J'ai profité de son passage sur Arte pour regarder "Central do Brasil" dont j'avais beaucoup entendu parler depuis que j'ai découvert Walter SALLES avec le remarquable "Je suis toujours la" (2023). Je suis plus mitigée sur "Central do Brasil" en dépit de la ribambelle de prix prestigieux qu'il a reçu. Peut-être que j'en attendais trop. Je l'ai trouvé en fait inégal. Ce que j'ai préféré, c'est la seconde partie, plus fluide et plus ample narrativement que la première qui se calque sur la valse-hésitation de Dora, une ex-institutrice à la retraite amorale qui se retrouve brutalement avec un gamin sur les bras dont elle ne sait que faire. Je me dis que ce gamin, c'est sa conscience qu'elle a laissé au vestiaire ou plutôt dans le tiroir à l'image des lettres qu'elle écrit pour de pauvres gens illettrés mais n'envoie pas quand elle ne les déchire pas. Dans cette première partie, le récit patine, se répète, bref je l'ai trouvé laborieux. Quand Dora et Josué prennent la route, le récit s'ouvre, laisse entrer les émotions et parallèlement radiographie de façon remarquable la société brésilienne avec quelques passages saisissants (la scène du pèlerinage et plus généralement le poids de la religion dans la société qui marque autant que sa violence). La fin est cependant en deçà de ce que l'on pouvait espérer et n'arrive pas à la hauteur du film auquel "Central do Brasil" fait immanquablement penser, "Gloria" (1980).
Le cinéma muet fut un espace d'expérimentation et de liberté pour les hommes mais encore plus pour les femmes. La mémoire de cette période a été largement tronquée mais avant l'instauration du parlant et la transformation du cinéma en industrie commerciale*, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes dans des postes clés du cinéma hollywoodien. Ainsi l'américaine Clara BERANGER écrivit près de 80 scénarios pour le muet entre 1913 et 1929 et seulement quatre pour le cinéma parlant, le dernier datant de 1934. " De toutes les différentes industries qui ont offert des opportunités aux femmes, aucune ne leur a ouvert autant de portes que celle du cinéma " disait-elle en 1919, année de la sortie de "Phil-for-Short" (1919), le titre en VO de "Mariage blanc" alors qu'elle avait déjà écrit la moitié de sa prolifique production.
"Mariage blanc" est une comédie féministe dans laquelle une jeune femme est élevée très librement par son père hélléniste à qui elle doit son prénom Damophilia, qu'elle abrège en "Phil" ce qui est bien pratique pour se faire passer pour l'autre sexe. En effet son éducation de "sauvageonne" est réprouvée par l'entourage puritain du père qui à sa mort veut reprendre les choses en main et dans la plus pure tradition patriarcale, marier le garçon manqué à un vieux barbon. Mais Phil ne l'entend pas de cette oreille et fuit, habillée en homme. Sur son chemin, elle rencontre un professeur de grec qui à la suite d'une déception sentimentale est devenu misogyne. Mais comme il croit que Phil est un homme, ils sympathisent ce qui rend plus compliqué pour ce professeur l'hostilité vis à vis de la soi-disant soeur jumelle de Phil qui vient opportunément enseigner le grec à ses côtés.
Si la mise en scène n'est pas terrible car assez décousue (peut-être est-ce dû également à l'ancienneté du film) et parfois théâtrale (avec un jeu sur un paravent dissimulateur qui devient répétitif à la longue), le scénario est astucieux, les intertitres sont élégamment incrustés dans les plans et l'actrice principale, Evelyn GREELEY a un sacré abattage pour défendre son indépendance, ses goûts (notamment pour la danse grecque) et pour faire tourner en bourrique ceux qui lui résistent.
* La crise de 1929 et la syndicalisation de la profession dont les femmes étaient exclues a également contribué à leur marginalisation. Pour plus d'information, voir le documentaire des soeurs Kuperberg, "Et la femme crea Hollywood" (2015).
Je suis complètement tombée sous le charme de ce film mêlant aventure, comédie et romance dans lequel Howard HAWKS s'est surpassé. Comme dans "Rio Bravo" (1959) réalisé juste avant, il créé de toutes pièces une petite communauté hétéroclite par l'âge et les origines (devant comme derrière la caméra) mais soudée à travers laquelle circule une chaleur humaine rare. Plusieurs scènes emblématiques scellent l'union du groupe avec ses éléments les plus perturbateurs lorsque Gerard BLAIN donne son sang ou lorsque Elsa MARTINELLI joue au piano l'hymne américain. Le pouvoir fédérateur de la musique est célébré comme dans "Rio Bravo" (1959) mais cette fois, les femmes ne sont pas tenues à l'écart du groupe et de leurs péripéties, elles en font partie intégrante, même si c'est un peu par "effraction". Un malentendu sur un prénom pour l'une, l'image d'une éternelle enfant pour l'autre, illusions qui se dissipent assez vite ce qui permet à Howard HAWKS d'introduire un soupçon de rivalité masculine et de guerre des sexes au sein de sa joyeuse confrérie masculine. "Hatari!" se distingue également par la qualité de sa photographie, des prises de vue des scènes de capture immersives et époustouflantes de réalisme et une bande originale envoûtante de Henry MANCINI. S'il est important de se replacer ce safari africain dans le contexte colonial de l'époque du tournage où l'on ne se posait pas les questions d'aujourd'hui quant au pillage des ressources et au respect de l'environnement, les animaux ne sont pas là pour faire tapisserie, ils font partie intégrante de l'intrigue. Ils symbolisent ce que chacun porte en soi. D'ailleurs on retrouve au sein de la ménagerie l'emblématique léopard apprivoisé de "L'Impossible monsieur Bebe" (1937). Si l'objectif fondamental est de "capturer des coeurs", les modes de capture comme les animaux capturés diffèrent d'un individu à l'autre. Cela va de la dangereuse chasse aux bêtes à cornes pour les plus intrépides à l'astucieuse méthode du comique de la troupe pour attraper les singes au filet tandis que ce sont les éléphanteaux qui choisissent Dallas comme mère adoptive jusqu'à une hilarante scène de fin où elle ne parvient plus à s'en dépêtrer!
Je n'ai pas lu le roman qui a l'air passionnant mais la restitution qu'en donne le film m'a paru superficielle. Jamais on n'entre vraiment dans la vie des personnes que le film suit et dont il ne nous montre que des bribes. Qui plus est, cela manque de progression dramatique. A quoi bon scander le film avec des dates pour nous montrer des jeunes qui n'évoluent pas ou si peu? Certes ils sont condamnés à tourner en rond dans le marasme ambiant mais un contexte socio-culturel de crise ne peut se réduire à quelques plans sur une friche industrielle, une moto brûlée, un père alcoolique, des bagarres et des trafics. L'impression que le film m'a donné c'est qu'avec ses acteurs parisiens, cela semblait plaqué sur la France périphérique à la différence d'un "Vingt dieux" (2024). Avec un discours simpliste en trois temps:
1. Avant, quand il y avait du travail, les ouvriers étaient tous dans le même bateau. Néanmoins celle d'Anthony vit dans un pavillon, celle de Hacine dans un HLM et ce n'est certainement pas le fruit du hasard.
2. Dans les années 90, époque où se déroule le film, le chômage et la précarité entraînent une atmosphère de guérilla urbaine entretenue par les clivages sociaux et ethnico-religieux symbolisés par les affrontements entre Anthony et Hacine.
3. La coupe du monde 1998 réconcilie tout le monde autour de l'équipe "blanck-blanc-beur".
Mais si ce contexte est si peu creusé, c'est parce qu'il reste à l'arrière-plan tout comme l'est Hacine (Sayyid EL ALAMI) alors que le film préfère se focaliser sur les émois amoureux de Anthony (Paul KIRCHER) pour une fille réduite comme sa copine à n'être qu'une silhouette. Seul Gilles LELLOUCHE apporte un peu de relief au film lors de quelques séquences dramatiques dans le rôle du père déclassé puis anéanti mais c'est insuffisant.
Un film avec un vrai potentiel donc mais gâché par un traitement convenu, le sempiternel récit d'apprentissage d'un adolescent au parcours balisé le reste n'étant que du saupoudrage, pour ne pas dire de la poudre aux yeux.
Toujours partante pour découvrir des cinéastes japonais dont la filmographie est inédite en France, je suis allée voir "Jardin d'été" de Shinji SOMAI sorti en 1994. Un réalisateur chaudement recommandé comme le précise l'affiche par Hirokazu KORE-EDA qui le considère comme un mentor pour sa propre filmographie. Et de fait, il existe une filiation assez évidente avec un film comme "L'innocence" (2022) et son refuge hors du temps pour des enfants quelque peu ostracisés par une société très normée.
"Jardin d'été" est un film à hauteur d'enfant, un film sur une enfance en jachère qui rappelle quelque peu "la base secrète" de la bande de "20th Century Boys chapitre 1" (2008) ou l'enfance qui joue à se faire peur en épiant un marginal "Du silence et des ombres" (1962) ou encore l'enfance confrontée à la mort en tant que rite de passage vers l'adolescence dans "Stand By Me" (1986) de Rob REINER. Il y a tout ça dans "Jardin d'été" et même aussi une allusion directe à "Mon voisin Totoro" (1988) lorsque l'un des enfants chante la chanson du générique de début en semant des graines de cosmos. Le fantastique affleure naturellement lors d'une scène de fantôme à l'hôpital ou lors d'un bouquet final sublime à la japonaise avec ces symboles de l'impermanence que sont les papillons et les lucioles (des équivalents des pétales de fleur de cerisier).
Néanmoins, la maison délabrée qui fascine les trois garçons n'a pas la même signification que dans "L'innocence" (2022) ou dans "Du silence et des ombres" (1962). En la nettoyant, la retapant, la défrichant, les enfants vont aussi entrer en contact avec son occupant, un vieillard solitaire vivant en quasi-reclus et qui symbolise la mémoire traumatique enfouie du Japon. Lorsque cette mémoire, celle d'un vétéran ayant commis des crimes de guerre est exhumée, on bascule dans un tout autre film qui fait penser à "Onoda, 10 000 nuits dans la jungle" (2021). Il faut en effet encore vingt ans de plus à cet homme perdu dans un puits sans fond au milieu de la jungle de son jardin pour retrouver, par l'intermédiaire des trois jeunes son identité et ses proches. Alors seulement il peut "rentrer" c'est à dire mourir en paix tandis que les garçons eux traversent le deuil en franchissent le seuil d'une nouvelle étape de leur vie.
Revu avec beaucoup de plaisir "Erin Brockovich, seule contre tous", l'un des meilleurs rôles de Julia ROBERTS qui se confond avec son personnage. Rien de révolutionnaire dans l'intrigue, il s'agit d'une success story dans laquelle une Cendrillon se transforme en super-woman justicière. Mais les qualités de conteur de Steven SODERBERGH, l'abattage de l'actrice tout comme son duo irrésistible avec Albert FINNEY font que l'on ne s'ennuie pas une minute. Et puis, mine de rien, le film égratigne les conventions. Cette héroïne forte en gueule et au look de cagole, sans diplôme et mère célibataire de surcroît mais possédant une ténacité et un savoir-faire de terrain qui manque cruellement au cabinet d'avocats très bureaucratique qui l'emploie prend une éclatante revanche sociale. Sans parler du renversement des rôles genrés avec son nouveau compagnon, un biker (Aaron ECKHART) tout aussi sexualisé que Erin qui se retrouve pourtant avec la garde de trois enfants à domicile pendant que leur mère joue les redresseuses de torts et qui s'interroge sur sa place et son identité! Enfin, le film s'avère également précurseur en pointant du doigt les ravages de l'industrie sur l'environnement et la santé humaine ainsi que leurs méthodes de voyou pour dissimuler les faits et se défausser de leurs responsabilités. Ainsi le film est à l'image du réalisateur qui a commencé sa carrière dans le cinéma indépendant. Tout en travaillant au coeur du système de "l'usine à rêves", il en dérègle certains de ses rouages un peu à la manière d'un Sean BAKER avec son héroïne "white trash" qui va fouiner sur les bas-côtés, là où se nichent les innombrables victimes du "rêve américain".
Je n'avais jamais entendu parler de "Pourquoi pas !", le premier long-métrage de fiction de Coline SERREAU car après sa sortie au cinéma il a été peu diffusé. Il a fallu attendre 2022 pour que le film soit restauré et ressorte en salles. Sans doute son sujet jugé trop sulfureux a été la cause de cette longue invisibilisation. Certes dès les années 60, on parlait dans les films de triangle amoureux et dans les années 70 de ménage à trois, mais les règles étaient bien définies: la femme passait d'un homme à l'autre, vivait éventuellement avec les deux ("Lions Love" (1969) issu lui aussi d'une cinéaste féministe) mais les deux hommes, s'ils pouvaient "par accident" coucher ensemble pour choquer le bourgeois ("Les Valseuses") (1974) n'étaient pas amoureux l'un de l'autre (pour mémoire, il faut attendre la décennie suivante et "Tenue de soiree" (1986) pour que Bertrand BLIER s'y mette!) Le film de Coline SERREAU est donc avant-gardiste. La cohabitation de son trouple dans leur villa de banlieue dont les rôles par rapport à la norme sociale sont redéfinis (c'est la femme jouée par Christine MURILLO qui rapporte l'argent aux deux hommes, un musicien joué par Mario Gonzales et un "homme d'intérieur" interprété par Sami FREY!) préfigure celle de la famille atypique de "Trois hommes et un couffin" (1985). Mais il est plus facile de faire passer auprès du grand public le maternage paternel que la bisexualité et le polyamour, même si ces sujets sont abordés avec pudeur et tendresse. De plus "Pourquoi pas !" est beaucoup plus sombre que "Whatever Works" (2009) de Woody ALLEN qui aborde exactement les mêmes thèmes mais sous forme de comédie légère et trente ans après. Certes, il y a des éléments de comédie dans "Pourquoi pas!" quand le patriarcat est tourné en dérision (le personnage du flic joué par Michel AUMONT et celui de la bourgeoise interprété par Mathe SOUVERBIE) mais il y a aussi le rejet violent subi par les personnages de la part de leur propre famille sur fond d'homophobie ou alors une famille inexistante ou complètement névrosée. Le personnage de Sylvie (Nicole JAMET) qui vient d'une famille traditionnelle et découvre celle de Fernand représente le spectateur, pris entre deux eaux. Ce qu'il connaît et qui n'est vraiment pas glorieux et l'aventure que Coline SERREAU fait exister contre vents et marées.
"La venue de l'avenir", le dernier long-métrage de Cedric KLAPISCH a comme un petit air de "Minuit a Paris" (2011). Même si une seule séquence "transporte" réellement les personnages du présent dans le passé grâce à une mystérieuse substance - et encore, seulement ceux qui ont la fibre artistique -, mon impression a été un peu la même que dans le film de Woody ALLEN à savoir, un festival de rencontres très "who's who": Sarah BERNHARDT, Victor Hugo, Félix Nadar, Claude Monet... On sent une certaine nostalgie de ce passé fantasmé même si Cedric KLAPISCH a mis un peu en sourdine le côté "donneur de leçons" de ses deux derniers films qui m'avait tant agacé. En revanche, là où il a eu la main trop lourde, c'est dans l'accumulation de personnages, tant du présent que du passé. Beaucoup font donc de la figuration. L'idée de diriger plusieurs générations de comédiens était judicieuse pour un film traitant de la filiation mais aux côtés de quelques acteurs chevronnés qui apportent les meilleurs moments du film (Vincent MACAIGNE, Sara GIRAUDEAU, Olivier GOURMET et deux piliers du cinéma de Cedric KLAPISCH, Cecile de FRANCE et Zinedine SOUALEM), les plus jeunes peinent à exister, à l'exception bien sûr d'Adèle, interprétée avec sensibilité par Suzanne LINDON qui avait déjà montré son potentiel dans la deuxième saison de "En Therapie" (2020). On sent également que Cedric KLAPISCH s'est identifié au personnage joué par Abraham WAPLER à qui il donne des caractéristiques communes avec Adèle (sans parler du fait qu'il joue aussi le rôle du père biologique de celle-ci !) mais je l'ai trouvé assez fade et un peu noyé au milieu d'une histoire qui tend à se disperser. Enfin, montrer une famille interprétée majoritairement par des fils et des filles "de" réunie comme dans "L'Heure d'ete" (2007) autour d'un patrimoine prestigieux, se découvrant des ancêtres célèbres et faisant évaluer notamment des tableaux de maître en dit long sur l'entre-soi qui règne dans le milieu du cinéma et sa déconnexion du réel.
Le générique était prometteur avec sa silhouette trimballant sa solitude quelque part entre Manhattan et Brooklyn sur un air de jazz mélancolique. Mais dès la scène de rencontre passée, la mise en scène s'enferme dans un huis-clos bavard en tête à tête dû en grande partie au fait que le scénario est adapté d'une pièce de théâtre. Sur deux heures, c'est bien long. Surtout pour évoquer des atermoiements amoureux sur l'air de "j'y vais, j'y vais pas, ah ben si, ah ben non, pourquoi pas?" Et bis repetita. Désolé, mais même avec les meilleurs acteurs du monde, Robert MITCHUM et Shirley MacLAINE qui dégagent tous deux un charisme dingue, même avec un réalisateur chevronné comme Robert WISE qui utilise avec brio la compartimentation des espaces jusqu'à un effet de (faux) split screen, même avec une belle photographie en noir et blanc, il m'a été difficile de me passionner pour ce bavardage qui tourne en rond entre un homme "qui n'aime pas assez" et une femme "qui aime trop". La différence d'âge et de milieu est évoquée, le contraste de tempérament est évident entre la remuante Shirley et l'impassible Mitchum mais l'absence quasi complète d'environnement social rend ces obstacles assez abstraits. Même la modernité du langage, débarrassé de la pudibonderie du code Hays n'arrive pas à faire décoller le film censé raconter une histoire d'amour mais qui apparaît étrangement éteint.
C'est un film "à la manière de". A la manière des comédies romantiques british avec ou sans Hugh GRANT mais sans son grain de folie, qu'il soit petit ("Coup de foudre a Notting Hill") (1999) ou énorme ("Tamara Drewe") (2009). A la manière de WONG Kar-Wai avec la séquence du restau chinois qui pastiche "In the Mood for Love" (2000) mais sans sa classe (contrairement au film de Xavier DOLAN, "Les Amours imaginaires" qui réussissait une superbe évocation) (2010). A la manière des romans de Jane Austen enfin avec son titre, son bal en costumes d'époque, son avatar de Darcy du genre le gars qu'on déteste d'emblée avant de découvrir sa réelle personnalité. Tout cela forme un ensemble hétéroclite et désuet qui semble plaqué artificiellement sur la jeunesse française d'aujourd'hui. Les quelques touches d'humour tombent à plat et aucun personnage ne parvient à réellement exister. Soit ils font tapisserie, soit ils sont enfermés dans un cliché. Seule Camille RUTHERFORD sort son épingle du jeu mais le film n'en est pas moins désespérément plat et cousu de fil blanc.
"Etre critique, ce n'est pas donner son avis, c'est se construire comme sujet travers les films que l'on voit" (Emmanuel Burdeau)
"La cinéphilie est moins un rapport au cinéma qu'un rapport au monde à travers le cinéma" (Serge Daney)