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Articles avec #musidora tag

La magique image

Publié le par Rosalie210

Musidora (1950)

La magique image

Vu en première partie de la soirée consacrée à MUSIDORA à la Cinémathèque, "la magique image", son dernier film, est un court-métrage qui a été considéré comme perdu jusqu'à ce qu'il soit retrouvé en 2025, égaré au sein des immenses fonds d'archives de la Cinémathèque. Il a été immédiatement restauré et de nouveau projeté à la Cinémathèque à partir de mars 2026.

"La magique image" est une commande que Henri LANGLOIS a fait à MUSIDORA qui travaillait pour lui à la Cinémathèque depuis les années 1940. Celle-ci a écrit, tourné et monté le film en seulement trois jours dans la perspective de le présenter au festival d'Antibes. C'est un essai documentaire d'une dizaine de minutes assez insolite car les images y sont dissociées du son. On commence par entendre la voix de MUSIDORA alors âgée d'une soixantaine d'années sur un fond noir qui expose ses théories sur le cinéma, puis on voit des images extraites de différents films muets dans lesquels elle apparaît, rendant ainsi hommage à son mentor Louis FEUILLADE ainsi que des plans tournés en 1950 avec une roulotte de gitans où elle apparaît aussi, allusion aux origines foraines du cinéma et enfin on retourne au dispositif du commentaire en voix-off sur fond noir.

On a donc successivement la voix de Musidora seule, le visage de Musidora jeune dans les films issus du cinéma premier alternant avec le visage de Musidora âgée sur des images rendant hommage au cinéma premier et enfin à nouveau la voix de Musidora seule. Comme le fera plus tard par exemple Agnes VARDA, MUSIDORA s'amuse donc à brouiller les frontières entre les genres et les époques, n'hésitant pas à jouer sur la mise en abyme et les artifices permis par le cinéma qui abolit le passage du temps, permet de dialoguer avec les morts, immortalise l'instant sur la pellicule.

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Soleil et Ombre

Publié le par Rosalie210

Musidora et Jacques Lasseyre (1922)

Soleil et Ombre

L'ère du cinéma muet, c'est encore trop méconnu, a été propice à l'épanouissement artistique des femmes. Le septième art était encore dans une phase pionnière, assimilé aux arts forains et expérimentaux et donc relativement méprisé par les sphères de pouvoir. Par conséquent, les femmes avaient le champ libre pour occuper tous les postes. MUSIDORA qui a commencé sa carrière sous la direction de Louis FEUILLADE a créé sa propre société de production dès 1919 et a écrit, financé, produit et interprété les deux rôles principaux de "Soleil et Ombre". Le film a été restauré à partir de deux copies d'exploitation, une espagnole et une anglaise ainsi que la copie française que MUSIDORA qui était amie avec Henri LANGLOIS et travaillait depuis les années 40 à la préservation de ce qu'il restait de l'ère du muet avait elle-même déposé à la cinémathèque.

Le roi d'Espagne Alphonse XIII avait dit à propos de "Soleil et Ombre", "Une française a fait là un film absolument espagnol et dans l'esprit espagnol". Il faut croire que certains français ont l'Espagne dans le sang car celle que l'on retrouve est celle de Carmen. Pas de gitane libre et insolente mais une Andalousie baignée de lumière où l'arène de la corrida devient l'épicentre d'une tragédie amoureuse, deux femmes se disputant les beaux yeux d'un toréro (qui l'était véritablement dans la vie!), une espagnole et une étrangère, toutes deux jouées par MUSIDORA. Celle-ci bien que transposant une nouvelle de Maria Star (le pseudo littéraire de la baronne italienne Ernesta Stern) intitulé "l'Espagnole" y injecte sa propre vie (installée en Espagne, elle vivait avec le torero du film). En se dédoublant, elle incarne à la fois la tentatrice et la victime qui lave son honneur bafoué dans le sang.

A ce triangle amoureux somme toute classique vient s'ajouter une intrigue annexe qui l'est un peu moins dans une boutique d'antiquités, véritable refuge pour marginaux. L'antiquaire est la figure tragique d'un Quasimodo local à la Lon CHANEY (mais interprété par Paul VERMOYAL) qui aime passionnément Juana mais qui sachant qu'il ne peut être aimé en retour, a converti cet amour en altruisme désintéressé, recueillant et protégeant Juana ainsi qu'une jeune fille simple d'esprit surnommée "La Boba". La douceur de ce havre de paix contraste furieusement avec la violence de la corrida où la mise à mort quasi documentaire du taureau apparaît pour ce qu'elle est, une barbarie.

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Les Misères de l'aiguille

Publié le par Rosalie210

Armand Guerra, Raphaël Clamour (1913)

Les Misères de l'aiguille

Misères de l'aiguille ou mystères de l'aiguille? Il est bien difficile de suivre ce film de 1913. Celui-ci est privé d'intertitres, l'image est très dégradée au point d'être parfois aux deux-tiers illisible. Pour ne rien arranger, la fin du film est parasitée par des images venues d'un autre film qui n'a strictement rien à voir. En plus de ces problèmes que l'on peut qualifier de techniques, le peu d'informations que l'on arrive à saisir relève du plus lourd pathos avec une héroïne sur qui les malheurs pleuvent: on la voit rechercher du travail, se faire agresser sexuellement par un alias de Harvey Weinstein qui la renvoie quand elle le repousse puis s'échiner à la tâche à domicile pendant que son mari se meurt. Après avoir déposé au clou ses maigres biens, elle reçoit une mauvaise nouvelle (sans doute l'annonce de son expulsion) qui l'amène au bord du suicide. Heureusement une miraculeuse coopérative ouvrière vient la sauver. Car c'est l'objectif final du film (issu lui même d'une coopérative d'artistes venus du théâtre et du music-hall), faire la propagande d'une oeuvre sociale de charité. Bref rien d'intéressant sinon que l'héroïne, Louise est jouée par MUSIDORA dont c'était la première apparition à l'écran, le film étant réalisé par l'un de ses partenaires au théâtre du Châtelet, Raphael CLAMOUR.

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