Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Une bataille après l'autre (One Battle After Another)

Publié le par Rosalie210

Paul Thomas Anderson (2025)

Une bataille après l'autre (One Battle After Another)

Brillant, haletant et tellement pertinent: en un mot comme en cent, j'ai adoré! Il est vrai que jusqu'ici j'ai adhéré en gros à un film sur deux réalisé par Paul Thomas ANDERSON. J'ai surtout aimé ses films intimistes si justes et originaux mais celui-ci combine à la perfection une histoire tout aussi intimiste avec des enjeux politiques et sociétaux ultra contemporains tout en offrant du très grand spectacle. Le film est très riche et offre une radiographie saisissante de l'Amérique d'aujourd'hui en proie à une guerre civile larvée entre un petit groupe d'activistes d'extrême-gauche, "French 75" (il paraît que c'est le nom d'une arme française mais je ne peux m'empêcher d'y voir un hommage à la Révolution Française), les forces de l'ordre sévissant dans un pays en plein raidissement réactionnaire et autoritaire et enfin un groupe de suprémacistes blancs néo-nazi qui utilise même la chambre à gaz et le crématoire pour éliminer ses éléments "impurs". Comme dans toutes les guerres, ce sont les enfants qui trinquent et bien entendu sans avoir rien demandé. C'est ainsi que Willa, 16 ans (Chase INFINITI) hérite de toutes les fractures de cette Amérique et se retrouve au coeur d'une bataille dont son existence est l'enjeu, obligée de se cacher avec son père sous une nouvelle identité (on pense à "A bout de course") (1988). Cette jeune fille combattante, énergique et farouche est de la trempe d'une Tui (la très jeune héroïne de "Top of the Lake") (2013) ou encore d'une Lale, la toute aussi jeune héroïne du non moins haletant "Mustang" (2014). Elle a de qui tenir puisque ses parents biologiques sont des combattants issus des deux camps opposés. Mais Paul Thomas ANDERSON dégonfle la baudruche. Sa mère, Perfidia (Teyana TAYLOR), une sorte de Grace JONES dominatrice s'est évaporée de la circulation après avoir trahi son camp et son père (excellent Sean PENN) est un colonel cachant ses penchants sexuels SM inavouables en s'affiliant au suprémacisme blanc et en traquant la gosse métisse qui pourrait le trahir. Willa n'a que son père adoptif auquel se raccrocher justement peut-être parce que celui-ci est dépeint comme l'antithèse absolue de ces gros bras musclés abritant des ensembles vides. Leonardo DiCAPRIO ressemble à s'y méprendre à Jeff BRIDGES dans le rôle de Jeffrey Lebowski. Autrement dit un loser traînant en robe de chambre et au cerveau grillé par la dope. Cela donne des scènes drolatiques comme celles où il ne parvient pas à se souvenir du mot de passe qu'un membre tatillon du groupe révolutionnaire lui demande sans cesse. Heureusement qu'il est épaulé par "Sensei" Sergio, le maître de karaté de sa fille d'origine mexicaine (Benicio DEL TORO) qui offre un refuge à ses compatriotes pourchassés par les forces de l'ordre anti-immigrés tandis que les "French 75" les aident à s'évader des centres de rétention où ils sont parqués. Le choix de montrer la générique de "La Bataille d'Alger" (1965) qui dépeint une guerre asymétrique entre l'armée d'un Etat colonisateur et une guérilla autochtone essayant de conquérir son indépendance est tout sauf anodin.

J'ajoute que comme dans "Licorice Pizza" (2021), Paul Thomas ANDERSON confie des clés de voiture à ses héroïnes féminines pour des virées inoubliables et immersives incroyables, qu'elles soient en marche arrière ou en mode course-poursuite sur des routes toutes en bosses et de creux ce qui entraîne une tension constante au fur et à mesure que les voitures disparaissent et réapparaissent.

Commenter cet article