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Dossier 137

Publié le par Rosalie210

Dominik Moll (2025)

Dossier 137

Sujet clivant et hautement inflammable en France que celui des violences policières auquel Dominik MOLL s'attaque avec un certain courage et une volonté louable de nuances et d'équilibre. On retrouve dans son dernier film la question centrale de l'injustice et de l'impunité: nulle catharsis ne vient soulager le spectateur à la fin d'une enquête pourtant menée avec une rigueur exemplaire et un soin tout particulier qui ne doit pas constituer la règle mais l'exception, j'y reviendrai. Le film éclaire en effet le rôle de l'IGPN, la police des polices. Refusant de relayer le principal reproche fait à l'institution à savoir son manque d'indépendance, Dominik MOLL préfère mettre en lumière Stéphanie, une enquêtrice intègre et pugnace mais tiraillée entre son appartenance au milieu des forces de l'ordre qui passe son temps à lui tomber dessus à bras raccourcis en lui reprochant sa "félonie" (le corporatisme de la profession est souligné à de nombreuses reprises) et ses liens, même ténus, avec la famille de la victime et au-delà, avec la France périphérique des gilets jaunes. C'est d'ailleurs la principale limite du film à mes yeux. Si la question de l'empathie de la policière qui lui fait outrepasser ce que l'on attend d'elle est infiniment mieux traitée que dans "L'Interet d'Adam" (2024), il n'en reste pas moins qu'elle n'est pas représentative de la réalité et pas toujours très professionnelle (la scène du supermarché et surtout, celle où elle viole le secret de l'instruction sont gênantes de par la confusion qui s'instaure entre le public et le privé). Il serait temps d'ailleurs que Lea DRUCKER cesse de jouer à la bonne samaritaine se portant au chevet des maux de la France. L'homme ou la femme providentielle, ça suffit. Car contrairement à "La Nuit du 12" (2021) qui faisait exister aux côtés du personnage de Bastien BOUILLON celui de Bouli LANNERS, Stéphanie apparaît comme isolée au milieu de collègues anonymes. Et si le contexte de la bavure policière est bien rappelé, notamment leur déresponsabilisation par un pouvoir politique en panique cherchant à sauver sa peau, il aurait été sans doute préférable à la manière de la remarquable série "Oussekine" (2022), de confronter plusieurs points de vue aux côtés de celui de la police dont celui de la famille de la victime, trop survolé et celui du gouvernement lui-même, le commanditaire, sujet sans doute tabou au vu du fait que les protagonistes sont toujours en exercice. Malgré ces réserves, le film-enquête de Dominik MOLL, tiré de faits réels est haletant de bout en bout et interroge avec pertinence nombre de sujets comme la réticence des témoins à collaborer avec la police ou la limite de l'image en tant que preuve. 

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