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Articles avec #rivette (jacques) tag

Paris nous appartient

Publié le par Rosalie210

Jacques Rivette (1960)

Paris nous appartient

Comme je suis curieuse et que nombre de réalisateurs (sans oublier les réalisatrices) de la Nouvelle Vague me sont chers, je me suis lancée dans le visionnage du premier film de Jacques RIVETTE. Le résultat ne m'a pas convaincue.

Contrairement à des oeuvres pleines de naturel et de fraîcheur comme "A bout de souffle" (1959) ou viscérales comme "Les Quatre cents coups" (1959), "Paris nous appartient" est cérébral et excessivement poseur. Le film repose sur un dispositif aujourd'hui éculé, signature des films pensés pour les festivals: la mise en abyme entre une tragédie vécue par les personnages et une pièce de théâtre (shakespearienne!) censée la mettre en scène.

Le problème est qu'on ne s'attache jamais à ces personnages. Ils ressemblent plutôt à des pions qui récitent leur texte et on ne croit pas une seconde à la fatalité qui pèse sur eux. Et pour cause, la tragédie, ça se marie mal avec les soirées germanopratines qui ponctuent le film, histoire de rappeler que les gens qui défilent à l'écran appartiennent à un tout petit monde. Un monde qui tente de nous faire croire qu'il se prend de plein fouet les événements dramatiques qui se déroulaient à l'époque du film (maccarthysme et guerre d'Algérie) sauf que la menace semble bien abstraite, un verre à la main sous les toits haussmanniens.

D'ailleurs, les compatriotes de la nouvelle vague de Jacques RIVETTE viennent y faire leur caméo: d'abord Claude CHABROL, puis Jean-Luc GODARD et enfin Jacques DEMY. Cette pratique de s'inviter dans les films des uns et des autres n'est pas propre au film de Jacques RIVETTE mais au-delà de l'effet de curiosité, elle paraît assez gratuite. Même reproche avec l'un des acteurs "signature" du mouvement, Jean-Claude BRIALY qui ne sert strictement à rien.

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Les scandales de la Religieuse

Publié le par Rosalie210

Fanny Belvisi (2023)

Les scandales de la Religieuse

Arte consacre une série de documentaires aux grands romans qui ont fait scandale à leur sortie, soit parce qu'ils ont été l'objet de malentendus voire de contresens, soit parce qu'ils étaient en avance sur leur époque. C'est dans cette dernière catégorie que se situe "La Religieuse" de Denis Diderot, publié à titre posthume et de façon confidentielle en 1796. Mais si le titre est au pluriel, c'est parce que son adaptation cinématographique par Jacques RIVETTE en 1966 fit l'objet d'une censure gouvernementale avant que celui-ci ne rétropédale face à la mobilisation du monde de la culture. Il est intéressant également de souligner qu'à sa sortie en 1967, il était interdit aux moins de 18 ans. A sa première ressortie en 1988, il n'était plus interdit qu'aux moins de 16 ans. Et à sa deuxième ressortie en version restaurée en 2018, il était classé tous publics.

On le constate donc, l'histoire du livre et de son adaptation suit de près l'histoire de la libération des moeurs en relation avec l'affaiblissement de l'influence du clergé catholique dans la société. En effet l'aspect scandaleux du roman est lié à la description des turpitudes au sein d'une institution contre-nature qui loin d'élever l'être humain comme elle le prétend le pervertit à force de nier ses besoins les plus élémentaires. De plus, c'est également une critique d'un ordre social instrumentalisant la religion pour des raisons financières et juridiques. Au XVIII°, le couvent était en effet un moyen de se débarrasser des filles cadettes que les familles aristocrates ne pouvaient pas ou ne voulaient pas doter, a fortiori si elles étaient illégitimes. Par-delà la satire d'une institution religieuse hypocrite et perverse, le livre est donc un plaidoyer en faveur de la liberté des femmes. Ce qui était au départ une mystification dans lequel Diderot s'était fait passer pour une jeune femme bien réelle ayant été placée au couvent contre son gré s'est transformé en un roman dans lequel il a pu outre ses convictions de libre-penseur et son anticléricalisme dépeindre sa propre expérience de l'enfermement et celle de sa soeur religieuse qui devint folle et mourut très jeune.

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