Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Articles avec #mcquarrie (christopher) tag

Mission: impossible - The Final Reckoning (Mission : Impossible - Dead Reckoning Part 2)

Publié le par Rosalie210

Christopher McQuarrie (2025)

Mission: impossible - The Final Reckoning (Mission : Impossible - Dead Reckoning Part 2)

Ce dernier (?) épisode de la saga des Mission impossible, d'une durée de près de trois heures en met plein la vue. On ne peut que s'incliner devant l'engagement physique de Tom CRUISE face aux effets de l'âge et des mutations de l'industrie hollywoodienne vers toujours plus de virtualité avec deux séquences d'action insensées et esthétiquement superbes. Celle, muette, où il fouille l'épave du sous-marin Sébastopol à la recherche du code-source permettant de neutraliser l'Entité tout en rouge et bleu m'a fortement rappelé l'atmosphère de "Abyss" (1989) sauf que la contemplation est remplacée par de la tension: l'épave est instable et contient des torpilles qui peuvent exploser à tout moment. Quant au thème de la destruction de l'humanité par une machine capable d'altérer la perception du réel, elle renvoie à la SF de Stanley KUBRICK. Celle de la poursuite aérienne avec Gabriel à bord de deux appareils, l'un jaune et l'autre rouge est tout aussi spectaculaire: sur terre, dans les airs ou sous la mer, le casse-cou américain aux penchants sacrificiels rappelle les grandes heures de Philippe de Dieuleveult dans "La Chasse aux trésors" qui ne cessait de repousser ses limites au point de se mettre en danger (il a fini d'ailleurs par y rester) et dont on a appris ultérieurement qu'il travaillait pour les services secrets français.

Certes, tout n'est pas de ce niveau. Il y a des longueurs, des redondances, des maladresses, des clichés. Mais ce feu d'artifices final (?) a aussi des allures de bilan. La nostalgie l'imprègne fortement avec des images issues de tous les épisodes précédents et la volonté manifeste d'en faire l'ultime (?) maillon d'une chaîne. Le retour inattendu d'un personnage issu du premier film réalisé par Brian DE PALMA en témoigne mais aussi la séquence finale qui reprend les mêmes codes esthétiques que celle dans laquelle Ethan Hunt assistait impuissant au massacre de son équipe. Sauf que dans "The Final Reckoning" il s'agit au contraire de célébrer le travail d'équipe. Si Ethan Hunt reste un élément central dans la résolution de la quête pour empêcher la destruction du monde par l'Entité, il ne parvient à son but que grâce aux talents conjugués de tous ses coéquipiers que le montage alterné met bien en valeur. Au point revenir à la vie grâce à l'une d'entre elles lors d'une séquence lyrique et poétique concluant l'épisode du sous-marin là encore proche de "Abyss" (1989) mais aussi de "2001 : l'odyssee de l'espace" (1968) où il apparaît particulièrement vulnérable, presque nu, tel un nouveau-né en position foetale flottant dans du liquide amniotique. Un appel du pied pour un passage de relai ou une ultime pirouette vers le retour fracassant de "l'homme qui ne vieillit jamais?" ^^.

Voir les commentaires

Mission: impossible - Dead Reckoning Part 1

Publié le par Rosalie210

Christopher McQuarrie (2023)

Mission: impossible - Dead Reckoning Part 1

Mais qu'est-ce qui fait courir film après film Ethan Hunt/Tom CRUISE? La réponse pourrait être contenue dans cet avant-dernier opus qui confronte le héros à une IA maléfique et insaisissable après laquelle courent toutes les puissances dans l'espoir d'en prendre le contrôle, soit le dernier avatar en date du mythe de Prométhée qui hante l'homme occidental depuis le berceau. Pour la neutraliser, le héros et l'acteur qui l'incarne repoussent leurs limites physiques et défient plus que jamais la mort. Le final à bord d'un train saboté lancé à toute vitesse vers un pont dynamité impressionne avec ces wagons qui basculent un par un dans l'abîme de même que le saut dans le vide qu'effectue Tom CRUISE pour monter à bord. Dans ce mano à mano entre "L'entité" et le héros de chair et d'os, on peut également lire entre les lignes un défi lancé à la technologie qui tend à se substituer à l'engagement humain. A l'algorithme désincarné, Tom CRUISE oppose ses exploits bien physiques de casse cou sous un masque "blanc" qui rappelle fortement Buster KEATON, l'homme qui ne souriait jamais mais réalisait d'incroyables cascades plus folles les une que les autres sans trucage. Même si cet énième "Mission impossible" est sans doute trop long et quelque peu alambiqué sur le plan scénaristique, il constitue l'un des jalons du parcours de cet acteur "christique" pour qui le cinéma est une affaire très personnelle.

Voir les commentaires

Mission impossible: Rogue Nation (Mission: Impossible- Rogue Nation)

Publié le par Rosalie210

Christopher McQuarrie (2015)

Mission impossible: Rogue Nation (Mission: Impossible- Rogue Nation)

Cinquième film de la saga "Mission Impossible" et cinquième réalisateur: Christopher McQUARRIE qui était déjà intervenu sur le quatrième volet pour retoucher le scénario sans être crédité. Christopher McQUARRIE s'est depuis installé aux commandes de la saga puisqu'il a également réalisé le sixième film et il est pressenti pour les deux prochains prévus en 2021 et 2022. Sa proximité avec Tom CRUISE a été sans doute un facteur déterminant.

"Rogue nation" s'intitule ainsi en référence aux "Etats voyous" accusés par les administrations américaines depuis Ronald Reagan de financer ou d'abriter des réseaux terroristes ou encore de développer des armes de destruction massive. De fait l'historique de l'organisation que combat le MIF ressemble à celle de Al-Qaida en ce que son leader a été formé par les occidentaux avant de se retourner contre eux.

Mais "Rogue nation" est avant tout un divertissement classieux dont la séquence d'introduction, restée dans les annales a valeur de manifeste. On y voit Tom CRUISE pallier les défaillances des outils high-tech à l'aide de ses performances physiques. De fait, l'acteur réalise une cascade spectaculaire et très dangereuse arrimé à un avion qui décolle et repousse ensuite sans cesse les limites avec notamment une séquence d'apnée de 6 minutes. De fait, plus il vieillit, plus il prend des risques, défiant le temps et la mort. Mais plus encore que dans le quatrième volet, Ethan Hunt s'appuie sur une équipe solide aux membres complémentaires: William Brandt son second depuis le quatrième volet (Jeremy RENNER) Benji Dunn (Simon PEGG) toujours chargé des interventions comiques mais qui acquiert également une dimension dramatique, le grand retour de Luther (Ving RHAMES) et enfin, Ilsa Faust (Rebecca FERGUSON) le seul nouveau personnage qui dote enfin la saga d'une héroïne digne de ce nom, celle-ci pouvant être vue comme une sœur jumelle de Ethan Hunt. Son nom renvoie à son statut maudit de louve solitaire en tant qu'agent infiltré contraint de servir l'ennemi. Tout dans son comportement dénote une grande empathie vis à vis d'Ethan dont elle ne comprend que trop le sens du sacrifice poussé jusqu'au martyre. Sa présence fait ressortir l'humanité et donc l'aspect faillible d'Ethan Hunt comme le montre la scène d'apnée. Quant à l'aspect tragique de ces deux destinées, il est magnifié par une scène d'opéra qui lorgne clairement du côté de "L Homme qui en savait trop" (1956) de Alfred HITCHCOCK. Bref, sans perdre son ADN (exotisme, action, haute-technologie, espionnage), la saga acquiert une densité humaine appréciable.

Voir les commentaires

Usual Suspects (The Usual Suspects)

Publié le par Rosalie210

Bryan Singer (1995)

Usual Suspects (The Usual Suspects)

On a beaucoup évoqué à propos de "Usual Suspects" et plus particulièrement de son fil directeur, la pépite que constitue l'interrogatoire du témoin Roger Verbal Kint par l'inspecteur Kujan une réactualisation des grands duels de la Grèce antique: celui d'Ulysse aux mille ruses ("mon nom est personne") contre le Cyclope crédule et aveugle ou encore celui des sophistes contre Platon. Tout ceci est justifié. Mais il y a une autre référence littéraire qui m'a sauté aux yeux, qui n"est jamais évoquée et qui me paraît encore plus pertinente, c'est "La lettre volée". Dans cette nouvelle de Edgard Allan Poe, Dupin, un détective privé réussit là où les flics ont échoué car il comprend que la lettre qu'ils cherchent n'est pas cachée mais au contraire elle est mise bien en évidence juste sous leur nez. Seulement personne n'y fait attention car le voleur lui a donné l'apparence d'un papier ordinaire et sans valeur. Christopher McQUARRIE, le scénariste de "Usual Suspects" est lui-même un ancien détective et a donc eu la même idée: mettre le véritable coupable sous le nez de l'inspecteur sans que jamais celui-ci ne le soupçonne en raison d'un travestissement qui fait de lui en apparence un être ordinaire et sans valeur. Roger Verbal Kint semble en effet l'antithèse absolue de l'image que le milieu très machiste de la police se fait du Caïd de la pègre: faible, infirme, peureux, sensible, passif, dominé bref vulnérable et féminin. Un rôle dans lequel il est d'autant plus crédible qu'il a renoncé à son ego comme à ses attaches sur terre ce qui lui confère une dimension mystique (ne dépeint-il pas leur commanditaire, Keyser Söze comme insaisissable et évanescent telle une divinité maléfique omnipotente?). Il n'en faut pas plus pour mystifier Kujan. Celui-ci est aveuglé par ses préjugés qui l'orientent vers Keaton (Gabriel BYRNE) qui offre un profil en adéquation avec l'idée qu'il se fait du Caïd. Il est également victime d'un complexe de supériorité que Kint, bon connaisseur du milieu et de ses travers a su susciter en lui. Sous-estimer son adversaire est fatal et ce d'autant plus qu'il n'a jamais considéré Kint comme tel. Pourtant un spectateur attentif peut remarquer qu'avant d'entamer son récit, Kint balaye des yeux le décor pour y puiser son inspiration (la brillante interprétation de Kevin SPACEY joue beaucoup sur le contraste entre l'intelligence de son regard et l'apparence stupide du reste de sa personne). Car l'autre grande caractéristique du personnage, en contradiction avec son apparence, est sa maîtrise du langage, de l'éloquence et de l'art de la narration. "Verbal" Kint est un double du réalisateur Bryan SINGER et du scénariste Christopher McQUARRIE, il mène en bateau Kujan (le spectateur) qui n'y voit que du feu. Kint démontre ainsi qu'il est bien l'empereur (Keyser/Kaiser) du verbe (Sõze en turc). Car qui possède le langage détient le pouvoir. Échec et mat.

Voir les commentaires