Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Articles avec #comedie dramatique tag

Victor Victoria

Publié le par Rosalie210

Blake Edwards (1982)

Victor Victoria

Remake d'un film allemand de 1933 Viktor und Viktoria de Reinhold Schünzel, le film de Blake Edwards se situe en 1934. Paris est reconstitué en studio comme dans les comédies musicales de Vincente Minelli mais on pense surtout à l'univers de music-hall de Bob Fosse dans Cabaret. Le film offre ainsi un véritable voyage dans le temps de ce genre cinématographique. Mais comme il s'agit aussi (et surtout) d'une comédie burlesque sur le travestissement et ses corollaires, le mensonge, l'artifice, la dissimulation, Edwards multiplie les hommages à ceux qui l'ont précédé. La photo de Marlène Dietrich sur la table de chevet de Victoria n'est pas là par hasard tant l'actrice allemande a su jouer de son androgynie pour jeter le trouble chez les hommes et les femmes notamment dans ses rôles de chanteuse de cabaret. Mais Edwards multiplie aussi les clins d'oeil à Billy Wilder (sous la direction duquel Dietrich a joué deux fois). Ainsi la maîtresse de King Marchand Norma renvoie à Marilyn par son prénom, ses cheveux blonds platine, sa coiffure et son costume. Son numéro reprend en version non censurée la célèbre séquence de la bouche de métro dans 7 ans de réflexion. Quant aux gangsters de Chicago dont King Marchand est l'un des leaders, ils renvoient évidemment à ceux de Certains l'aiment chaud, l'un des plus grands films existant sur le travestissement et ses thèmes sous-jacents, le désir et la sexualité.

La grande différence cependant avec les références citées par Edwards c'est qu'en 1982, les moeurs ont évolué et qu'il devient possible d'appeler un chat un chat. Les enjeux liés à la sexualité sont donc explicites qu'il s'agisse d'homophobie, de désir (homosexuel ou pas d'ailleurs), d'impuissance... Par le biais du travestissement, Edwards démontre brillamment que le désir se moque des catégories qui veulent l'enfermer. Il le fait avec élégance et légèreté. Sa mise en scène fluide fourmille de gags. Certains appartiennent au vaudeville (portes qui claquent, dissimulation dans le placard ou sous le lit...) d'autres, plus subtils relèvent d'un savant mécanisme de mise en scène (le doigt de l'inspecteur pris dans la porte mais qui ne réagit qu'après coup, le tabouret cassé de ce même inspecteur qui tombe à retardement, le numéro d'équilibriste qui trouve sa chute quand la voix de Victoria brise la bouteille etc.)

Voir les commentaires

Ariane (Love in the Afternoon)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1957)

Ariane (Love in the Afternoon)

Ariane est l'un des chefs-d'oeuvre méconnu de Billy Wilder, un tournant et un sommet de sa carrière au même titre que ceux qui dans sa filmographie ont réussi à la fois à être des chefs-d'oeuvre et à acquérir une immense notoriété (Principalement Assurance sur la mort, Boulevard du crépuscule, Certains l'aiment chaud et la Garçonnière). Et il est supérieur à Sabrina auquel on le compare souvent (même réalisateur, même actrice principale, une atmosphère de conte...) Hâtivement catalogué à sa sortie par une partie de la critique comme un film à l'eau de rose il est aujourd'hui largement réhabilité en tant que l'oeuvre la plus lubitschienne de Wilder qui rappelons-le avait été scénariste pour ce réalisateur. La "Lubitsch touch" est perceptible dans le scénario, la mise en scène et la présence dans le casting de Gary Cooper qui comme dans la 8eme femme de Barbe-Bleue joue le rôle d'un riche homme d'affaires américain collectionneur de femmes.

Ariane qui est un film au charme fou (son thème musical principal "Fascination" reste dans les têtes bien après le visionnage) est une merveille d'équilibre entre humour, romantisme et satire, un cocktail dont Wilder a le secret. Avec I.A.L Diamond dont c'est la première collaboration, il adapte un roman de Claude Anet Ariane, jeune fille russe (1924) qui raconte l'histoire d'amour entre une jeune ingénue et un playboy d'âge mûr. Mais Wilder fait sienne l'histoire d'Ariane et y injecte ses thèmes favoris. Ainsi l'arrière-plan sordide à base d'argent et de sexe est finalement transcendé par la vérité des sentiments. Mais pour que ceux-ci triomphent, il faut en passer par les mensonges et le travestissement (une comparaison Wilder/Marivaux s'imposerait!). C'est ainsi que la si sage Ariane (Audrey Hepburn) qui étudie le violoncelle (métaphore de sa virginité) au conservatoire et rentre tous les soirs chez son père le détective Claude Chavasse (Maurice Chevalier) s'invente une identité de croqueuse d'hommes pour exister aux yeux du vieux séducteur blasé Frank Flannagan dont elle est tombée amoureuse. Ariane incarne la femme soumise par la société patriarcale qui par le mensonge se libère et renverse les rôles. C'est elle qui désormais manipule le mâle américain que le film met en pièces "enfant on lui redresse les dents, on enlève ses amygdales et on le bourre de vitamines. Il mute à l'intérieur. Il devient immunisé, mécanisé, air-conditionné et hydromatique. Je doute qu'il ait un coeur."

Mais Ariane étant un prodige d'équilibre, la satire mordante se double d'une magnifique histoire de métamorphose. Chez Wilder, les personnages doivent passer par un douloureux cheminement souvent dissimulés sous un paravent cynique avant d'accoucher de leur vérité intime et de pouvoir enfin aimer. En se laissant prendre au piège, Frank Flannagan redevient un adolescent, découvre (ou redécouvre) le monde des émotions, retrouve en quelque sorte une virginité qu'Ariane elle souhaite perdre. La différence d'âge est ainsi aplanie et l'alchimie entre les deux acteurs, tous deux magnifiques, fait le reste.

Enfin l'humour est omniprésent dans les dialogues comme dans les situations, ponctuées de nombreux gags. L'orchestre tzigane qui suit partout Flannagan en est un bon exemple ainsi que le pauvre petit chien qui se fait sans arrêt punir injustement!

A noter également que l'histoire se passe dans un Paris chic et romantique complètement fantasmé et réinventé par le décorateur Alexandre Trauner dont c'est également le début de la fructueuse collaboration avec Wilder.

Voir les commentaires

La Grande combine (The Fortune Cookie)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1966)

La Grande combine (The Fortune Cookie)

La Grande Combine, le premier film du duo Lemmon-Matthau dans la filmographie de Billy Wilder (il y en aura deux autres par la suite) est une sorte d'Assurance sur la mort version comédie. Comme dans Certains l'aiment chaud ou la Garçonnière, Jack Lemmon incarne un personnage faible, proie désignée pour les manipulateurs en tous genre (Joe dans Certains l'aiment chaud, les supérieurs et le boss Sheldrake dans la Garçonnière). Dans la Grande Combine c'est le beau-frère, un avocat véreux qui "s'y colle", un type de rôle parfait pour Matthau dont la fripouillerie se lit sur le visage comme l'innocence sur celui de Lemmon. Très symptomatiquement, ce dernier se retrouve privé de mouvements, rivé à sa chaise et contraint au silence durant tout le film par Matthau qui veut arnaquer les assureurs mais aussi par son ex-femme, une "bitch" vénale qui le trompe et le piétine mais pour laquelle il a encore des sentiments. L'exploitation du corps est un thème fétiche du cinéaste. Comme dans la Garçonnière, l'aliénation du héros est symbolisée par le viol de son espace intime, son appartement étant envahi par les deux escrocs et espionné par le détective des assureurs. Et ce pour un même final où il se libère enfin de ses chaînes et surmonte son handicap. Dans la Garçonnière il le faisait par amour pour Fran, la liftière de sa compagnie d'assurances. Dans la Grande Combine, sa motivation est liée à son amitié pour Boom Boom Jackson, le footballeur qui l'a accidentellement percuté et qui, rongé par la culpabilité s'autodétruit. Le fait que Jackson soit noir dans un contexte marqué par la lutte pour les droits civiques (on est en 1965) n'est pas innocent. Wilder aime montrer des perdants, des exclus, des dominés qui se rencontrent, se rapprochent et qui ensemble, relèvent la tête. C'est le sens de la magnifique et émouvante scène finale qui à elle seule fait oublier l'amère pilule du reste du film. La Grande Combine est beaucoup moins subtil et drôle que la Garçonnière mais porte en lui la même philosophie.

Voir les commentaires

Spéciale première (The Front Page)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1974)

Spéciale première (The Front Page)

Spéciale première est après celle de Milestone et de Hawks la troisième adaptation de la pièce de Ben Hecht et Charles McArthur "The Front Page". Billy Wilder qui n'a plus rencontré le succès depuis La Garçonnière en 1960 n'y est pas davantage parvenu avec cet opus étrillé par la critique et boudé par un public déconcerté par un ton cynique et amer à des années-lumières de la screwball comédie de Hawks. Aujourd'hui encore Spéciale première est considéré comme un film mineur dans sa filmographie.

Pourtant, le film est bien plus intéressant et personnel qu'il n'y paraît au premier abord. Wilder a déjà réalisé un film dénonçant les dérives de la presse à scandale, "Ace in the hole" ("Le gouffre aux chimères") et il s'en donne une fois de plus à cœur joie avec cette satire vitriolée du milieu journalistique. D'autre part s'il conserve le contexte historique de la pièce (1929 et son cachet rétro) il la réactualise avec des allusions à la guerre froide (Williams devient un communiste et la haine des rouges est omniprésente), l'utilisation d'un argot vulgaire typé années 70 et des Private joke sur Ben Hecht! Mais l'aspect le plus jouissif du film pour la fan de Wilder que je suis, c'est la façon dont le film interagit avec celui de Hawks et avec la filmographie de Wilder dans son traitement de l'homosexualité. Déguisement, travestissement, transformisme: la métamorphose du corps et le brouillage des identités est au coeur de son œuvre. C'est donc sans surprise pour le connaisseur que la Hildy de Hawks réapparaît sous les traits de Jack Lemmon qui forme un vieux couple dans le film avec Walter Burns-Walter Matthau. Il s'agit de la 2° prestation des deux acteurs chez Wilder qui forment un véritable "drôle de couple" dans le cinéma US (une dizaine de films en duo à leur actif). Les journalistes (un ramassis d'homophobes machistes sauf Bensinger, premier personnage de Wilder caractérisé par son homosexualité) eux-mêmes disent dans le film qu'Hildy est "marié à Walter Burns" sans parler de dialogues plein de sous-entendus ("someday you're gonna do that and i'm suck you in the shnoze"; " you're beautiful when you're angry.") Et surtout durant tout le film, celui-ci s'emploie à briser le couple Hildy-Peggy comme le faisait Grant chez Hawks mais d'une manière encore plus retorse. La scène la plus extraordinaire de ce point de vue est celle où Peggy, excédée d'attendre Hildy dans le taxi qui doit les mener vers leur destination de mariage monte en salle de presse et le trouve en train de "prendre son pied" à écrire un article sensationnel (d'où l'équivoque "Honey, not now" lorsqu'elle s'approche de lui). Et Burns, triomphant vient alors se coller à Hildy, lui passe le bras autour des épaules, lui glisse une cigarette dans la bouche et défie Peggy (isolée par la mise en scène) du regard "Je lui donne plus de plaisir que tu ne pourras jamais le faire." Celle-ci se décompose sous nos yeux et s'en va, vaincue. Les derniers rebondissements du film ne sont pas aussi réussis mais ils vont dans le même sens. Et tandis que Hildy revient se jeter dans les bras de Burns, Bensinger qui était victime des railleries de ses collègues ("ne te retrouve jamais seul avec lui aux WC") finit par ouvrir un magasin d'antiquités avec le petit jeune à qui cet avertissement était adressé...

 

Voir les commentaires

Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1955)

Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch)

Seven years inch n'est pas le meilleur film de Billy Wilder visuellement parlant. Issu d'une pièce, il ressemble à du théâtre filmé et la mise en scène est assez figée sans parler de la vulgarité assumée de l'esthétique. L'acteur principal Tom Ewell manque terriblement de charisme. Les scènes de ses fantasmes (pour la plupart des pastiches de films célèbres) sont si outrancières qu'elles ne font même pas sourire. Enfin le sujet et son traitement sont datés et étouffés par un code Hays alors tout-puissant alors que la canicule dans laquelle baignent les personnages promettait des scènes torrides. Mais il y a Monroe et son magnétisme animal indomptable. La scène de la robe soulevée par les courants d'air de la bouche de métro, même limitée au genou dégage un tel érotisme qu'elle est devenue une scène culte du cinéma et a construit le mythe de l'actrice. Avec une telle bombe sexuelle dans son sac, Wilder peut titiller (le inch du titre en VO signifie "démangeaison") le démon de midi du mâle américain frustré par la société puritaine de façon convaincante même si on est loin de ses chefs-d'œuvre (lui-même tenait ce film en piètre estime d'ailleurs).

Voir les commentaires

Elle et lui (Love Affair)

Publié le par Rosalie210

Léo McCarey (1939)

Elle et lui (Love Affair)

Léo McCarey est l'un des rares cinéastes à avoir fait un remake de l'un de ses propres films. Il s'agit de Love Affair (Elle et lui) qu'à la manière d'un Gus Van Sant il a décalqué plan par plan pour le technicoloriser en 1957 sous le nom d'An Affair to Remember (Elle et lui également en VF). Mais la version noir et blanc de 1939 est déjà un film totalement accompli. Il commence comme une screwball comédie avec la rencontre électrique sur un bateau entre Michel, un riche playboy et Terry, une jeune femme qui n'a pas sa langue dans sa poche. La mise en scène suggère la gémellité des deux personnages avec de nombreux effets de miroirs. Ce qui n'est au départ qu'un jeu de séduction se transforme complètement à la suite d'une séquence de 17 minutes devenue culte, celle de la visite chez la grand-mère de Michel lors d'une escale sur les hauteurs de Madère. Dans cet endroit magique, hors du temps le flirt léger se transforme en amour profond teinté de mysticisme. Parallèlement ces deux oisifs voient leurs talents artistiques respectifs s'exprimer au grand jour. En tous points cette séquence est celle de la "révélation" qui transforme la comédie en romance. Transfigurés, Michel et Terry revenus sur terre décident de se donner 6 mois pour changer de vie avant de se retrouver au sommet de l'Empire State building (choix d'un sommet, en souvenir de Madère). Mais Léo McCarey n'hésite pas à basculer dans le mélodrame en confrontant les amoureux à l'épreuve de la séparation, de la pauvreté et du handicap afin de tester la solidité de leur amour. Love Affair pratique donc avec aisance le mélange des genres, des lieux et des temporalités. Le récit est en effet à la fois très linéaire en apparence avec des repères temporels très marqués (8 jours 1/2 de traversée, 4h d'escale, 6 mois pour se retrouver, 6 mois supplémentaires de séparation) et en même temps il est cyclique, reliant passé, présent et futur par un système d'échos. La première apparition de Terry, filmée comme un portrait a lieu derrière un hublot ce qui annonce la plus belle peinture que réalisera Michel. De même lorsque Terry raconte à un petit garçon sur le point de faire une bêtise qu'elle est tombée et s'est cassé la jambe dans sa jeunesse elle pressent que cela risque de lui arriver de nouveau. Et l'idée de cycle trouve son accomplissement avec le remake de 1957 tout aussi réussi qui souligne l'universalité et l'intemporalité de cette histoire.

Voir les commentaires

Les fugitifs

Publié le par Rosalie210

Francis Veber (1986)

Les fugitifs

Troisième et dernier épisode de la trilogie de Francis Veber consacrée à François Pignon avec le duo Gérard DEPARDIEU/Pierre RICHARD, les Fugitifs mélange avec bonheur le rire, les larmes et la tendresse. D'un côté on retrouve des situations burlesques irrésistibles (comme la grossesse "nerveuse" de Pignon ou la scène culte de l'extraction de la "ba-balle" chez un Jean Carmet vétérinaire maniant l'absurde avec brio). De l'autre, le film repose sur un lourd contexte social avec des héros marginalisés. Pignon est un chômeur et un SDF au bout du rouleau alors que Lucas est un ex-taulard dont la réinsertion est compromise par le harcèlement du commissaire Duroc qui rêve de le remettre en prison pour obtenir une promotion. Là-dessus se greffe un troisième personnage, la petite fille de Pignon, mutique et fragile que son père ne parvient plus à protéger et qui est placée à l'assistance publique où elle dépérit. Plusieurs décennies avant leur reconnaissance officielle, Veber met en scène la naissance d'une nouvelle famille de type homoparental, chacun de ses membres étant sauvé par les autres. On pense au moment où Pignon fait soigner Lucas, à la très belle scène où Lucas porte dans ses bras le père et la fille mais aussi aux échanges de regards entre Lucas et la petite. En l'adoptant comme second père, Jeanne lui donne une responsabilité qui le met à l'abri de la récidive.

Voir les commentaires

Chacun cherche son chat

Publié le par Rosalie210

Cédric Klapisch (1996)

Chacun cherche son chat

Chacun cherche son chat est un film qui réussit à capturer l'atmosphère d'un quartier de Paris en pleine transformation. Deux histoires cohabitent. Celle de Chloé, une petite maquilleuse mal dans sa peau qui s'efface derrière les superbes modèles dont elle s'occupe. Et celle d'un onzième arrondissement de Paris en pleine boboïsation où se côtoient deux mondes: un milieu populaire voué à disparaître représenté par de vieilles dames jouant leur propre rôle (dont la fameuse Madame Renée) et un milieu bourgeois-bohème en pleine expansion. Klapisch filme cette transition de façon documentaire: les démolitions, les déménagements en banlieue, le café des Taillandiers où le petit noir pris au comptoir ne coûte que 4 francs, les boutiques de fringues ou de disques, les bars de nuit, les tubes rétros et les tubes branchés... Les deux histoires se rejoignent dans la solitude commune à tous les personnages. Chacun cherche moins le chat perdu de Chloé qu'un peu de chaleur humaine, une amitié ou une histoire d'amour.

Voir les commentaires

Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's)

Publié le par Rosalie210

Blake Edwards (1961)

Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's)

Mélange de romantisme, de burlesque et de satire sociale, Diamants sur canapé est un concentré du talent de Blake Edwards. Le célèbre générique annonce le programme du film. Holly (Audrey Hepburn) sort au petit matin d'un taxi en robe givenchy et contemple la vitrine de la bijouterie Tiffany en avalant un petit déjeuner à la hâte. Puis elle rentre chez elle à pied. Le tout sur la célèbre composition d'Henry Mancini "Moon River". Le générique nous apprend ainsi que Holly est une fille de milieu modeste qui a des goûts de luxe et des moments de blues (ou plutôt de "reds"). On apprend par la suite qu'elle a fui sa vie de "bouseuse" au Texas pour celle d'une femme entretenue à New-York, son objectif étant de mettre le grappin sur un millionnaire. Mais en chemin elle rencontre son alter ego (qu'elle surnomme Fred du nom de son frère qu'elle idolâtre), Paul qui lui aussi vit de ses charmes, n'ayant pas réussi à percer en tant qu'écrivain. Ce dernier tombe amoureux d'elle mais il est désargenté...
Cela pourrait être sordide, cela reste frais et pétillant grâce à l'élégance d'Audrey Hepburn et à la légèreté de la mise en scène. Les moments burlesques sont savoureux comme la Party ou le chapardage dans les grands magasins. Les deux héros en sortent masqués comme ils le sont dans la vie réelle. Or l'amour est incompatible avec le mensonge ce qui donne à ce moment un air de cruelle vérité d'autant qu'Holly s'identifie à son chat, animal dont elle porte le masque.

Voir les commentaires

Sabrina

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1954)

Sabrina

Un film qui commence par "Il était une fois", se déroule dans un manoir, raconte l'histoire de la fille du chauffeur rêvant au prince charmant alias David le fils cadet des patrons de son père, un volage playboy... Sabrina a tout d'un conte de fées, plus précisément celui de Cendrillon qui inspire particulièrement Wilder lorsqu'il s'agit de parler de transgression des barrières de classes ou de sexes (dans Certains l'aiment chaud réalisé 5 ans plus tard, Jerry le musicien fauché travesti devient "Cendrillon II" lorsque Osgood le milliardaire lui remet sa chaussure et tombe sous son charme.) Mais en dépit des apparences (un autre thème majeur chez Wilder) enchanteresses du film, la question des barrières n'est jamais vraiment surmontée. Sabrina observe celui qu'elle aime à travers une vitre ou du haut d'un arbre puis d'autres écrans la sépare de lui et de son frère, un sinistre homme d'affaires aux allures de croque-mort (rideau, plaque de plastique, filet de tennis...) Il faut dire qu'en dépit de son charme, Humphrey Bogart est trop vieux pour le rôle qui aurait dû revenir à Cary Grant (Wilder ne parviendra pas à le faire jouer dans ses films d'où le faux Cary Grant de Certains l'aiment chaud). Enfin si des moments cocasses font sourire comme les verres de champagne brisés dans le postérieur de David ou l'alcoolisme du père, l'arrière-plan est cynique, amer avec des personnages qui se manipulent les uns les autres et poursuivent des buts chimériques ou morbides. Dans ce film comme dans d'autres de Wilder, le héros ou l'héroïne confronté à une impasse existentielle tente de se suicider. Et en dépit d'une fin artificielle en forme de faux happy end, l'amour a finalement peu de poids face à l'argent. "La vie en rose", vraiment?

Voir les commentaires