Nino
Pauline Loquès (2025)
"Nino", le premier long-métrage de Pauline LOQUES revendique ouvertement sa filiation avec "Cleo de 5 a 7" (1961) puisque dans le film de Agnes VARDA, c'était le prénom du soldat qui était le seul à pouvoir comprendre et partager les tourments de l'héroïne. Cependant je lui ai trouvé autant sinon davantage de points communs avec "Oslo, 31 Aout" (2011). C'est sans doute une question de génération, même si le film de Joachim TRIER est le remake de "Le Feu follet" (1963) qui est contemporain du film de Agnes VARDA! Dans tous ces films, on suit l'errance urbaine émaillée de rencontres d'un jeune homme ou d'une jeune femme sur qui plane l'ombre de la mort et qui tente (ou non), réussit (ou pas) à briser son isolement. Néanmoins, "Nino" est loin de parvenir au même degré d'immersion que "Cleo de 5 a 7" (1961) qui donnait l'impression de vivre en temps réel les déambulations de l'héroïne et de percevoir ses angoisses et l'évolution de son état d'esprit à travers les échos de la ville. On reste beaucoup plus extérieur dans "Nino" d'autant que parfois, la réalisatrice tombe dans des séquences un peu cliché comme celle de la soirée branchée chez son ami. Néanmoins le personnage de Nino (interprété avec sensibilité par Theodore PELLERIN) parvient peu à peu à se distinguer par sa nonchalance et son côté lunaire. Pas un instant il n'a l'idée par exemple pourtant rationnelle d'appeler un serrurier pour rentrer chez lui, préférant vivre l'attente le séparant du début de son traitement comme un SDF, très proche en cela de "L'histoire de Souleymane" (2023) ou de "Inside Llewyn Davis" (2013). Pourtant les premières séquences mettent en scène un monde agressif (hôpital en travaux et surchargé, gardien toujours absent, ex petite amie pas disponible pour l'écouter etc.) mais dans lequel Nino parvient à trouver des bulles de réconfort. Il n'y a pas que la révélation de son secret à des proches (et moins proches), l'enjeu est aussi celui de son avenir. Pas seulement la guérison mais aussi la reproduction qui est impactée par le traitement et l'oblige à prélever un échantillon de son sperme en amont pour préserver ses chances. C'est un aspect délicat qui est inégalement géré dans le film tout comme celui de l'héritage à l'aide d'un passage "surréaliste" qui remplit la même fonction que "Les Fiances du pont Mac Donald" (1961) mais que j'ai trouvé un peu trop "plaqué".
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