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Le mage du Kremlin (The Wizard of the Kremlin)

Publié le par Rosalie210

Olivier Assayas (2025)

Le mage du Kremlin (The Wizard of the Kremlin)

J'attendais beaucoup de ce film car l'histoire de la Russie post-soviétique est un vrai feuilleton et l'un des thèmes "stars" de l'enseignement de la géopolitique au lycée. J'ai d'ailleurs retrouvé dans le film des archives que je passe à mes élèves comme celles de la révolution orange en Ukraine ou bien des reconstitutions de ces archives comme les danses éthyliques et le discours de départ de Boris Eltsine, la phrase-choc de Poutine sur les tchéchènes que l'on ira tuer jusque dans les chiottes, son intronisation, son arrivée en moto à Novossibirsk avec "Les loups de la nuit", la mise au pas des oligarques dont certains sont cités sous leur vrai nom (Bezezovsky) et d'autres sous un autre nom (Khodorkovski) etc. hélas, la "magie" promise par le titre ne fonctionne pas. Le fait de faire jouer des russes par des américains s'exprimant en anglais, à commencer par Jude LAW dans le rôle de Poutine et Paul DANO dans celui de son conseiller donne au film un caractère hors-sol. Le point de vue adopté, celui du conseiller (un personnage fictif vaguement inspiré de Vladislav Sourkov, le théoricien de la verticale du pouvoir et d'autres concepts de la dictature poutinienne) qui livre ses souvenirs avec un journaliste américain (joué par Jeffrey WRIGHT) ne fonctionne pas davantage. On ne croit jamais que le personnage de Paul DANO ait pu tirer les ficelles de quoi que ce soit tant il est ectoplasmique. Cela rend les dialogues (envahissants) avec ses adversaires, collaborateurs, petite amie complètement creux et ce mythe du marionnettiste fait écran avec la réalité historique. Quant à la fin, elle est "grand-guignolesque" et là encore sans rapport avec les faits. On remarquera également à la longue la platitude de ce point de vue qui reprend sans le moindre recul la propagande du Kremlin. On a donc au final une suite linéaire de dialogues et de reconstitutions indigestes dans lesquelles le passage du temps se résume à changer de costume.

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