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La Légende de Mor'du (The Legend of Mor'du)

Publié le par Rosalie210

Brian Larsen (2012)

La Légende de Mor'du (The Legend of Mor'du)

Complémentaire du film "Rebelle", "La Légende de Mor'du" réussit l'exploit de tirer encore vers le bas un long-métrage que je considère comme l'un des moins intéressants (et personnels surtout) du studio à la lampe. Personne n'est dupe, la réalisation du court-métrage est bâclée et semble relever davantage du recyclage de story board que d'un film d'animation. Quant à l'histoire, elle enfonce le clou du message rétrograde de "Rebelle": quatre frères dont un méchant qui, mécontent de ne pas hériter de la totalité du royaume bascule dans la haine fratricide et y entraîne le royaume avec lui. On peut résumer ainsi la moralité destinée à l'édification des jeunes: "Employer la force n'entraîne que des malheurs, voyez ce qui arrive quand on choisit de poursuivre un but égoïste plutôt que de réparer les liens familiaux. Suivez plutôt l'exemple de Mérida". Bref on nage en pleine leçon moralisatrice Disney bien infantilisante à une époque où-celui ci exerçait une telle emprise sur le studio Pixar qu'il avait racheté qu'il menaçait jusqu'à son identité et sa créativité pour en tirer un maximum de bénéfices à court-terme (ce qui passait notamment par le "consensus mou"). Heureusement des pépites comme "Vice-Versa" ou "Coco" réalisées récemment ont démontré que les studios Pixar n'avaient pas dit leur dernier mot et heureusement car il s'agit d'un vivier créatif parmi les plus stimulants de ces trente dernières années.

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QG de soirée (Party Central)

Publié le par Rosalie210

Kelsey Mann (2014)

QG de soirée (Party Central)

L'idée de "Party Central" devait à l'origine être incluse dans le film "Monstres Academy" mais finalement elle devint un court-métrage à part entière projeté juste avant "Operation Muppets" de Disney (un détail éloquent qui souligne à quel point dans la première moitié des années 2010 les studios Pixar étaient menacés dans leur identité par l'influence de la firme Disney, une influence se faisant ressentir à plusieurs niveaux: scénarios convenus de "Rebelle" ou "Le Voyage d'Arlo", multiplication des suites et des produits dérivés jusqu'à l'overdose comme pour "Cars" etc.). Réalisé par Kelsey Mann, l'un des scénaristes de "Monstres Academy" il combine l'univers estudiantin du film avec le franchissement des portails de "Monstres et Cie" pour un résultat inventif de bout en bout, très amusant et parfaitement rythmé (et que je trouve meilleur que "Monstres Academy" lui-même!). Les Oozmaa Kappa organisent une fête d'intégration pour Bob et Sulli mais personne ne vient. Ces derniers montent alors un plan pour "transférer" ni vu ni connu les étudiants partis faire la fête dans un endroit branché jusque dans leur salon à l'aide de deux portails et de divers stratagèmes pour les attirer. L'espace entre les deux portails donnant sur une chambre parentale, les réactions de ces derniers aux incursions de plus en plus bruyantes des monstres constituent un élément comique majeur du film. Ils finissent par être replongés en enfance quand les monstres étaient sous leur lit.

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Les 500 miles 1/2 de Radiator Springs (The Radiator Springs 500 1/2)

Publié le par Rosalie210

Rob Gibbs et Scott Morse (2014)

Les 500 miles 1/2 de Radiator Springs (The Radiator Springs 500 1/2)

Quatrième épisode de la quatrième saison des "Cars Toon" sous-titrée "Les Contes de Radiator Springs", ce court-métrage de six minutes nous offre une course tout-terrain entre Flash McQueen et quatre voitures Baja hors-la-loi dans un univers de western spaghetti. Il s'agit de défendre l'honneur du fondateur de la ville, Stanley dont les voitures Baja se sont moquées. La touche humoristique est assurée par Martin qui avec ses directives peu claires les envoie dans un itinéraire bis qui n'est pas de tout repos et offre quelques moments assez drôles grâce au montage alterné (qui montre le décalage entre le vrai parcours de la course et le parcours parallèle suivi par les coureurs). Ainsi sans le vouloir, Martin donne une bonne leçon à l'hubris des voitures Baja (qui sert également de piqure de rappel à Flash McQueen qui au début de "Cars 1" partageait leur mentalité arrogante). C'est donc un court-métrage certes léger mais divertissant et moins bête que "Cars 2". 

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Rex, le roi de la fête (Partysaurus Rex)

Publié le par Rosalie210

Mark Walsh (2012)

Rex, le roi de la fête (Partysaurus Rex)

"Rex, le roi de la fête" est le troisième court-métrage de la série "Toy Story Toons" après "Vacances à Hawaï" et "Mini Buzz". Il apporte un éclairage original et sympathique sur un sujet jusqu'ici non traité par la série: les jouets de bain qui n'existent qu'un quart d'heure par jour, lorsque leur propriétaire les utilise pour égayer le moment qu'elle passe dans la baignoire. Mais sans eau, ils ne peuvent plus se mouvoir et rongent leur frein. Du moins jusqu'à ce que Bonnie ait l'idée d'emmener Rex dans le bain avec eux. Celui-ci est esseulé car les autres jouets l'accusent de se comporter en rabat-joie. Il a donc l'idée de mettre ses nouveaux copains dans sa poche en leur faisant plaisir, quitte à se montrer trop complaisant avec eux et à ne plus contrôler la situation. L'idée très drôle du court-métrage est de transformer le bain en rave-party (inspirée des fêtes d'Ibiza) avec musique techno (composée par Brian Transeau) et lumière noire. On y croit grâce à la maîtrise technique du studio et les moyens employés pour y parvenir sont très astucieux (bain moussant, jouets lumineux, passoire, robot musical etc.) Rex joue les DJ et est rapidement dépassé par le processus qu'il a enclenché, la baignoire se déréglant au fur et à mesure que le niveau d'eau et de mousse monte en puissance à l'image de l'intensité de la fête.

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Lava

Publié le par Rosalie210

James Ford Murphy (2015)

Lava

"Lava" relève davantage dans son style de Disney que de Pixar. D'abord parce qu'il s'agit d'un court-métrage musical (alors que la plupart des Pixar sont dépourvus de paroles et donc a fortiori de chansons), ensuite parce que l'histoire, très convenue tourne autour de cette brûlante question: un jour ma princesse viendra-t-elle? En attendant ce jour radieux, le volcan s'érode jusqu'à disparaître au fond de l'océan juste au moment où sa dulcinée jaillit hors des flots. La même chanson (bien niaise et martelée pendant 7 minutes non stop) suffit à réunir "Uku" et "Lele", le jeu de mots pas très fin est à l'image du court-métrage lui-même. Heureusement l'aspect visuel du film assez paradisiaque rattrape un peu son intrigue convenue et sa chanson répétitive qui casse des oreilles. Mais ce n'était pas vraiment le court-métrage qui convenait le mieux pour introduire 'Vice-Versa" qui lui était profondément novateur tant dans son intrigue que sur le plan formel. 

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Premier rendez-vous? (Riley's First Date)

Publié le par Rosalie210

Josh Cooley (2015)

Premier rendez-vous? (Riley's First Date)

Ce court-métrage hilarant et parfaitement rythmé qui se situe un an après le génial "Vice-Versa" (2015) donne un avant-goût de ce que pourrait donner une suite centrée sur la puberté de Riley. Pour mémoire le concept de "Vice-Versa" est de nous faire visualiser les émotions primaires des protagonistes sous la forme de cinq petits personnages qui se logent dans leur cerveau: joie, tristesse, colère, peur et dégoût.

Le court-métrage n'est cependant pas tant centré sur les émotions de Riley que sur celles de ses parents ce qui est encore beaucoup plus drôle, les adultes ayant tendance à se composer une façade de maîtrise qui ne résiste pas à l'examen de ce qui se passe dans leur tête. De fait, ils ont bien du mal à gérer ce qu'ils prennent pour le premier rendez-vous amoureux de leur fille. Entre le père jaloux dominé par les émotions de colère et de peur (mais qui cache quelques souvenirs de jeunesse très amusants), la mère qui veut parler djeun's et Jordan, le potentiel petit copain assez peu loquace mais très barré dans sa tête (vue comme un skatepark) on ne s'ennuie pas un instant. D'autant que si la musique adoucit les mœurs, il est amusant que ce soit celle de AC/DC qui retentisse à nos oreilles ^^. Le film est réalisé par Josh Cooley scénariste sur "Vice-Versa" et qui vient de s'illustrer pour la première fois dans la réalisation d'un long-métrage avec "Toy Story 4" après la défection de John Lasseter.

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Sanjay et sa super équipe (Sanjay's Super Team)

Publié le par Rosalie210

Sanjay Patel (2015)

Sanjay et sa super équipe (Sanjay's Super Team)

Présenté en première partie du "Voyage d'Arlo" en 2015, "Sanjay et sa super équipe" est un court-métrage qui dégage une aura unique au sein des studios Pixar. Parfaitement représentatif de la world culture US liée au melting pot et au brain drain, il s'inspire de l'enfance du réalisateur d'origine indienne Sanjay Patel et manifeste son goût pour la BD tendance comic/manga. On y voit un choc des cultures entre le père très attaché aux rites hindous et le fils, beaucoup plus acculturé qui ne jure que par les super-héros déclinés à toutes les sauces (cartoons, comics, jouets). La manière dont ce dernier intègre en imagination les divinités de son père à un récit de combat façon Avengers ou Sentai est très réussie d'autant que pour le spectateur, ce n'est pas totalement inédit (la série d'animation japonaise "Shurato" s'inspirait également du folklore hindou ^^). Les effets lumineux fluorescents en particulier sont de toute beauté ainsi que les mouvements chorégraphiques des divinités, plastiquement superbes. Très symboliquement, le conflit culturel entre le père et son fils retranchés chacun dans un coin de la pièce avec pour l'un son autel et pour l'autre sa TV prend fin lorsque Sanjay lui montre la synthèse des deux cultures qu'il a réalisé en dessin, ils se retrouvent alors au milieu du gué.

"Sanjay et sa super équipe" est ainsi à la fois une touchante et féérique ode au dialogue des cultures tout en permettant aux studios Pixar de rendre hommage aux informaticiens indiens qui ont joué un rôle essentiel dans la construction de la Silicon Valley.

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Bao

Publié le par Rosalie210

Domee Shi (2018)

Bao

Bao est le premier court-métrage des studios Pixar à avoir été réalisé par une femme, une canadienne d'origine chinoise qui plus est! Cette ouverture très récente à la diversité (le film date de 2018 et a été présenté en première partie des "Indestructibles 2") fait beaucoup de bien à un studio dont l'ADN est fondé sur une créativité constante. Il s'inscrit aussi dans un mouvement plus large d'ouverture du cinéma d'animation aux femmes que l'on retrouve également depuis deux ans au Japon et en France (qui je le rappelle sont respectivement les numéros 2 et 3 mondiaux de l'animation).

Bao réussit l'exploit d'être à la fois un film 100% Pixar tout en étant un métissage d'influences occidentales et asiatiques. 100% Pixar car il est fondé sur l'animisme et sur le thème de la famille avec au centre la thématique des parents confrontés au départ de leurs enfants devenus grands. Métissé car la réalisatrice explique s'être inspirée de son enfance dans sa famille chinoise et du cinéma et de l'animation japonaise pour réaliser le film (principalement Yasujiro Ozu, le cinéaste de la séparation parents-enfants et "Mes voisins les Yamada" de Isao Takahata). La mère de Bao qui est du genre surprotectrice et qui n'a pas fait le deuil du départ de son fils de la maison (le fameux "syndrome du nid vide") transfère son amour maternel sur une brioche vapeur qu'elle élève comme son propre enfant et qu'elle appelle Bao (qui signifie à la fois bouchée vapeur et trésor). Sauf que celui-ci grandit à son tour et fatalement, s'éloigne d'elle. La fusion entre l'amour "dévorant" et la cuisine produit des métaphores étonnantes et troublantes, la plus forte étant celle où la mère de Bao qui ne supporte pas de le voir partir le remet dans son ventre. On ne peut pas mieux exprimer l'aspect contre-nature de la possession. 

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Piper

Publié le par Rosalie210

Alan Barillaro (2016)

Piper

Premier film de Alan Barillaro pour les studios Pixar, "Piper" est un court-métrage au réalisme visuel ébouriffant doublé d'une touchante et pertinente réflexion sur le fait de laisser son enfant devenir autonome en toute sérénité. Un thème qui fait penser au "Monde de Nemo" où un poisson stressé et surprotecteur rencontrait une tortue zen laissant du champ à son gamin pour expérimenter par lui-même le monde environnant. Un parallèle logique puisque "Piper" a été proposé en première partie de sa suite "Le Monde de Dory" sorti en 2016.

L'originalité de "Piper" est de se placer du point de vue du petit oiseau pour lequel la plage est immense et les vagues, terrifiantes. Une vision subjective à hauteur d'un petit être dont Pixar s'est fait la spécialité depuis "Toy Story" en 1995. La mère de Piper refusant désormais de laisser tomber sa nourriture toute cuite dans la bouche, ce dernier doit s'aventurer hors de sa zone de confort et tenter de se débrouiller par lui-même. Le court-métrage étant dénué de paroles, c'est le guitariste Adrian Belew qui assure l'accompagnement musical et je conseille à ceux qui souhaitent le visionner à partir du DVD "La collection des courts-métrages Pixar 3" de regarder l'introduction où les deux hommes improvisent un petit clip s'inspirant de celui de "Subterranean Homesick Blues" de Bob Dylan.

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Toy Story 4

Publié le par Rosalie210

Josh Cooley (2019)

Toy Story 4

La trilogie Toy Story, c'est l'ADN du studio Pixar, le cœur de son identité. Telle qu'elle était, elle me paraissait parfaite. Je ne voyais pas ce qu'un quatrième volet pouvait apporter de plus. Et pourtant, cette suite en forme d'épilogue conclut intelligemment la saga. Techniquement c'est superbe, l'introduction et le magasin d'antiquités sont de véritables bijoux. Il y a beaucoup de références comme toujours et de nouveaux personnages hilarants ou un peu inquiétants qui cherchent toujours à être adoptés par un enfant, quitte pour cela à élargir un peu plus leur horizon. La plupart des jouets historiques qui ont fait les beaux jours de la saga se sont effacés et sont devenus des jouets "sans histoire". Tous en fait sauf Woody dont la quête d'un nouveau sens à donner à son existence est au cœur de ce dernier volet. Il était le jouet star de Andy et il ne parvient pas à trouver sa place dans la chambre et dans le cœur de sa nouvelle propriétaire, Bonnie. Sans doute parce qu'il incarne un archétype trop masculin. Lorsque Bonnie veut jouer au western, elle épingle l'étoile de shérif sur la poitrine de Jessie. Autre trait de caractère de la petite fille, si on la prive de ses jouets, elle s'en fabrique un avec des matériaux de récupération qui ont bien du mal à accepter leur nouvelle affectation. Les problèmes d'identité de Fourchette sont le reflet de ceux de Woody. Celui-ci n'imagine pas un autre destin possible pour lui que d'appartenir à un enfant. Cette crise existentielle lui permet de retrouver un personnage en apparence très secondaire mais qui est en fait à la source de toute la saga: Bo Peep, la bergère. Dans les deux premiers Toy Story, Bo jouait un rôle décoratif mais également symbolique. Sa présence était un hommage au conte de Christian Andersen "La bergère et le ramoneur" qui est le premier auteur à avoir eu l'idée de donner une anima aux objets. C'est ce qui explique la relation privilégiée qu'ont toujours entretenu Bo l'inspiratrice et Woody, la créature qui en est directement issue. Logique qu'auprès d'elle, Woody trouve un modèle pour se réinventer. Car entretemps Bo a fait sa révolution copernicienne. Ne supportant plus le magasin d'antiquités, elle s'est détachée de son support, a pris son destin en main et est devenue autonome: une vraie camionneuse à la Charlize Théron (qui l'aurait cru!) Les jouets Pixar luttent contre la muséification (comme le montrait l'intrigue du deuxième volet). Et on n'oublie jamais que le fait de grandir s'accompagne de la perte car le bonheur pur n'existe pas. 

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