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Gankutsuou

Publié le par Rosalie210

Mahiro Maeda (2004)

Gankutsuou

J'avais beaucoup entendu parler de cette série qui tente une approche originale et au départ franchement séduisante du roman d'Alexandre Dumas "Le comte de Monte-Cristo". Approche originale au niveau du genre puisque le roman historique est transposé dans un univers de space opera rétro-futuriste dans lequel les vaisseaux spatiaux et les mecha (armures mécanisées façon Goldorak) cohabitent avec les costumes dandy, l'opéra et les calèches du XIX° siècle. Approche originale au niveau de l'esthétique. Les effets 3D, typique du début des années 2000 ont aujourd'hui mal vieilli mais en revanche le choix d'un style collage proche de Klimt (lui-même inspiré par les estampes japonaises) avec les motifs des costumes et chevelures qui semblent se fondre dans un décor éblouissant de dorures donne un cachet unique à cet anime même si cela se fait au détriment au mouvement et de la fluidité. Enfin au niveau narratif, la décision de changer de point de vue et de faire de Albert le personnage principal donne une certaine fraîcheur à l'histoire en la recentrant sur la jeune génération plutôt que sur celle du comte. Hélas, ce changement permet aux poncifs des mangas de rattraper rapidement cette version. Albert et ses amis qui ont une vingtaine d'années dans le roman deviennent des adolescents de 14-15 ans et le récit devient celui du passage à l'âge adulte célébrant les valeurs d'amitié, de courage, de détermination et d'esprit de sacrifice dans un esprit très shônen. On y ajoute des combats de mecha, des triangles amoureux (Andrea-Albert-Eugénie, Edmond-Mercédès-Fernand), une touche de gore, une autre de yaoi (amours homosexuelles masculines destiné au public féminin souvent entre un blond et un brun qui sont ici Franz d'Epinay et Albert mais l'ajout du travesti Peppo avec lequel Albert a une aventure est un autre exemple). Passé à la moulinette de ces stéréotypes, le récit finit par perdre toute crédibilité tant il devient incohérent et décousu. On pense au comte transformé en vampire criminel depuis qu'il a noué un pacte faustien avec le diable (pauvre abbé Faria!) mais qui reste adoré par son entourage maso. On pense à Mercédès transformée en horrible arriviste sans personnalité et qui se fait insulter par son propre fils et tirer dessus par son mari. On pense à Eugénie qui à l'opposé du roman de Dumas devient une amoureuse éplorée qui a besoin d'être sauvée par Albert (le récit est yaoi mais efface en revanche toute trace de lesbianisme). On pense à Andrea Cavalcanti, transformé en bishonen androgyne pervers et incestueux à la manière de Helmut Berger dans "Les Damnés" et ainsi de suite.

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