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Articles avec #gance (abel) tag

Le Roman d'un jeune homme pauvre

Publié le par Rosalie210

Abel Gance (1935)

Le Roman d'un jeune homme pauvre

Le roman de Octave Feuillet fut à sa sortie en 1858 un best-seller, adapté de nombreuses fois au théâtre (dont l'année de sa sortie par Octave Feuillet lui-même). Mais il n'a pas passé l'épreuve du temps et apparaît aujourd'hui comme un mélo désuet au rebondissement final particulièrement lourdaud. Pourtant il est intéressant de savoir qu'il est en un sens autobiographique. Octave Feuillet n'était certes pas aristocrate mais issu de la bourgeoisie et fit carrière sous le second Empire. Par conséquent la chute du régime entraîna sa ruine. Il survécut grâce aux ventes de ses livres mais ceux-ci tombèrent pour la plupart dans l'oubli après sa mort. Le roman d'un jeune homme pauvre fut certes une exception, adapté six ou sept fois au cinéma mais on remarque que ces adaptations ont entre cinquante et cent quinze ans. Celle de Abel GANCE qui survivait avec des oeuvres de commande dans les années 30 est la quatrième. On remarque des effets de style datant du muet mais aussi de beaux plans de la Bretagne. Et le couple formé par Pierre FRESNAY et Marie BELL est digne et élégant dans des rôles d'êtres aussi fiers que blessés. Lui devant travailler pour vivre sous un faux nom (pour ne pas faire tache avec une particule), elle étant sur la défensive par crainte d'être courtisée pour son argent. Tous deux épris néanmoins d'idéalisme et de beauté. Une situation pas si éloignée finalement d'Abel GANCE lui-même.

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Napoléon

Publié le par Rosalie210

Abel Gance (1927)

Napoléon

Un monument du cinéma mondial qui me poursuit depuis mon adolescence, depuis que lors des fêtes du bicentenaire de la Révolution, j'avais acheté un livre répertoriant les films incontournables de cette période dans lequel "Napoléon" occupait une bonne place. Mais je ne l'avais jamais vu jusqu'ici. La dernière restauration en date effectuée par la Cinémathèque française a fait passer cette oeuvre monumentale ayant dès l'origine existé en plusieurs versions (on en compterait 22 au total!) de 5h30 à 7h18. Je n'ai cependant pu voir que la première partie dans ce nouveau format, la deuxième ayant déjà disparu du replay de France télévision. Je me suis donc rabattue sur l'avant-dernière version, celle du British film institute par Kevin Brownlow en 2000. De toutes façons, il faudra y revenir, la Cinémathèque préparant la restauration de la version présentée au cinéma Apollo en 1927 d'une durée de 9h40 (la plus longue de toutes donc à ce jour) mais sans les triptyques de la dernière demi-heure ayant participé à construire la légende du film. J'imagine qu'à terme, on aura une version de 10h la plus complète possible!

S'il ne fallait qu'un mot pour caractériser ce film-fleuve, ce serait le souffle qui s'en dégage. Tout y apparaît vivant et dynamique, de la caméra ultra-mobile aux tableaux hiératiques animés par les éléments déchaînés (vent, feu, vagues, grêle, musique!) Les morceaux de bravoure s'enchaînent, plus inspirés les uns que les autres et dressent une fresque plus révolutionnaire que proprement napoléonienne. Fresque opératique dans laquelle la naissance des hymnes (de la "Marseillaise" et on pense beaucoup à Rude et Delacroix au "Chant du départ") tiennent une grande place, traversant le corps social d'un élan collectif quasi-mystique qui semble rendre invincible l'armée la plus dépenaillée! En effet le titre du film est impropre, il aurait dû s'appeler: "L'ascension de Bonaparte" ou "Bonaparte et la Révolution". En effet Abel GANCE avait le projet encore plus fou de réaliser plusieurs films sur le personnage mais l'arrivée du parlant a fait prendre au cinéma une autre direction (où l'on se rend compte qu'on a beaucoup perdu en terme d'inventivité dans la narration par l'image) qui a coupé court à son entreprise. "Napoléon" raconte donc les jeunes années de Bonaparte, de ses 11 ans à Brienne (où il est déjà montré comme un stratège hors pair en bataille de boule de neige et une icone flanqué d'un chapeau et d'un aigle qui le caractériseront toute sa vie) aux débuts de la campagne d'Italie en 1796 où après avoir été adoubé à la Convention par les fantômes des trois "dieux" (Robespierre, Marat, Danton) il va porter les idéaux de la Révolution hors des frontières. L'accent est mis sur le génie visionnaire (systématiquement incompris d'où la solitude inhérente au héros), le patriotisme du Corse ombrageux et son refus des compromissions qui lui ont valu quelques sérieux déboires. Mais c'est pour mieux revenir à chaque fois, plus triomphal que jamais. Une narration à la D.W. GRIFFITH, une expressivité à la Sergei EISENSTEIN pour donner à l'Europe l'épopée de sa propre naissance en tant que nation-civilisation contemporaine, celle de la démocratie héritée des Lumières avec toute l'imagerie qui l'accompagne. Abel GANCE a vu très grand et son film fourmille d'idées plus dingues les unes que les autres. Le triptyque final fait encore aujourd'hui un effet "waouh", qu'il soit utilisé pour élargir le champ de vision façon Cinémascope ou fragmenté pour créer un écho entre des images réalistes et symboliques. Mais avant cela, il y a déjà dans la conclusion de certaines séquences des découpages d'écran qui semblent jouer le rôle d'accélérateur d'histoire. Et cette caméra mobile qui semble tantôt plonger dans la foule, tantôt voler en rase-motte par-dessus, tantôt tanguer comme un bateau en prise avec des flots déchaînés et qui électrise par exemple la séquence en montage alterné dans laquelle Bonaparte affronte une tempête pendant que la Convention s'apprête à condamner à mort les girondins. Gare à l'effet de houle!

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Le Brouillard sur la ville/Les Gaz mortels

Publié le par Rosalie210

Abel Gance (1916)

Le Brouillard sur la ville/Les Gaz mortels

Oeuvre de jeunesse de Abel GANCE, "Les Gaz mortels" est contemporain de la première guerre mondiale et des films de D.W. GRIFFITH dont il reprend des éléments de langage cinématographique et notamment un superbe final à suspense en montage alterné dans lequel il s'agit d'éviter deux catastrophes provoquées par des protagonistes aux intentions malveillantes. Les éléments romanesques voire rocambolesques abondent dans la plus pure lignée du roman-feuilleton avec jeune fille et enfant maltraités à sauver, néanmoins le poids de la première guerre totale et mondiale se fait sentir bien qu'elle reste hors-champ. Le sabotage industriel mené par une poignée de protagonistes malveillants (jaloux, cupides, revanchards etc.) menace l'humanité d'une catastrophe alors que l'éminent chimiste pacifiste est tenté de mettre sa science au service du mal lorsqu'il apprend la mort de son fils à la guerre. On mesure d'autant mieux la valeur symbolique de la scène où l'un des serpents venimeux qu'il étudie menace de mordre son seul descendant survivant qu'elle se déroule en alternance avec le nuage toxique qui menace d'anéantir la ville. Derrière le divertissement empruntant les codes du western, du film d'action et du mélodrame pointent ainsi les questionnements prométhéens du réalisateur hanté par la science sans conscience: « Que fera l'homme devant les sources gigantesques d'énergie utilisable qu'il trouvera un jour en dissociant les corps simples ? Et, maître du tonnerre, ne s'en servira-t-il pas une fois de plus comme Satan, contre Dieu ? » (Abel Gance, Prisme, 1930)

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