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Articles avec #stahl (john m.) tag

Une nuit seulement (Only yesterday)

Publié le par Rosalie210

John M. Stahl (1933)

Une nuit seulement (Only yesterday)

J'étais curieuse de découvrir l'adaptation officieuse de "Lettre d'une inconnue", la nouvelle de Stefan Zweig par John M. STAHL, quinze ans avant celle, beaucoup plus célèbre -et assumée celle-là- de Max OPHULS. A condition d'oublier les dernières minutes, une concession au "happy end" de mise dans le cinéma hollywoodien, le film de John M. STAHL est une réussite. Astucieusement transposée dans le contexte alors récent de l'histoire mouvementée des USA de la première guerre mondiale au krach boursier de 1929, l'intrigue n'en reste pas moins fidèle à l'esprit de l'oeuvre originale (si l'on excepte encore une fois le dénouement). Elle offre un écrin à l'interprétation absolument remarquable de Margaret SULLAVAN dont c'était le premier grand rôle. Contrairement à tant de films (y compris récents) où l'on ne ressent pas le passage du temps, elle fait subtilement évoluer son personnage progressivement gagné par la mélancolie au fil de la perte de ses illusions. Néanmoins sa lettre n'est "pas seulement" le terrible récit d'une amante de l'ombre se consumant d'amour pour un homme qui l'ignore. C'est aussi une femme moderne qui décide de prendre son destin en main en allant vivre avec son fils chez une tante aux moeurs progressistes dans le contexte de l'émancipation féminine des roaring twenties. Et puis comme souvent chez John M. STAHL, quelques touches d'humour bien placées viennent alléger ce que l'intrigue a de mélodramatique.

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Le Secret magnifique (Magnificent obsession)

Publié le par Rosalie210

John M. Stahl (1935)

Le Secret magnifique (Magnificent obsession)

Comme pour "Mirage de la vie" (1959), j'ignorais que "Le Secret magnifique" (1954) était le remake d'un film de John M. STAHL réalisé au milieu des années 30. A partir d'un livre édifiant visant à convertir les mécréants au christianisme, John M. STAHL a réalisé un film qui pose les jalons de celui de Douglas SIRK*. John M. STAHL assume les énormes ficelles de l'intrigue avec ses coïncidences improbables en cascade et ses rebondissements invraisemblables, il allège le mélodrame par des touches d'humour et une grande sobriété dans sa mise en scène. Pas de fioritures: le cinéaste va à l'essentiel. Irene DUNNE offre un jeu sensible tout en retenue et Robert TAYLOR dans l'un de ses premiers rôles est prometteur même s'il n'égale pas Rock HUDSON.

* Le sens de l'oeuvre est en effet le même et je peux reprendre mot à mot ce que j'écrivais à propos du film de Douglas SIRK:

" Le mysticisme se manifeste dès les premières images par ce qui s'apparente à un baptême et une renaissance (ou une résurrection). La coquille vide qu'est Bob Merrick qui a toujours évité dans son parcours de se frotter aux épines de la vie (mais qui de ce fait en ignore également les joies) a un accident dont il réchappe grâce au sacrifice d'un autre homme qui s'avère être une sorte de "Christ rédempteur" laïque. Du moment où celui-ci le ranime en lui transférant son souffle de vie (c'est ainsi que j'interprète l'histoire du respirateur qui sauve la vie de Bob Merrick au prix de celle du docteur Hudson), Bob devient un homme tourmenté, obsédé par le poids de ce qu'il considère comme sa faute, poids qui s'alourdit encore davantage quand survient l'accident de l'épouse du médecin qui lui a sauvé la vie, accident dont il se sent responsable. L'histoire raconte comment au terme d'un cheminement tortueux Bob Merrick finit par devenir l'homme qui l'a sauvé et qui de ce fait peut sauver à son tour de façon totalement désintéressée. Bien évidemment l'amour joue un rôle central dans le film puisque Bob tombe amoureux de Helen, la veuve du docteur Hudson dont l'aveuglement, littéral et symbolique est une autre des thématique majeures du film. Si elle ne voit pas l'amour ardent que Bob lui porte et en quoi il peut lui redonner vie à elle aussi c'est qu'elle est aveuglée par les préjugés liés aux frasques du passé de Bob, à sa réputation de playboy, au fait qu'il est involontairement responsable de la mort de son mari et à ses maladresses répétées qui ne plaident pas en sa faveur. En fait il faudra qu'elle en passe par la cécité pour qu'elle commence enfin à voir qui il est ou plutôt qui il est en train de devenir. Un cheminement invraisemblable dans la dimension prosaïque mais limpide sur le plan spirituel."

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Images de la vie (Imitation of life)

Publié le par Rosalie210

John M. Stahl (1934)

Images de la vie (Imitation of life)

J'avoue mon ignorance: avant la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque, je n'avais jamais entendu parler de John M. STAHL. J'ignorais que les somptueux mélodrames de Douglas SIRK étaient pour certains d'entre eux les remakes des années cinquante des films de John M. STAHL des années trente. Et en particulier celui que je préfère "Mirage de la vie" (1959) qui en VF devient chez John M. STAHL, "Images de la vie" (1934). Mais en VO, ils portent le même titre, "Imitation of life" car tous deux sont l'adaptation d'un livre de Fannie Hurst sorti en 1933 traitant à la fois de la question sociale, raciale et de la place des femmes dans la société américaine. Le film de John M. STAHL apparaît donc à la fois encore plus audacieux pour son époque que celui de Douglas SIRK en dépeignant une famille matriarcale, multiraciale et recomposée tout en étant si possible plus cruel encore en démontrant l'impossibilité de sortir de sa condition ou de trouver sa place dans une société ségrégationniste, raciste et hiérarchisée. Un plan absolument parfait résume entièrement le film, celui qui montre Bea et Delilah rejoindre en même temps leur chambre, chacune située à une extrémité d'un escalier à vis, mais l'une en haut, l'autre en bas: on ne peut pas mieux définir le lien qui les unit et qui les sépare en même temps. Le film de John M. STAHL se centre en effet sur la relation entre les deux mères. L'évidente complicité qui les unit, la similitude de leur situation (deux veuves élevant seules leurs filles) et la réussite de leur entreprise grâce à leur complémentarité est ternie par le racisme systémique qui infériorise Delilah et finit par la détruire. Paradoxalement, la cruauté de l'histoire racontée dans le film est tempérée par les prestations solaires de Claudette COLBERT et Louise BEAVERS ainsi que par des personnages secondaires hauts en couleur tels que celui d'Elmer (Ned SPARKS). On peut cependant regretter que Jessie, la fille de Bea soit aussi transparente dans le film de John M. STAHL ce qui déséquilibre un peu l'intrigue alors que la question du passing est en revanche abordée de façon plus tragique et plus réaliste, l'actrice jouant Peola, Fredi WASHINGTON étant métisse.

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