Paris nous appartient
Jacques Rivette (1960)
Comme je suis curieuse et que nombre de réalisateurs (sans oublier les réalisatrices) de la Nouvelle Vague me sont chers, je me suis lancée dans le visionnage du premier film de Jacques RIVETTE. Le résultat ne m'a pas convaincue.
Contrairement à des oeuvres pleines de naturel et de fraîcheur comme "A bout de souffle" (1959) ou viscérales comme "Les Quatre cents coups" (1959), "Paris nous appartient" est cérébral et excessivement poseur. Le film repose sur un dispositif aujourd'hui éculé, signature des films pensés pour les festivals: la mise en abyme entre une tragédie vécue par les personnages et une pièce de théâtre (shakespearienne!) censée la mettre en scène.
Le problème est qu'on ne s'attache jamais à ces personnages. Ils ressemblent plutôt à des pions qui récitent leur texte et on ne croit pas une seconde à la fatalité qui pèse sur eux. Et pour cause, la tragédie, ça se marie mal avec les soirées germanopratines qui ponctuent le film, histoire de rappeler que les gens qui défilent à l'écran appartiennent à un tout petit monde. Un monde qui tente de nous faire croire qu'il se prend de plein fouet les événements dramatiques qui se déroulaient à l'époque du film (maccarthysme et guerre d'Algérie) sauf que la menace semble bien abstraite, un verre à la main sous les toits haussmanniens.
D'ailleurs, les compatriotes de la nouvelle vague de Jacques RIVETTE viennent y faire leur caméo: d'abord Claude CHABROL, puis Jean-Luc GODARD et enfin Jacques DEMY. Cette pratique de s'inviter dans les films des uns et des autres n'est pas propre au film de Jacques RIVETTE mais au-delà de l'effet de curiosité, elle paraît assez gratuite. Même reproche avec l'un des acteurs "signature" du mouvement, Jean-Claude BRIALY qui ne sert strictement à rien.
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