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Articles avec #comedie dramatique tag

Love Actually 2

Publié le par Rosalie210

Richard Curtis (2017)

Love Actually 2

Red Nose Days Actually est un court-métrage réalisé pour l'édition 2017 du Red Nose Day, l'un des plus grands téléthons britannique. Diffusé sur la BBC le 24 mars 2017, il réunit la majorité du casting de Love Actually près 14 ans après sa sortie pour une sorte de micro-suite pleine de nostalgie. Richard Curtis étant l'un des fondateurs du Red Nose Days (dédié aux victimes de la famine en Afrique), ceci explique cela.

Pour les amoureux du film de 2003, ce court-métrage est un beau cadeau. Il reprend avec un maximum de mimétisme quelques unes des scènes les plus célèbres de l'original en les "réactualisant":

-La déclaration d'amour de Mark (Andrew Lincoln) à Juliet (Keira Knightley) avec les pancartes inspirées du clip de Bob Dylan. Evidemment Mark a (fort heureusement pour lui) tourné la page et trouvé la femme de sa vie parmi les top model qu'il convoitait..

-La danse de Hugh Grant (non plus sur les Pointers Sisters mais sur Hotline Bling de Drake) est un des meilleurs moments. Avec un sens consommé de l'autodérision, celui-ci joue de son corps vieillissant comme d'un outil burlesque pour multiplier les "incidents" de parcours qui transforment sa performance en parcours du combattant.

-L'interview radio de Bill Nighty où on apprend que son manager est décédé et la séquence emballage de M. Bean ne sont que des redites sans intérêt.

-La séquence entre Colin Firth et Aurélia ainsi que celle entre Liam Neeson et son fils Sam soulignent encore plus que les autres le temps qui a passé. Sam qui avait 12 ans lors du premier film en a 26, son père apparaît comme un vieillard alors que la différence d'âge du couple Jamie-Aurélia saute bien davantage aux yeux qu'en 2003.

Aux USA, le court-métrage a été également diffusé et contient une séquence supplémentaire faisant intervenir Laura Linney (pour que l'on sache que tout va bien pour elle, ouf!)

Comme il est impossible de faire revenir les morts, Alan Rickman est absent du film mais plus étonnant, son existence n'est jamais rappelée car ni Emma Thompson, ni la fille qui jouait la secrétaire n'ont participé au film. C'est dommage car cela aurait été une occasion en or de rendre hommage à cet immense comédien.

Au final un court-métrage sympathique mais inégal. 

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Love Actually

Publié le par Rosalie210

Richard Curtis (2003)

Love Actually

Je me suis dit qu'après avoir rédigé un avis sur le film d'Halloween, je pouvais faire pareil avec le film de Noël. Et dans cette catégorie, le must du must, c'est "Love Actually", d'autant qu'à la manière des calendriers de l'Avent, il est construit sur un compte à rebours qui commence 5 semaines avant la date fatidique.

Si "Love Actually", est aujourd'hui un film culte, un film que l'on se repasse tous les ans à la même période et qui donne envie de se faire des free hugs, ce n'est certainement pas à cause de son originalité ou de sa subtilité. "Love Actually" est un gros Christmas pudding bourré de clichés du type "amour, gloire et beauté" et de situations invraisemblables. Par exemple la romance entre le premier ministre et sa collaboratrice ressemble beaucoup à celle de "Coup de foudre à Notting Hill" sauf qu'Hugh Grant est ici le prince et Natalie la pauvresse.

Et pourtant le charme de cette comédie "so romantic" opère toujours au point qu'une suite en forme de court-métrage a été tournée 14 ans après. Inutile de chercher midi à quatorze heures, le casting cinq étoiles est pour beaucoup dans cette réussite ainsi que l'utilisation parfaite de la musique. L'affiche paquet-cadeau nous offre la fine fleur des comédiens britanniques sur un plateau: Hugh Grant, Colin Firth, Emma Thompson, Alan Rickman, Bill Nighy, Liam Neeson, Laura Linney, Rowan "mister Bean" Atkinson etc. Et ils ne sont pas là pour faire de la figuration. La plupart d'entre eux s'amusent beaucoup et donnent un caractère décalé et réjouissant à leur prestation, le tout avec la complicité du réalisateur. Bill Nighty, rockeur has-been obligé d'enregistrer des tubes de noël alimentaires massacre consciencieusement le hit de Wet Wet Wet qui était la star de "Quatre mariages et un enterrement". Hugh Grant se lâche dans un numéro dansé bien loin du protocole du 10 downing street, Colin Firth se met au portugais (de la vache espagnole), Alan Rickman, frappé par le démon de midi se fend d'une scène hilarante où il tente d'acheter un collier en douce pour sa maîtresse (mais c'est sans compter sur le perfectionnisme du vendeur alias Atkinson) alors que sa femme souffre en silence. Il n'y a en effet pas que des moments de comédie et certains passages du film montrent un arrière-plan plus amer que doux. Outre les larmes de l'épouse délaissée, on assiste à l'échec d'une romance entre deux collègues de bureau et à une histoire d'amour impossible entre une jeune femme (jouée par Keira Knightley) et le meilleur ami de son mari qui lui offre un déclaration d'amour en pancartes directement inspirée du clip de Bob Dylan.  

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Bernie

Publié le par Rosalie210

Albert Dupontel (1996)

Bernie

Affreux, sale et méchant" ce premier film de Dupontel? Oui et non en fait. Oui, il est beaucoup question de la saleté dans ce film, physique, environnementale, morale, sociale. L'un des personnages le dit d'ailleurs "Dans la vie il faut se salir. Mon grand-père était une saleté, mon père était une saleté, je suis une saleté". Et Bernie qui a commencé sa vie dans un vide-ordure en connaît un rayon sur la question. Bien que les pire "saletés" ne soient pas forcément ceux que l'on croit.

Mais lorsqu'on aborde à fond un sujet -ce qui est le cas ici, Dupontel n'est pas le genre à faire les choses à moitié-, son contraire n'est jamais loin. Vu de l'extérieur Bernie est un asocial, voire un psychopathe à la violence incontrôlable mais vu de l'intérieur, c'est un innocent, un bébé imperméable aux notions de bien et de mal, déconnecté du réel. La violence du film, n'est d'ailleurs absolument pas réaliste, elle a -comme dans la séquence du cambriolage de "Neuf mois ferme"- un caractère burlesque affirmé. On est dans l'outrance, le grotesque. La quête de Bernie ne consiste pas à retrouver ses racines (pourries forcément) mais à les repeindre aux couleurs de l'arc-en-ciel -ce que font tous les enfants avec leur "roman familial"- quitte à forcer un peu (beaucoup?) le destin. Le tuyau d'évacuation des déchets devient une forêt vierge symbolisant la (re)naissance de Bernie à travers le vagin de sa mère. C'est ainsi qu'il faut comprendre le transformateur électrique de la fin. Ce qui y rentre est sordide, ce qui en sort est sublime.

Alors bien sûr, le film est brut de décoffrage, inégal, de mauvais goût. Il ne peut que diviser. Mais tout imparfait qu'il est, il marque la naissance d'un point de vue puissant, engagé sur le monde. Une relecture façon comédie trash de la "lutte des classes" teintée d'anarchisme.  

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Ratatouille

Publié le par Rosalie210

Brad Bird (2007)

Ratatouille

Un Pixar cinq étoiles, le deuxième réalisé par Brad Bird après les "Indestructibles". "Ratatouille" est une fable très riche qui en dépit de ses décors de carte postale rétro parle de notre monde contemporain avec une grande acuité. Le tout avec un savoir-faire comique digne des meilleurs films burlesques et une belle inventivité visuelle.

"Ratatouille" est une critique de la mondialisation libérale et son nivellement culturel par le bas, de la compétition à outrance et des rapports de pouvoir, du snobisme, du consumérisme, de l'ignorance, de l'exclusion, des préjugés c'est à dire de tout ce qui s'oppose à la créativité. Laquelle est incarnée par Rémy, un rat d'égout (donc l'équivalent d'un Intouchable) doté d'un odorat très développé, d'un goût raffiné et d'un désir de création artistique dans le domaine culinaire. Un don encouragé par un grand chef, Auguste Gusteau qui a écrit un livre destiné à rendre la grande cuisine accessible à tous. Mais cet acte de générosité a été largement incompris et a entraîné sa déchéance. Il arrivera d'ailleurs exactement la même chose à Anton "Ego" lorsqu'il renoncera à sa plume assassine en publiant enfin une critique de contrition, à la fois humble et positive sur le talent de Rémy.

Mais il n'y a pas que la société humaine qui refuse d'être éclairée. La communauté de rats dans laquelle vit Rémy est tout aussi obscurantiste. Le frère obèse et bêta de Rémy, Emile n'a aucune éducation alimentaire et mange n'importe quoi (on voit bien à quoi cela fait allusion), il est effrayé par les ambitions de Rémy et son savoir. Quant au père, persuadé de l'irréductible hostilité des humains à l'égard des rats, il méprise ou exploite le don de son fils dans un but purement utilitariste.

Rémy est donc aussi incompris d'un côté que de l'autre ce qui fait de lui un personnage torturé entre son besoin d'accomplissement dans les hautes sphères et sa loyauté vis à vis de sa famille de parias . C'est à juste titre qu'on l'a comparé à Cyrano obligé de trouver une couverture pour dissimuler son apparence et pouvoir exprimer son art. Et ainsi s'opposer au sous-chef Skinner, véritable Iznogoud dont le complexe d'infériorité nourrit la cupidité et la soif de pouvoir. Ce dernier a vendu l'image de Gusteau aux chaînes agroalimentaires industrialisées et règne en tyran sur la cuisine (un monde très machiste comme le rappelle Colette, le seul personnage féminin du film).

Le talent de l'équipe du film est aussi d'avoir réussi à nous faire entrer dans la peau de Rémy. La caméra adopte souvent son point de vue ce qui permet de jouer sur les échelles et les espaces (celui très feutré de la salle de restauration par opposition à celui très encombré et hystérique de la cuisine sans parler des égouts, de la réserve et des toits). Cela donne des scènes mouvementées pleines de gags irrésistibles mais également émouvantes devant la fragilité et la précarité du héros.

"Ratatouille" est exactement à l'image de son titre: une recette simple en apparence (de nombreux critiques ont qualifié l'intrigue du film de "classique") mais qui en réalité repose sur un équilibre subtil.

 

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Astérix et Obelix mission Cléopâtre

Publié le par Rosalie210

Alain Chabat (2002)

Astérix et Obelix mission Cléopâtre

Je ne suis pas fan de la BD Astérix et de la plupart de ses adaptations mais celle-ci est une véritable exception. Non seulement l'esprit de l'oeuvre d'origine (qui est une parodie du film "Cléopâtre" de Mankiewicz) est respecté mais Chabat l'emmène encore plus loin, "vers l'infini et au-delà". C'est quand même une sacré gageure d'arriver à maintenir de bout en bout une intrigue limpide tout en multipliant les délires tous azimut. Et ce sans aucune beauferie, ni vulgarité. J'irai même plus loin: Chabat enlève à Astérix ce qu'il peut avoir parfois de déplaisant (l'aspect franchouillard, protectionniste voire raciste comme dans l'exécrable 33° album "Le ciel lui tombe sur la tête") en lui apportant légèreté, ludisme ("Je suis mon cher ami, très heureux de te voir". C'est un Alexandrin!, tous les noms finissant en us ou is, les intermèdes absurdes comme le documentaire sur la langouste, l'art "contemporain" de Léonard de Vinci et Géricault etc.) et ouverture sur le monde, d'Haut-Rang (Oran) à Hong-Kong et Tokyo (avec la scène géniale et culte du combat entre Numérobis et Amonbofils qui compile Kung-fu, mangas et cartoon). Même si certaines références peuvent être 15 ans après un peu difficile à saisir pour les plus jeunes (au hasard Itinéris, ZZ top, Alexandrie, Alexandra, Cyrano de Bergerac, Titanic, Pulp Fiction...) il y a de quoi faire dialoguer les générations. Et le choix de Jamel Debbouze en Numérobis est une vraie bonne idée. Je ne suis pas fan de Jamel ni en règle générale du (feu) esprit canal + mais dans ce film où les Edouard Baer (Otis) et autres Robins des bois sont intégrés à d'autres composantes, ça fonctionne plutôt bien. On y voit même Dieudonné au temps où il n'avait pas encore basculé du côté obscur de la force. Ce temps où il interprétait avec le groupe Zebda "Je crois que cela ne va pas être possible" dont le film propose une hilarante parodie durant le générique de fin (César-Chabat et Ceplus-Dieudonné refoulés à l'entrée de la soirée par Mathieu Kassovitz).

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La Chèvre

Publié le par Rosalie210

Francis Veber (1981)

La Chèvre

"La Chèvre" est le deuxième film de Francis Veber (après "Le Jouet" en 1976 avec Lino Ventura qui devait d'ailleurs initialement interpréter le rôle de Campana avant de poser des conditions qui rendirent caduque sa participation au film.) C'est aussi l'un de ses plus gros succès avec "Le Dîner de cons" (Villeret devait d'ailleurs jouer à l'origine le rôle de Perrin mais Lino Ventura s'y était opposé, pfff...). C'est enfin le premier volet de sa trilogie avec le duo Depardieu/Richard (les deux autres étant "Les Compères" et "Les Fugitifs"). Et enfin c'est le film qui révéla le potentiel comique de Depardieu, lequel était jusque là cantonné aux rôles dramatiques.

Veber montre dans ce film à l'efficacité imparable qu'il connaît les secrets (je préfère parler de secrets que de recettes) de la comédie fondée sur une savante mécanique et sur l'art du décalage. La mécanique comique de "La Chèvre" fonctionne avec une efficacité redoutable. Le duo Perrin/Campana est comparable à celui de l'auguste et du clown blanc, la drôlerie des maladresses du premier étant décuplée par les expressions incrédules ou furieuses du second grâce au jeu du champ et du contrechamp. D'autre part, cette opposition de caractères est aussi une opposition d'univers. D'un côté le monde logique et rationnel de Campana qui ne croit qu'aux faits. De l'autre le fonctionnement irrationnel et fantaisiste de Perrin, sorte de Pierrot lunaire un peu rêveur. Cette opposition est celle de deux facettes de l'humain. La première survalorisée car si elle rassure et contrôle, elle limite aussi comme le montre l'échec initial de l'enquête sur la disparition de la petite Bens. La seconde nettement plus refoulée car elle demande lâcher-prise, abandon et humilité face à ce qui nous échappe. Pourtant c'est l'alliance des deux hommes (et donc de ces deux facettes) qui permettra de faire aboutir l'enquête histoire de rappeler au passage que l'homme marche sur deux jambes.

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Le retour du grand blond

Publié le par Rosalie210

Yves Robert (1974)

Le retour du grand blond

Cette suite du "Grand blond avec une chaussure noire" est assez décevante. Elle n'est pas mauvaise parce que les acteurs restent géniaux. Pierre Richard vaut à lui seul le déplacement (je l'adore!) mais Rochefort aussi est parfait jusque dans sa dernière réplique en forme de pirouette (il va terriblement me manquer!) Il faut dire que l'un des ressort majeur du retour du grand blond tient dans cette opposition entre un indécrottable candide et un cynique bien retors dont on suit les déconfitures avec jubilation.

Mais le hic provient d'une intrigue qui bégaye sérieusement. De même, plusieurs gags/situations sentent le réchauffé (la robe décolletée de Mireille Darc, les fausses hallucinations de Jean Carmet, les chaussures dépareillées de Pierre Richard etc.) Le capitaine Cambrai (Michel Duchaussoy) ne parvient pas à combler le trou lié à la disparition du personnage joué par Blier. Certes, l'épluchage des dossiers secrets des uns et des autres arrache quelques sourires mais ils ne sont pas exploités à fond. Enfin le premier volet avait réussi à rester léger tout en égratignant les pratiques totalitaires des services secrets car il était resté dans la suggestion. Le deuxième lui souligne lourdement cette critique avec une fin moralisatrice qui n'est pas du meilleur goût. Au final on ne retrouve pas la fraîcheur et le charme qui faisaient la magie du premier volet et c'est dommage.

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Le grand blond avec une chaussure noire

Publié le par Rosalie210

Yves Robert (1972)

Le grand blond avec une chaussure noire

Il y a quelque chose de glaçant derrière cette parodie des films d'espionnage. Ce n'est pas étonnant car les bonnes comédies (et celle-là, même avec ses imperfections l'est, sinon elle n'aurait pas imprimé les rétines et traversé le temps) ont toujours quelque chose de la "politesse du désespoir." Beaumarchais ne disait pas autre chose "Je me presse de rire de tout plutôt que d'être obligé d'en pleurer".

Ce grand blond étourdi, candide et lunaire, innocent en un mot (irremplaçable, unique Pierre RICHARD qui à lui seul porte un univers tout entier) est une proie de choix pour ce panier de crabes que sont les services secrets qui dans les années 70 -en plein contexte de Guerre froide- semblent former un "Etat dans l'Etat" dont l'éthique n'est pas la préoccupation première (euphémisme). Entre les mains de ces hommes de l'ombre, il devient à son insu une marionnette ce que souligne l'excellentissime générique, ses petits tours de passe-passe et sa petite musique ironique à la flûte de pan (à moins que ce ne soit du pipeau). Les méthodes des services secrets ont beau être tournées en dérision, elles sont effectivement "une horreur". Celles du colonel Toulouse en particulier (Jean Rochefort), grand manipulateur en chef sans scrupules qui échafaude le "piège à con" dans lequel il veut faire tomber son adjoint Milan (Bernard Blier) qui souhaite prendre sa place. Véritables animaux à sang froid, ils se livrent un duel à mort où la vie du pauvre François est prise en otage.

Mais parce que l'on est dans une comédie (qui plus est un peu surréaliste et décalée), le second de Toulouse, Perrache a davantage de scrupules que son patron car c'est lui qui s'est arrogé un pouvoir quasi divin en choisissant la victime et le fait qu'un innocent meure par sa faute tourmente sa conscience. Il y a l'ami de François, Maurice (Jean Carmet qui lui aussi habite sur une autre planète) qui devant une réalité qui dépasse la fiction "a des visions et entend des voix". Et puis il y a Christine bien sûr, alias Mireille Darc dont le visage d'ange blond se marie si bien avec celui de Pierre RICHARD. Parodiant les femmes fatales des films d'espionnage avec sa cultissime robe au décolleté ultra-plongeant, elle se retrouve entraînée dans l'univers loufoque et poétique du grand Blond (leur grande scène fait penser aussi bien aux screwball comédies de Hawks qu'à la "Party" d'Edwards) et ce pour ne plus en sortir. La boîte dans laquelle elle se dissimule ne fait-elle pas penser à un tour de magie de plus?

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Une heure de tranquillité

Publié le par Rosalie210

Patrice Leconte (2014)

Une heure de tranquillité

Il s'agit de l'adaptation d'une pièce de théâtre vaudevillesque qui ne brille pas par son originalité. Dans le rôle principal, Christian Clavier interroge dans le sens où Fabrice Luchini (l'interprète de la pièce) était beaucoup plus crédible dans le rôle d'un misanthrope mélomane. Et ce même s'il s'avère beaucoup plus ignare et imbu de lui-même que véritablement cultivé (ce que suggère le disque qu'il rêve d'écouter "Me, myself and I" soit "Moi, moi-même et je" par Neil Youart soit "tu n'es rien"). Clavier connaît son métier et imprime un rythme soutenu à l'ensemble du film mais sa prestation est stéréotypée (en gros c'est De Funès pour les crise de colère + les précédents personnages de Clavier, fourbes, mesquins, lâches et racistes).

D'autre part la prestation de Clavier est affaiblie par le fait que la bande de fâcheux qui contrarie son ego trip constitue une enfilade de clichés: l'épouse adultère et neurasthénique (Carole Bouquet), la maîtresse hystérique (Valérie Bonneton), le fils rebelle altermondialiste (Sébastien Castro), l'organisateur de la fête des voisins, un raseur à lunettes (Stéphane de Groodt) dont on se demande ce qu'il fait dans cet immeuble cossu, un plombier polonais, une bonne espagnole, des sans-papiers philippins etc. Bref nous sommes en présence de la réactualisation superficielle d'un savoir-faire comique centenaire à la mécanique bien éprouvée. Une mécanique à base d'ascenseurs bloqués, de sonneries inopportunes de téléphone fixe, de rupture de canalisations et de déclenchements de musiques sur un tourne-disque qui rappelle les vieux gramophones du XIX° siècle. Ca sent un peu trop la poussière en dépit du ripolinage de façade pour vraiment me séduire.

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Knock

Publié le par Rosalie210

Lorraine Lévy (2017)

Knock

Les quelques critiques que j'ai pu me procurer avant sa sortie prévue le 18 octobre considèrent ce film comme un pur et simple navet. Force est de reconnaître que Knock 2017 n'est pas l'œuvre du siècle et ne fera pas oublier Louis Jouvet. La réalisatrice a transformé la pièce caustique et engagée de Jules Romains en divertissement populaire où quelques bons seconds rôles se taillent la part du lion. Sabine Azéma nous offre un drôle de délire de plus et Christian Hecq un drôle d'abruti de plus. A cela il faut ajouter la délicieuse prestation d'Ana Girardot (la fille d'Hippolyte), très touchante.

Pour le reste on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments disait Gide. C'est un peu pareil pour les films, j'ai remarqué que l'expression "feel-good movie" est le pire service qui peut leur être rendu. Knock 2017 est une sorte de fable optimiste sur le "vivre-ensemble" totalement anti réaliste (mais recommandée par l'Education Nationale pour ses vertus morales et civiques!). Comment peut-on imaginer une seule seconde qu'un village d'Epinal des années 50, véritable cliché de la France éternelle chère aux pétainistes avec sa poste, sa pharmacie, son école, son église et son café accepte sans sourciller un docteur noir et ne manifeste jamais la moindre once de racisme alors que la colonisation est encore une réalité à cette époque. Tout le monde est extrêmement gentil, poli et bien élevé, même Knock qui certes a un passé d'ancien délinquant et certes manipule sa clientèle mais qui en même temps a le cœur sur la main (ce qui est contradictoire mais rien n'est vraisemblable dans ce film). Le méchant de l'histoire est le curé joué par Alex Lutz mais il est tellement caricatural qu'il apparaît assez inoffensif. Même chose avec l'ex-acolyte de Knock dont l'utilisation dans l'histoire est particulièrement maladroite. En résumé, on ne passe pas un mauvais moment en soi mais il vaut mieux avoir laissé son cerveau au vestiaire et je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur hommage que l'on puisse rendre à Jules Romains, lui qui voulait dénoncer l'emprise des idéologies modernes sur les masses.  

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