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Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake)

Publié le par Rosalie210

Ken Loach (2015)

Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake)

Le festival de Cannes adore les films sociaux ce qui est un paradoxe quand on regarde la bulle mondaine et élitiste qui leur attribue généreusement la palme d'or. Une façon de conjurer la vacuité accompagnant ce type d'événement? Toujours est-il que comme pour les films primés des frères Dardenne, le jury a eu le nez creux. "Moi Daniel Blake" est un excellent film qui complète très bien l'autre palme d'or de Ken LOACH, "Le Vent se leve" (2006). Surtout il fait partie des rares films qui réussissent à jeter un pont entre les deux bords de la fracture sociale qui mine nos vieilles démocraties et à mettre en lumière les contradictions entre les injonctions performatives de la mondialisation libérale et l'héritage de d'Etat-providence né de la grande Dépression et de la seconde guerre mondiale. Daniel Blake, homme de l'ancien temps n'ayant pas réussi à s'adapter au nouveau ce que souligne son illectronisme a un gros pépin de santé qui l'empêche de continuer à travailler. Son parcours du combattant face à l'inhumaine et absurde machine administrative pour faire reconnaître son invalidité et toucher ses indemnités révèle les méthodes écoeurantes utilisées par l'Etat pour priver les personnes devenues "improductives" de leurs droits et ainsi à défaut de pouvoir purement et simplement le supprimer, torpiller l'Etat-providence de l'intérieur. Beaucoup de scènes du film valent aussi pour la France et parleront à tous. Outre l'illectronisme qui donne lieu à des scènes tragi-comiques, qui ne s'est pas heurté à des personnes incompétentes mais intronisées comme expertes par les autorités pour remettre en cause les avis des médecins n'allant pas dans leur sens? Qui n'a pas déjà attendu des heures au téléphone que quelqu'un veuille bien prendre en charge leur appel? Qui n'a pas eu la désagréable impression d'être suspecté de fraude aux allocations juste pour le fait de réclamer ses droits? Qui ne s'est pas retrouvé dans un dédale kafkaïen de démarches absurdes dans lequel le respect du protocole est mis au dessus des besoins les plus élémentaires comme ceux d'être écouté et respecté? Sans parler de l'infantilisation des chômeurs, fliqués et menacés de sanction au moindre faux pas. Ken LOACH décortique impitoyablement la machine à broyer les pauvres, que les quelques manifestations de solidarité et les associations caritatives ne parviennent pas à enrayer, d'autant que les employés humains sont impitoyablement fliqués eux aussi alors que les subventions aux associations se réduisent. La force du film tient aussi à la caractérisation du personnage principal qui incarne une attention aux autres et un amour du travail bien fait qui rend d'autant plus insupportable son oppression et son sentiment d'impuissance grandissant. Le fait de mépriser ces valeurs en détruisant les gens qui les portent au profit d'ectoplasmes renvoie l'image d'une société pas seulement à deux vitesses mais profondément malade. La galère de la jeune femme en situation de précarité qu'il tente d'aider est hélas représentative de nombre de cas actuels au Royaume-Uni, particulièrement depuis la mise en oeuvre du Brexit.

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Just a kiss (Ae fond kiss...)

Publié le par Rosalie210

Ken Loach (2004)

Just a kiss (Ae fond kiss...)

En regardant "Just a kiss" (2004), j'ai pensé à "My Beautiful Laundrette" (1985) de Stephen FREARS qui racontait également une histoire d'amour (gay de surcroît) entre deux jeunes, l'un d'origine britannique et l'autre d'origine pakistanaise cherchant à réussir, le tout dans un contexte difficile (les années Thatcher pour Stephen FREARS, les retombées du 11 septembre pour le film de Ken LOACH). Les premières images joyeuses de "Just a kiss" (2004) sont assez éloignées de l'univers habituel de Ken LOACH et de fait, "Just a kiss" est atypique dans sa filmographie même si à y regarder de plus près, le cinéaste s'est essayé à employer un ton plus léger dans d'autres réalisations ("La Part des anges" (2012) par exemple). De fait, "Just a kiss" peut être rangé dans la catégorie des comédies romantiques même si le film a également une portée sociale et critique. En témoigne des gags très efficaces comme celui du moyen inventé par le père de Casim pour empêcher les chiens d'uriner sur la réclame située devant son épicerie, la parenthèse espagnole où les amoureux batifolent en toute liberté et les scènes festives de boîte de nuit. C'est tout à fait adapté à l'âge des personnages principaux qui par ailleurs sont issus de la classe moyenne et non du prolétariat, c'est frais et agréable à suivre. Néanmoins, Ken LOACH n'a pas oublié ses combats et s'en prend avec virulence aux communautarismes et à l'intolérance religieuse. Et ce dès l'introduction de son film où la soeur cadette de Casim, Tahara refuse qu'on la réduise à sa confession. Son discours ressemble à celui de Sidney POITIER qui voulait que l'on prenne en compte les autres facettes de sa personnalité (artiste, américain etc.) et pas seulement sa couleur de peau. Tahara doit se battre sur deux fronts, le racisme blanc d'un côté, le patriarcat pakistanais de l'autre qui veut l'empêcher de s'émanciper. Son frère Casim n'a quant à lui pas le courage de s'affirmer face à sa famille qui fait des projets pour lui en lui préparant un mariage arrangé avec une cousine et en construisant un logement annexe à leur pavillon. Or il est tombé amoureux d'une belle prof de musique blonde et catholique et il rêve d'ouvrir un club dont il serait le dj. Sa copine Roisin se heurte de son côté au puritanisme religieux de l'école catholique où elle travaille ce qui nous vaut la scène la plus violente du film. Du pur Ken LOACH où un prêtre refuse de lui renouveler son certificat de bonne conduite, indispensable pour qu'elle conserve son travail sous prétexte qu'elle a une relation hors-mariage avec un musulman. Cette scène est une véritable piqure de rappel pour tous ceux qui ont oublié ce que la religion pouvait avoir de paternaliste et d'intrusif en cherchant à régenter la vie privée de ses ouailles. Quant à la famille de Casim, elle est renvoyée aux limites consistant à élever des enfants en Ecosse tout en faisant comme si elle résidait toujours au Pakistan. Mais l'histoire du père de Casim qui se confond avec celle de son pays aide à mieux comprendre son comportement. Bref un film qui allie avec réussite légèreté relative et réflexion.

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Carla's song

Publié le par Rosalie210

Ken Loach (1996)

Carla's song

Quand il ne centre pas ses films sur la guerre des classes à l'intérieur de son pays, Ken LOACH parcourt l'espace et le temps pour raconter des conflits dans lesquels il peut défendre ses valeurs de gauche: Irlande, Espagne ou comme ici Nicaragua. Il me fait penser à Tom, le benjamin idéaliste de la fratrie imaginée par le romancier Thierry Jonquet dans "Ad Vitam Aeternam" qui à la façon de "Highlander" (1986) traverse les siècles sans vieillir ou presque pour faire toutes les révolutions, de la Commune de Paris jusqu'au Chili de Allende. D'une certaine manière, "Carla's song" allie les deux aspects de son cinéma: la première partie qui se déroule à Glasgow dans les années 80 met en scène un chauffeur de bus rebelle qui découvre le terrible sort d'une réfugiée nicaraguayenne. Dans la deuxième partie, il est plongé au coeur de la guerre civile déchirant son pays d'origine avec le soutien logistique des USA aux contre-révolutionnaires expliqué avec force documents à l'appui par un ancien agent de la CIA. Sur la question des enjeux géopolitiques, le film reste au ras des pâquerettes. Le contexte de guerre froide n'est même pas évoqué, pas plus d'ailleurs que l'influence du guévarisme dont les sandinistes du Nicaragua sont les héritiers, il est même grossièrement manichéen comme beaucoup de films de Ken Loach. Les révolutionnaires sont montrés de façon presque folklorique (une troupe de musiciens et de danseurs, un groupe de femmes armées mais charmeuses) et Ken LOACH insiste de façon très démonstrative sur le progrès social qu'ils apportent avec eux (écoles, dispensaires, réforme agraire etc.) en occultant les enjeux idéologiques et politiques et le fait qu'ils utilisent eux aussi la violence. Ils sont en effet montrés à l'égal de la population civile comme des victimes de la barbarie de leurs adversaires, leurs armes ne leur servant qu'à se défendre. George (joué par l'excellent Robert CARLYLE) est un personnage sympathique mais bien peu crédible, s'effaçant au profit de la cause et de ceux qui la servent. C'est dommage car son histoire d'amour avec Carla était racontée de manière particulièrement touchante au début du film. Le sacrifice des personnages et de l'aspect intimiste au profit de la démonstration didactique, simpliste et biaisée ravale le film au niveau de ceux qu'il veut combattre: les grands méchants américains, eux aussi très clients d'histoires dans lesquelles il est facile de définir le bien et le mal. Et si l'on montrait un peu plus de subtilité en exposant la complexité des conflits et en laissant le spectateur réfléchir par lui-même?

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Raining Stones

Publié le par Rosalie210

Ken Loach (1993)

Raining Stones

"Raining Stones" est l'un des premiers films de Ken LOACH que j'ai vus et aussi un de ceux que je préfère. Ce qui à mon avis explique la réussite du film, c'est son mélange parfait de comédie burlesque et de drame social. L'humour est en effet omniprésent et désamorce le pathos et le sordide de nombreuses situations qui plombent tant d'autres films de Ken LOACH sans affadir pour autant la dénonciation des injustices sociales qu'il contient, bien au contraire. Bob (Bruce Jones) et Tommy (Ricky TOMLINSON) sont des chômeurs, laissés-pour-compte de la société britannique post-thatchérienne qui enchaînent des combines plus minables les unes que les autres pour survivre dans la banlieue ouvrière sinistrée de Manchester où ils habitent. L'humour provient de leur incroyable maladresse qui les fait rater à peu près tout ce qu'ils entreprennent (des pis-aller de toute manière). Mais également de dialogues bien écrits aux phrases percutantes. Ce qui n'empêche pas la violence sociale de jaillir de la manière la plus crue, menaçant ce qui tient encore ces hommes debout: l'intégrité de leurs familles. On pense à d'autres films réalistes ou néoréalistes montrant les ravages du capitalisme sauvage dans un contexte de crise généralisée: "Les Raisins de la colère" (1940) par exemple ou "Le Voleur de bicyclette" (1948). Dans ce contexte difficile, le combat de Bob pour conserver sa dignité n'en est que plus émouvant au travers de son combat pour offrir à sa fille la plus belle tenue de première communiante. La religion est montrée de façon ambivalente: elle enfonce Bob dans les ennuis financiers, elle sert de dérivatif à la misère et à la colère (donc au risque révolutionnaire) mais en même temps elle est à peu près le seul refuge matériel et moral des ouvriers en dehors du centre d'aides sociales. Et l'engagement personnel du prêtre a une action déterminante sur le sauvetage de Bob.

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Le Vent se lève (The Wind That Shakes the Barkey)

Publié le par Rosalie210

Le Vent se lève (The Wind That Shakes the Barkey)

Ken Loach (2006)

J'ai beaucoup de mal avec le cinéma de Ken LOACH en général. Il y a en effet deux façons de le considérer. Côté positif, on dira que c'est un auteur "engagé", "enragé", "révolté", "en lutte pour un monde plus juste" etc. Côté négatif, on dira qu'il a tendance à tout voir par le seul prisme de la lutte des classes et qu'il est souvent manichéen ce qui aboutit à une binarité simpliste: "gentils" ouvriers contre "méchants" patrons. De plus, pour mettre les spectateurs de son côté, il utilise des ficelles parfois assez grossières en faisant des capitalistes dominants des brutes épaisses qui imposent leur domination par la force et l'humiliation. La réalité est évidemment infiniment plus complexe et nuancée, tant sur les méthodes de domination que sur les rapports de force qui traversent une société ou encore sur les identités des individus. Et comme j'aime plutôt la complexité et la nuance, ma sensibilité est souvent heurtée par le style "brut de décoffrage" de ce cinéaste qui en plus question mise en scène est loin d'être toujours inspiré. Certains de ces films sont de véritables pensums illustratifs académiques.

Ces réserves faites, "Le Vent se lève" fait partie de ses bons films même si je soupçonne le festival de Cannes de lui avoir attribué la Palme d'Or pour de mauvaises raisons (on ne devrait jamais attribuer un prix à une oeuvre d'art en guise d'étendard politique ou sociétal mais juste en fonction de sa valeur intrinsèque. Or "Le Vent se lève" a bénéficié du contexte de la guerre d'Irak à laquelle le RU participait aux côtés des USA). Il fait partie de ses bons films parce qu'il dépasse en effet son sujet -la guerre d'indépendance irlandaise et la guerre civile qui lui a succédé- pour démontrer de façon efficace certains mécanismes propres à la stupidité humaine:

- Le fait qu'une domination étrangère qui plus est brutale renforce la détermination du peuple opprimé à s'en débarrasser. Aucune guerre asymétrique (armée contre guérilla) ne peut être gagnée par l'occupant, même si elle peut s'enliser sur des décennies voire des siècles. Les USA l'ont appris (?) à leurs dépends au Vietnam, en Afghanistan ou en Irak.

- Le fait que la plupart de ces guerres ont, tout comme les révolutions victorieuses débouché ou entraîné avec elles des luttes fratricides pour le pouvoir, qu'il soit ou non accompagné d'une idéologie, invalidant d'emblée les beaux idéaux au nom desquels on massacre ses anciens camarades de lutte voire ses "amis" ou même comme dans "Le Vent se lève" sa propre famille. C'est la fameuse phrase de Manon Roland "Liberté, que de crimes on commet en ton nom". Tout homme qui abdique son humanité pour supprimer toute voix discordante au nom de sa "cause", quelle qu'elle soit en théorie ne se contente pas de perdre son innocence. Il détruit la cause qu'il sert. On n'impose pas la liberté et l'égalité dans le sang. Mais la spirale infernale de la guerre c'est à dire de la violence conduit à la radicalisation qui libère les pires instincts au détriment de la raison et amène à la binarité la plus simpliste qui soit "tu es avec nous ou bien contre nous" et donc dans ce dernier cas, je te supprime.

Ken LOACH montre très bien tous ces enjeux de façon convaincante puisqu'il évoque la guerre à l'échelle d'une famille et de la petite communauté qui l'entoure. Le titre se réfère à un poème du XIX° qui évoquait le soulèvement de l'Irlande à la fin du XVIII°. Les acteurs sont remarquables de véracité (Cillian MURPHY que j'ai pourtant vu auparavant chez Christopher NOLAN ne fait pas pièce rapportée et semble même être à sa vraie place) et la nature irlandaise est superbement filmée, sans trop d'emphase. Il n'empêche que les réflexes idéologiques de Ken LOACH viennent de temps à autre polluer le film, que ce soit en prenant parti pour les jusqu'au-boutistes qui refusent tout compromis avec les anglais montrés comme des héros ou en insistant lourdement sur les sévices et exactions que ceux-ci infligent aux irlandais, en omettant (hormis les exécutions) les horreurs que ces derniers ont pu commettre pendant la guerre sur les anglais ou sur leur propre peuple. L'arriération de la société irlandaise en matière de moeurs n'est pas du tout évoquée non plus.

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La Part des anges (The Angel's Share)

Publié le par Rosalie210

Ken Loach (2012)

La Part des anges (The Angel's Share)

J'ai tendance à fuir les films de Ken LOACH parce que je les trouve souvent pesants voire déprimants et pas toujours subtils à force de tout voir par le prisme binaire de la lutte des classes. Avec la "La part des anges", il change de registre sans renoncer à son identité de cinéaste. La comédie est en effet atypique dans sa filmographie mais elle n'en reste pas moins ancrée dans un lourd atavisme social. En témoigne l'ouverture avec ses jeunes délinquants aux gueules cassées qui défilent à la barre en comparution immédiate. Parmi eux, Robbie qui traîne de lourdes casseroles tant sur le plan de l'hérédité que sur celui de l'environnement sans parler de l'acte irréparable qu'il a commis et qui a brisé une vie innocente. L'horizon apparaît donc bouché de tous les côtés malgré la lueur d'espoir que lui donne sa compagne Léonie qui vient d'accoucher et qui lui vaut d'effectuer des TIG plutôt que de retourner en prison. Le fait est que Robbie est poursuivi par ses démons et son passé et que de quelque côté qu'il se tourne, il n'entrevoit pas d'issue. Jusqu'à ce qu'il fasse une bonne rencontre. Un petit coup de pouce du destin que certains trouvent invraisemblable mais on est au cinéma et pour une fois Ken LOACH assume la célèbre phrase de Alfred HITCHCOCK. A savoir qu'il s'agit de nous présenter non une tranche de vie mais une tranche de gâteau ou plutôt un bon verre de whisky millésimé plutôt que l'amère potion de la vie réelle. Certains trouvent que ça jure avec le réalisme social, moi pas, je trouve ça plutôt réjouissant et il vaut mieux pour une comédie. Alors voilà que Robbie et ses compagnons d'infortune, tous plus abrutis les uns que les autres (bon en fait il y en a un qui est plus abruti que les autres, c'est Albert dont la crétinerie nous vaut une scène d'introduction mémorable!) se retrouvent dans une distillerie de whisky puis dans une séance de dégustation et que Robbie se découvre (miraculeusement là aussi) un "nez" qui va le mener, lui et les autres, métamorphosés par le kilt au passage jusque dans les Highlands. Très belle idée d'avoir fait prendre l'air à ces jeunes et de les avoir transplantés dans les grands espaces à l'horizon ouvert. Là encore, le scénario offre des opportunités à Robbie pour transformer son larcin en success story avec l'idée sous-jacente qu'il vaut mieux que cela profite à des petits jeunes sans le sou qu'à de très gros bonnets-voyous à l'apparence respectable. Ca c'est le côté "Robin des bois" de Ken LOACH qui revient au galop sans trop de finesse mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse et de ce point de vue "La part des anges" est une comédie rondement menée, savoureusement dialoguée et très drôle par moments.

* Je connais d'ailleurs une association "Seuil" de réinsertion des jeunes délinquants qui fonctionne exactement sur ce principe. Les sortir de leur environnement habituel pour les faire marcher, seuls avec un accompagnateur dans les grands espaces afin de leur permettre de réfléchir à leur avenir.

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