Staying Alive
Sylvester Stallone (1983)
"Staying alive", ça pique quand même pas mal les yeux aujourd'hui:
- Intrigue bateau: une success story à l'américaine où tous les moyens sont bons pour parvenir à l'apothéose finale.
- Des personnages clichés. Les femmes de Tony Manero? Une cruche, Jackie (Cynthia RHODES) qui accepte toutes les humiliations que lui inflige Tony et une garce, Laura (Finola HUGHES) dont Tony veut se servir comme cheval de Troie pour "pénétrer" les secrets des dieux non pas de l'Olympe mais de Broadway.
- Une esthétique kitsch à mort avec torse nu mettant en valeur les muscles en sueur, justaucorps flashy, danse façon cours de gym et poses façon statues grecques, musique dégoulinante de Frank STALLONE, le frère de Sylvester STALLONE qui réalise le film et qui montre sa bobine une fraction de seconde comme chez Alfred HITCHCOCK. Si vous trouvez que l'affiche a quelque chose de "Rambo" (1982), ce n'est pas fortuit!
Mais au-delà de tout ce qui fait de "Staying alive" une oeuvre qui a mal vieilli, ce qui me frappe le plus, c'est la rupture culturelle avec le film dont il est censé être la suite, "La Fievre du samedi soir" (1977). Là où le disco années 70 célébrait la fête, la collectivité, la transgression, l'esthétique aérobic des années 80 établit un culte de l'ego dans un monde de compétition acharnée où tous les coups sont permis pour gagner. Bref les années Reagan dans toute leur splendeur, vues sans aucun recul critique. Mais comme Sylvester STALLONE garde certains aspects du film original (quelques hits des The BEE GEES qui constituent la meilleure partie du film, quelques plans documentaires sur New-York), on ressent parfois la dissonance entre une musique qui invite à se lâcher et une esthétique qui à l'inverse prône la discipline et le contrôle de soi (c'est tout le sens de la séquence finale).
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