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Peter Falk versus Columbo

Publié le par Rosalie210

Gaëlle Royer, Pascal Cuissot (2018)

Peter Falk versus Columbo

Le titre du documentaire est bien vu avec ses deux Peter FALK en un. Celui de l'inspecteur Columbo qui l'a fait passer à la postérité dans la mémoire collective mondiale au point de disparaître derrière l'icône (dans une rare fusion acteur/personnage qui rappelle Chaplin/Charlot). Et celui de sa carrière cinématographique, bien plus riche qu'on ne croit et dont l'apogée fut atteinte avec les collaborations pour son grand ami John CASSAVETES dans "Husbands" (1970) et "Une femme sous influence" (1974). Mais en réalité, que ce soit dans l'univers de la série ou dans celui du cinéma indépendant, ce qui frappe, c'est la grande humanité qui se dégageait de ses interprétations. L'impression qu'il ne jouait pas mais était. Le documentaire montre comment il a construit ses personnages à commencer par Columbo. Comment il l'a nourri de sa personnalité, de son vécu: le regard, la posture, l'accent, les détails vestimentaires (l'imperméable fripé), les accessoires (la Peugeot 403). Le documentaire rappelle aussi combien Columbo fut révolutionnaire à l'époque tant sur le fond (un flic anti-héros désarmé et ne payant pas de mine ne comptant que sur son intelligence pour coincer les coupables, tous des gens puissants le traitant comme un larbin) que sur la forme (on apprend notamment le rôle de Steven SPIELBERG alors débutant dans le tournage du premier épisode de la série et les innovations de style qu'il a apporté). Et le coup de génie de ce documentaire est d'éclairer "Les Ailes du desir" (1987) comme un film testamentaire, une mise en abyme de sa vie et de ses rôles. On l'y reconnaît dans la rue comme étant l'inspecteur Columbo. Mais il joue son propre rôle venant à Berlin pour tourner dans un film historique sur la Shoah c'est à dire renouer avec ses racines juives ashkénaze. Le film immortalise également son talent pour le dessin. Enfin s'il a accepté de jouer ce rôle peu écrit et peu défini au départ, c'est parce qu'il lui rappelait les méthodes de tournage de John CASSAVETES qui l'avaient déstabilisé au départ avant qu'il n'y trouve un contrepoint à l'univers cadré et hiérarchique de la série.

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