Anna Ladd dans son atelier parisien
Anonyme (1918)
Emouvant fragment d'une minute d'un documentaire de 1918 consacré au travail effectué par la sculptrice américaine Anna Ladd pour créer des masques d'une grande finesse destinés à aider les gueules cassés de la grande guerre à se réinsérer dans la société. On en voit plusieurs venir la voir dans l'atelier qu'elle a occupé dans le sixième arrondissement de Paris de 1917 à 1920 lorsqu'elle travaillait pour la Croix-Rouge américaine. Elle moulait leur visage et sculptait leurs traits pour créer des masques-prothèses les plus proches possibles de leur apparence d'origine. Evidemment ils ne pouvaient pas remplacer les fonctions motrices perdues et la minutie du travail artisanal effectué par une seule personne prenait du temps si bien qu'une toute petite minorité de gueules cassées ont pu bénéficier de son travail (inférieure à 1% du total des personnes défigurées durant la Grande Guerre en France). Et ce d'autant qu'elle a dû cesser son activité en 1919 faute de financement. L'Etat a en effet abandonné ces hommes, les blessures de la face n'étant reconnues invalidantes (et donc susceptibles d'être indemnisées) qu'en 1925. Heureusement que quelques femmes comme elle ou Suzanne Noël, pionnière de la chirurgie esthétique se sont penchés sans attendre sur ces souffrances terribles. On pense au beau film de Albert DUPONTEL, "Au revoir la-haut" (2016).
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