tant esthétiques que philosophiques compensent la lenteur contemplative de la narration qui peut parfois rebuter.

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Backrooms

Publié le par Rosalie210

Kane Parsons (2026)

Backrooms

Un scénario pour le moins confus autour de deux personnages, une psychanalyste, Mary Kline (Renate REINSVE) et l'un de ses patients à la tête d'un magasin de meubles, Clark (Chiwetel EJIOFOR) qui se retrouvent tous deux aspirés dans une dimension parallèle de l'autre côté du mur du sous-sol de ce même magasin. Le véritable intérêt du film réside dans l'exploration de cet univers parallèle profondément angoissant qui rappelle à notre bon souvenir le labyrinthe de "Shining" (1980), les loges de "Twin Peaks - Les Sept derniers jours de Laura Palmer" (1992), le Tesseract de "Interstellar" (2013) ou encore les salles de "Cube" (1997). "Backrooms" est un film-cerveau, un cauchemar psychologique qui reflète l'inconscient de ceux qui les traversent. L'immersion sensorielle est totale avec ces espaces liminaires à la fois gigantesques et confinés qui se succèdent à l'infini. Bruits anxiogènes, absence de fenêtres, néons qui grésillent et couleurs criardes à dominante jaune moutarde et parfois rouge ou bleu, visions surréalistes de meubles agglutinés ou bien qui se noient dans les moquettes, de panneaux STOP, d'escaliers suspendus dans le vide comme dans les dessins de Escher, de piscines aux eaux sombres faites pour nous engloutir. On est à la fois fascinés par l'inventivité constante de ces lieux qui revêtent par moments le caractère d'installations contemporaines ou de tableaux surréalistes à la Dali ou à la Magritte et effrayés par leur aspect anxiogène et claustrophobique sans parler des entités étranges voire mortelles qu'ils abritent. Maintenant reste à intégrer cette légende urbaine du web nourrie par l'imagination collective des internautes à un scénario plus solidement charpenté pour libérer toute sa puissance de frappe.

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New-York 1997 (Escape from New-York)

Publié le par Rosalie210

John Carpenter (1981)

New-York 1997 (Escape from New-York)

"New-York 1997" est un film qui en dépit de quelques effets spéciaux datés a gardé un vrai pouvoir d'envoûtement. C'est en grande partie lié à la vision de Manhattan transformée en jungle urbaine nocturne enfermée entre de hauts murs. On se surprend à arpenter comme le héros des lieux emblématiques désaffectés ou reconvertis, des rues désertes jonchées de débris et de carcasses d'automobiles alors que les rares véhicules en fonctionnement s'avèrent customisés d'une manière étonnante qui rappelle toutes proportions gardées une autre dystopie post-apocalyptique de cette époque "Mad Max" (1979). Comme George MILLER, John CARPENTER puise dans les codes du western (et dans ses figures emblématiques: Lee VAN CLEEF, Ernest BORGNINE, Harry Dean STANTON) pour dépeindre un monde sans foi ni loi où la criminalité a grimpé de 400%. A défaut de la résoudre, elle est contenue dans une prison à ciel ouvert: l'île de Manhattan. C'est sur ce terrain de "jeu" que vient s'écraser l'avion du président après avoir été détourné. John CARPENTER tire à boulets rouges sur les institutions, cyniques et déconnectées. Le président (Donald PLEASENCE) s'avère être une pitoyable carpette entre les mains des gangs, indigne de surcroît des individus qui s'allient pour le sauver en y laissant leur vie. Comme ceux-ci appartiennent au rebut de la société, il ne manifeste aucune reconnaissance pour leur sacrifice ce qui lui vaut un bras d'honneur symbolique de la part de Snake Plissken (Kurt RUSSELL), double vengeur du réalisateur et lonesome cowboy de cette dystopie urbaine. Snake tout comme Max n'est pas devenu un personnage culte par hasard. Icône visuelle avec son bandeau de vétéran sur l'oeil et son tatouage de serpent sur l'abdomen, Snake est un revenant ("je te croyais mort" lui disent à peu près tous les personnages qu'il rencontre) dont la présence, froide et détachée plane de manière quasi spectrale sur cette Amérique cauchemardesque qu'il juge et condamne avant de repartir se tapir dans l'ombre.

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Vincent doit mourir

Publié le par Rosalie210

Stéphan Castang (2022)

Vincent doit mourir

Film hybride qui mélange d'un côté les codes de la série B cheap (les "figurants-zombie" mécaniques, certaines incohérences et grosses ficelles du scénario qui se contente de poser un climat anxiogène sans creuser plus loin) et de l'autre la belle performance de Karim LEKLOU qui comme dans "Le Roman de Jim" (2023) transcende le matériau filmique par son humanité. Je pourrais reprendre la dialogue final de "The Truman Show" (1998): "alors rien n'était vrai? Toi tu étais vrai". Dommage que le flou artistique qui règne sur les agressions par le regard empêche de construire un univers totalement convaincant. La violence est aléatoire, dépolitisée, sans racines et finalement inoffensive pour le spectateur. L'histoire d'amour entre Vincent et Margaux (Vimala PONS) qui fait bifurquer le récit vers la comédie romantique se combine mal avec le survival paranoïaque. Certes leur relation est "contaminée" par l'agressivité ambiante mais reste suffisamment "mignonne" pour offrir un refuge qui contredit ce que le film tente de nous montrer: le délitement irréversible du lien social. "Vincent doit mourir" sabote ainsi en cours de route sa proposition forte au profit d'une romance mainstream "nous contre le reste du monde" ce qui est beaucoup plus vendeur et rassurant.

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In Waves

Publié le par Rosalie210

Phuong Mai Nguyen (2026)

In Waves

La France est une plaque tournante incontournable du cinéma d'animation mondial. Elle est bien connue pour accueillir des talents venus du monde entier qu'elle finance via le CNC et forme dans ses écoles d'excellence comme les Gobelins et La Poudrière où a étudié la réalisatrice de "In Waves" d'origine vietnamienne Phuong MAI NGUYEN. Parmi les grandes réussites de cet écosystème, on peut citer "Persepolis" (2007), "La Tortue rouge" (2016) en co-production avec les studios Ghibli ou encore "Flow, le chat qui n'avait plus peur de l'eau" (2022).

"In Waves" est l'adaptation d'une bande dessinée autobiographique de AJ Dungo publiée chez Casterman en 2019. Celui-ci y raconte son amour pour Kristen, une jeune surfeuse californienne qui l'initie à ce sport avant d'être frappée par un cancer des os qui finit par l'emporter. Les vagues du titre ne se réfèrent pas qu'à la passion commune d'AJ et Kristen pour le surf, elles prennent une coloration mémorielle en reliant passé et présent, vie et mort et surtout émotionnelle, AJ étant en proie à des vagues de douleur ou de désespoir face à perte de celle qu'il aimait. Les vagues symbolisent aussi les hauts et les bas de la vie et la structure même du film adopte une narration par vagues qui déferlent sur le récit. C'est particulièrement flagrant lorsque la pratique spirituelle ancestrale du surf pratiqué par les autochtones hawaïens "déborde" sur l'histoire d'AJ lorsqu'il apprend que Kristen doit être opérée: l'émotion le submerge comme les vagues submergent la plage où se tiennent les hawaïens. Récit initiatique et récit de deuil, "In Waves" a aussi la qualité de faire admirablement ressortir l'environnement et l'origine des personnages. Il capture l'atmosphère de Los Angeles (où se pratique le surf et d'où sont originaires les personnages) et de New-York (où AJ vient présenter ses dessins) ainsi que leurs origines bigarrées, latino et asiatiques, à l'image d'un sport à qui AJ et la réalisatrices rendent ses véritables racines et sa dimension sacrée.

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Le Tour du monde en 80 jours (Around the World in 80 Days)

Publié le par Rosalie210

Buzz Kulik (1989)

Le Tour du monde en 80 jours (Around the World in 80 Days)

"Le tour du monde en 80 jours" se prête mieux au format d'une mini-série qu'au long-métrage de cinéma. C'est logique au vu de son origine feuilletonesque, comme nombre de romans du XIX° siècle. De fait, cette adaptation en trois épisodes d'une heure trente est fidèle à l'oeuvre de Jules Verne même si elle prend quelques libertés avec l'itinéraire. Le duo Pierce BROSNAN en Phileas Fogg et Eric IDLE en Passepartout fonctionne à merveille. Leur complémentarité Clown blanc/Auguste est l'un des points forts de la série. Pierce BROSNAN est d'une classe folle et apporte beaucoup de nuances à son personnage de gentleman flegmatique et pudique qui s'ouvre peu à peu au monde. L'actrice singapourienne qui joue Aouda (Julia NICKSON) est également très charismatique. Leur relation est plus développée que dans le roman et on réalise à quel point l'orient était au XIX° un horizon fantasmatique pour les écrivains occidentaux. Peter USTINOV que le public associe à ses prestations en Hercule Poirot joue un Fix plutôt bouffon qui fait bien la paire avec Passepartout. Enfin la série accueille toute une série de guest-stars (Robert WAGNER, Christopher LEE, Patrick MacNEE, Lee REMICK etc. mais aussi des frenchies comme Jean-Pierre CASTALDI et Arielle DOMBASLE) et fait intervenir à la marge des "célébrités" comme Sarah Bernhardt, Louis Pasteur, la reine Victoria, Jesse James... afin de donner une couleur locale aux aventures de Fogg et Passepartout. Le réalisateur Buzz KULIK s'amuse à bousculer le pudibond Fogg avec des personnages de bons vivants au contact physique facile et des femmes peu farouches.

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Voilà, c'est fini

Publié le par Rosalie210

Gustave Kervern (2027)

Voilà, c'est fini

Vu en avant-première à la suite de la remise du prix Jean Vigo du meilleur long-métrage, ex-aequo avec "L'Inconnue" de Arthur HARARI. "Voilà, c'est fini" se déroule sur l'île Maurice dont est originaire Gustav KERVEN. Drôle et grave à la fois, le film fait l'état des lieux d'une société post-coloniale viciée au travers de son secteur touristique. Le ballet des avions qui survolent l'île amènent leurs cohortes d'occidentaux aisés venus pour parader et consommer le lieu en essayant en vain de combler leur vide existentiel. Face à eux, les petites mains du service sont assurées par des locaux à la vie précaire et sans horizon. Le titre "Voilà, c'est fini" fait penser à la chanson de Jean-Louis AUBERT qui évoque une rupture amoureuse. Effectivement, le coeur émotionnel du film tourne autour d'une histoire d'amour impossible entre Pierre, l'homme de ménage de l'hôtel (Loïc Mandere) et Louise, une jeune occidentale anorexique qui refuse de quitter sa chambre (Suzanne LINDON). Elle est venue avec sa mère (Lea DRUCKER) et son beau-père (Mathieu AMALRIC) qui n'ont visiblement plus rien à se dire mais entretiennent le simulacre social. Chacun est en réalité isolé dans son coin. Le personnage de Lea DRUCKER finit par partir à la dérive et par tromper le conjoint avec un local tandis que l'aspect burlesque et satirique de cette prédation touristique est assuré par Mathieu AMALRIC qui joue très bien la beaufitude teintée de mélancolie. Si Louise semble renaître à la vie au contact de Pierre, le personnage est en réalité profondément résigné et sans vitalité (ce que souligne le corps très amaigri de Suzanne LINDON comme celui de Tom HANKS dans "Seul au monde" (2001) ce qui est tout à fait approprié à la situation). Il n'y a donc pas d'issue possible. Toutes les tentatives de rencontre entre touristes et locaux se soldent par des échecs et le fait que Pierre finisse par casser sa guitare, symbole du lyrisme et des rêves en est la meilleure illustration.

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Staying Alive

Publié le par Rosalie210

Sylvester Stallone (1983)

Staying Alive

"Staying alive", ça pique quand même pas mal les yeux aujourd'hui:

- Intrigue bateau: une success story à l'américaine où tous les moyens sont bons pour parvenir à l'apothéose finale.

- Des personnages clichés. Les femmes de Tony Manero? Une cruche, Jackie (Cynthia RHODES) qui accepte toutes les humiliations que lui inflige Tony et une garce, Laura (Finola HUGHES) dont Tony veut se servir comme cheval de Troie pour "pénétrer" les secrets des dieux non pas de l'Olympe mais de Broadway.

- Une esthétique kitsch à mort avec torse nu mettant en valeur les muscles en sueur, justaucorps flashy, danse façon cours de gym et poses façon statues grecques, musique dégoulinante de Frank STALLONE, le frère de Sylvester STALLONE qui réalise le film et qui montre sa bobine une fraction de seconde comme chez Alfred HITCHCOCK. Si vous trouvez que l'affiche a quelque chose de "Rambo" (1982), ce n'est pas fortuit!

Mais au-delà de tout ce qui fait de "Staying alive" une oeuvre qui a mal vieilli, ce qui me frappe le plus, c'est la rupture culturelle avec le film dont il est censé être la suite, "La Fievre du samedi soir" (1977). Là où le disco années 70 célébrait la fête, la collectivité, la transgression, l'esthétique aérobic des années 80 établit un culte de l'ego dans un monde de compétition acharnée où tous les coups sont permis pour gagner. Bref les années Reagan dans toute leur splendeur, vues sans aucun recul critique. Mais comme Sylvester STALLONE garde certains aspects du film original (quelques hits des The BEE GEES qui constituent la meilleure partie du film, quelques plans documentaires sur New-York), on ressent parfois la dissonance entre une musique qui invite à se lâcher et une esthétique qui à l'inverse prône la discipline et le contrôle de soi (c'est tout le sens de la séquence finale).

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