Yella
Christian Petzold (2006)
L'idée de "Yella" était intéressante sur le papier: mélanger le film de fantôme du type "Sixieme sens" (1999) et la dérive fantasmatique à la "Mulholland Drive" (2001) en l'adaptant au contexte allemand. Ce n'est plus une actrice ratée qui rêve de gloire à Hollywood mais une ossie qui refuse le déclassement en devenant un requin du capitalisme dans l'ex Allemagne de l'ouest pour caresser le rêve du conformisme bourgeois. On comprend rien qu'à lire ce pitch ce qui coince: un tel personnage ne peut guère susciter la sympathie. C'est même pire que ça: l'héroïne, plutôt hermétique et mutique sauf quand il faut aligner des chiffres ou faire du chantage comptable suscite un sentiment de répulsion. En effet il faut en prime subir d'assommantes et répétitives scènes de négociations financières auxquelles le néophyte ne comprend que dalle. Alors Christian PETZOLD peut introduire tous les effets visuels et sonores qu'il veut pour tenter de créer une atmosphère fantastique (cris de corbeaux, bruissement des feuilles dans les arbres, acouphènes, personnage qui joue les passe-muraille, apparaît et disparaît brusquement, image subliminale de vagues etc.) il a déjà largué le spectateur depuis longtemps.
/image%2F2429364%2F20260929%2Fob_0f85dc_yella-45717-7567.jpg)
/image%2F2429364%2F20220209%2Fob_32c62c_hqdefault.jpg)
Commenter cet article