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Articles avec #jewison (norman) tag

Dans la chaleur de la nuit (In the Heat of the Night)

Publié le par Rosalie210

Norman Jewison (1967)

Dans la chaleur de la nuit (In the Heat of the Night)

"Dans la chaleur de la nuit" est un film célèbre pour l'avancée qu'il représente en matière de représentation des afro-américains à l'écran. Le combat de Virgil Tibbs pour être respecté et reconnu à sa juste valeur dans l'environnement hostile du vieux sud raciste, "They call me, Mr Tibbs!" se confond d'ailleurs largement avec celui de Sidney POITIER pour se délivrer des assignations à sa seule couleur de peau et être reconnu comme un individu à part entière. De fait, il éclabousse de sa classe et de son talent la bêtise crasse des habitants de Sparta qui apparaissent plus dégénérés les uns que les autres, barbotant dans un marigot putride dont le film établit une impitoyable et éclairante radiographie. Le fait que Tibbs occupe une fonction sociale d'expert en criminologie les confronte tous à leurs préjugés et leur médiocrité. Ce film est d'ailleurs particulièrement éclairant sur les ressorts profonds du racisme qui ne supporte pas de regarder sa laideur dans un miroir. Autre moment "historique" du film, celui où Tibbs rend sa gifle au planteur esclavagiste sans que cela entraîne de conséquences ce qui revient à lui imposer un traitement d'égal à égal, insupportable pour tous ces grands propriétaires WASP dont le racisme se nourrit de paternalisme (les noirs comme les ouvriers sont vus comme de "grands enfants" à corriger si nécessaire).

Mais le film de Norman JEWISON a bien d'autres atouts. Dès le générique, son ambiance moite est posée grâce à la musique composée par Quincy JONES et chantée par Ray CHARLES: là aussi, c'est la grande classe, on se sent transporté directement dans le film! Et si les ressorts de l'intrigue policière ne sont pas toujours très fins (mais on s'en fiche en fait car la véritable enquête, c'est celle qui explore les causes profondes du racisme du patelin), le duo de flics formé par Sidney POITIER et Rod STEIGER fonctionne à merveille. Ce dernier n'a pas volé son Oscar du meilleur acteur tant son personnage est complexe. Se fondant en apparence totalement dans le décor de sa communauté avec son attitude brute de décoffrage, il apparaît pourtant face au miroir tendu par Tibbs comme un double, un solitaire qui protège sa singularité derrière un camouflage de caméléon à la manière de "Zelig" (1983). C'est là que toute l'intelligence du jeu d'acteur de Rod STEIGER se manifeste. Il faut en effet beaucoup de doigté pour faire ressentir l'ambivalence d'un personnage qui se découvre un frère en Tibbs, la première personne de son propre aveu qu'il invite chez lui tout en s'en défendant avec énergie voire brutalité tout en veillant constamment sur lui afin de le protéger de la violence, tout en lui balançant à la figure nombre des préjugés racisto-paternalistes dont il est imprégné. De quoi nourrir une réflexion plus large sur l'aliénation de l'individu et sa complexité insondable face au poids de la société et de ses représentations stéréotypées et figées. Face à un tel bulldozer, on sent que le flegme habituel de Sidney POITIER est mis à rude épreuve mais c'est pour le meilleur: un vrai contact qui préfigure nombre de buddy movies policiers fondés sur la complémentarité et l'opposition de son duo d'enquêteurs.

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L'Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair)

Publié le par Rosalie210

Norman Jewison (1968)

L'Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair)

"L'Affaire Thomas Crown" est un film policier divertissant et charmant grâce au glamour de ses deux interprètes (Steve McQUEEN et Faye DUNAWAY) qui jouent à "Arrête-moi si tu peux" (2002) et à toutes sortes d'autres jeux risqués sur fond d'érotisme. Par leur classe et leur goût de l'aventure, ils m'ont tous deux fait penser à James Bond ce qui est logique car le premier choix de casting pour jouer Thomas Crown était Sean CONNERY. De même le côté ludique du film lorgne vers Alfred HITCHCOCK au point qu'on croirait voir surgir l'ombre de Eva Marie SAINT (pressentie pour le rôle de Vicki Anderson) dans la scène de vente aux enchères. Néanmoins, si Vicki Anderson a un rôle actif à jouer contrairement à celui souvent décoratif des James Bond girls des années 60, elle n'est pas pour autant à égalité avec son partenaire et son rôle n'est pas dénués de clichés. Je pense notamment au fait qu'elle fonde son enquête sur la séduction et non sur la recherche de preuves. Ou encore le fait que lors de la partie d'échecs, si la caméra adopte plusieurs fois le point de vue de Thomas Crown observant avec désir tel ou tel détail, tel ou tel geste de sa partenaire, l'inverse ne se produit jamais. En langage actuel, on dirait que cette célèbre séquence est un monument de "male gaze".

Le film n'est donc moderne qu'en apparence et cela se retrouve sur la forme. Si les chorégraphies géométriques des casses et du jeu d'échecs se répondent avec bonheur, la gestion des split-screen est moins heureuse. Cette technique venait d'être découverte et Norman JEWISON en met partout sans que cela soit justifié. L'aspect tape-à-l'oeil de la mise en scène se retrouve aussi dans la bande-son omniprésente voire parfois envahissante (composée par Michel LEGRAND dont c'était la première collaboration dans une production hollywoodienne) dont on retient surtout la chanson "Les moulins de mon coeur".

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