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Articles avec #comedie burlesque tag

L'Amour tenace

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1912)

L'Amour tenace

Ce n'est pas le meilleur court-métrage de Max Linder car il est assez pauvre en idées. Il consiste en une série de courses-poursuite entre le père et la fille Rocdefer d'une part et Max d'autre part. Max et la fille Rocdefer sont amoureux mais le père s'oppose à leur union. Une intrigue qui annonce à l'état rudimentaire celle de "Soyez ma femme". Le principal intérêt du film est esthétique. Il y a de nombreux plans en extérieur composés comme des tableaux. Max Linder joue (comme dans beaucoup de ses films) sur la symétrie et un jeu de couleurs assorties (ici le blanc) pour suggérer que Max et la fille Rocdefer sont faits l'un pour l'autre. D'autre part on voit Max s'adonner à de nombreux sports: équitation à l'arrière du train, patinage, ski. Cela nous rappelle qu'à cette époque, les vacances et les loisirs étaient réservés à un tout petit milieu privilégié dont était issu Max Linder.

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Max a peur de l'eau

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1912)

Max a peur de l'eau

Max Linder comme Marcel Proust a retranscrit dans ses premiers films le mode de vie oisif de la bourgeoisie française de la Belle-Epoque. Dans "Max a peur de l'eau" on voit quelques uns de ses membres s'adonner aux joies du tennis et des bains de mer. Sauf qu'il y a un hic. Max a une telle phobie de l'eau qu'il ne peut suivre sa fiancée. Cela suffit à le faire baisser dans son estime au point de remettre en cause leur union. On voit au passage la superficialité de ce milieu et son manque d'ouverture d'esprit. Sommé d'aller chercher la bague de fiançailles au fond de l'eau, le pauvre Max s'escrime en vain pour surmonter sa phobie. Mais un heureux concours de circonstances va lui permettre de renverser la situation à son avantage.

Le film n'est guère palpitant en soi mais il offre comme la plupart des autres Linder de délicieuses trouvailles. Ici c'est une séquence d'animation à partir de papiers découpés montrant des poissons cherchant â s'emparer de la bague de fiançailles. Une technique reprise beaucoup plus tard par Terry Gilliam, grand admirateur de Linder. Les têtes des Monty Python apparaissent d'ailleurs sur des corps de poissons dans plusieurs séquences du Sens de la vie.

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Entente cordiale

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1912)

Entente cordiale

Entente cordiale est un court-métrage de Max Linder plein de charme. L'intrigue est un marivaudage des plus classiques. Une jeune femme très riche (Jane Renouard ou Renouardt, une collaboratrice de Max Linder qui posait aussi pour les peintres et photographes) se fait passer pour une bonne afin de tester les sentiments de Max, un jeune bourgeois dont elle est amoureuse. Au passage elle séduit l'ami de Max, le musicien Harry Fragson (mort en 1913, ce sera son seul film) ce qui introduit une rivalité entre eux.

Mais le film se teinte de véritables moments de fantaisie voire de poésie absurde. Un piano devient un véhicule que l'on remorque. Eenfin presque, il perd ses pieds dans l'histoire. Un duel au pistolet abat non les duellistes mais leurs témoins et les animaux qui sont sur leur chemin. Enfin presque, lorsqu'il est révélé que les armes sont chargées à blanc, tout le monde se relève indemne (vive les trucages et l'illusion). Enfin lorsque survient le happy end, les amoureux se mettent à danser, accompagnés... par les meubles de la pièce qui comme s'ils étaient dotés d'une vie propre sautent de plus en plus haut jusqu'à se renverser. 

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Charlot dans le parc (In the Park)

Publié le par Rosalie210

Charles Chaplin (1915)

Charlot dans le parc (In the Park)

Charlot dans le parc est le quatrième film tourné par Chaplin pour la Essanay. Pourtant il est très "keystonien" et fait penser par exemple au "Maillet de Charlot" ou encore à "Charlot et la somnambule" tournés en 1914. Chaplin disait à propos du premier film qu'il a réalisé (ou co-réalisé) en 1914 "Charlot et le chronomètre" qu'il lui suffisait d'un banc, d'une jolie fille et de deux trouble-fêtes pour faire une bonne comédie.

La recette des "park comédies" de la Keystone est donc largement réemployée au point que l'on peut parler ici de remake. En voici les ingrédients:

- L'unité de lieu: un parc qui a déjà servi de décor à "Charlot et le chronomètre".

- Le comportement amoral de Charlot, qui vole, joue les receleurs, frappe, tente de séduire grossièrement une femme qui a déjà un prétendant (on retrouve d'ailleurs dans ce film un gag phallique déjà utilisé dans "Charlot et la somnambule" et qui inspirera plus tard Harpo Marx: la jambe tendue posée abruptement sur les genoux d'une dame ici Edna Purviance).

- Des gags burlesques bruts de décoffrage déjà vus et revus à la Keystone: coups de pied aux fesses, claques, coups de briques...

- Un combat de coqs entre des messieurs de classe sociale différente: Un comte (Léo White), un bourgeois (Bud Jamison), un va-nu-pieds (Chaplin), un pickpocket (Billy Armstrong).

- La chute: lorsqu'on voit surgir le lac une ou deux minutes avant la fin, on sait qu'une bonne partie du casting va finir dedans.

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Max en convalescence

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1911)

Max en convalescence

Max en convalescence tout comme Les débuts de Max au cinéma a un caractère autobiographique. Victime d'un accident pendant un tournage (éventration à la suite d'un saut acrobatique en patin à roulettes au Théâtre de la Cigale), Max Linder dût subir une opération et s'arrêter plusieurs mois en 1911 durant lesquels il effectua sa convalescence auprès de sa famille dans le bordelais.

L'influence des frères Lumière est bien repérable. Le début est un quasi copier-coller de L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat. Sauf que nous ne sommes pas dans le sud-est mais dans le sud-ouest, à Saint-Loubès précisément. Max est accueilli par sa sœur Marcelle et tous deux se rendent dans la maison de leurs parents Jean et Suzanne Leuvielle (le véritable nom de Max Linder étant Gabriel Leuvielle). Le décor champêtre semble idéal pour se reposer. Mais c'est sans compter sur l'animosité d'un poney qui prend un malin plaisir à tourmenter le pauvre Max, l'arrosant, le faisant tomber de sa chaise et finalement le précipitant dans le canal. Seul le chien fidèle de la famille viendra à son secours.

Max Linder met en scène beaucoup d'animaux dans ses films. Soit en tant qu'alliés, soit en tant qu'ennemis. On peut tout à fait interpréter cette omniprésence comme une représentation des pulsions refoulées. Pulsion de vie avec le chien et pulsion de mort avec le poney. Le caractère autodestructeur de Max Linder n'avait pas encore pris le dessus mais il s'exprimait déjà dans ce film qui montre également qu'en dépit de l'apparente sérénité familiale, Max s'était isolé avec une existence de saltimbanque très éloignée des valeurs bourgeoises de celle-ci. La fin en forme d'engloutissement préfigure l'oubli de Max dans sa propre famille, l'enterrement honteux de ses films dans le jardin, une omerta que sa fille mettra des dizaines d'années à briser.

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Les débuts de Max au cinéma

Publié le par Rosalie210

Louis J. Gasnier et Max Linder (1910)

Les débuts de Max au cinéma

Max se rend chez les frères Pathé pour obtenir son premier rôle au cinéma, recommandé par un ami du théâtre de l'Ambigu Comique où il se produisait tous les soirs. Il y a donc une mise en abyme autobiographique savoureuse autour des vicissitudes du métier d'acteur: on le promène de bureau en bureau, il est giflé, défenestré, bombardé de meubles, jeté et roulé à terre, arrosé... Et à la fin on lui demande de remercier gentiment la caméra ce qui le fait exploser et s'en prendre au réalisateur (Lucien Nonguet).

Le titre est cependant trompeur. Ce n'est pas le premier film que Max Linder a tourné pour les frères Pathé. Il a commencé en effet cinq ans auparavant mais la plupart des films dans lesquels il a joué entre 1905 et 1910 (au rythme de un par jour!) sont semblent-ils perdus. On ne sait d'ailleurs pas exactement combien il en a tourné soit en tant qu'acteur sous la direction d'un des réalisateurs maison (Gasnier, Monca, Nonguet, Zecca etc.) soit en tant que réalisateur. On sait juste que c'est durant cette période qu'il a inventé son personnage de "Max", jeune dandy raffiné et séducteur à moustache fine et chapeau haut-de-forme.

L'art cinématographique n'en étant qu'à ses débuts, on ne sera pas surpris de l'abondance de plans basiques larges et fixes où l'on filme les décors de cinéma comme s'il s'agissait d'une scène de théâtre. Tout au plus remarque-t-on un léger raccord au moment de la bagarre de rue.

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Max prend un bain

Publié le par Rosalie210

Lucien Nonguet (1910)

Max prend un bain

Tourné en 1911, Max prend un bain est une comédie de mœurs assez tordante. A cause de ses tics nerveux, le docteur "Saimelamort" recommande à Max de prendre des bains froid une heure par jour. Mais en 1911, les appartements même bourgeois sont dépourvus de salle de bains et d'eau courante. Voilà donc ce pauvre Max contraint de prendre son bain sur le palier en espérant n'être vu de personne. Evidemment il n'en est rien et le jeune homme déclenche un joli scandale pour "atteinte à la pudeur". La baignoire devient une sorte de chaise à porteurs lorsqu'elle est expédiée avec son propriétaire jusqu'au commissariat. Puis après avoir vidé son contenu sur les policiers, Max s'enfuit en se cachant dessous, la transformant en baignoire-tortue à pattes. Pour finir il s'en sert comme projectile contre les policiers lancés à sa poursuite. L'absence de son costume daté fait encore plus ressortir la modernité du jeu de Max Linder, sa simplicité et son naturel. Il apparaît incroyablement vivant et proche de nous, plus de 100 ans après le tournage du film.

Bien que l'on trouve une majorité de plans larges et fixes, on observe aussi quelques innovations: l'insert d'un gros plan en plongée quand Max se cache sous l'eau pour tenter de ne pas être vu de ses voisins et une plongée verticale sur un sol peint en trompe-l'oeil pour faire croire qu'il s'agit d'un mur.

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Charlot débute au cinéma (His new Job)

Publié le par Rosalie210

Charles Chaplin (1915)

Charlot débute au cinéma (His new Job)

"His new job" est le premier film que Chaplin a tourné pour la Essanay d'où un titre qui peut être perçu comme une allusion au début de son nouveau contrat. Mais ce n'est pas le premier de ses films qui a pour cadre un studio de cinéma. Il en avait déjà tourné deux pour la Keystone: "Charlot fait du ciné" ("A film Johnnie") et "Charlot grande coquette" ("The Masquerader"). Dans "His new job", Chaplin y fait d'ailleurs allusion en nommant les studios fictifs dans lesquels il joue studios "Lockstone"! Ces films reflètent les premiers pas de Chaplin autant qu'ils nous renseignent sur l'époque pionnière du cinéma à Hollywood. On y voit apparaître Ben Turpin et même Gloria Swanson dans un petit rôle.

"His new job" n'est pas le meilleur court-métrage de Chaplin. Il se traîne en longueur et donc manque de rythme. De plus il utilise par moments des gags éculés de type slapstick (coups de marteau, gifles, coups de pied et de sabre aux fesses, porte dans la figure...) Mais il montre aussi un Charlot gaffeur, élément perturbateur dans un scénario trop bien huilé, semant la zizanie devant et derrière la caméra (et en plus il sort indemne de toutes les situations compromettantes, les apparences donnant tort à ses partenaires!) Un Charlot prolétaire assez brut de décoffrage, impoli voire brutal comme dans les premiers films de la Keystone. Mais voilà qu'il se permet d'entrer sans autorisation dans la loge de la star du film et revêt son uniforme (l'usurpation d'identité est au cœur des films de Chaplin). A ce moment là seulement et pour un bref moment, l'autre Charlot/Chaplin se fait jour, le gentleman distingué et sentimental qui s'épanouira dans ses films ultérieurs. Oui Chaplin est double et même un film aussi imparfait que celui-là en porte la marque.

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Max veut divorcer (Max Wants to Divorce)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1917)

Max veut divorcer (Max Wants to Divorce)

Max Linder a tenté par deux fois de faire du cinéma aux Etats-Unis. Avant de réaliser ses longs métrages indépendants, il a été embauché en 1916 par la Essanay qui souhaitait trouver un remplaçant à Chaplin qui venait de les quitter. Hélas l'aventure tourna court (les raisons ne sont pas claires: problème de santé ou manque de succès). Sur les 12 films prévus, il n'en tourna finalement que 3 dont 2 sont parvenus jusqu'à nous. Max veut divorcer est l'un de ces deux films, l'autre étant Max et son taxi.

L'intrigue de Max veut divorcer est assez sordide puisqu'il s'agit d'organiser un flagrant délit d'adultère pour divorcer et toucher un héritage avec la complicité de l'épouse mais le film est sauvé du mauvais goût par son grain de folie. En effet dans la pièce qui jouxte celle où Max reçoit sa pseudo-maîtresse un psychiatre reçoit lui des fous furieux plus hauts en couleur les uns que les autres, entassés dans une pièce qui finira par déborder et emporter tout le monde dans un délire contagieux.

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L'étroit mousquetaire (The Three Must-Get-Theres)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1922)

L'étroit mousquetaire (The Three Must-Get-Theres)

Des trois long-métrages qu'il tourna aux USA, Max Linder considérait que "l'Etroit mousquetaire" était son plus réussi et même le meilleur film de sa carrière. En effet c'est un petit bijou qui en prime est un film pionnier en tant que pastiche de romans historiques, chevaleresques ou de cape et d'épée très connus. Le film "Les trois mousquetaires" de Fred Niblo sorti exactement un an auparavant avec Douglas Fairbanks avait été un énorme succès. Max Linder propose de réaliser "l'envers" de ce film, son double parodique "The Three Must-Get-There". Ce qui est d'une logique implacable au vu de ses précédents films où la figure du double faisait surface à un moment ou à un autre, à travers le faux reflet d'un miroir par exemple.

C'est selon cette logique du reflet inversé passé au révélateur que les personnages du roman de Dumas sont renommés: Pauvre-lieu au lieu de Richelieu, Roquefort au lieu de Rochefort, Bouc qui Gagne au lieu de Buckingham, Ananas d'Autriche au lieu d'Anne d'Autriche, Bonne-aux-Fieux au lieu de Bonacieux (Connie en VO) et Lindertagnan au lieu de l'Artagnan.

Il souffle un vent de liberté dans ce film qui frappe par son énergie débridée et la richesse de ses trouvailles plus décalées voire surréalistes les unes que les autres. Linder réalise des cascades et acrobaties étourdissantes n'hésitant pas à transformer à l'occasion le film de cape et épée en spectacle de cirque ou en film de guerre. Il multiplie les anachronismes, à commencer par l'essayage de son costume où il s'auto-cite en revêtant brièvement un chapeau haut-de-forme. On voit également se succéder les poteaux et lignes électriques de la campagne de Gascogne, l'orchestre de jazz d'Ananas, une voiture à pneus et à porteurs, des téléphones, une moto, des allusions aux taxis, agences immobilières, traiteurs... Il cache souvent une partie de l'image pour créer une illusion de normalité et de logique qui devient nonsensique lorsqu'il la révèle en totalité. Il en est ainsi par exemple de la voile d'un bateau...qui surmonte son cheval avec lequel il traverse la Manche. Les noix de coco de "Monty Python, Sacré Graal" ne sont pas loin et on ne sera pas surpris d'apprendre que "L'Etroit Mousquetaire" a été une source d'inspiration directe pour ce qui s'avère être l'une des plus célèbres comédies parodiant une légende historique.

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