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Volver

Publié le par Rosalie210

Pedro Almodovar (2006)

Volver

J'ai plus aimé "Volver" au deuxième visionnage. J'ai aimé en particulier la manière dont Pedro ALMODOVAR entrelace la vie et la mort, la tradition et la modernité, la jeunesse et la vieillesse, le vent et la pierre. La formidable séquence d'ouverture donne le ton: omniprésence des femmes, des fantômes mais aussi des secrets enfouis dans la tombe et qui vont peu à peu sortir de terre et être emportés par leur souffle vital. "Volver" ("Revenir") se réfère au retour d'Irene, la mère (Carmen MAURA) que tout le monde croit morte et dont on doute longtemps de l'existence réelle. Il est aussi le titre de la chanson qu'interprète Raimunda (Penelope CRUZ). A la fin du film, on réalise également que la situation de départ "fait retour" dans la vie de Raimunda, entraînant une rupture brutale d'avec son monde d'avant. Mais là où Irène a échoué à protéger sa fille et signé par son acte meurtrier (et purificateur) sa mort sociale en devenant une ombre, Raimunda renaît à la vie en soldant les comptes avec son passé et en devenant l'hôtesse flamboyante d'un restaurant où elle régale avec l'aide de ses amies, de sa soeur (Lola DUENAS) et de sa fille une équipe de tournage entière. Par contraste avec Raimunda qui est une force de la nature, une belle plante, une mère nourricière moderne et pleine d'énergie, la voisine de leur tante, Agustina (Blanca PORTILLO) apparaît comme un spectre pâle, malade et diaphane qui porte la mémoire traumatique de leur village, incapable de supporter la lumière (comme le montre la séquence ironique de télé-réalité qui échoue totalement à libérer sa parole).

"Volver" se distingue également par sa structure matriarcale avec trois générations de femmes réunies à l'écran qui forment une chaîne de résilience et de solidarité partagée avec leurs amies. "Volver" qui raconte un retour à la source, à l'origine du monde à travers ses séquences de l'Espagne profonde, à la mère est assez semblable au film muet que Pedro ALMODOVAR avait tourné pour "Parle avec elle" (2002), "L'Homme qui rétrécit". Le patriarcat, mortifère et défaillant y est mis à mort, dissous, absorbé par un monde féminin qui devient le seul architecte du récit.

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