Downton Abbey III: le grand final (Downton Abbey: The Grand Finale)
Simon Curtis (2025)
Avec le décès de Maggie SMITH en 2024 qui était l'âme de la saga, je pensais que Julian FELLOWES et son équipe arrêteraient les frais. Et bien non, cela ne les a pas arrêtés. Ca m'a fait un pincement au coeur d'ailleurs de la revoir lors d'une scène nostalgique dans laquelle Mary voit surgir les fantômes des disparus, de Dan STEVENS à Jessica BROWN FINDLAY. Ce "Grand Final" qui je l'espère met un point final à quinze années d'une saga s'étalant sur une série de six saisons et trois films (dont trois saisons et trois films de trop) est donc un hommage à l'actrice jouant la comtesse douairière et veut marquer un passage de témoin entre les générations. Plusieurs personnages prennent leur retraite (Carson, Mrs Patmore, Robert Crawley) et confient les clés du château, de l'armoire à argenterie ou de la cuisine aux jeunes générations. Mais c'est trop peu pour remplir 2h de film. Alors comme pour les précédents opus, on multiplie les anecdotes avec le scandale du divorce de Mary qui la met au ban de la bonne société ou des histoires de succession à n'en plus finir ou encore un escroc dont est victime Harold (Paul GIAMATTI), le frère de Cora (Elizabeth McGOVERN) mais que Tom (Allen LEECH) devenu un super-héros démasque en deux secondes. Un seul filon m'a paru intéressant mais il est bien mal exploité: celui qui voit le grand retour de Thomas Barrow (Rob JAMES-COLLIER) avec son nouveau compagnon, Guy Dexter (Dominic WEST) et un dramaturge ayant réellement existé Noël Coward (Arty Froushan). Peut-être que ça parle à un anglais ou à un américain cinéphile mais je ne pense pas qu'en France beaucoup de monde sache qui est Noël Coward qui était homosexuel à une époque où celle-ci était criminalisée en Angleterre. J'ai moi-même découvert son existence grâce au film de Robert WISE, "Star !" (1968). Il aurait donc fallu appuyer sur le champignon et oser casser les codes là où le film reste corseté dans un ordre ancien qui commence à sentir le sapin dans les années 30 (on peut même dire que l'odeur devient fétide avec un film comme "Les Vestiges du jour" qui évoque la collusion de certains de ces grands aristocrates anglais avec le nazisme) (1993). On peut toujours rêver mais Dominic WEST aurait par exemple pu monter sur les tables, danser et chanter "Shame, shame, shame" comme dans "Pride" (2014), ça aurait été plus fun!
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