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Jane Eyre

Publié le par Rosalie210

Julian Aymes (1983)

Jane Eyre

Il existe au moins une vingtaine d'adaptations de "Jane Eyre", le chef d'oeuvre de Charlotte Brontë mais bien peu s'avèrent satisfaisantes tant le roman est riche et tant les protagonistes principaux sont complexes. L'avantage de la mini-série sur le long-métrage de cinéma, c'est que sa longueur permet d'adapter la totalité du roman. Or il n'y a aucune scène superflue dans "Jane Eyre" ce qui explique, du moins en partie que je ne trouve aucune adaptation en long-métrage satisfaisante parmi toutes celles que j'ai vue (j'aime beaucoup celle de Stevenson mais c'est pour des raisons extérieures à "Jane Eyre", à savoir mon admiration pour le cinéma de Orson Welles, la musique de Bernard Hermann etc.) La mini-série s'avère être le format idéal pour adapter correctement le roman, à condition d'en avoir compris l'esprit. Or c'est ce qui manque cruellement dans cette adaptation de Julian Aymes pour la BBC terriblement datée tant sur le plan formel que sur celui du contenu. 

Cette version bien que britannique m'a replongée au cœur des séries historiques cheap réalisées pour la télévision française dans les années 80 du type "Le Gerfaut" ou "La Comtesse de Charny" avec des décors de carton-pâte, une mise en scène théâtrale étriquée (très peu de scènes sont tournées en extérieur) et une image vidéo assez laide. D'autre part, l'adaptation du roman y est platement littérale ce qui veut dire qu'elle passe à côté de ce que Charlotte Brontë nous fait ressentir, de ce qu'elle nous dit entre les lignes à défaut de pouvoir le dire explicitement. On a donc des dialogues fidèles à la virgule près à ceux du roman mais qui ne sont pas incarnés et donc sonnent faux. Et ce d'autant plus que l'interprétation pose aussi problème. En effet dans "Jane Eyre" il y a au moins trois personnages qu'il ne faut pas rater sous peine de rater l'adaptation: Jane, Rochester et l'entité formée par Jane et Rochester ^^. Or le casting ne fonctionne pas pour la bonne et simple raison que Timothy Dalton écrase complètement sa partenaire, Zelah Clarke. Celle-ci qui arbore un perpétuel air de chien battu apparaît comme une petite chose fragile, larmoyante, contrite et triste à mourir. Elle semble tétanisée par son partenaire qui la domine de bout en bout. Inutile de préciser que c'est un contresens total par rapport au personnage de Jane Eyre, fausse fragile, vraie force de la nature qui recherche et obtient une relation d'égal à égal, fondée sur une alchimie naturelle qui échappe à tous les jeux de pouvoir. Timothy Dalton a aussi sa part de responsabilité dans cet échec. Certes, ce n'est pas sa faute si les directeurs de casting ne lui ont pas trouvé une partenaire à la hauteur de son charisme animal (^^) mais il donne une interprétation bien trop simpliste (et outrée) de Rochester. Pour exprimer les ambivalences du personnage, il n'a pas trouvé mieux que d'alterner des scènes où il malmène Jane et des scènes où il lui ouvre son cœur sans aucun rapport entre elles, comme s'il était schizophrène. S'il est vrai que le comportement instable de Rochester fait longtemps souffrir Jane dans le roman, jamais elle ne tremble devant lui, ayant conscience de sa force. Et surtout, jamais il ne la rejette brutalement comme il le fait dans la mini-série, y compris à la fin où (ajout venu d'on ne sait où) il ne veut brusquement plus de ce qu'il prend pour de "la pitié" et la met aussitôt au bord des larmes. De quoi casser l'ambiance et réfrigérer n'importe quel cœur. C'est un contresens total par rapport à la fin du roman où ils sont si heureux d'être ensemble qu'ils sont complètement désinhibés. Les émotions et les gestes qui les accompagnent circulent alors librement entre eux (ce qui d'ailleurs allait à l'encontre des convenances et avait choqué à l'époque). A travers ces poussées d'autoritarisme inventées de toutes pièces, on sent le besoin de bien marquer les territoires du masculin et du féminin ou plutôt des stéréotypes associés à chaque genre, histoire de rassurer ceux qui auraient peur de perdre le contrôle et de se laisser "absorber" dans le monde féminin de Charlotte Brontë. Pitoyable. 

 

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Jane Eyre

Publié le par Rosalie210

Franco Zeffirelli (1996)

Jane Eyre

"Jane Eyre" de Franco Zeffirelli sorti en 1996 est la première version du roman de Charlotte Brontë à avoir été tournée à Haddon Hall dans le Derbyshire. Ce lieu est devenu un écrin si parfait que les versions ultérieures y sont toutes revenues: aussi bien la formidable mini-série de Susanna White de 2006 que le film de Cary Fukunaga de 2011. Haddon Hall est le principal apport d'une version guère impérissable tant elle échoue à restituer tout ce qui fait la puissance et la modernité du roman. L'aspect le moins raté de la transposition est l'enfance de Jane grâce principalement au jeu de Anna Paquin qui trois ans plus tôt crevait déjà l'écran dans "La Leçon de piano" de Jane Campion. Néanmoins les choix scénaristiques et de mise en scène manquent déjà pour le moins de subtilité. Je pense en particulier au fait de ne mettre en avant que les sévices subis à l'école Lowood (en les concentrant sur Helen Burns qui plus est dans un malheureux syncrétisme entre le film de Stevenson et le roman) sans montrer qu'il s'agit aussi d'un lieu de formation. De même le personnage de Brocklehurst est juste montré comme la terreur de l'établissement alors que Charlotte Brontë fustigeait surtout son hypocrisie (et avec elle, celle des dévots bien-pensant écrasant les jeunes filles pauvres sous leur botte tout en parant leurs propres filles de beaux atours). Mais là où le film se crashe complètement, c'est à partir de la deuxième partie, quand Jane adulte se rend à Thornfield Hall pour devenir la gouvernante d'Adèle. Dire que les raisons de l'attirance de Jane pour Rochester (et réciproquement) restent mystérieuses pour le spectateur est un faible mot tant les deux acteurs, visiblement mal dirigés échouent à transmettre quoi que ce soit en terme d'alchimie ou d'émotion. On ne ressent à aucun moment la moindre complicité intellectuelle ou le moindre désir charnel entre eux. Charlotte Gainsbourg a le physique du rôle, c'est sans doute celle qui correspond le plus à la description qu'en fait Charlotte Brontë. Mais on ne peut pas dire qu'elle fait montre d'une quelconque personnalité, elle donne juste l'impression d'assister passivement, les yeux écarquillés, aux événements. Il n'y a aucun raccord possible avec le visage si énergique et déterminé de Anna Paquin. Toute la force de caractère de Jane, sa capacité de résistance au carcan patriarcal est complètement évacuée. Quant à William Hurt, il a 10 ans de trop pour le rôle mais cela n'aurait aucune importance s'il lui transmettait une quelconque flamme. Or il est tellement éteint et monolithique qu'on ne peut pas croire deux secondes qu'il est Rochester. On touche cependant le fond avec la troisième partie qui est précipitée en 15-20 minutes et au final massacrée. La séquence d'avant et surtout d'après le mariage raté n'est quasiment pas traitée ce qui ôte tout enjeu à ces événements alors qu'ils sont pourtant cruciaux (Jane va-t-elle à cause de sa passion renoncer à son libre-arbitre pour se faire entretenir dans une chimérique vie de princesse derrière laquelle se cache la réalité d'une domination patriarcale?) D'ailleurs elle ne s'enfuit même pas (pourquoi le ferait-elle d'ailleurs puisqu'il n'y a aucun désir qui passe entre elle et Rochester, donc aucun danger) elle se rend tranquillement dans la maison de sa tante où l'attend St John (un mélange issu également du film de Stevenson) que l'on arrive pas à situer vu qu'il n'a que quelques minutes pour s'exprimer. Donc sa propre capacité d'emprise sur Jane, son puritanisme tyrannique sont complètement passés sous silence. Lorsqu'elle revient à Thornfield, il ne s'est écoulé que quelques minutes, inutile de dire que c'est un peu court pour faire d'autres expériences et mûrir. Ses retrouvailles avec Rochester tombent donc complètement à plat tout comme l'est ce film académique (je dirais même stupide) qui ne va pas au delà de la surface des choses.

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Jane Eyre

Publié le par Rosalie210

Cary Joji Fukunaga (2011)

Jane Eyre

Cette version de Jane Eyre (la dernière en date il me semble) ne manque pas de qualités, que ce soit dans la mise en scène ou dans l'esthétique. Mais elle passe à côté de l'essentiel. En effet en dépit des apparences, "Jane Eyre" n'est pas un roman facile à adapter parce qu'il n'est pas facile d'en saisir l'essence. Le nombre très élevé d'adaptations (plus d'une quinzaine!) plaide d'ailleurs en ce sens, il est l'expression d'une insatisfaction, d'une difficulté face à une histoire aussi insaisissable que son héroïne et celle qui lui a donné vie, Charlotte Brontë.

Ce qui pèche dans cette version ce n'est pas tant les coupes dans le roman (comment faire autrement pour faire tenir l'histoire en moins de deux heures?) que la vision complètement dévitalisée qu'il en donne. "Jane Eyre" se compose de contradictions, de reliefs et c'est un grand huit émotionnel autant qu'une passionnante (et surtout revigorante!!!) réflexion autour de la condition féminine, des rapports entre les sexes et de tout ce qui entrave leur épanouissement mutuel. Dans la version de Fukunaga, tout n'est presque que tourment, souffrance, dépression et désolation. D'ailleurs le choix de commencer l'histoire non par le commencement (c'est à dire par l'enfance qui dévoile l'échec des éducateurs victoriens à mater la nature rebelle de Jane) mais par sa fuite éperdue dans la lande pour échapper à la tentation de céder aux avances de Rochester après leur mariage raté va dans ce sens. Le jeu de Mia Wasikowska est certes sensible mais il manque de feu et de conviction, il manque aussi de cette naïveté émerveillée propre à la découverte de l’amour (tremplin de son évolution future) il est terne, monocorde. Jane Eyre est un caractère fort, puissant (au point de faire peur à tous les tenants de l'autorité qui la voient comme une sorcière) ce qu'elle ne retranscrit pas du tout. Et le courant ne passe pas vraiment avec son partenaire, Michael Fassbender qui a également du mal à exprimer combien Rochester est une généreuse et vulnérable nature sous ses comportements parfois détestables de "seigneur et maître". C'est bien dommage car son jeu est intéressant, par exemple à l'église lorsqu'il s'apprête à épouser Jane, sa nervosité retranscrit parfaitement à quel point il n'a pas la conscience tranquille. Ce qui manque en fait dans ce film c'est la dimension joyeuse, païenne, sensuelle, l'énergie, la verdeur, la tendre complicité de leur relation. Le roman est à l'image de toutes les saveurs de l'existence, le film n'en offre que le versant dépressif. Jane et Rochester ne sont pas des apparitions fantomatiques mais des êtres de chair et de sang (plutôt bouillant) qui se débattent pour sortir de la situation sans issue dans laquelle ils sont plongés, ou plutôt dans laquelle la société victorienne étriquée les plonge jusqu'à ce qu'ils parviennent à se créer leur propre issue. C'est aussi sans doute à cause de ce manque global de relief (qui provoque un ennui poli) que le personnage de St John (Jamie Bell) tombe un peu à plat. Il devait représenter une réelle alternative à Rochester mais dans une version aussi monochrome, c'est tout simplement impossible.  

S'il fallait résumer en un exemple la vision tristounette que donne cette version, je citerais celui où Jane retrouve Rochester. Dans ma version préférée (celle de la BBC de 2006 qui a été tournée dans les mêmes décors mais qui a mieux su leur donner sens) elle s'accomplissait (comme dans le roman) autour d'un verre d'eau, symbole de retour à la vie. Ici elle s'accomplit autour d'un arbre en ruines. Cette vision est celle que Rochester a de lui à la fin du roman. Le film oublie juste de préciser que Jane lui dit que ça repoussera, juste un peu différemment*. Et Jane, elle s'y connaît en matière de résilience.

*Fukunaga a-t-il seulement compris le roman? J'en doute. Car ce même arbre mort qui apparaît dans une scène de renaissance, il le montre en fleurs dans la phase qui précède un mariage qui est en fait un leurre reposant sur des bases malhonnêtes et déséquilibrées.

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Jane Eyre

Publié le par Rosalie210

Susanna White (2006)

Jane Eyre

Parmi les nombreuses adaptations à l'écran du roman de Charlotte Brontë, celle de la BBC, véritable Mecque de la mini-série de qualité, est tout simplement géniale. Sa longueur (4 épisodes de près d'une heure) permet d'être relativement fidèle au livre. Néanmoins, l'adaptation privilégie surtout la relation entre Jane Eyre et Edward Rochester qui est analysée aussi bien sous son angle romantique, mythologique et spirituel que dans ce qu'elle a de résolument moderne voire de révolutionnaire, même de nos jours où la force morale exceptionnelle de l'héroïne pourtant seule et pauvre et à l'inverse la vulnérabilité cachée puis révélée de celui qu'elle aime qui a pourtant en apparence tous les attributs du "mâle dominant" finissent par mettre sans dessus dessous ^^ les repères traditionnels du rapport de couple (adossés sur des inégalités elles-mêmes issues d'assignations/représentations de genre aliénantes mais qui ont la vie dure parce ce que rassurantes). C'est aussi une version extrêmement sensuelle où la nature joue un rôle prépondérant.

Si l'enfance de Jane est un peu trop rapidement expédiée (sauf pour souligner son caractère indomptable et indépendant ce qui fait qu'on la considère dès son plus jeune âge comme "habitée par le diable") dès que celle-ci (merveilleusement jouée par une Ruth Wilson 100% nature) atteint l'âge adulte, le récit se pose et entre véritablement dans un état de grâce. Tout prend harmonieusement sa place. Le décor de Thornfield Hall, protagoniste à part entière de l'histoire fait penser aux tableaux de paysages romantiques qui expriment les états d'âme. Le lien chamanique qui unit Jane et Rochester (issu d'ancestrales croyances celtiques retravaillées par le romantisme) se matérialise sous la forme d'une rivière au courant impétueux. A contrario se dresse toute en verticalité la forteresse lugubre du château, véritable prison avec son monstre à l'intérieur. Le flux de la vie s'écoulant en toute liberté à deux pas du sarcophage contenant les pulsions indésirables réprimées jusqu'à la folie. Un château qui symbolise également la domination sociale des hommes (riches et bien nés de préférence) sur les femmes (a fortiori si elles sont pauvres). Mais ce n'est qu'un décor derrière lequel se noue en eaux profondes un lien horizontal, puissant, indéfectible entre deux solitaires qui ont aussi peur l'un de l'autre qu'ils sont attirés l'un par l'autre. Outre la bestialité bien peu aristocratique qui se dégage de Rochester (Jane évoque sa "crinière" de fauve mais il y a aussi en lui un ours mal léché et parfois aussi un serpent tentateur évoluant sur une musique hypnotique et de lourdes vapeurs, toute une atmosphère de décadence qui suggère le vertige de la chute), celui-ci se joue dans un premier temps des sentiments de Jane comme d'un mécanisme de défense le protégeant d'une femme qu'il sent d'instinct beaucoup plus forte que lui. La scène-clé de la rencontre lorsque Rochester tombe de cheval pour ne pas percuter Jane de plein fouet a ainsi une signification sexuelle. Le cheval est une métaphore de la virilité et Jane commence par le désarçonner: pas étonnant qu'il la traite d'emblée de "sorcière" car c'est le premier coup de boutoir de cette force de la nature contre sa si fragile forteresse intérieure ^^. D'ailleurs cette scène dit déjà tout puisqu'il est ensuite obligé de s'appuyer sur Jane pour remonter à cheval après avoir découvert qu'il s'était foulé le pied. La suite ne fait en effet que confirmer que le courant passe entre eux à un niveau qui renverse tous les codes et toutes les barrières établies. La scène où Jane sauve Rochester endormi dans son lit en flammes est un renversement complet par rapport au schéma traditionnel où la femme attend dans sa tour/dans son lit que son prince charmant vienne la délivrer/la réveiller. C'est aussi une scène trouble dans laquelle Jane joue (déjà) avec le feu en s'approchant d'aussi près d'un homme qui pourrait bien l'entraîner avec lui en enfer (même -et c'est très important- si elle reconnaîtra plus tard que le puritanisme de St John est autrement plus effrayant que l'aura sulfureuse de Rochester). Plus tard, toujours sous les coups (symboliques) portés par Jane qui finit par exprimer du fond de tout son être son droit à la dignité, à la liberté et à l'égalité, on voit à plusieurs reprises le masque de Rochester craquer grâce à la finesse de jeu de Toby Stephens, acteur à l'expressivité phénoménale, pouvant exprimer simultanément différentes facettes contradictoires du si complexe personnage de Rochester (le machisme/la vulnérabilité, l'assurance/la détresse, la tendresse/la séduction etc.) passant en un éclair de la figure sombre et autoritaire ou bien séductrice et carnassière au déchirement le plus poignant, la voix rauque ou bien défaillante d'émotion jusqu'à finir avec le visage complètement défait du petit garçon perdu. Plus tard encore, lorsque la tension (sexuelle) entre eux atteint son paroxysme après le mariage raté pour cause de petit problème de polygamie ^^, on voit Jane au terme d'un corps à corps aussi sensuel qu'éprouvant résister à la tentation de devenir sa maîtresse (notamment par le fait qu'elle continue à l'appeler "sir" ou "M. Rochester" même dans la plus grande proximité physique, le mettant ainsi mentalement à distance) alors que lui a tellement peur d'être abandonné qu'après avoir tout fait pour la faire "craquer" (en jouant avec les limites autorisées de l'époque ce qui augmente considérablement le niveau d'érotisme de la scène), il tente de la convaincre qu'ils peuvent rester ensemble en mettant la sexualité de côté (c'est tellement crédible qu'elle s'enfuit aussitôt). Elle ne revient vers lui que lorsqu'elle l'a décidé c'est à dire une fois qu'il a retrouvé son intégrité morale et fait du ménage dans sa vie ce qui passe par l'acceptation de sa vulnérabilité (et la délivrance de ses peurs: d'être dominé, abandonné, trompé, repoussé etc.), laquelle s'inscrit dans son corps désormais définitivement diminué. Entre temps, elle a évolué elle aussi, elle a pris de l'assurance, gagné son indépendance financière et c'est elle qui prend désormais les initiatives. Ayant entre temps rencontré un autre homme (St John Rivers dont elle a failli accepter la proposition de mariage), elle peut lui raconter son expérience (et le rendre jaloux ^^) ce qui rééquilibre symboliquement toutes les scènes où elle a écouté sans broncher les histoires de ses anciennes liaisons (qui se terminaient toutes cependant par une humiliation, renforçant à chaque fois un peu plus son amertume vis à vis des femmes du monde* dont on peut avoir un aperçu en miniature avec le personnage d'Adèle). Et, après lui avoir fait avouer que son plan d'autrefois qui consistait à "vivre comme frère et sœur" était des plus fumeux puisque elle et lui n'étaient définitivement pas du genre platonique (non, vraiment? ^^), summum du rééquilibrage et de l'horizontalité, elle finit par s'assoir puis s'allonger sur lui qui s'abandonne dans un grand éclat de rire partagé et libérateur, prenant ainsi sa revanche sur la scène de la chambre où il l'emprisonnait de son corps en faisant pression de tout son poids sur elle. C'est en effet à ce moment là, quand cela coule de source, qu'elle l'appelle spontanément par son prénom. Chose qu'il avait tenté d'obtenir en vain durant toute leur histoire. Une belle illustration de la liberté et de l'égalité (et de l'effet contre-productif des pressions) ^^. Et bien sûr cela ne peut se passer qu'au bord d'une rivière au cours désormais apaisé, présage de jours heureux.

* Il les surnomme les « oiseaux exotiques » à cause de leurs plumes dans les cheveux. Quant à Jane il la surnomme « l’hirondelle » parce qu’elle part et revient librement ce qui est une source d’angoisse pour lui. 

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Persuasion

Publié le par Rosalie210

Adrian Shergold (2007)

Persuasion

Il y a beaucoup de maladresses dans ce téléfilm produit et diffusé par la BBC en 2007 qui semble avoir été réalisé avec des bouts de ficelle. Des maladresses scénaristiques tout d'abord avec une histoire qui fait la part belle au couple principal en laissant trop dans l'ombre les intrigues secondaires au point qu'on a du mal à identifier de nombreux personnages. Ceux-ci sont à peine esquissés alors qu'un vrai travail de fond permet toujours de rehausser le niveau d'ensemble. En découle un ton mélancolique voire amer assez monocorde qui peine à maintenir l'intérêt. Ensuite, la mise en scène qui manque d'élégance abuse des gros plans. Le gros plan, ça peut être merveilleux quand il s'agit de traquer des émotions sur le visage d'un personnage, dévoiler des vérités intimes dans les échanges. Mais là, cela devient un procédé systématique, vide de sens et donc lassant. Sans parler de la qualité d'image qui laisse à désirer (elle est granuleuse et tremblotante). Et que dire de la fin, trop longue, où l'héroïne court à droite et à gauche avec une caméra à l'épaule qui ne sait pas trop ou se placer (un procédé qui revient plusieurs fois et dont le rendu est particulièrement laid et brouillon). L'interprétation n'est pas non plus très convaincante, voire pas du tout, celle de Sally Hawkins excepté. C'est le premier film où je l'ai vue jouer et j'ai tout de suite été touchée par sa fragilité et sa sensibilité. Hélas, son costume et sa coiffure ne la mettent pas en valeur. Il ressort donc du visionnage du film une impression de travail bâclé à tous les niveaux. C'est dommage car "Persuasion", le dernier roman de Jane Austen, moins connu que "Orgueil et Préjugés" et "Raison et Sentiments" et bien que de tonalité plus grave que ces deux derniers méritait une adaptation plus soignée qui permette de mieux le découvrir. Ainsi Anne, l'héroïne peut être considérée à certains égards comme une lointaine cousine du Bingley de "Orgueil et Préjugés". Elle manque en effet de caractère et de "fermeté" d'âme" et de ce fait, se laisse influencer par les autres (d'où le titre "Persuasion") ce qui compromet ses chances de bonheur.

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Slumdog Millionnaire

Publié le par Rosalie210

Danny Boyle (2008)

Slumdog Millionnaire

Ce qui rend "Slumdog Millionnaire" passionnant, au-delà de la montée en puissance permise par sa construction et son caractère de conte de fée, c'est qu'il est paradoxalement en prise directe avec la réalité contemporaine, illustrant le va et vient permanent qui existe entre l'identité indienne du film et le contexte de mondialisation dans lequel il s'inscrit. Le titre évidemment fait référence à l'aspect le plus évident de cette mondialisation, le jeu "Qui veut gagner des millions?" décliné à la sauce indienne encore que celui-ci soit également le fruit de l'héritage colonial puisqu'il est d'origine britannique (nationalité par ailleurs du réalisateur Danny Boyle). Mais dans sa deuxième partie, le film montre aussi l'émergence de l'Inde en tant que grande puissance économique mondiale avec la construction des tours de bureaux dans les villes, le centre d'appel affichant des pendules aux différentes heures du monde ou le développement du tourisme international à travers le symbole qu'est le Taj Mahal. Cette modernisation coexiste toujours cependant avec la grande pauvreté, démultipliée par le fait que l'Inde est un géant démographique. A Mumbai (anciennement Bombay), les bidonvilles poussent dans les moindres interstices urbains et ce comme on peut le voir dans le film, jusqu'au pied de l'aéroport. Le héros de l'histoire, Jamal Malik en est issu ce qui rend improbable son isolent succès aux questions du jeu. Mais lorsqu'il est forcé de raconter comment il connaît les réponses, il raconte ses expériences et démontre que la culture de la rue est tout aussi influencée par la mondialisation que celle des élites. Une mondialisation sale et sombre, celle des mafias et des trafics, celle qu'a épousé Salim, le frère de Jamal alors que ce dernier a opté pour la "shining India", celle qui séduit le spectateur. Les couleurs saturées de l'image, le rythme échevelé de l'action, l'incroyable énergie qui se dégage du film et son clip final euphorisant ("Jai Ho") proviennent directement des canons du cinéma bollywoodien. "Slumdog Millionnaire" à l'image de la mondialisation peut être qualifié de film masala (métissé) parce qu'il mélange les genres (thriller, romance, social, conte, documentaire, reconstitution et images prises sur le vif dans la rue, au milieu de la foule) ainsi que les cultures. Ce qui explique aussi son succès mondial.

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Raison et Sentiments (Sense and Sensibility)

Publié le par Rosalie210

John Alexander (2008)

Raison et Sentiments (Sense and Sensibility)

Comme "Orgueil et Préjugés" de Simon Langton, "Raison et Sentiments" de John Alexander est une mini-série produite par la BBC et scénarisée par Andrew Davies.  Dans les deux cas, la longueur (ici trois épisodes de 60 minutes) permet d'être fidèle à l'œuvre. L'autre intérêt de cette adaptation est de mettre l'accent sur des points qui semblent secondaires dans le roman mais qui en réalité sont absolument cruciaux. Ainsi la première scène, volontairement transgressive, montre un prédateur sexuel en train de déshabiller une jeune fille. Son destin, nous ne l'apprenons qu'à la fin mais il menace les sœurs créées par Jane Austen aussi bien dans "Orgueil et Préjugés" que dans "Raison et Sentiments": privées de protection (paternelle notamment) et de fortune, elles se retrouvent à la merci d'hommes qui peuvent ruiner à jamais leurs perspectives d'avenir, ne serait-ce que sur la foi d'une simple rumeur. Tout comme Jane et Elizabeth, Elinor et Marianne sont deux victimes de ce système social qui broie les femmes livrées à elles-même et la richesse de l'œuvre consiste à analyser deux tempéraments opposés face à la même injustice: celle qui supporte son sort avec un stoïcisme apparent et celle qui se laisse consumer par la passion. Les hommes, au nombre de trois dans les deux romans représentent trois possibilités: l'amour réciproque et immédiat mais contrarié (Jane et Bingley, Elinor et Edward), le substitut paternel qui veille secrètement sur celle qu'il aime et dont la patience et le dévouement finissent par être récompensés (Darcy et Elizabeth, Brandon et Marianne) et enfin le séducteur, lâche, manipulateur et irresponsable spécialiste du détournement de mineures (les deux W, Wickham et Willoughby) qui s'en prennent aux filles protégées par le substitut paternel (la sœur de Darcy, la pupille de Brandon) et menacent directement ou indirectement de perdre leur grand amour. Pour parvenir à démêler le bon grain de l'ivraie, un repère est donné dans la série par cette citation: "ce qui est important, ce n'est pas ce qu'il dit ou ce qu'il ressent, c'est ce qu'il fait". Le casting n'est pas aussi flamboyant que dans le film de Ang Lee (qui reste ma version préférée du roman de Jane Austen) mais il est tout à fait satisfaisant (les fans de la série "Downton Abbey" reconnaîtront Dan Stevens dans le rôle de Edward Ferrars alors que ceux qui connaissent les films Harry Potter retrouveront Mark Williams dans le rôle de sir John Middleton). Le paysage maritime où viennent se retirer les sœurs Dashwood a même un côté un peu sauvage et primitif qui fait penser à "L'Aventure de Mme Muir" de Joseph L. Mankiewicz.

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Orgueil et Préjugés (Jane Austen's Pride and Prejudice)

Publié le par Rosalie210

Simon Langton (1995)

Orgueil et Préjugés (Jane Austen's Pride and Prejudice)

La meilleure adaptation du plus célèbre roman de Jane Austen n'est pas un long-métrage de cinéma mais une mini-série télévisée en six épisodes de 50 minutes produite par la BBC et diffusée à partir de 1995. Elle fit sensation dans tous les pays anglo-saxons où elle fut diffusée et devint une œuvre culte, couverte de récompenses. Elle fit redécouvrir Jane Austen aux jeunes générations qui multiplièrent les initiatives pour faire revivre son œuvre (sites internet, marathons de lecture, fanfictions, bals d'époque). Helen Fielding s'en inspira (très) fortement pour sa saga littéraire consacrée à Bridget Jones que les adaptations cinématographiques rendirent indissociables de la mini-série avec de nombreux clins d'œil, à commencer bien sûr par le réemploi de Colin Firth en Mark Darcy.  Son influence s'exerça jusqu'au "Discours d'un roi" qui réunit pour la première fois depuis 1995 Colin Firth et Jennifer Ehle, le splendide couple phare de la version BBC (mais toute la distribution est remarquable). Ce dernier qui devint une star internationale à la suite de la diffusion de la série déclara d'ailleurs en 2006 que les trois femmes de sa vie étaient "sa mère, sa femme et Jane Austen" ^^.

Le format de la mini-série s'avère absolument idéal pour transposer le roman de Jane Austen. Il permet de coller au plus près de l'œuvre dont il restitue toute la richesse avec une grande fidélité grâce au travail scénaristique de Andrew Davies.  De plus, il la rend incroyablement vivante et actuelle, avec une mise en scène très dynamique de Simon Langton et une musique enlevée signée Carl Davis. L'histoire a beau se passer au début du XIX° siècle dans un contexte social et juridique beaucoup plus rigide et inégalitaire que le nôtre, l'écriture de "Orgueil et Préjugés" est très moderne dans son analyse de la difficulté à communiquer, dans son féminisme et dans son regard plein d'ironie vis à vis de la société dont elle croque les travers avec un humour caustique irrésistible. Une ironie qui est l'un des traits de caractère les plus saillants de Elizabeth Bennet (qui tient cela de son père avec lequel elle partage une délicieuse complicité), l'héroïne. Un esprit libre dans un corps toujours en mouvement plongé dans un monde corseté, vénal (il faut voir avec quelle vulgarité la mère d'Elizabeth affiche sur la place publique son obsession de voir ses filles faire un beau mariage) et étriqué. Un monde que semble incarner l'austère, froid et hautain Darcy. Mais dans cette histoire où les apparences sont trompeuses, Elisabeth va l'aider sans le vouloir (consciemment en tout cas) à se libérer du carcan qui l'aliène, rendu dans la série (comme chez James Ivory, autre as du genre) par les plans où le personnage la regarde par la fenêtre comme s'il était en prison. Car Darcy n'est pas plus conventionnel qu'Elizabeth notamment par le fait qu'il est trop intelligent pour se plier à la stupidité des règles du théâtre social et tout aussi incapable de mensonge. Il se révèle également le plus mature de tous les personnages de l'histoire avec un sens des responsabilités qui le fait se substituer aux pères défaillants (le sien, celui d'Elizabeth et même celui de Bingley). Même si sa première demande en mariage est humiliante et maladroite sur la forme elle est révélatrice sur le fond: il est incapable d'aller à l'encontre de ses sentiments, même si son orgueil doit en souffrir et en dépit de toutes les pressions sociales qu'il aura à subir du fait qu'il s'agit d'une mésalliance. Tout en respectant à la perfection tous ces aspects, la mini-série ajoute une dimension sensuelle qui n'existait pas dans le roman. Entre Elizabeth et Darcy, l'essentiel ne passe pas par les mots mais par le corps et surtout le regard, doté d'une charge émotionnelle et même érotique surpuissante qui culmine avec la scène cultissime de la chemise mouillée (qui me fait penser à la "Femme au corbeau" de Frank Borzage). Le désir féminin se fait donc une vraie place dans cette série (la littérature dérivée du type Bridget Jones est d'ailleurs qualifiée de "chick lit", "littérature de fille") tout à fait comparable à celui qui se manifeste dans les shojo mangas même s'il faut pour cela qu'il s'exprime à travers la petite lucarne, jugée moins "noble" que la grande. Heureusement que les apparences sont -parfois- trompeuses.

Orgueil et Préjugés (Jane Austen's Pride and Prejudice)

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Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights)

Publié le par Rosalie210

Peter Kosminsky (1992)

Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights)

Bien qu'il s'agisse d'un monument de la littérature difficile à adapter, "Les Hauts de Hurlevent" a connu de multiples transpositions à l'écran. Celle du britannique Peter KOSMINSKY, plus connu pour ses réalisations pour la télévision (dont le remarquable "Warriors : L'impossible mission") (1999) est un peu bancale. A son crédit on peut mettre la volonté méritoire d'adapter l'ensemble du roman et pas seulement la relation entre Catherine et Heathcliff, une belle photographie de paysages magnifiques, la musique de Ryuichi SAKAMOTO et l'interprétation habitée de Ralph FIENNES qui est très convaincant dans le rôle si complexe et ambivalent de Heathcliff. Mais le film souffre également de défauts qui le plombent. Il manque d'un véritable point de vue qui lui donnerait une personnalité. Tel quel, il est platement illustratif. Ensuite il a du mal à nous faire ressentir le passage du temps. Les personnages vieillissent peu voire pas du tout alors que l'histoire se déroule sur plusieurs générations. Certes, beaucoup de personnages meurent jeunes mais ce n'est pas le cas de tous si bien que lorsqu'on voit Juliette BINOCHE qui joue à la fois Catherine mère et Catherine fille devant Edgar (Simon SHEPHERD), on a bien du mal à différencier l'époux du père. Enfin, Juliette BINOCHE offre une interprétation assez puérile de Catherine. Ce n'est pas un personnage facile à saisir car il est lui aussi animé de mouvements contradictoires (peur/sécurité, cœur/vanité, passion/raison, sentiments/calculs etc.) néanmoins une chose est sûre, c'est qu'on ne ressent pas la passion dévastatrice qui est censée la relier à Heathcliff. On a plutôt affaire à une gamine agaçante et superficielle qui ne sait pas ce qu'elle veut. Si bien que sa gémellité avec Heathcliff n'a plus rien d'évident. Une Isabelle ADJANI capable de performances extrêmes et hallucinées aurait été plus appropriée. Ce n'est certainement pas par hasard qu'elle a interprété Emily Brontë dans le film "Les Soeurs Brontë" (1979) de André TÉCHINÉ. Tous ces défauts enlèvent à cette transposition la sauvagerie, la fièvre et le souffle du roman, au point qu'on ne ressent même pas l'apaisement du climat lorsque Heathcliff meurt. 

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Philomena

Publié le par Rosalie210

Stephen Frears (2013)

Philomena

"Philomena", comme "The Magdalene Sisters" (2001) s'appuie sur la tragédie vécue par des milliers de jeunes irlandaises. Du début du XX° siècle jusqu'en 1996, elles furent cloitrées et réduites en esclavage par des institutions religieuses catholiques avec la complicité de leur propre famille et de la société toute entière. Leur crime? Avoir "provoqué" le "péché de chair" (parce que dans l'Eglise catholique, le sexe est un "péché" et c'est toujours la femme la "tentatrice") et devoir l'expier par le travail et les souffrances, notamment de l'enfantement pour celles qui donnèrent naissance à des enfants hors-mariage.

Rien qu'à lire ce préambule, on mesure la terrifiante emprise de cette institution sur les esprits, diabolisant un instinct vital et faisant de la femme son bouc-émissaire tout cela dans un but de domination. Car la répression sexuelle sert toujours les intérêts d'argent et de pouvoir ce que démontre très bien "Philomena". L'exploitation des "pécheresses" s'est étendu en effet à leurs enfants qui ont fait l'objet d'un trafic lucratif avec de riches couples d'américains en mal de progéniture. Pour camoufler leurs activités mafieuses criminelles, les institutions religieuses ont ensuite détruit les preuves. L'emprise du couvent de Roscrea sur Philomena perdure dans le temps et s'étend à son fils ce que le film montre très bien lorsqu'il évoque les efforts infructueux de l'un et de l'autre pour se retrouver, les obligeant à toujours revenir à Roscrea et se heurtant toujours aux secrets et mensonges savamment entretenus par les religieuses du couvent. Le journaliste "cynique" qui accompagne Philomena dans sa quête est en réalité le double du réalisateur, témoin indigné devant ce gâchis humain provoqué sciemment. Il doit cependant accepter le choix de Philomena qui est celui du pardon dont on ne sait s'il est libre ou lié à l'imprégnation de son éducation religieuse qui lui a imposé le silence durant 50 ans. Cependant le film de Stephen FREARS échappe au pathos et à la lourdeur grâce à l'interprétation remarquable de Judi DENCH et de Steve COOGAN (également auteur du scénario et coproducteur du film qui est une idée de lui à l'origine) ainsi qu'au dosage savant entre drame et comédie. La relation piquante qui s'établit entre deux êtres que tout oppose mais qu'une même humanité réunit fournit un contrepoint salvateur à la gravité du thème abordé par le film.

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