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El sueño de la sultana (Sultana's dream)

Publié le par Rosalie210

Isabel Herguera (2023)

 El sueño de la sultana (Sultana's dream)

Hiatus entre le fond et la forme. Les graphismes du film, splendides, relèvent du travail d'orfèvrerie, alternant entre plusieurs techniques pour souligner les différentes dimensions du récit. Le fond en revanche est assez lourdingue. "Sultana's dream" se déroule dans un milieu ultra bobo (l'héroïne est réalisatrice de films d'animation et tout le temps en voyage, sa mère est océanographe, son père réalisateur vit à Rome) et ressemble au parfait bréviaire de la féministe militante. Il est question d'un manifeste écrit en 1905 par la princesse indienne Rokeya Sakhawat Hossain décrivant un monde dominé par les femmes "Ladyland" une sorte de "Jacky au royaume des filles" (2013) mais où les relations hommes-femmes sont inexistantes puisque les hommes vivent cloîtrés pendant que les femmes gèrent tout. Cette essentialisation des genres est problématique. L'homme est vu systématiquement comme un sombre prédateur et la femme comme pacificatrice et dotées de toutes les qualités. Reconnaître que l'écrasante majorité des violences sexuelles sont commises par les hommes sur les femmes ce n'est pas pour autant passer sous silence la complexité des êtres humains, tous ceux qui n'entrent pas dans cette binarité, les hommes victimes d'autres hommes voire de femmes qui peuvent dans un certain nombre de cas être également prédatrices. C'est dommage car la diabolisation des hommes et l'idéalisation des femmes recouvre des questions également abordées dans le film comme celle de l'insécurité chronique des femmes dans les espaces publics d'orient comme d'occident. L'héroïne, Inès dont le père est absent a été victime d'agression sexuelle dans son enfance et voit tout à travers ce prisme. Sa relation amoureuse avec un indien est marquée par l'échec dès son apparition et son lesbianisme est montré comme une évidence. S'affranchir des assignations n'est pas au programme d'un film qui les renforce et désigne l'autre comme un ennemi à éliminer du paysage.

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