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Father Mother Sister Brother

Publié le par Rosalie210

Jim Jarmusch (2026)

Father Mother Sister Brother

J'ai aimé ce nouveau poème cinématographique tout en finesse réalisé par Jim JARMUSCH dont le niveau de maîtrise est bien supérieur au film à sketches inégal qu'il avait réalisé 35 ans auparavant, "Night on earth" (1991). Cela tient à l'équilibre entre les trois séquences et au jeu des ressemblances et des différences entre elles, les ressemblances surtout car les différences sont minimes et surtout géographiques: une maison isolée dans le New Jersey, une autre à Dublin, un appartement et un garde-meuble à Paris. Comme dans "Night on earth" (1991), "The Limits of control" (2009) ou "Only lovers left alive" (2013), on retrouve le goût de Jim JARMUSCH pour les castings cosmopolites et les lieux de tournage internationaux. Les liens entre les séquences sautent aux yeux en revanche tant ils sont nombreux. Dans les trois cas, une fratrie à la composition variable mais toujours formé d'une paire vient rendre visite, toujours en voiture à leur(s) parent(s) âgé(s), toujours par obligation. Jim JARMUSCH montre dans les trois configurations les difficultés de communication qui résultent du fossé générationnel mais aussi de l'absence d'intimité ("on ne choisit pas sa famille"). Il filme donc surtout le "creux" de ces relations, les non-dits, la gêne, le silence voire carrément le vide. Par contraste, il créé des liens sous la forme de leitmotiv qui reviennent de segment en segment comme la gémellité, le toast à l'eau ou au thé (s'agit-il d'un vrai toast?), les photos d'enfance encadrées ou disposées à terre, la montre rolex (symbole du temps qui s'écoule interminablement mais aussi des faux-semblants), l'expression "Bob's your uncle" qui signifie "c'est aussi simple que ça" alors que le film montre le contraire. Il montre aussi comment le parent ou l'enfant ruse pour ne pas avoir à demander directement de l'argent aux siens ou pour tenter de fuir le silence pesant ou pour combler le vide ou pour éviter de parler des vrais sujets. A ce jeu, c'est la fin du premier segment qui est la plus surprenante avec Tom WAITS mais dans un autre genre, celui de Charlotte RAMPLING est tout aussi ingénieuse pour offrir à ses enfants une sorte de mise en scène soigneusement étudiée avec une maison transformée en décor dans lequel chaque objet vient faire écran. Ca pourrait être juste triste mais de nombreuses touches d'humour viennent adoucir le tableau ainsi qu'une certaine sérénité planante émanant de l'environnement: Jim JARMUSCH s'avère aussi doué pour filmer la zénitude d'un lac en pleine nature que les rues de Paris (ce qui est plus surprenant). On retrouve des habitués du cinéaste comme Adam DRIVER et Tom WAITS et des nouveaux comme Charlotte RAMPLING ou Vicky KRIEPS. La dernière histoire n'est pas portée par des stars et est peut-être un ton en dessous des autres (c'est la seule qui m'a fait légèrement décrocher) mais elle possède son petit cadeau-surprise: un caméo de Francoise LEBRUN.

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