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Articles avec #breillat (catherine) tag

Une femme de ménage

Publié le par Rosalie210

Claude Berri (2001)

Une femme de ménage

C'est un film neurasthénique et dont le scénario est cousu de fil blanc. Une énième romance entre un quinquagénaire et une jeune fille de 20 ans qui traduit l'écrasante domination du masculin et de son fantasme de filmer des filles jeunes et jolies essentiellement pour leur physique. Si en plus ce sont des Cosette en détresse qui ont besoin d'un sauveur, c'est encore mieux. Le cinéma français a souvent mal employé Emilie DEQUENNE, notamment dans ce film où elle minaude à mort. Il faut dire que son rôle d'allumeuse/briseuse de coeurs un brin simplette et versatile est si cliché, si creux qu'elle ne peut faire autrement. Heureusement, Jean-Pierre BACRI tient le film à bout de bras. Il apporte à son personnage de dépressif qui veut croire en une histoire perdue d'avance et qui se retrouve plus seul que jamais une profondeur qui le rend touchant, particulièrement dans les dernières séquences du film où il se prend dans la figure l'amère réalité. Et bien qu'elles n'apparaissent que quelques minutes, Catherine BREILLAT dans un rôle à contre-emploi, Axelle ABBADIE et Brigitte CATILLON réussissent à camper des personnages en crise qui offrent un instantané marquant d'une génération dont les ratages sentimentaux confinent au désarroi le plus total. Mais il aurait fallu leur donner une vraie place dans le film, or les actrices de plus de 50 ans sont moins décoratives que celles de 20, CQFD.

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L'Eté dernier

Publié le par Rosalie210

Catherine Breillat (2023)

L'Eté dernier

Ce n'est pas parce que la photographie est solaire, le jeune Samuel KIRCHER, beau comme un dieu (certains l'ont comparé à Bjorn ANDRESEN, le Tadzio de "Mort a Venise") (1971) et que les personnages passent leur temps à siroter du vin blanc dans d'énormes verres au milieu d'un cadre enchanteur qui exsude par tous les pores le train-train de vie de la haute bourgeoisie que "L'Eté dernier" n'est pas un film terrible. "La Piscine" (1969) aussi se déroulait en été, dans une superbe villa ensoleillée au milieu d'acteurs beaux à se pâmer et pourtant il sentait fort le cadavre. Pour mémoire les relations entre le personnage joué par Maurice RONET et sa fille, jouée par Jane BIRKIN n'étaient pas des plus claires, le premier paradant au bras de la seconde comme si elle était sa dernière très jeune conquête. Cette confusion des places est aussi au coeur du film de Catherine BREILLAT qui étudie un petit écosystème vicié jusqu'à la moëlle. Anne (Lea DRUCKER) en est la clé de voûte. Cette grande bourgeoise qui se dessèche sur pied à force d'ennui jette son dévolu sur du sang frais en la personne de son beau-fils, un garçon de 17 ans négligé affectivement qui n'est bien sûr pas de taille à lui résister. S'ensuit une relation qui n'est pas représentative d'une réalité où 98% des abuseurs sont des hommes mais qui n'en est pas moins incestueuse en ce sens qu'il y a confusion des rôles: l'amante est aussi la belle-mère et lorsque son statut social est en jeu, elle la fait bien sentir, son autorité, s'avérant être une menteuse et une manipulatrice hors-pair. Le tout avec la complicité de tout son entourage, que ce soit sa soeur (Clotilde COURAU) qui un temps choqué, revient vers elle ou son mari, le père de Théo (Olivier RABOURDIN) à qui revient le dernier mot, consistant à lui dire de se taire. Le non-dit justement, c'est la spécialité d'Anne dont on devine entre les lignes qu'elle a été modelée par l'inceste rien qu'à son silence lorsque Théo tente de lui faire parler de sa première fois ou bien lorsqu'elle emploie le terme "bousiller" à propos de son avortement précoce. Lea DRUCKER est vraiment impériale dans un rôle autour duquel elle a souvent tourné (dans "La Consolation" (2017) elle prostituait sa fille, dans "Incroyable mais vrai" (2020), elle refusait de vieillir etc.)

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Police

Publié le par Rosalie210

Maurice Pialat (1985)

Police

A première vue, "Police" ne ressemble pas aux autres films de Pialat. D'abord c'est un film de genre (le seul de sa filmographie). Ensuite, il met en scène des acteurs célèbres et populaires. Depardieu pour la deuxième fois après "Loulou" mais aussi Sophie Marceau qui s'était crédibilisée dans le cinéma d'auteur après "L'Amour Braque" et enfin Richard Anconina qui s'était fait reconnaître avec "Tchao Pantin". Enfin, auréolé de son succès avec son précédent film, "A nos amours", Pialat disposait d'un budget confortable (qui n'est pas étranger au fait d'employer autant d'acteurs connus).

Néanmoins, un examen plus approfondi dément cette première impression. Comme dans la plupart de ses films, Pialat mêle des acteurs professionnels et des amateurs qui sont ici des professionnels du milieu. Pour plus de véracité, lui et sa compagne de l'époque, Catherine Breillat qui écrivit l'essentiel du scénario allèrent enquêter auprès d'avocats de la pègre (pour lui) et de voyous (pour elle). Le tournage ne fut pas non plus une partie de plaisir, Pialat et Depardieu menant la vie dure à Richard Anconina et surtout à Sophie Marceau qui en prit plein la figure, au sens propre comme au sens figuré. Pialat n'était pas sadique mais voulait que les acteurs sortent de leur zone de confort et se donnent à fond. Le fait est que Sophie Marceau a donné l'une des meilleures prestations de toute sa carrière.

Mais c'est surtout dans son thème de fond que le film ne peut être signé que par Pialat. En effet de quoi parle-t-il vraiment ce film sinon du brouillage des frontières entre malfrats, flics et avocats au point qu'il devient parfois difficile de démêler les rôles de chacun. Ce brouillage des frontières va de pair avec celui des identités. Les voyous sont tunisiens mais se font appeler avec des prénoms français, Mangin le flic n'a pas de prénom et Noria qui elle porte bien son prénom fait la navette entre tout le monde en restant insaisissable pour chacun. Sophie Marceau est d'ailleurs parfaitement crédible en maghrébine, faisant penser à Isabelle Adjani. La porosité de son personnage énigmatique (comme l'était Suzanne dans "A nos amours") est néanmoins une illusion qui se brise lorsqu'elle cesse de mentir. Pour s'y être laissé prendre ("j'y ai cru, un instant, j'y ai cru"), Mangin finit par se fracasser contre le mur du réel. Son regard perdu dans le vide nous poursuit longtemps. 

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