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Articles avec #linder (max) tag

Max veut divorcer (Max Wants to Divorce)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1917)

Max veut divorcer (Max Wants to Divorce)

Max Linder a tenté par deux fois de faire du cinéma aux Etats-Unis. Avant de réaliser ses longs métrages indépendants, il a été embauché en 1916 par la Essanay qui souhaitait trouver un remplaçant à Chaplin qui venait de les quitter. Hélas l'aventure tourna court (les raisons ne sont pas claires: problème de santé ou manque de succès). Sur les 12 films prévus, il n'en tourna finalement que 3 dont 2 sont parvenus jusqu'à nous. Max veut divorcer est l'un de ces deux films, l'autre étant Max et son taxi.

L'intrigue de Max veut divorcer est assez sordide puisqu'il s'agit d'organiser un flagrant délit d'adultère pour divorcer et toucher un héritage avec la complicité de l'épouse mais le film est sauvé du mauvais goût par son grain de folie. En effet dans la pièce qui jouxte celle où Max reçoit sa pseudo-maîtresse un psychiatre reçoit lui des fous furieux plus hauts en couleur les uns que les autres, entassés dans une pièce qui finira par déborder et emporter tout le monde dans un délire contagieux.

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L'étroit mousquetaire (The Three Must-Get-Theres)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1922)

L'étroit mousquetaire (The Three Must-Get-Theres)

Des trois long-métrages qu'il tourna aux USA, Max Linder considérait que "l'Etroit mousquetaire" était son plus réussi et même le meilleur film de sa carrière. En effet c'est un petit bijou qui en prime est un film pionnier en tant que pastiche de romans historiques, chevaleresques ou de cape et d'épée très connus. Le film "Les trois mousquetaires" de Fred Niblo sorti exactement un an auparavant avec Douglas Fairbanks avait été un énorme succès. Max Linder propose de réaliser "l'envers" de ce film, son double parodique "The Three Must-Get-There". Ce qui est d'une logique implacable au vu de ses précédents films où la figure du double faisait surface à un moment ou à un autre, à travers le faux reflet d'un miroir par exemple.

C'est selon cette logique du reflet inversé passé au révélateur que les personnages du roman de Dumas sont renommés: Pauvre-lieu au lieu de Richelieu, Roquefort au lieu de Rochefort, Bouc qui Gagne au lieu de Buckingham, Ananas d'Autriche au lieu d'Anne d'Autriche, Bonne-aux-Fieux au lieu de Bonacieux (Connie en VO) et Lindertagnan au lieu de l'Artagnan.

Il souffle un vent de liberté dans ce film qui frappe par son énergie débridée et la richesse de ses trouvailles plus décalées voire surréalistes les unes que les autres. Linder réalise des cascades et acrobaties étourdissantes n'hésitant pas à transformer à l'occasion le film de cape et épée en spectacle de cirque ou en film de guerre. Il multiplie les anachronismes, à commencer par l'essayage de son costume où il s'auto-cite en revêtant brièvement un chapeau haut-de-forme. On voit également se succéder les poteaux et lignes électriques de la campagne de Gascogne, l'orchestre de jazz d'Ananas, une voiture à pneus et à porteurs, des téléphones, une moto, des allusions aux taxis, agences immobilières, traiteurs... Il cache souvent une partie de l'image pour créer une illusion de normalité et de logique qui devient nonsensique lorsqu'il la révèle en totalité. Il en est ainsi par exemple de la voile d'un bateau...qui surmonte son cheval avec lequel il traverse la Manche. Les noix de coco de "Monty Python, Sacré Graal" ne sont pas loin et on ne sera pas surpris d'apprendre que "L'Etroit Mousquetaire" a été une source d'inspiration directe pour ce qui s'avère être l'une des plus célèbres comédies parodiant une légende historique.

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7 ans de malheur (Seven Years Bad Luck)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1921)

7 ans de malheur (Seven Years Bad Luck)

10 ans avant l'émergence des grands noms du cinéma burlesque américain, Max Linder invente le genre au cinéma, d'abord en France puis aux Etats-Unis. 7 ans de malheur est le premier des trois longs-métrage qu'il a tourné aux USA au début des années 20. C'est le seul des trois qui nous est parvenu sans altération ou mutilation majeure. Hélas, Max Linder est depuis tombé dans l'oubli et ce n'est qu'aujourd'hui qu'un lent et patient travail de restauration nous permet de le redécouvrir et de lui redonner sa place au panthéon du cinéma mondial.

Une superstition affirme que briser un miroir est de très mauvais augure: cela apporte 7 ans de malheur. Or le film commence par Max enterrant joyeusement sa vie de garçon. Une soirée très arrosée qui lui fait perdre tous ses repères. Lorsqu'il rentre chez lui passablement éméché, il confond le mur où se trouve son armoire avec celui d'en face où se trouve la fenêtre ce qui lui fait commettre bévue sur bévue. En bref, il est prêt à passer de l'autre côté du miroir où il a pu mirer un autre moi parfaitement symétrique et synchrone pendant de longues minutes. Une scène célèbre qui a directement inspirée celle de Soupe au canard où les Marx Brothers interrogent leurs rapports fraternels. Chez Linder, conjurer le sort du miroir cassé, c'est devenir cet autre moi social, animal et même racial qui se cache derrière le costume du dandy. La suite du film est un immense jeu mené à 100 à l'heure où Max entre deux courses-poursuites pratique avec maestria l'art de la dissimulation et du déguisement pour berner les autorités quand il ne rentre pas se réfugier dans une cage aux fauves, lesquels s'avèrent être ses meilleurs amis (la scène inspirera directement Chaplin pour le Cirque). Le dénouement qui se déroule 7 ans plus tard nous prouve que le sort est effectivement conjuré: Max et sa femme filent le parfait amour en compagnie de leurs 7 enfants et autant de chiens. Le 7 n'est plus un symbole de malheur mais d'harmonie cosmique et cyclique qui renvoie à la première image du film, une plongée sur une table circulaire qui évoque un mandala.

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Soyez ma femme (Be My Wife)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1921)

Soyez ma femme  (Be My Wife)

Il en est du cinéma burlesque comme du cinéma tout court: il a été popularisé par les américains (natifs ou d'adoption) mais il a été inventé par des français. Le premier film du genre est d'ailleurs un film des frères Lumière, L'arroseur arrosé. Max Linder que l'on peut considérer comme l'un des premiers grands maîtres du cinéma burlesque a influencé notamment Chaplin qui était le premier à reconnaître tout ce qu'il lui devait.

Soyez ma femme est le deuxième des trois long-métrages qu'il a réalisé aux Etats-Unis au début des années 20. Il ne fut longtemps accessible qu'à l'état de fragment. Sa restauration en 2011 permet de le voir aujourd'hui en intégralité et d'apprécier aussi bien le dynamisme que l'inventivité de Linder.

Linder joue beaucoup dans ce film sur le cinéma comme théâtre de l'illusion, les possibilités du septième art en plus. A l'aide de déguisements, d'ombres chinoises et de rideaux, il créé dans la première partie du film des séquences plus surprenantes et surréalistes les unes que les autres, se dédoublant littéralement lorsqu'il fait croire qu'un cambrioleur s'est introduit dans la maison de sa fiancée (le but étant de mettre en valeur son courage et par contraste, la lâcheté de son rival). La suite du film est un marivaudage qui se fonde sur une série de quiproquos avec notamment l'utilisation hilarante d'un mécanisme qui transforme un anodin salon d'essayage en pièce de rendez-vous galant. Le tout est frais, pétillant, extrêmement bien rythmé, plein de fantaisie. Le charme de Max, le jeune dandy interprété par Linder est irrésistible d'autant qu'il joue -comme Chaplin avec lequel il partage cette retranscription à l'écran de la complexité de la nature humaine- sur plusieurs registres. Comique bien entendu avec des effets cartoonesques (yeux exorbités, cheveux dressés sur la tête) mais également sentimental et séducteur. Max est à la fois un dandy, un homme du grand monde avec un costume et des manières impeccables et un gamin farceur qui joue comme il respire, avec le plus grand naturel comme si le monde de l'enfance ne l'avait jamais tout à fait quitté.

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