Marilyn Monroe, I'am so many people
Clara Kuperberg, Julia Kuperberg (2026)
D'après les soeurs Kuperberg il existe plus de 600 contenus audiovisuels consacrés à Marilyn MONROE. Par conséquent, elles ont tenté une approche moins "people" et plus "sérieuse" pour fêter le centenaire de sa naissance le 1er juin 1926. "I'am so many people" est une citation authentique de Marilyn MONROE qui se battait pour ne pas être réduite à un cliché, celui de la "blonde idiote". Les soeurs Kuperberg ont tenté de mettre donc en lumière l'intelligence, le travail et la modernité de l'actrice derrière l'icône. Mais force est de constater qu'elles n'y sont pas arrivées. Pour une raison très simple: creuser le portrait aurait signifié naviguer en eaux troubles alors qu'elles voulaient conserver une image glamour et lumineuse de l'actrice. Cette contradiction leur a été fatale.
Comme beaucoup de femmes de son époque (et même des générations suivantes!), Marilyn MONROE voulait certes être reconnue comme une véritable artiste et libre de de ses choix mais elle avait en même temps un besoin viscéral d'approbation de la part de la gent masculine qui tenait le système (et donc elle-même) en son pouvoir. Si en prenant des cours à l'actors studio et en créant sa propre société de production elle s'est affranchie des aspects les plus aliénants de cette dépendance, le psychisme n'a pas suivi au même rythme. Par conséquent Marilyn MONROE s'est laissé enfermer par peur de déplaire dans une image d'ingénue bombe sexuelle parfaitement calibrée pour le désir masculin et a couru toute sa vie après leur validation.
Tout cela est à peine effleuré dans le documentaire qui ne va pas au-delà de "elle était très intelligente", "elle travaillait beaucoup" et "elle a eu une enfance terrible". Concernant ce dernier aspect, s'ajoute un anachronisme de mauvais goût destiné à surligner sa "modernité" "Bien avant Metoo, elle a parlé des violences sexuelles qu'elle a vécu dans son enfance". Le documentaire fait d'elle une militante qu'elle n'était pas et occulte complètement le contexte de toute-puissance patriarcale dans lequel elle a tenté de se confier (à qui d'ailleurs? on ne le saura pas) et qui lui a renvoyé une violence décuplée, la réduisant au silence ou la psychiatrisant (le coup classique: "elle est malade", "elle est folle") pour mieux la discréditer. Mieux vaut regarder les belles images d'archive et écouter les propos de Marilyn sans filtre, même pavé de bonnes intentions.
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