Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Articles avec #chabrol (claude) tag

Les Jeux de l'amour

Publié le par Rosalie210

Philippe de Broca (1959)

Les Jeux de l'amour
Les Jeux de l'amour

Premier long-métrage de Philippe de BROCA, "Les jeux de l'amour" est comme son titre l'indique un marivaudage entre trois amis inséparables: Victor, Suzanne et François. Les deux premiers vivent ensemble depuis deux ans mais Victor refuse de se marier et de fonder une famille. Il préfère de son propre aveu papillonner dans les caves de Saint-Germain des Prés. Victor, c'est le bondissant Jean-Pierre CASSEL appelé à devenir le double de Philippe de BROCA dans la première partie de sa filmographie. Il compose un personnage dérivé de la screwball comédie, elle-même dérivée du burlesque. Une sorte de zébulon souple et gracieux, toujours en mouvement qui dicte le tempo aux autres et à la mise en scène elle-même. Certains passages de "Les jeux de l'amour" se rapprochent d'ailleurs de la comédie musicale (c'est la première collaboration avec Georges DELERUE qui deviendra le compositeur attitré du cinéaste). C'est également dans ce film que l'on réalise le mieux la parenté entre Philippe de BROCA et la nouvelle vague même si par d'autres aspects (les dialogues par exemple) on est plus proche du théâtre. Le film est co-produit par Claude CHABROL pour qui Philippe de BROCA a travaillé en tant qu'assistant-réalisateur et Claude CHABROL fait même une courte apparition dans le film. La parenté avec la nouvelle vague, c'est aussi le tournage en extérieurs, une caméra qui à l'image du personnage principal a la bougeotte, la mise au premier plan d'une "culture jeune", l'influence du cinéma américain et le refus des conventions bourgeoises qu'incarne François (Jean-Louis MAURY). Entre le peintre inconséquent mais libre comme l'air et le terne agent immobilier terre-à-terre, Suzanne (Genevieve CLUNY) qui réclame à Victor de prendre ses responsabilités tout en fuyant François par le mouvement et la fantaisie cherche à concilier le beurre et l'argent du beurre. Autrement dit elle peut encore chercher longtemps.

Voir les commentaires

Mia Farrow, ombres et lumières

Publié le par Rosalie210

Thierry Guedj (2023)

Mia Farrow, ombres et lumières

Comme Diane KEATON, Mia FARROW est si étroitement associée à Woody ALLEN pour lequel elle a tourné dans 13 films avant de s'abîmer dans une tempête judiciaire et médiatique que l'on a tendance à oublier les autres aspects de sa vie et de sa carrière. Ce documentaire dont le titre me semble être une référence à "Ombres et brouillard" (1991) nous les rappelle. Il bénéficie d'une construction thématique ce qui n'est pas fréquent. Il commence par évoquer le film qui a rendu célèbre Mia FARROW, "Rosemary's Baby" (1968) de Roman POLANSKI puis bien plus tard, revient dessus afin de montrer comment à travers le film, Mia FARROW s'est délivré du joug d'un Frank SINATRA incarnant le patriarcat (et d'une image lisse forgée à la télévision dans la série "Peyton Place" (1964) où elle a débuté) pour basculer dans l'ère hippie contestataire. Un aspect de sa personnalité qui l'a suivie jusqu'au bout à travers ses engagements humanitaires qui ont supplanté le cinéma: "Alice" (1990) est ainsi analysé comme une biographie de l'actrice qui se débarrasse de son carcan bourgeois pour prendre en main sa vie et aider les autres. Auparavant, dans "Hannah et ses soeurs" (1986), Woody ALLEN utilise d'autres aspects biographiques de l'actrice: sa propre maison est celle de Hannah et c'est sa véritable mère, Maureen O'SULLIVAN qui joue le rôle de la mère de Hannah. La riche filmographie commune avec Woody ALLEN est analysée sous l'angle d'abord de l'émerveillement du réalisateur pour sa muse qui est magnifiée dans des récits quasi magiques puis sous celui du désenchantement qui va de pair avec des personnages plus négatifs. On découvre aussi nombre de curiosités dont le "Docteur Popaul" (1972) de Claude CHABROL avec Jean-Paul BELMONDO. Un documentaire intéressant donc, même s'il est loin de répondre à toutes les questions que l'on se pose sur cette personnalité complexe.

Voir les commentaires

Une affaire de femmes

Publié le par Rosalie210

Claude Chabrol (1988)

Une affaire de femmes

Après la déception qu'a représenté pour moi "L'Evénement" qui sous prétexte d'universalité décontextualise outrageusement l'histoire de sa protagoniste, j'ai voulu m'offrir un point de comparaison avec un film abordant un thème identique et lui aussi tiré d'une histoire vraie, "Une affaire de femmes" réalisé par Claude Chabrol et interprété par Isabelle Huppert, dix ans après sa première collaboration avec le cinéaste pour "Violette Nozière". Le résultat est d'un tout autre niveau. Sans occulter les tares de son personnage féminin, cupide, égoïste, opportuniste sans scrupules et en même temps bêtement inconsciente des risques pris comme du mal infligé à autrui, le film dresse un réquisitoire féroce contre une société complètement délétère, celle du régime de Vichy. Alors que celui-ci s'agrippe à ses valeurs conservatrices ("travail, famille, patrie") censées régénérer un pays purgé de ses ennemis intérieurs (juifs, communistes etc.), on observe au contraire la désorganisation des couples et des familles sous le joug de la guerre, de l'occupation et de la collaboration. Le sort réservé à Marie, exécutée pour l'exemple détruit une famille en laissant deux orphelins. Et ce n'est que l'une des contradictions d'un régime qui se dit préoccupé par la dénatalité mais traque, arrête et déporte massivement les femmes et les enfants juifs alors que sa jeunesse masculine quand elle n'est pas prisonnière est envoyée sur l'ordre de l'Allemagne au STO* ou massacrée lorsqu'elle résiste. Si bien que derrière les intentions affichées, le régime de Vichy accouche d'une société qui lui ressemble: faible, servile, lâche, délatrice et corrompue. Les hommes y sont de pauvres diables ayant perdu toute dignité (et toute virilité) comme Paul (François Cluzet), l'époux de Marie ou bien des collabos prêts à toutes les bassesses pour obtenir des privilèges comme son amant, Lucien (Nils Tavernier). Libérées du poids pesant du patriarcat par cet affaiblissement du masculin, les femmes tendent vers l'émancipation économique, sociale et sexuelle mais quand elles vont trop loin comme Marie qui fait son beurre sur les avortements clandestins, la collaboration horizontale par procuration et les chambres de passe sous la houlette de Lucie (Marie Trintignant), elles se font impitoyablement rattraper par un régime bourgeois, conservateur et lui-même patriarcal (dans son gouvernement, son administration, sa police et sa justice) dont l'intransigeance abjecte est un aveu d'impuissance. Au passage, le film égratigne quelques mythes ayant la vie dure comme celui de la bonne épouse et bonne mère et aussi celui de l'instinct maternel (le personnage joué par Dominique Blanc qui enchaîne les grossesses faute de contraception avoue qu'elle n'aime aucun de ses enfants qu'elle considère juste comme un fardeau).

Remarque: Marie Bunel qui joue Ginette, la première femme à utiliser les services d'avorteuse de Marie réapparaît dans le téléfilm "Le Procès de Bobigny" (2006) mais cette fois dans le rôle de l'avorteuse. Elle y retrouve Sandrine Bonnaire dans le rôle de la mère de la jeune fille se faisant avorter, rôle qu'elle a repris récemment dans "L'Evénement".

* Service du travail obligatoire instauré en 1942 pour compenser la perte de main-d'oeuvre allemande envoyée sur le front soviétique.

Voir les commentaires

La sonate à Kreutzer

Publié le par Rosalie210

Eric Rohmer (1956)

La sonate à Kreutzer

Une curiosité que ce moyen métrage datant du début de la carrière de Éric ROHMER. Longtemps considéré comme perdu, il a essentiellement une valeur documentaire. On y voit en effet non seulement Éric ROHMER faisant l'acteur (et on comprend pourquoi contrairement par exemple à François TRUFFAUT il n'a pas continué l'expérience) mais le temps d'une brève séquence, toute l'équipe des Cahiers du cinéma de l'époque: Jean-Luc GODARD (qui jour le rôle de l'ami journaliste du personnage principal), François TRUFFAUT, Claude CHABROL, André Bazin... En dehors de ce dernier, y figurent plusieurs grosses pointures de la Nouvelle vague alors en gestation.

Pour le reste "La sonate à Kreutzer", librement inspiré d'une nouvelle de Léon Tolstoï raconte l'histoire moyennement intéressante d'un architecte qui cherche à se marier par pur conformisme social. Résultat, il épouse la première venue (Françoise MARTINELLI) qui ne l'aime pas plus que lui ne l'aime. Il n'avait pas prévu que la femme qu'il épouserait ne serait pas une marionnette mais un être humain qui ne se plierait pas à ses désirs. Aussi au lieu de l'amour, c'est la haine liée à la frustration qui l'envahit, surtout quand son épouse tombe amoureuse d'un jeune critique (Jean-Claude BRIALY alors débutant qui traînait dans le sillage de l'équipe des Cahiers du cinéma et que l'on a vu ensuite dans plusieurs films importants de la Nouvelle vague dont "Le Genou de Claire" (1970) d'un certain... Éric ROHMER) avec lequel elle partage les mêmes goûts musicaux. Bref "La sonate à Kreutzer" est un banal "crime passionnel" qui porte bien mal son nom car il s'agit plutôt d'une histoire d'orgueil bafoué qui se mue en violence conjugale.

Le film se distingue aussi par son style particulier. Il est en effet dépourvu de dialogues, tourné comme au temps du muet avec une bande-son ajoutée a posteriori contenant les morceaux musicaux et la voix off intarissable de Éric ROHMER qui raconte ce qu'il s'est passé, le film étant construit en flashback.

 

Voir les commentaires