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Elle s'appelle Ruby (Ruby Sparks)

Publié le par Rosalie210

Jonathan Dayton et Valérie Faris (2012)

Elle s'appelle Ruby (Ruby Sparks)

Comment échapper à la malédiction du deuxième film? Après le succès de "Little miss Sunshine" (2005), le couple de réalisateurs Jonathan DAYTON et Valerie FARIS a mis en abyme ce défi. Les premières minutes de "Elle s'appelle Ruby" se focalisent en effet sur la panne d'inspiration d'un jeune écrivain à la vie ascétique et solitaire, le bien nommé Calvin qui après un premier succès à l'âge de 19 ans n'a pas réussi en dix ans à réitérer son exploit. Jusqu'au jour où sur la suggestion de son psy, il a l'idée de mettre par écrit l'histoire de la fille de ses rêves, laquelle devient presque aussitôt réelle. Mais ce postulat fantastique (à tous les sens de ce terme) est trop beau pour être vrai. Car la fille dont rêve Calvin, c'est celle sur laquelle il peut exercer un contrôle total, à l'image du livre qu'il écrit. Un fantasme de toute-puissance qui se heurte au libre-arbitre qu'elle porte en elle depuis qu'il en a fait un être humain. Contradiction insurmontable qui grippe progressivement les ressorts de la romance au point de mener les deux personnages aux portes de la folie. Calvin étant présenté dès le départ comme un déséquilibré limite sociopathe qui s'interroge légitimement sur sa santé mentale quand il voit débarquer Ruby, il n'est guère étonnant qu'après une période fusionnelle de type lune de miel, celle-ci qui est aussi exubérante que lui est coincé commence à étouffer dans le huis-clos austère qu'il lui impose et veuille d'une autre vie. Avant une conclusion moins pessimiste qui rappelle celle de "Eternal sunshine of the spotless mind" (2004) (y compris dans la caractérisation des personnages et le caractère fantastico-romantique).

Si le film patine au peu au début, il surprend par ses changements de tons qui le font glisser de la comédie romantique vers le thriller psychologique dans lequel on sent poindre la pulsion de mort sous l'élan amoureux et la mélancolie sous l'euphorie. Il est intéressant également de souligner qu'il s'agit de la création d'un quatuor, un film fait à "deux fois deux" pour reprendre l'expression du journal Le Monde ou encore le film d'un couple sur un autre couple ou encore une mise en abyme du rapport entre créateurs et créatures. En effet ce qui a fait sortir les réalisateurs du syndrome de la page blanche au bout de six ans, c'est le scénario écrit par Zoe KAZAN*, compagne à la ville de Paul DANO qui est resté proche de ceux qui lui ont donné son premier rôle marquant au cinéma. Résultat, Paul DANO joue Calvin-Pygmalion dans le film alors que Zoe KAZAN interprète sa Galatée, Ruby. Soit l'inverse de la réalité ce qui je trouve ne manque pas de sel.

* Petite-fille du réalisateur Elia KAZAN.

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Magnolia

Publié le par Rosalie210

Paul Thomas Anderson (1999)

Magnolia

La première fois que j'ai voulu voir "Magnolia", je me suis arrêtée au bout de cinq minutes en état de surstimulation sensorielle avancée. Les informations pleuvaient de toutes parts et j'étais complètement submergée. Il se passait trop de choses à la fois et tout allait trop vite. Aussi quand j'ai décidé de le revoir, j'étais prévenue de ce qui m'attendait, j'avais aussi un peu décortiquée le synopsis afin de m'y retrouver (parfois cela m'est nécessaire quand le film est trop foisonnant) et je n'ai pas eu cette impression de trop plein. J'ai dévoré les trois heures du film qui sont faites pour "happer" complètement le spectateur. Ceux qui l'ont comparé au soap-opéra n'ont pas tort sauf que le contenu et la forme sont autrement plus riches que dans la version dégradée que l'on peut regarder à la TV, laquelle est d'ailleurs l'un des objets central du film. Tous les personnages ont un rapport, direct ou non avec elle, qu'ils soient à sa tête, y travaillent ou se contentent d'y passer. La TV joue le rôle d'une sorte de veau d'or, de "faux dieu" dans un film aux allures de parabole religieuse puisque pour laver les péchés des différents protagonistes (la quête du fric, du sexe, de la gloire bref les "plaies" de l'Amérique capitaliste), les grenouilles ne mettent à littéralement tomber du ciel. Néanmoins aucun de ces personnages n'est fondamentalement antipathique, ils apparaissent surtout très seuls, très perdus et en quête d'amour. Néanmoins ils n'ont pas tous droit au même traitement. En effet, Paul Thomas ANDERSON évite le piège de l'éparpillement du film choral en ne racontant finalement au travers de son ballet de personnages qu'une seule et même histoire: celui de la faillite du patriarcat tant du point de vue du père indigne rongé par les regrets autant que par le cancer que de celui de l'enfant carencé ou abusé à qui on vole son innocence et qui le paye cash en devenant un adulte fragile et dépendant. De ce point de vue, même si certains effets formels voyants peuvent agacer (ou au contraire épater), on ne peut pas réduire ce film à de l'esbrouffe car il contient quelques séquences magistrales c'est à dire de celles qui tapent dans le mille. J'en citerai deux. Tout d'abord la scène dans laquelle une journaliste incisive met à nu Frank, sorte de gourou télévisuel pour hommes à la recherche de la recette miracle du super-mâle dominant. Tom CRUISE qui était alors au sommet de sa carrière (à la même époque il interprétait le rôle principal dans "Eyes wide shut") (1999) joue sur une large gamme d'émotions au fur et à mesure que son visage se défait et que son corps semble se ratatiner dans l'espace qu'il vampirisait jusque-là. Son personnage télévisuel et sa véritable personnalité sont aux antipodes et il parvient remarquablement à passer de l'un à l'autre. L'autre morceau de bravoure, c'est l'émission télévisée "Ce que savent les enfants" dans laquelle on assiste à l'abus de trop qu'une adulte commet sur un enfant-prodige déjà surexploité par son père à qui elle interdit d'aller aux toilettes. Un type de brimade qui n'a rien d'anecdotique quand on repense par exemple à "Les Temps modernes" (1936) où la question des toilettes est un enjeu du contrôle que le patron exerce sur le corps de ses ouvriers ou bien à la littérature concentrationnaire où les corps étaient torturés par la coercition exercée sur leurs besoins naturels. Est-il alors étonnant de retrouver une fois adultes ces garçons symboliquement castrés par leurs pères* dans les séminaires de Frank? "Magnolia" symbolise les personnages au travers de ses pétales mais a aussi l'allure d'un Mandala que l'égoïsme paternel aurait enrayé. L'enjeu est donc de briser le bâton qui bloque la roue pour qu'elle puisse continuer à tourner.

* L'officier de police Jim (John C. REILLY) en est l'exemple le plus symbolique: il commence par perdre sa matraque, puis ne retrouve plus son revolver et quand il en fait la confession à Claudia (Melora WALTERS) dont il est amoureux, c'est comme s'il lui avouait à demi-mot son impuissance. Mais par un "cadeau du ciel", ce dernier lui est rendu à la fin de la pluie de grenouilles ce qui préfigure la scène où il se déclare à elle et où, délivrée de ses propres démons, elle est prête à l'écouter.

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The Program

Publié le par Rosalie210

Stephen Frears (2015)

The Program

Je ne me suis jamais vraiment intéressée au cyclisme mais comme mon père était un fan inconditionnel du tour de France au point de nous emmener régulièrement voir passer les coureurs, j'ai tout de même plus ou moins suivi les boucles des années quatre-vingts jusqu'à la fin de la première décennie des années 2000. Ce qui m'a le plus marqué à l'époque où Lance Armstrong enchaînait les victoires c'était le décalage abyssal entre d'un côté la ferveur populaire envers ce sport et les discours premier degré des présentateurs qui présentaient les champions comme des héros dépassant leurs limites et de l'autre la cinglante ironie des chroniques que je pouvais lire dans le journal "Libération" qui dépeignaient cette "épopée" comme une énorme mascarade. C'est d'ailleurs presque le mot employé dans le film de Stephen FREARS où l'on parle de farce. Car de fait, il y a bien longtemps que le tour de France offre un spectacle qui n'a plus grand-chose à voir avec le sport mais qui s'accorde bien en revanche avec les artifices des films de super-héros dont le public est friand. La preuve c'est qu'en dépit des scandales qui l'ont affecté, il reste increvable, continuant comme si de rien n'était.

L'angle choisi par Stephen FREARS a le tort selon moi de rester à la surface des choses, tant en ce qui concerne la personnalité énigmatique de Lance Armstrong que du système qui a fait de lui une machine à gagner. Il simplifie même beaucoup la réalité, par exemple en réduisant le combat de ceux qui souhaitaient faire éclater la vérité à celui d'un seul homme (le fait que Stephen FREARS se soit inspiré de son livre l'explique sans doute) ou en passant sous silence le fait que le dopage était tout aussi "institutionnalisé" chez les concurrents de Armstrong et que les seuls coureurs qui le refusaient étaient condamnés à la marginalité en queue de peloton et dans un angle mort médiatique (comme l'un d'entre eux l'a raconté). Frears n'a pas assez réfléchi à la société dans laquelle et pour laquelle ces spectacles sportifs ont été fabriqués ni au fait que l'omerta généralisée était comme toutes les omertas le fait d'une somme d'intérêts et de complicités. L'aspect mafieux du système sur lequel Lance Armstrong a régné en parrain tout comme ses efforts pour se construire une image positive avec des résultats inégaux (il était assez impopulaire auprès des français qui le trouvaient glacial) sont effleurés ou ignorés, dommage.

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Big Eyes

Publié le par Rosalie210

Tim Burton (2014)

Big Eyes

"Big Eyes" résonne comme "Big Fish".  C'est la première filiation burtonienne à laquelle on pense, puisque les deux films ont en commun d'avoir un héros mythomane et affabulateur. Mais la comparaison s'arrête là. Car "Big Eyes" est aussi une formidable analyse des inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde de l'art qui reflète celle qui existe dans la société.  On y voit des galeristes masculins, des critiques d'art masculins, des marchands d'art masculins, un public dominé et orienté par des goûts élitistes masculins dans lequel ce qui est féminin est taxé de niais, de kitsch, de sentimental, de commercial etc. Mais ce qui est particulièrement troublant dans "Big Eyes" qui est tiré de faits réels, c'est que cet art féminin méprisé, une fois usurpé par un escroc séducteur, beau parleur et expert en marketing puisse à la manière de Warhol ou de Magritte se retrouver décliné à l'infini sur les objets manufacturés des supermarchés tout en ornant les livres d'art, les cimaises des musées et même l'un des murs du pavillon de l'UNICEF lors de l'exposition universelle. L'effet miroir de la mise en abyme est garanti. Ainsi la manière dont "Les Inrocks" parlent du film est très révélatrice. Qualifiant les posters vendus par Walter Kane (Christoph Waltz) de "hideux", ils en arrivent à défendre ce dernier, qualifié de "raté magnifique" et suggèrent même que sans lui, Margaret (Amy Adams) n'aurait jamais vendu ses dessins. Walter Kayne lui-même convainc sa femme d'accepter d'être dépossédée de ses oeuvres car "personne n'achète des tableaux peints par des femmes"*. Sauf que l'argent de ces ventes est allé exclusivement au mari qui l'a dilapidé et que Margaret n'en a jamais vu la couleur ni avant, ni après son divorce. Le film qui se déroule pour l'essentiel dans les années cinquante et soixante la montre comme une victime d'un "american way of life" fondé sur le patriarcat qui l'emprisonne (elle doit s'échapper de chez ses maris successifs comme une voleuse sans rien emporter ou presque, subir leurs pressions et menaces, le prêtre qu'elle consulte lui dit de se soumettre, elle a du mal à trouver du travail etc.) et contrôle toute sa vie. Nul échappatoire puisqu'elle passe d'une aliénation à une autre. Seul le changement d'époque lui apporte enfin une porte de sortie. Quant au supposé mauvais goût de ses toiles** et leur aspect répétitif, celle-ci a des mots très justes pour expliquer l'étroitesse de ses sources d'inspiration: " Je n’ai jamais agi avec la liberté. J’étais une fille, puis une femme et ensuite une mère. Toutes mes peintures viennent de Jane*** parce qu’elle est la seule chose que je connais.” Une citation à rapprocher du passage dans lequel Jane Eyre (et à travers elle Charlotte Brontë) se plaint des vies restreintes des femmes qui se répercutent forcément sur leurs créations. Créations que Tim Burton ne juge pas. Il montre que les enfants aux yeux hantés de Margaret sont la projection d'une partie de son âme. Seule cette sincérité compte, c'est ensuite au spectateur de se faire sa propre idée. C'est ce qui rapproche d'ailleurs "Big Eyes" d'un autre de ses films, "Ed Wood" où il rendait hommage au "plus mauvais réalisateur de tous les temps" en montrant que tout acte créateur est fondamentalement positif et mérite le respect alors que ceux qui en profitent sont des ensembles aussi vides que la toile que Walter rend à la fin de son procès.

* Dans tous les domaines de l'art, les femmes ont souvent dû soit s'abriter derrière un nom d'homme ou un pseudonyme non genré, soit attribuer ou laisser attribuer la paternité de leurs oeuvres à des hommes.

** Les réalisateurs d'anime japonais ont subi dans les années 80 le même type de jugements de valeur, particulièrement lorsqu'il s'agissait d'adaptations de mangas pour filles: yeux énormes, style kitsch etc.

*** Sa fille.

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Des hommes et des Dieux

Publié le par Rosalie210

Xavier Beauvois (2010)

Des hommes et des Dieux

Je voulais absolument rendre hommage à Michael LONSDALE disparu le 21 septembre 2020 avec ce qui constitue l'un de ses plus beaux rôles, celui qui lui a d'ailleurs valu une consécration tardive avec un César en 2012. Comme j'ai pu le constater au fil du temps, les plus grands acteurs de ces cinquante dernières années ne sont pas la plupart du temps ceux qui sont le plus dans la lumière. Ils sont trop humbles, trop discrets pour cela et leur forte personnalité, imprimée sur leur visage et leur corps les rend atypiques, donc "ingérables" par la société du spectacle de consommation qui domine le cinéma aujourd'hui. Michael LONSDALE a donc certes beaucoup tourné en plus de ses activités au théâtre mais la plupart du temps dans des seconds rôles ou dans des rôles de "méchants" des films populaires (dans lesquels ont été souvent d'ailleurs cantonnés les acteurs les plus brillants: Alan RICKMAN, Adam DRIVER, Anthony HOPKINS etc.) La forte aura spirituelle émanant de Michael LONSDALE lui a également valu de jouer de nombreux rôles de religieux dont le plus célèbre est le moine cistercien frère Luc du beau film de Xavier BEAUVOIS.

"Des hommes et des dieux" s'inspire librement de l'assassinat de sept moines de Tibhirine en 1996 alors que l'Algérie était plongée en pleine guerre civile entre les islamistes du GIA (groupe islamique armé) et de l'AIS (armée islamique du salut) et le gouvernement militaire issu du FLN. Pour mémoire le déclenchement des hostilités eut lieu après l'annulation du premier tour des élections législatives de 1991 qui annonçaient une victoire du FIS (front islamique du salut) jusqu'au début des années 2000 et l'amnistie des terroristes par le président Abdelaziz Bouteflika. Cette guerre avait pour enjeu le pouvoir mais ses alliances furent troubles, les islamistes s'entretuant et le gouvernement jouant sur leurs divisions pour leur attribuer des crimes qu'ils n'avaient peut-être pas commis. De leur côté les islamistes infiltrèrent l'armée et la police quand ils ne se faisaient pas passer pour eux (d'où l'impossibilité de distinguer les vrais et les faux barrages par exemple). La principale victime du conflit fut la population civile, prise en otage et soumise au terrorisme avec des massacres à grande échelle. La composante civilisationnelle de cette guerre fit des étrangers présents sur le sol algérien une cible de choix, surtout lorsqu'ils étaient de foi chrétienne ce qui était le cas des moines de Tibhirine dont les circonstances de leurs assassinats ne fut jamais éclaircies pas plus que leurs auteurs, identifiés.

Le film de Xavier BEAUVOIS se focalise sur le dilemme moral des moines, pris en tenaille entre leur engagement et la tentation de fuir la mort qui se rapproche. Vivant paisiblement dans leur monastère et harmonieusement intégrés à la communauté villageoise alentour sans que la culture ou la religion ne constitue le moins du monde un obstacle (la plupart d'entre eux comprennent voire lisent et écrivent l'arabe et connaissent le Coran), ils constituent par leur existence même un démenti cinglant aux théoriciens belliqueux du "choc des civilisations" rêvant d'un affrontement entre islam et occident. La menace de plus en plus concrète que la guerre fait peser sur leurs existences les soumet à un terrible dilemme moral: partir et abandonner les villageois à leur sort alors qu'ils dépendent d'eux (notamment pour les soins) ou rester et risquer leur vie. En dépit d'une tension croissante que le film retranscrit très bien, en dépit des doutes et des peurs qui traversent certains membres de la communauté, en dépit des éclats de violence qui viennent troubler leur retraite, le film reste profondément spirituel en montrant l'aspect dérisoire des conflits humains par rapport à une échelle cosmique immuable avec laquelle les moines vivent en harmonie, d'où les panoramiques sur les paysages algériens majestueux qui inspirent la sérénité et la contemplation et les nombreux passages décrivant les rituels monastiques. Le film démontre que même dans les pires circonstances, l'homme "a toujours le choix" puisqu'il possède le libre-arbitre. Frère Luc se décrit d'ailleurs comme un homme libre c'est à dire délivré de la peur (de l'armée, des terroristes et même de la mort). Michael LONSDALE dégage tant de sérénité et de détermination dans ses propos qu'il leur donne une résonnance qui va bien-au-delà de son personnage, de même qu'en ce qui concerne ses propos sur l'amour. Enfin, comment ne pas évoquer la "Cène" finale, qui précède l'enlèvement des moines, cette attente silencieuse sur l'air final du "Lac des Cygnes" (peut-être de trop, j'aurais préféré quelque chose de plus recueilli que de plus ouvertement tragique) où la caméra s'attarde longuement sur chaque visage et les émotions contrastées qui les animent?

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Ecrit sur du vent (Written on the wind)

Publié le par Rosalie210

Douglas Sirk (1956)

Ecrit sur du vent (Written on the wind)

Chef-d'oeuvre de Douglas SIRK, "Ecrit sur du vent" fonctionne comme un miroir en négatif de "Le Secret magnifique" (1954). Tous deux très critiques, voire acerbes vis à vis du rêve américain triomphant des années cinquante, ils offrent deux destins possibles mais diamétralement opposés à leurs jeunes milliardaires aux têtes brûlées par le fric: la voie du ciel, c'est à dire l'élévation spirituelle par la rédemption (ça c'est pour "Le Secret magnifique") (1954) ou celle de la descente aux enfers par l'autodestruction (ça c'est pour "Ecrit sur du vent"). Crépusculaire, tourmenté, le film l'est par sa flamboyance même, celle qui renvoie aux idoles consuméristes qui saturent l'écran jusqu'à l'overdose par leur abondance et la vivacité exacerbée de leurs couleurs. Le prologue est d'emblée saisissant comme un cauchemar avec son ciel rougeoyant faisant ressortir à contre-jour les structures des puits de pétrole qui barrent le paysage avec au centre la voiture jaune pétard roulant à tombeau ouvert, l'inquiétant déséquilibre du conducteur étant surligné par un cadrage oblique quand elle arrête enfin sa course folle sur fond de rafales de vent. De même, la scène où Kyle (Robert STACK) séduit Lucy (Lauren BACALL) en lui offrant un dressing complet donne presque le vertige car un jeu de miroirs semble en refléter les objets à l'infini. Dans le même esprit, l'incroyable scène dans laquelle Marylee (Dorothy MALONE) joue les derviches tourneur en robe rouge sang (comme sa voiture) sur fond de musique tonitruante précipite le destin fatal de son père dans les escaliers de l'immense demeure. Quant aux scènes calmes, notamment celles au bord du lac qui symbolise l'enfance des protagonistes, elles sont colorées par la nostalgie (l'automne, les feuilles qui tombent) puis voilées par l'ombre du deuil.

"Ecrit sur du vent" est un film que l'on pourrait presque qualifier de prophétique tant il souligne la décrépitude et la stérilité de la société capitaliste. Les enfants du roi du pétrole, Kyle et Marylee sont tous deux des dégénérés. Chacun d'eux est une illustration du fait que la passion de la possession matérialiste qui nourrit le capitalisme aboutit à l'impuissance. Kyle est un homme dépourvu de colonne vertébrale qui passe l'essentiel de son temps à s'étourdir dans la vitesse et l'alcool pour oublier son vide intérieur. Sa manière de séduire Lucy (par l'argent mais aussi par le récit de ses névroses) souligne bien assez son dégoût de lui-même, bien avant qu'il n'en fasse un terrifiant étalage. Lucy est comme elle le dit elle-même tentée par les signes extérieurs de richesse mais aussi par un réflexe typiquement inscrit dans l'éducation féminine, celui de l'infirmière apte à sauver un homme en détresse. Son calvaire n'en sera que plus terrible lorsque Kyle dont l'esprit est tordu par sa haine de lui-même se croit stérile et donc imagine que l'enfant qu'elle attend est celui de son meilleur ami, Mitch (Rock HUDSON) qui est son antithèse. Marylee la nymphomane nourrit son addiction de ce qu'elle ne peut pas avoir et qui donc la ronge de l'intérieur. Elle convoite en effet Mitch qui ne veut pas d'elle autrement que comme une amie. Chacun sait pour l'avoir éprouvé que le désir s'éteint une fois son objet possédé et qu'à l'inverse il est attisé par le manque ce qui est un formidable révélateur de ce qui nourrit l'addiction consumériste, au-delà des seuls objets inanimés. Face à toute cette décadence, le personnage de Mitch fonctionne comme une boussole morale. Amoureux logiquement de Lucy qui comme lui vient d'un milieu social inférieur, il tente s'échapper aux griffes du monstre qui cherche à les engloutir.

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Le Secret magnifique (Magnificent Obsession)

Publié le par Rosalie210

Douglas Sirk (1954)

Le Secret magnifique (Magnificent Obsession)

Un an avant "Tout ce que le ciel permet" (1955), film matriciel de nombre de réalisateurs dont certaines grandes pointures comme Rainer Werner FASSBINDER et Pedro ALMODÓVAR, Douglas SIRK réalisait son premier mélodrame hollywoodien flamboyant avec les mêmes acteurs principaux, à savoir Rock HUDSON et Jane WYMAN. Le peu de considération des élites pour le genre de prédilection de Sirk, associé à la médiocrité (mais aussi au féminin puisque le mélo est associé au "roman à l'eau de rose" et le rose, la sentimentalité, la rêverie romantique font partie des clichés récurrents dès qu'il s'agit de goûts féminins) a longtemps valu à ce cinéaste d'être sous-estimé. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, fort heureusement.

"Le Secret magnifique" dont la traduction est infidèle à l'original (qui est "L'Obsession magnifique") est le remake d'un film des années trente réalisé par John M. STAHL dont il reprend des scènes à l'identique. Mais outre le somptueux travail sur la couleur, le film développe considérablement plus les personnages et possède une puissance mystique dont je ne trouve l'équivalent que chez Robert BRESSON. Il peut paraître étonnant de rapprocher le réalisateur français au style épuré voire ascétique et l'allemand au style flamboyant mais ils sont unis par les épreuves que leurs personnages doivent endurer pour être touchés par la grâce, la rédemption étant au coeur du "Secret magnifique" comme elle l'est dans nombre d'oeuvres de Bresson.

Le mysticisme se manifeste dès les premières images par ce qui s'apparente à un baptême et une renaissance (ou une résurrection). La coquille vide qu'est Bob Merrick (Rock HUDSON) qui a toujours évité dans son parcours de se frotter aux épines de la vie (mais qui de ce fait en ignore également les joies) a un accident dont il réchappe grâce au sacrifice d'un autre homme qui s'avère être une sorte de "Christ rédempteur" laïque. Du moment où celui-ci le ranime en lui transférant son souffle de vie (c'est ainsi que j'interprète l'histoire de l'inhalateur qui sauve la vie de Bob Merrick au prix de celle du docteur asthmatique Wayne Philips), Bob devient un homme tourmenté, obsédé par le poids de ce qu'il considère comme sa faute, poids qui s'alourdit encore davantage quand survient l'accident de l'épouse du médecin qui lui a sauvé la vie, accident dont il se sent responsable. L'histoire raconte comment au terme d'un cheminement tortueux Bob Merrick finit par devenir l'homme qui l'a sauvé et qui de ce fait peut sauver à son tour de façon totalement désintéressée. Bien évidemment l'amour joue un rôle central dans le film puisque Bob tombe amoureux de Helen, la veuve de Wayne Philips (Jane WYMAN) dont l'aveuglement, littéral et symbolique est une autre des thématique majeures du film. Si elle ne voit pas l'amour ardent que Bob lui porte et en quoi il peut lui redonner vie à elle aussi c'est qu'elle est aveuglée par les préjugés liés aux frasques du passé de Bob, à sa réputation de playboy, au fait qu'il est involontairement responsable de la mort de son mari et à ses maladresses répétées qui ne plaident pas en sa faveur. En fait il faudra qu'elle en passe par la cécité pour qu'elle commence enfin à voir qui il est ou plutôt qui il est en train de devenir. Et tout ce cheminement, invraisemblable dans la dimension prosaïque mais limpide sur le plan spirituel s'accompagne d'un travail esthétique admirable où l'on passe de l'ombre à la lumière, de l'aridité à la floraison la plus exubérante.

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Fanny et Alexandre (Fanny och Alexander)

Publié le par Rosalie210

Ingmar Bergman (1982)

Fanny et Alexandre (Fanny och Alexander)

"Fanny et Alexandre" fut le premier grand choc cinématographique de ma vie. Gloire à Ingmar Bergman d'avoir réalisé une version pour la télévision car c'est elle que j'ai vue étant donné qu'à l'époque, j'avais l'âge de Fanny et d'Alexandre et je n'aurais eu aucune chance de découvrir le film au cinéma. C'est d'ailleurs cette version longue que j'ai tenu à revoir pour écrire mon avis. Bien que je possède le coffret contenant également la version courte, je pense que "Fanny et Alexandre" doit être vu dans son intégralité. Et comme il s'agit d'un chef d'oeuvre prenant, haletant et ce à tout âge, les presque six heures passent à la vitesse de l'éclair.

Les émotions de l'enfant que j'étais alors ne m'ont jamais quitté. Je me souviens de l'émerveillement que j'ai ressenti devant la magnificence du repas de noël de la famille Ekdahl puis du contraste violent avec le dépouillement de la chambre du presbytère dans laquelle les enfants étaient enfermés comme dans une prison. Par dessus tout, je me souviens de l'horreur que m'a inspiré le père fouettard Vergerus. Plus encore que la résistance d'Alexandre à l'emprise de l'ignoble pasteur, ce sont les yeux perçants de Fanny qui m'ont marqué lors du châtiment reçu par son frère et son visage qui se détourne lorsque la main de Vergerus veut la toucher. Lorsque bien plus tard j'ai commencé à lire les livres d'Alice Miller ("C'est pour ton bien", "L'enfant sous terreur" etc.) ce sont les images du père Vergerus abusant de son autorité pour martyriser Alexandre qui m'ont accompagnée. Par la suite mon moment préféré est devenu le formidable numéro d'illusionnisme hautement jouissif par lequel Isak Jacobi investit la demeure du sinistre pasteur pour subtiliser les enfants. En revoyant le film adulte, j'ai continué de vibrer aux mêmes passages tout en appréciant les aspects que je ne pouvais comprendre alors tels que les rapports de classe ou les rapports de couple.

"Fanny et Alexandre" est en effet une fresque grandiose, riche et d'une grande beauté visuelle mettant en vedette une grande famille de la bourgeoisie de Stockholm au début du XX° siècle écartelée entre Eros et Thanatos avec une puissance rarement égalée dans l'histoire du cinéma. Il faut dire que ce combat traversait toute l'oeuvre de Ingmar Bergman et que le film a une valeur autobiographique et testamentaire certaine (comme son livre "Lanterna Magica"). Testamentaire mais joyeuse car c'est le tourbillon de la vie qui l'emporte. Bien que conforme aux codes de son temps et de son milieu (on pense tantôt aux salons Napoléon III, tantôt à du Maupassant), la famille Ekdahl s'en démarque sur plusieurs points. Ce qui frappe d'emblée, c'est sa générosité débordante perceptible à travers des décors somptueux, foisonnants (comme le film) mais aussi à travers des caractères truculents comme celui du priapique Gustav-Adolf et de son insatiable appétit sexuel envers des femmes aux formes elles-mêmes généreuses. Son frère aîné Oscar, frappé à l'inverse d'impuissance déverse le trop-plein dans sa passion pour le théâtre qu'il dirige, offrant à sa famille et aux public le spectacle d'une féérie perpétuelle*. Même le troisième frère, l'aigri Carl aux propos d'une épouvantable cruauté envers son épouse germanique (certes agaçante) qui m'ont rappelé ceux que j'ai entendu chez Haneke peut improviser des tours de magie inventifs (pour souffler les bougies par exemple). Mais la générosité de la famille se remarque aussi dans l'importance qu'y prennent des éléments exogènes tels que lsak Jacobi l'usurier juif et Maj la bonne. "L'oncle Isak", le grand amour d'Héléna, la grand-mère et matriarche de la famille qui en raison de la religion n'a pu former avec elle qu'une union clandestine vit pourtant dans un monde qui à échelle réduite ressemble à celui des Ekdahl avec ses dominantes rouges (sans doute en référence aux rideaux de théâtre), son encombrement baroque, ses marionnettes et son ambiance surnaturelle (comme chez les Ekdahl, Alexandre y voit des fantômes et même une momie s'animer). Il est l'allié décisif face au redoutable ennemi qu'est Vergerus. Quant à Maj, la petite bonne boîteuse qui sert de substitut maternel aux enfants, elle est engrossée par Gustav-Adolf dans la plus pure tradition des "amours" ancillaires du XIX° mais bénéficiant comme ses consoeurs d'une considération supérieure aux bonnes de ce temps (la scène inaugurale où elles mangent à la même table que les maîtres a valeur de symbole), elle finit par réussir à s'émanciper avec la fille aînée de Gustav Adolf et leur départ semble se faire sur un pied d'égalité.

* Le format télévisuel épouse le style théâtral avec un prologue, des actes et un épilogue qui se substituent aux épisodes.

 

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Fleurs d'Equinoxe (Higanbana)

Publié le par Rosalie210

Yasujiro Ozu (1958)

Fleurs d'Equinoxe (Higanbana)

La fleur d'équinoxe (higanbana en VO) est une fleur japonaise d'un rouge profond qui pousse près des cimetières, éclôt au moment de l'équinoxe et dont le bulbe est toxique. Pour toutes ces raisons, elle sert à fleurir les tombeaux, comme les chrysanthèmes sous nos contrées et est devenue le symbole de la séparation définitive. Soit exactement la thématique que Yazujiro Ozu a développé de film en film et qui fait que chacun d'eux n'est "ni tout à fait pareil, ni tout à fait un autre". Le moment-clé de "Fleur d'équinoxe" est celui de la sortie à Hakone de la famille Hirayama au complet. Parce que c'est la dernière, celle qui précède le départ de l'enfant après lequel ce ne sera plus jamais pareil. Le cinéma de Ozu est pleinement conscient du temps qui passe et des déchirures qu'il entraîne avec son lot de deuils à faire et de mélancolie associée. Exactement comme la fresque que tissent aux USA les studios Pixar et qui porte sur le deuil de l'enfance associé à la nécessité de grandir, la mémoire et l'oubli. Pour des raisons intimes, c'est la séparation entre les parents et leurs enfants au moment où ceux-ci partent se marier qui est au coeur du cinéma si délicat de Ozu.

"Fleurs d'équinoxe" qui ouvre la dernière partie de sa filmographie, celles des films en couleur, aborde également la fracture générationnelle entre les parents modelés par la tradition et des enfants ayant goûté à la modernité, notamment les filles qui travaillent et s'habillent à l'occidentale. Comme toujours, ce sont les femmes les plus adaptables alors que les hommes apparaissent monolithiques et dépassés. Le pater familias, Wataru Hirayama pourtant le premier à porter des toasts aux jeunes qui se marient par amour n'arrive pas à accepter que sa propre fille Setsuko arrange son mariage toute seule, c'est à dire en se passant de son avis. Lorsqu'il est touché personnellement, ses beaux discours s'évaporent devant la réalité de son orgueil de mâle dominant qui ne supporte pas que sa fille lui échappe. Sa femme, Kiyoko ne rate d'ailleurs pas l'occasion de souligner qu'il nage en pleine contradiction, celle-ci étant tout aussi humaine que celle de son impuissance à arrêter le temps. La manière dont Wataru se comporte avec son épouse, filmée par petites touches montre à quel point il ne lui porte aucune considération (ce qui est une façon de "tacler" la tradition des mariages arrangés). Pas plus qu'il n'en porte à sa fille d'ailleurs qu'il n'écoute pas. Mais celle-ci trouve des alliées en la personne de sa mère qui peut par procuration réaliser le mariage d'amour qu'elle n'a pas pu faire, sa petite soeur et ses amies qui ne veulent pas plus qu'elle entendre parler de mariages arrangés. Elles prennent au piège Wataru qui de son côté est bien obligé d'enquêter sur cette jeune génération à laquelle décidément il ne comprend rien. Et il découvre que les temps ont bien changé. L'un de ses jeunes collègues ne montre rien devant lui mais part s'éclater quand il a le dos tourné dans un bar de Ginza (quartier de Tokyo) "Le Luna" tenu par des femmes "libérées" dont la fille d'un ami de Wataru qui n'ayant pas obtenu de son père la permission de se marier avec l'homme qu'elle aime, s'est enfuie avec lui. Les séquences du bar sont d'ailleurs parfois très drôles à cause de la différence de comportement du jeune en présence ou en l'absence de Wataru ("quand le chat n'est pas là les souris dansent"). Celui-ci bon gré mal gré comprend que le seul choix qui lui reste est soit de prendre le train de la vie en marche, soit de rester à quai.

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Les Hirondelles de Kaboul

Publié le par Rosalie210

Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mevellec (2019)

Les Hirondelles de Kaboul

Techniquement, rien à dire, "Les hirondelles de Kaboul" est superbe. Il faut dire que la France a du savoir-faire en matière de cinéma d'animation et que cela se ressent dans le film, avec les délicates aquarelles de Eléa Gobbé-Mévellec qui avait auparavant travaillé sur "Les Triplettes de Belleville" (2003) et "Ernest et Célestine" (2012) et qui a co-réalisé le film aux côtés de Zabou BREITMAN. Et bien qu'elles soient trop rares, il y a de belles idées poétiques qui émanent de cette animation comme les burquas qui se muent en hirondelles dans le ciel (cela m'a rappelé un livre de jeunesse, "Djinn la malice" dans lequel une petite fille jouait à faire l'oiseau avec les pans de son tchador).

Cependant cela ne suffit pas à faire de ces "Hirondelles de Kaboul" un film marquant. Tout simplement parce que l'histoire relève de l'art d'enfoncer les portes ouvertes et que l'intrigue est cousue de fils blancs. Rien ne m'agace davantage que les occidentaux qui s'achètent une bonne conscience en conspuant les civilisations dites obscurantistes, islamiques, forcément. Il est vrai que nos civilisations occidentales chrétiennes sont tellement éclairées qu'elles sont juste en train de détruire toute vie sur terre. Bizarrement, les réalisateurs ne se bousculent pas au portillon pour parler des sécheresses à rallonge, des méga-feux, des pandémies ou de la sixième extinction de masse. Non seulement on ne fait pas de bons films avec de bons sentiments mais on aboutit à l'inverse à stigmatiser les autres cultures. De vieux réflexes moralisateurs post-coloniaux qui ont la vie dure. Plutôt que de parler "sur" un peuple privé des moyens de produire ses propres films, il aurait mieux valu évoquer la situation des femmes en occident, il y avait largement de quoi dire. Quant à l'histoire, j'avais deviné la fin au bout de dix minutes de film, c'est dire si elle est convenue.

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