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Articles avec #scott (tony) tag

Les Prédateurs (The Hunger)

Publié le par Rosalie210

Tony Scott (1983)

Les Prédateurs (The Hunger)

Le vampire est éternel... également sur les écrans. Comme tous les mythes, chaque époque s'en empare et le réinterprète. Avant les versions des années 90 ("Dracula" de Coppola, "Entretien avec un vampire" de Neil Jordan), la saga "Twilight" des années 2000 et la relecture de Jim Jarmush, "Only Lovers Left Alive" en 2013, "Les Prédateurs", le premier long-métrage de Tony Scott en a offert une version eighties chic, arty et saphique devenue culte avec le temps. Exit les vieux artefacts associés au vampirisme (les croix, l'ail, la lumière, les miroirs etc.) Dans "Les Prédateurs", ceux-ci sont jeunes, beaux, classe avec leurs costumes haute-couture taillés sur mesure. Ils ont les visages iconiques de Catherine Deneuve (période "Le Dernier Métro") et de David Bowie (période "Let's Dance"). Ils vivent dans de somptueuses résidences pleines de bibelots anciens et se repaissent autant de sang que de grande musique (magnifiquement utilisée que ce soit le trio de Schubert aussi suggestif que dans "Barry Lyndon" ou le Lakmé de Léo Delibes). Un sang étroitement lié au sexe, les vampires se nourrissant au moment de leurs ébats torrides avec leurs proies ce qui fait évidemment penser au sida alors en pleine émergence (et le film de Coppola enfoncera ensuite le clou). L'esthétique baroque tout autant que la thématique m'a fait penser spontanément à Blade Runner, réalisé par Ridley Scott, frère de Tony en 1982: clairs obscurs, lâcher de colombes, fumigènes, voilages volant au vent, ambiance hypnotique, créatures inhumaines en proie à des questions existentielles. Car l'immortalité des vampires de Tony Scott s'avère conditionnelle: elle dépend du désir d'un autre. Cet autre est longtemps Miriam, sorte de déesse égyptienne qui élit ceux qui lui plaisent jusqu'à ce qu'elle s'en lasse. Alors ceux-ci vieillissent brutalement et finissent par se transformer en momie. C'est précisément ce qui arrive à John dont le maquillage est par ailleurs très réussi (son auteur, Dick Smith a travaillé notamment sur "L'Exorciste"). Miriam a en effet trouvé un autre objet de désir en la personne de Sarah (Susan Sarandon), médecin spécialiste des effets du vieillissement. Mais avec elle, le processus s'inverse comme si la science dévorait la croyance. Les scènes entre Catherine Deneuve et Susan Sarandon ne sont pas pour rien dans le statut culte du film: la première est devenue une icône lgbt et la seconde incarne une femme forte et indépendante qui annonce celle de "Thelma et Louise". 

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Top Gun

Publié le par Rosalie210

Tony Scott (1986)

Top Gun

Le fait de revoir "Top Gun" (disponible en ce moment sur Netflix) après avoir vu "Top Gun: Maverick" (2020) s'avère finalement plutôt éclairant tant les deux films reflètent leur époque, n'en déplaise à Tom CRUISE qui aimerait tant arrêter le temps. "Top Gun", c'étaient les années 80, l'ère du vidéo-clip et de la guerre froide mais aussi une vision de la marine digne de "In the Navy" des Village People "We want you, we want you as a new recrue" certes mais à condition d'être un mâle blanc hétérosexuel (enfin selon la définition qu'en donne l'avocat Roy Cohn, bras droit du sénateur McCarthy pendant la chasse aux sorcières contre les communistes et les homosexuels dans "Angels in America" (2003): "je suis un hétéro qui se tape des mecs" ^^ tant l'amitié virile célébrée à l'armée a des côtés tendancieux bien mis en lumière par nombre de films, "Les Damnés" (1969) ou "Reflets dans un oeil d or" (1967) par exemple). Les seules femmes du film sont Meg RYAN dont l'identité se résume à être épouse et mère ainsi que Kelly McGILLIS, l'instructrice des jeunes pilotes mais qui d'une part ne pilote pas elle-même (contrairement à Maverick lorsqu'il devient instructeur dans "Top Gun: Maverick") (2020), et qui de l'autre remise très vite ses prétentions dominatrices pour se jeter dans les bras de Tom Cruise (pas très professionnel tout ça). Si on ajoute que Kelly McGILLIS est absente de "Top Gun: Maverick" (2020) de son propre aveu parce qu'elle est "vieille, grosse et fait son âge", contrairement à Val KILMER qui pourtant a de grandes difficultés à parler depuis sa trachéotomie, on voit bien que ce qui importe dans "Top Gun" et sa suite ce sont les relations viriles, juste ripolinées au goût du jour dans "Top Gun: Maverick" (2020) avec des gages donnés à la diversité (mais celle-ci reste de surface)*. En dépit de tout ce que le film peut avoir de traditionnaliste et de convenu, le fait est qu'il a conservé sa capacité de séduction: de belles images planantes, des scènes aériennes déjà spectaculaires, un Tom CRUISE tout jeune mais déjà hyper charismatique lorsqu'il chevauche sa moto et une BO qui n'est pas pour rien dans le caractère culte du film.

* Je n'ai pu m'empêcher de comparer les deux films à "Orphée" (1950) et "Le Testament d Orphée" (1959) avec Tom CRUISE, cascadeur éternel en lieu et place de Jean COCTEAU, éternel poète. Exercices exacerbant le narcissisme des deux artistes, ces films mettent en évidence l'importance du jumeau-miroir (pour Tom Cruise c'est Goose-Anthony EDWARDS puis Iceman-Val Kilmer, pour Jean Cocteau c'est Cégeste alias Edouard DERMIT). Quant à la femme, qu'elle s'appelle Eurydice ou Charlie, elle est absente des suites et sa place est "à la layette et aux impôts". Une telle comparaison permet de mieux comprendre par ricochet les zones d'ombre de Tom Cruise et notamment les rumeurs sur son homosexualité bien mises en valeur par Stanley KUBRICK dans "Eyes wide shut" (1999).

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